débat sur les réserves fractionnaires

Gidmoz : Un seul contre exemple suffit à réfuter le refus de principe des réserves fractionnaires. Une banque possède 1000 en actifs cotés sur des marchés organisés. Elle ne possède pas d’or. Elle émet 100 de billets échangeables contre de l’or. Lorsqu’on lui demande de l’or, la banque vend qq actifs, achète de l’or et remet l’or promis. No problem.

Nicolas : il y a certainement quelque chose qui m’échappe dans votre raisonnement, comment la banque a t elle pu acheter ces titres, si elle était alors soumise aux réserves fractionnaires ? ex si elle achète 500 actions valant chacune l’équivalent en monnaie 0,5 pièce d’or, soit au total 250 pièces d’or, puis, si le cours de ces actions augmente à l’équivalent d’1 pièce d’or, et si elle trouve un acheteur, cela voudra dire qu’une autre banque est prête à lui donner l’équivalent de 500 pièces d’or en échange de ses actions. Mais tant qu’elle ne les a pas vendus, ie tant que le transfert de propriété n’a pas eu lieu, elle ne pourra prêter aucune de ces 100 pièces d’or . Elle ne prêtera que ce qu’elle possède, c’est à dire d’autre pièces d’or.

Gidmoz : je démontre ici qu’une banque peut valablement créer et émettre de la monnaie échangeable avec de l’or, et sans posséder d’or, ou peu d’or. Les actifs possédés par la banque appartiennent aux actionnaires de la banque. Ces actifs ont été apportés par les actionnaires au capital de la Banque.

Jonathan : Pour autant le succès de la banque de hollande au XVIIième n’est il pas un exemple de la pertinence de l’idée ? Ou alors y a il des éléments que je ne comprend pas sur la question. Car fondamentalement la réserves fractionnaires revient à créer de la monnaie ex-nihilo et ne diffère donc pas de la fausse monnaie crée par une banque centrale non ?

Gidmoz : Dans mon exemple simplissime, la banque peut toujours acheter de l’or pour verser l’or promis par chaque billet de banque.

Jonathan : Oui mais comment valorise ton ces actifs financiers ? C’est bien tout le problème actuel. Officiellement on à des banques solvables qui pourraient vendre des actifs (créances, prêts,, etc …) pour couvrir leur obligations. Sauf que ces actifs valent bien moins en réalité que ce qui est affiché sur le bilan. Ce n’est qu’au moment de la vente qu’on saura si c’est le cas ou non. Si la population perd la confiance dans le système, alors les actifs ne vaudront pas assez, ou l’or ne sera pas sur le marché (situation qui semble pouvoir se produire bientot si on en juge par le décalage entre or physique et papier actuel). Dès lors, quand on est une banque ne doit on pas en permanence avoir en coffre l’ensemble des fonds qu’on prétend avoir (que ce soit en or ou noix de coco d’ailleurs). Une banque de dépots deviendrait alors juste ça, un dépôt représentant un stock d’or et émettant la quantité de monnaie correspondante (voir faisant payer le dépôt). Libre à ceux qui veulent risquer la réserve fractionnaire de le tenter dans des banques d’investissement et de s’exposer aux bank runs.

Gidmoz : Dans mon exemple, la banque a des concurrents. Elle n’est pas une banque centrale. D’autres devises circulent. Les actifs financiers détenus par notre banque sont cotés sur divers marchés financiers, et cotés dans diverses devises.
Je ne comprend pas bien votre souci. Craindriez vous que ma banque ne puisse pas honorer sa promesse de verser l’or promis?

Jonathan : Disons que oui j’aurai des doutes que votre banque soit vraiment sur en cas de panique ou d’événement inattendu. Ses actifs peuvent de dévaluer pus facilement que l’or (défaut de paiement sur une bulle, défaut de paiement d’un état sur ses émissions de dettes etc …) et donc elle peux se retrouver sans suffisamment d’actifs liquides à échanger contre l’or qu’elle a promis initialement sans l’avoir. Après si c’est le cas d’un marché libre avec des concurrents libre de proposer une offre me convenant plus, je n’ai rien contre l’idée mais je n’en serait pas client. J’attends d’une banque de me stocker mon argent/or, si investissement il y a je m’en charge Le free banking et une libérations des devises résolvent effectivement ce débat en laissant chacun choisir le risque qu’il préfère. En revanche si monopole sur la monnaie il y a, votre modèle de banque est libre de créer de la fausse monnaie backées par des actifs pourris (et donc générant de l’inflation au sens autrichien, en augmentant la masse monétaire sans contrepartie réelle), mais ces actifs ne se révéleront comme tels que lors d’une crise.

