impôt, subvention et loi de bitur-camember

La loi de Bitur-Camember s’applique deux fois à chaque euro d’impôt. La première fois, à la perception de l’impôt. La deuxième fois lors de la distribution d’une subvention. Au total, pour un euro d’impôts, le pays s’appauvrit de deux euros.

En effet, chaque euro d’impôt détruit des motivations de produire. Ainsi, si le taux moyen de l’impôt est de 100%, on ne produit plus rien du tout. On en déduit arithmétiquement que tout euro d’impôt induit un euro de production en moins. Et, de fait, les économistes américains mesurent qu’un dollar US d’impôt en plus induit un dollar de PIB en moins.

Mais la loi de Bitur-Camember s’applique une deuxième fois au moment de la distribution. Ceux qui sont mesure de bénéficier d’une partie de cette céleste manne étatique feront des efforts pour l’obtenir en se conformant aux conditions nécessaires pour l’obtenir. Ces efforts sont un coût en temps passé, en renoncement à des opportunités rentables, des efforts financiers aussi.
Mais quel est le coût de ces efforts? On comprend bien que ces efforts ont un coût total pour l’ensemble des candidats à obtenir une partie de cette manne céleste, de ce butin.

C’est là que la loi de bitur-camember est géniale. Elle nous rappelle qu’on investit 80 pour un gain de 100, ce qui nous donne un profit de 100-80=20. Mais plus généralement, l’investissement tend à être égal au gain. Le coût de ces efforts faits par les candidats au butin va donc avoisiner le montant de butin à redistribuer.

Un effort fait pour s’approprier une part de butin n’est pas productif de vraie richesse. On peut même dire que, pour le pays, aucune richesse nouvelle n’est créée par ces efforts d’obtenir du butin. Le montant de ces efforts est donc une vaine production. Ces efforts n’enrichissent pas le pays, au contraire. S’il n’y avait pas eu cet espoir de butin, ces candidats au butin auraient produit des richesses nouvelles, utiles aux autres. Le PIB aurait même pu mesurer cette augmentation de la production.

Ainsi, la loi de bitur-camember montre que, dans le principe de la distribution étatique, les candidats qui profitent le mieux du butin seront ceux qui courent le plus vite, qui ont de la chance d’être là au bon endroit, de mieux se mettre en situation de profiter d’une partie du butin. La distribution étatique n’atteint ainsi jamais correctement son objectif.

C’est l’environnement des lois, de circonstances aléatoire, qui fixeront, un peu au hasard la proportion de la subvention qui atteindra le but visé initialement. Et même lorsque la subvention atteint son objectif, elle ne crée aucune richesse nouvelle nette dans le pays. On pourrait schématiser quantitativement sur un schéma « Offre-Demande », le coût total des efforts faits des candidats au butin. Avec de la chance, le coût des efforts vains pourraient être inférieurs à 50% de la subvention.

Mais, c’est là que la loi de bitur-camember s’applique encore pour compléter utilement un tel schéma « Offre-Demande ». On se souvient qu’un Etat admet volontiers que le coût de la redistribution des impôts est entre 20 et 40% du montant de ces impôts. Mais, c’est oublier le salaire et la carrière des fonctionnaires qui ont sacrifié une carrière productive dans le privé pour une autre carrière au service de l’Etat, et donc payée par des impôts. Tout salaire de fonctionnaire doit être considéré comme une des manières de bénéficier de la distribution du butin.

Ainsi, 80% du budget destiné aux plus pauvres, aux SDF, est englouti par les fonctionnaires gravitant autour des SDF, contrôlant les SDF, gérant les SDF. Les SDF ne bénéficient que d’une part infime du budget qui leur est alloué par l’Etat.

