baisse de l’or

Un panier de quasiment toutes les commodities, en excluant l’or et l’argent, suit assez fidèlement les indices moyens des prix depuis 40 ans. C’est bien logique. La production de ces commodities nécessite du capital et du travail. A l’image de toutes les autres productions composant un indice de prix moyens. De plus, ces commodities ne subissent aucune demande monétaire, donc aucune spéculation d’origine monétaire. La spéculation sur l’une de ces commodities n’a pour cause que son risque de rareté future, ou de surproduction future. C’est une spéculation saine.

La valeur de base de l’or est son utilité pour l’orfèvrerie. La demande purement monétaire multiplie son prix. Dans le prix de chaque chose, il existe un effet de rémanence fondée sur le jugement des autres. Pour l’or, cet effet de rémanence et d’imitation est le plus important. On achète car il existera des acheteurs pour acheter. Ces jugements ne sont connus que par le prix des choses. La demande purement monétaire de l’or provient d’une confiance dans cet effet de rémanence de la valeur de l’or.

Un des fondements de cette rémanence du prix de l’or est que les circuits commerciaux et d’opinion existent comme réserves de valeur et que cette idée de la valeur de l’or est bien répandue. De plus, il existe aujourdhui peu d’autres substituts aussi pratiques comme réserve stable de valeur. Le jour ou on trouvera une alternative « pratique » à une réserve de valeur stable, le prix de l’or reviendra à une valeur plus proche de sa valeur non monétaire.

Un panier de commodities pourrait un jour remplacer l’or dans le comportement de beaucoup de possesseurs d’or comme réserve de valeur.

utilité du spéculateur

Le spéculateur sur un marché organisé achète quand c’est bas et revend quand c’est haut. Il en résulte une plus grande stabilité des prix du marché organisé. Cette stabilité des prix profite aux utilisateurs de cette marchandise cotée sur ce marché organisé.

Le spéculateur achète à un vendeur à un certain prix. Ni le vendeur ni le spéculateur ne sont volés. Bien au contraire, tous deux sont contents de leur transaction. Sinon, ils ne l’auraient pas faite. Le vendeur ne voulait prendre aucun risque. Le spéculateur avait suffisamment étudié le secteur et le marché pour penser que le cours ultérieur serait plus haut. Le spéculateur se rémunère ainsi de son travail d’analyse du futur de cette marchandise.

Le spéculateur est celui qui accepte de prendre des risques lorsque les autres ne veulent en prendre. Grâce aux spéculateurs, ceux qui n’aiment pas le risque peuvent éviter d’en prendre. L’existence de spéculateur est essentiel au fonctionnement normal des entreprises. Sans spéculateurs, les entreprises ne pourraient pas fonctionner normalement. Sans spéculateurs, les seraient contraintes de prendre des risques dans des secteurs dans lesquelles elles n’ont pas de compétence.

Par exemple, le cours du blé est variable. Cette variation peut gêner certains cultivateurs. Un cultivateur veut être certain qu’il disposera de suffisamment d’argent pour rembourser ses emprunts. Ce cultivateur de blé vend son blé au moment de la moisson, au mois d’aout. Il ne souhaite pas construire des silos de grains pour stocker son grain. Ainsi il ne spéculera pas pour vendre son blé au plus haut cours.

Ce cultivateur est un entrepreneur prévoyant. Il va faire bien mieux que qu’une construction, couteuse et inutile, de silos à grain. En janvier, il achète une promesse d’un spéculateur qui promet qu’il lui achètera chaque quintal de son blé à un certain prix au mois d’aout. Grâce à cette promesse, le cultivateur sait ainsi la somme exacte dont il disposera après avoir vendu son blé.

Le spéculateur ne vole personne. Son travail permet de stabilité les cours, de diminuer la volatilité des prix. Son travail est d’être celui explore l’avenir des besoins et des demandes d’un produit. Grâce à lui, les producteurs savent lorsqu’ils doivent produire plus. 90% de la population ignore tout de la science économique. Alors, dans leur ignorance, ils condamnent le spéculateur, lequel fait pourtant un travail utile et nécessaire. Le spéculateur est rémunéré lorsqu’il a vu juste et il est perd lorsqu’il s’est trompé dans ses prévisions. Comme tout entrepreneur.

la spéculation, en bref

La spéculateurs ne provoquent pas de hausse des prix. Ils anticipent les besoins futurs. Grâce aux spéculateurs, les entrepreneurs réduisent leur risque en profitant de prix régulés.


dessin de Frep

Le spéculateur et l’investisseur sont indiscernables l’un de l’autre. Il n’existe aucun moyen de savoir si un investisseur achète pour un jour, pour une semaine ou pour dix ans.