Gidmoz : Je ne suis pas d’accord pour évoquer le cas d’une escroquerie délibérée du directeur de la banque. Ce n’est pas le sujet. Il reste, selon vous, le risque que les 1000 d’actifs de la banque ne puisse pas acheter 100 en or, à cause d’une baisse de la valeur de ces actifs. C’est un cas très improbable. Nous pouvons l’exclure en fonctionnement normal de l’économie. Ou alors, il faudrait comparer ce risque à bien d’autres risques industriels.

Gidmoz : « J’attends d’une banque de me stocker mon argent/or ». Ma banque ne prêtera pas les éventuels dépôts d’or de ses clients. Ma banque garantit la valeur des billets émis uniquement avec les actifs possédés par la banque. Et l’or déposé n’appartient pas à la banque. Enfin, dans mon exemple.

Stéphane : LA BANQUE NE POSSEDE PAS MES DEPOTS.

Gidmoz : Merci de votre remarque. Elle me donne l’occasion d’ajouter des précisions afin de lever certaines ambiguïtés pour mon lecteur. Mon exemple simple est uniquement destiné à être un contre exemple qui réfute les thèses sur l’interdiction des réserves fractionnaires. Il est donc inutile de le surcharger avec des options inutiles à la démonstration.

Ainsi, dans mon exemple de banque, les clients de la banque sont des emprunteurs, des particuliers ou des commerçants. Il déposent l’argent qu’ils ont reçu au guichet de la banque. Cet argent déposé contient aussi des billets d’autres banques. Cet argent déposé ne contient pas d’or-métal. Cet argent est alors versé à leur compte. C’est à dire que le compte bancaire du client est crédité, ou débité.

La banque en collaboration avec les autres banques fait les compensations à parité des valeurs nominales. Ainsi les comptes bancaires des clients sont crédités ou débités. Des transferts physiques d’or-métal peuvent avoir lieu entre les banques. Ou le plus souvent des dettes en or-métal à très court terme entre banques afin d’éviter des transports quotidiens d’or dans les rues.

Dans mon exemple simple, l’or-métal et les pièces d’or ne sont pas utilisés comme monnaie. Cette hypothèse simplificatrice est très importante à préciser. Ce sont seulement des billets qui sont échangés. Ou des unités de monnaie sur des comptes bancaires de la banque et des autres banques émettant d’autres billets.

L’or-métal lui-même n’est pas utilisé comme monnaie pour les échanges de biens. Un dépôt d’or d’un client est alors seulement placé dans le coffre du client, et la banque n’y touche pas, ne le gère pas. Encore une fois, mon seul but ici est limité à la réfutation, et non pas d’exposer toute la panoplie de ce que peut faire une banque.

Jonathan : j’avais mal compris alors. Tellement l’habitude de voir les banques utilisés les dépôts pour faire n’importe quoi ^^ Si la banque n’émet de monnaie et ne prend risques que sur ses fonds propres alors je pourrait en être client effectivement (mais ca implique de faire confiance à un banquier qui pourrait éventuellement magouiller … ). J’admets que la garantie or totale n’est pas la seul option viable. Mais c’est la plus stable et rassurante à terme néanmoins.

Gidmoz : Une banque et son client peuvent convenir ensemble d’une large palettes d’option contractuelles possibles. Je veux seulement tordre le cou à la thèse de l’interdiction des réserves fractionnaires. Je félicite l’économiste l’économiste Guido Hulsman d’avoir eu le courage de changer d’avis sur ce point grâce aux arguments de Pascal Salin. Hulsman a abandonné la thèse de l’interdiction des réserves fractionnaires. Et heureusement! Il reste encore, parmi quelques uns de nos amis, un travail de conviction à faire.