Au total, on voit bien à quel point la loi de bitur-camember a raison de dire qu’il existe une tendance forte pour que la totalité de la subvention occasionne une destruction de motif de production vraie réelle. Et que le montant de cette absence de production est du même ordre de grandeur que le montant de la subvention.

interventionnisme et destructionisme

Tout échange contractuel crée de la valeur pour les deux co-échangeurs. Tout échange commercial crée de la richesse pour le vendeur et crée de la richesse pour l’acheteur. Aucun tiers ne subit de préjudice du fait qu’un bien appartienne à Monsieur A ou bien soit transféré à Monsieur B. Lorsque l’un échange son bien avec l’autre, un tel échange ne peut donc pas nuire à un tiers. Cette double création de richesse de chaque échange est le premier moteur de la création de la richesse dans le monde.

Une intervention de l’État est toujours une interdiction d’échanger ses biens ou ses services. Cette intervention détruit la richesse qui aurait été créée par les échanges qu’elle interdit.

De plus toute intervention de l’État est financée par l’impôt. Tout impôt est de l’argent pris à un contribuable et dépensé par un représentant de l’État, et obéissant à une décision politique. Chacun dépense plus utilement son propre argent que l’argent des autres. L’argent de l’impôt ainsi dépensé par l’État produit donc moins de valeur que s’il avait été dépensé par le contribuable. Moins l’État intervient plus la quantité de richesse créée est grande. 

Un deuxième processus de l’action humaine explique cette inévitable destruction de valeur de toute intervention étatique.

« Tout impôt détruit une production égale à son montant ». C’est une loi de l’économie en théorie des choix publics. Cette loi est soutenue par certains économistes libertariens. Elle est profondément fondée et juste. Cette loi provient de deux constations. 

D’une part, le contribuable réagit à l’impôt en produisant moins. Lorsqu’on applique la règle habituelle des marchés[équilibre de Pareto] au comportement du contribuable, le contribuable aura tendance à dépenser 80 pour éviter de payer 100. Et ces 80, sont ainsi dépensés à réagir à l’impôt, sans vraie production. En effet consacrer du temps uniquement pour réduire son impôt est du temps qui ne profite à personne, qui ne produit aucune richesse pour personne. Le contribuable aurait pu dépenser cette énergie, ce temps passé à créer une vraie valeur. Ces 80 ainsi dépensé par le contribuable sont une destruction de valeur.

D’autre part celui qui veut bénéficier d’une subvention dépense de l’énergie pour obtenir cette subvention versée par l’État. Il peut réussir ou échouer dans cette tentative d’obtenir une subvention. Lorsqu’on applique la règle habituelle des marchés au comportement du bénéficiaire, le bénéficiaire de la subvention dépenser 80 pour obtenir 100. Et ces 80, ainsi dépensés en temps, en énergie, en argent, sont une fausse production, ne sont pas une vraie production. Ces 80 dépensés par le bénéficiaire pour obtenir la subvention n’ont pas créé de vraies richesses.

Ainsi 100 euros d’impôt auront détruit 80 à cause du contribuable qui n’aura choisit de ne pas produire une production utile. Et lorsque ces 100 euros sont distribués, un phénomène symétrique se produit chez le bénéficiaire. le bénéficiaire produit 80 de fausse production au lieu de produire 80 de vraie production. Il pourrait ainsi exister jusqu’à 160 détruit pour un prélèvement d’un impôt égal à 100.

Le chiffre 80 illustre un raisonnement, illustre une tendance logique. Ce chiffre de 80 est destiné à faire comprendre ce double mécanisme de destruction de la production par l’État. Néanmoins, lorsqu’on approfondit chaque dossier de chaque action de l’État, l’État détruit effectivement une production égale au montant de l’impôt. L’économiste Von Mises qualifiait l’interventionnisme de « destructionisme ».

cout indirect de l’impôt

thème: Le contribuable veut payer d’impôts même si cela lui en coûte. Le subventionné veut recevoir plus en agissant activement dans ce sens. Ces efforts du contribuable et du subventionné ne produisent pas de vraies richesses. Ce sont des gaspillages de ressources humaines. Le coût de ces gaspillage avoisine le montant de l’impôt.
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