Les prix correspondent au marché. Les prix ne sont pas artificiels. L’acheteur achète la marchandise avec son argent. Pour lui, ce prix n’est donc pas artificiel. Il s’informe pour acheter moins cher. Le vendeur vend une marchandise qui lui appartient. Et il reçoit du vrai argent. Le vendeur s’informe pour vendre plus cher. Là encore, le prix est très concret. Le prix n’est pas du tout artificiel. Le prix provient de chaque échange entre un vendeur et un acheteur. Sur un marché organisé, le prix de chaque vente est une précieuse information pour les autres acheteurs et pour les autres vendeurs.

La spéculation est utile, et même indispensable au bon fonctionnement des entreprises. En effet, les entreprises ont souvent besoin de prix stables de leurs matières premières. Elles ont parfois besoin de ne prendre aucun risque sur la valeur de leur production future, à telle date. Ainsi un agriculteur n’a aucune envie de spéculer sur le prix du blé. Il aime savoir six mois avant son prix de vente.

Afin que certaines entreprises puisse travailler sans risque de variation des prix, il est nécessaire que des « spéculateurs » prennent des risques en achetant lorsque le prix est inférieur à la moyenne. Et ces mêmes spéculateurs vendent lorsque le prix est supérieur à la moyenne. Puisqu’ils achètent autant qu’ils vendent, ils ne contribuent pas à une hausse durable des prix. Grâce aux spéculateurs sur une marchandise, les prix sont stables pour celui qui ne veut pas prendre de risque sur le prix de cette marchandise.

Par exemple, imaginons que le prix moyen du sac de farine soit de 10. Imaginons encore des ventes aux enchères journalières des sacs de farine. A ces enchères, il y a des boulangers et des spéculateurs. Certains jours, le sac de farine se vendra 8, car peu de boulangers sont acheteurs ce jour là. Un spéculateur l’achète alors à 8 et l’ajoute à son stock de sacs de farine. Le lendemain, le prix du sac de farine monte à 12, notre spéculateur vendra alors son sac de farine au prix de 12. Il fait ainsi sa marge de 12-8=4. Grâce aux spéculateurs, le prix du sac reste situé entre 8 et 12. Grâce aux spéculateurs, les boulangers bénéficient de prix moyens, régulés. Ils ne risquent donc pas d’avoir la mauvaise surprise de payer certains jours leur sac à 20 euros.

Ainsi, le spéculateur prend des risques sur le cours de la farine. Comme tout commerçant, il gagne sa vie s’il a bien compris et anticipé les besoins futurs de ses clients.

La spéculation tend vers la meilleure stabilité des prix, et sur le long terme. Elle révèle que la production future sera insuffisante par des prix hauts. Ou bien elle révèle que la production future sera excessive par des prix bas. La spéculation donne ainsi les informations nécessaires aux producteurs pour ajuster leur production à la demande. L’ignorance populaire sur les bienfaits de spéculation est surprenante. Il semble que cette ignorance soit utilisée comme moyen de propagande politique.
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Le spéculateur vend ou achète un bien à un autre qui accepte la transaction. Le spéculateur ne vole donc personne, et ne nuit à personne. Bien au contraire, il enrichit son partenaire dans la transaction. Sinon, son partenaire aurait refusé la transaction. La certitude qu’il existe un double enrichissement découle de la seule logique. Si l’un des deux n’y gagne pas, il renonce à la transaction.

Plus concrètement, en quoi consiste cet enrichissement dans la spéculation? prenons l’exemple du marché de sacs de riz. Le spéculateur a suffisamment étudié le marché du bien pour savoir les besoins futurs. Le spéculateur achète quand le prix est bas, et revend quand le prix est haut. Il en résulte une stabilité des prix pour les acheteurs de ce bien.

Les exemples des stabilisations de prix par la spéculation sont innombrables depuis trois siècles. Aucun économiste ne contestera l’utilité de la spéculation et même sa nécessité pour les demandeurs et pour le producteurs. Ceci dit, on trouve parfois des économistes-charlatans sans formation sérieuse en science économique.

Grace au travail du spéculateur, l’acheteur connait les prix moyens futurs et consomme selon les prix du bien. Et les producteurs savent les prix futurs estimés et peuvent ainsi produire pour la future demande.

Un prix futur plus haut est une incitation à produire plus pour la future demande. C’est aussi une information donnée aux acheteurs de modérer leur consommation. Et réciproquement, un prix futur plus bas est une moindre incitation de certains producteurs à produire. Et c’est une incitation faites aux acheteurs d’acheter de plus grandes quantités.

La liberté de la spéculation réduit ainsi les risques de pénurie ou de surproduction d’un bien. L’interdiction de la spéculation, ou sa taxation, conduit, bien logiquement à une plus grande volatilités des prix, à une instabilité des prix, à des surproductions, à des « bulles », ou au contraire, conduit à des pénuries.

Le marché n’est pas aveugle. Grace aux spéculateurs, le marché est connu à l’avance, parfois des années à l’avance. Et Grace aux spéculateurs.