Jonathan : Je vois l’argument et je reconnais sa pertinence. Après à titre personnel je suis partisan de l’or métal en tant que monnaie, car il ne peux pas être trafiqué ou imprimé facilement. Mais la réserve fractionnaire n’est pas nécessairement frauduleuse je le reconnais.

Gidmoz : François Guillaumat a traduit plusieurs des livres de Rothbard en français. Guillaumat lui avait objecté qu’il ne peut pas y avoir une fraude lorsqu’il y a un accord, un contrat entre la banque et son client. Cette absence de fraude est renforcée par la très grande longévité de ce contrat d’émission de monnaie à réserves fractionnaires. Guillaumat explique le désaccord qu’il a eut avec Rothbard sur ce point. Cette erreur de Rothbard est d’autant plus étonnante que Rothbard est un véritable génie et qui a fait progressé la science économique d’une manière décisive.

Stéphane : Le problème ne vient pas du fait qu’il y a contrat, mais de la nature même de la monnaie et des services bancaires. En particulier, il ne peut pas y avoir un contrat qui suppose ou prévoit un transfert de propriété des fonds à la banque. Dès lors, elle ne peut pas en faire ce qu’elle veut.

Gidmoz : En premier lieu, il existe un accord, un contrat entre la banque et chaque possesseur d’une unité de monnaie. On ne peut donc pas parler de fraude. Or c’est bien le mot fraude que vous utilisez et qui est réfuté la seule existence d’un véritable accord. Vu la longévité de cet accord, vous ne pourrez pas objecter qu’une des deux parties du contrat aurait été inconscient des conséquences possibles du contrat.

En second lieu, vous prétendez bizarrement que « il ne peut pas y avoir un contrat qui suppose ou prévoit un transfert de propriété des fonds à la banque ». Lorsque le client de la banque dépose des fonds pour alimenter son compte bancaire, il se produit deux actes de gestions distincts. Le premier acte de gestion est que la propriété des fonds versés devient la propriété de la banque.

Le deuxième acte de gestion est que le client devient propriétaire des créances sur sa banque, propriétaire des promesses de sa banque de lui verser de l’or ou des euros. Il n’existe donc aucun dépôt, au sens traditionnel du terme. Il n’existe non plus aucun « prêt ». Il existe seulement un échange de créances entre le « déposant » et la banque. La banque devient propriétaire des fonds déposés par son client. Et le client devient propriétaire d’une créance sur la banque. Son compte bancaire est une créance sur sa banque.

Petit rappel de Droit du contrat, indépendamment des questions de monnaie. Il faut bien comprendre qu’on peut être propriétaire d’une promesse, telle une promesse de livrer un gramme d’or. Une telle promesse se vend et s’achète. Dans la cession d’une telle promesse, le bénéficiaire « substitue » le nouveau bénéficiaire, lequel devient le nouveau propriétaire de la promesse. Le promettant restant évidemment le même.

La nature d’un tel droit de propriété sur une telle promesse est un « droit réel », comme disent les juristes. Ce rappel de droit des contrats est d’une grande évidence et d’une grande banalité. Ce droit des contrats est identique quelque soit le pays et quelle que soit l’époque. Il est universel. Nous parlons ici des promesses contractuelle, encore appelées « contrat unilatéral ».

Mais attention de ne pas confondre avec d’autre promesses non contractuelles. Certaines promesses en l’air n’engagent pas juridiquement le promettant. « Je te promet qu’il pleuvra demain » n’engage à rien le promettant. Une promesse contractuelle, ou une promesse commerciale, engage juridiquement le promettant.

Stéphane : Non la monnaie n’est pas l’objet d’un contrat. L’or, je l’ai ici déjà chez moi, il n’est pas un objet contractuel.

Gidmoz : Gidmoz écrit « contre ce papier, gidmoz verse 1 gramme d’or ». C’est une promesse. Oui? ou non? ensuite, mes voisins utilisent ces papiers comme monnaie pour les échanges. Cohérent ou incohérent, selon vous?

Stéphane : Non. Je ne connais comme papier-monnaie que les certificats de dépôt, pas les reconnaissances de dette.

Gidmoz : Dans notre cas, admettez-vous que ces reconnaissance de dette gidmoz-or servent de monnaie pour certains utilisateurs?

Stéphane : Non, car une monnaie ne se décrète pas, elle résulte du marche et concerne tout le monde, pas juste quelques guignols. Oui pour des fantaisistes, non en général.

Frederick : Chers amis, j’espère que vous ayez conscience que l’ouverture d’un compte de dépôt dans une banque signifie que vous lui demandez d’échanger votre Or ou vos pièces et billets en monnaie de demande. Dans la pyramide de la monnaie, vous obtenez forcément une monnaie qualité, c’est le risque que vous prenez, heureusement compensé par la compétence bancaire.
Ayant cédé vos billets qui sont par ailleurs de la monnaie de l’État autrement dite  » de réserve « , vous devenez propriétaire de titres scripturaux dont seuls 10% sont immédiatement convertibles en monnaie de réserve; pour les 90% restants leur valeur dépendra des actifs de la banque.

Frederick : En effet l’Or n’est pas un contrat, c’est ce que l’on appelle une  » outside money « .
La monnaie de dépôt est une  » inside money », elle est mon actif et le passif d’un autre. C’est d’une autre nature.

Frederick : « Non, car une monnaie ne se décrète pas, elle résulte du marche et concerne tout le monde  »

Ce n’est pas exact.
C’est une question de convertibilité, le prix étant évalué selon la liquidité et la structuration.

Une monnaie non convertible comme le fut le Yuan n’en fut pas moins une monnaie et pourtant exclusivement réservée aux Chinois.

Gidmoz : Pendant des siècles, et dans de nombreux pays, un billet de banque fut, de fait, la promesse d’un gramme d’or. Le contestez-vous?

Gidmoz : « vous devenez propriétaire de titres scripturaux ». Oui, un compte bancaire, ce sont des titres financiers que possède le titulaire de ce compte bancaire.

Frederick : hélas en toute ignorance

Gidmoz : « hélas en toute ignorance ». Le client n’a pas les compétences techniques pour analyser son risque. Mais il dispose d’autres moyens pour évaluer son risque. Ce qui est intéressant dans votre remarque est de constater que la monnaie bancaire , ce sont des titres financiers.

Stéphane : Ce n’est pas le « de fait » qui compte, mais la réalité. La monnaie, c’est l’or, pas une promesse ni une dette.

Gidmoz : Une promesse librement cessible change de propriétaire par la substitution du bénéficiaire par un nouveau bénéficiaire, lequel devient le nouveau propriétaire. L’ancien bénéficiaire de la promesse est le vendeur. Le nouveau bénéficiaire est l’acheteur. Il s’ensuit qu’une telle promesse apparaît comme un bien économique ordinaire pouvant se vendre et s’échanger. Un droit de propriété sur une promesse est différent du droit du bénéficiaire résultant de l’hypothétique réalisation de cette promesse.
En d’autres termes, la promesse de livrer un gramme d’or est différente de la possession du gramme d’or lui-même. Cette différence des deux droits de propriété est illustrée par l’existence éventuelle d’un délai de livraison, ou d’un certain dédommagement financier si le retard de livraison dépassait une semaine. Un droit de propriété sur un gramme d’or est de nature différente du droit de propriété sur la promesse d’un gramme d’or. Un gramme d’or est un bien économique différent de la promesse d’un gramme d’or. C’est le bien économique « promesse » qui est utilisé comme monnaie, et non pas l’or lui-même.

Gidmoz : Lorsque les billets de banque circulent, ce sont des promesses qui circulent, qui s’échangent. Ce n’est pas l’or qui circule. C’est bien la promesse qui est LA monnaie. Contrairement à ce que vous dites dans votre commentaire précédent, ce n’est pas l’or qui est alors la monnaie utilisée.

Stéphane : Je veux bien que les billets soit une monnaie (et non LA) de substitution mais de tels billets sont des titres de propriété et non des reconnaissances de dette.

Stéphane : Supposer que la monnaie est une dette suppose que sa propriété a été donnée a ou prise par la banque ce qui est inconcevable. Que ce soit le système actuel ne fait qu’en illustrer l’immoralité.

Stéphane : Il ne peut y avoir que deux types de banques. De dépôt a qui on n’accorde aucune propriété ou une banque d’affaire a qui on confie la gestion. Vous passez votre temps a mélanger les deux.

Gidmoz : Mon contre exemple ci-dessus détruit votre thèse. Je le recopie ici: « Une banque possède 1000 en actifs cotés sur des marchés organisés. Elle ne possède pas d’or. Elle émet 100 de billets échangeables contre de l’or. Lorsqu’on lui demande de l’or, la banque vend qq actifs, achète de l’or et remet l’or promis ».
Vous reconnaissez que « les billets soit une monnaie…. ». Jusque là, ce serait un point d’accord important entre nous. Mais vous ajoutez « de substitution ». Or dans mon exemple, la banque n’a jamais possédé d’or, n’a jamais fait aucune substitution avec de l’or. Le mot « substitution n’apparaît nulle part dans la promesse de la banque de livrer de l’or. Bien au contraire, la banque explique qu’elle ne possède pas d’or, mais qu’elle sait honorer sa promesse puisque la valeur de ses actifs est dix fois supérieure aux billets émis.
Vous dites encore « de tels billets sont des titres de propriété ». Là encore mon contre exemple détruit votre affirmation. Un tel billet, pourtant très valable, n’est pas un titre de propriété sur de l’or puisque la banque émettrice ne possède aucun or.

Stéphane : Votre problème c’est de supposer monnaie ce qui ne peut l’être. On ne crée pas de la monnaie. Elle s’impose d’elle même.

Gidmoz : Vous affirmez donc, sans preuve, que la monnaie de mon contre exemple, ne pourrait pas servir de monnaie. Soit une BNP qui n’aurait pas d’or. Cette BNP émet des BNP-or, échangeable contre de l’or avec un mois de délai. Le fisc met au point les règles fiscales qui s’appliqueront à l’utilisation d’une telle monnaie-or. Et oseriez vous encore prétendre qu’un tel projet de la BNP ne pourrait jamais servir de monnaie. Là votre argument serait très faible.

Stéphane : Depuis quand faut-il des preuves (empiriques) à la logique ?

Gidmoz : Les lois de la logique formelle s’appliquent d’autant mieux que les choses visées par le raisonnement sont mieux définies. La logique d’un raisonnement est limitée par la précision et la pertinence des définitions. A travers votre raisonnement, erroné de mon point de vue, je tente d’identifier la ou les définitions fautives que vous utiliseriez. Une preuve n’est pas toujours expérimentale. Il existe aussi des preuves purement formelles, et qui invalident un raisonnement.
J’ai qq idées sur l’origine de votre erreur. C’est peut être dans votre définition apriori, de la nature de la monnaie. Il me semble que votre définition exclue a priori certains biens. Depuis, la théorie des effets réels du 18e siècle, on sait que tout bien est susceptible de devenir une monnaie. Ensuite, la qualité de cette monnaie peut être très variable. Sa monétarité, sa moneyness est parfois médiocre.

Stéphane : Moneyness ? Pascal Salin, dans Libres !…..

Frederick : En  » Money and Banking  » nous apprenons que la banque commerciale convertit en monnaie de dépôt les billets, pièces et l’Or que nous lui apportons. La Banque devient alors propriétaire de ce que nous lui avons apporté, et nous sommes propriétaires de titres scripturaux.

Si nous ne voulons pas de cet arrangement, nous demandons à la banque de mettre ce que nous apportons dans un coffre. Dans ce cas nous en demeurons propriétaires.

Frederick : En  » Monnaie et Banque  » nous savons qu’il y a une hiérarchie de la monnaie correspondant à une hiérarchie des utilisateurs et institutions.

Excepté l’Or, toutes les autres monnaies, y compris le billet, sont des promesses de paiement en monnaie de l’échelon supérieur:
(1) OR
(2) Devise = promesse de paiement en Or
(3) dépôt bancaire = promesse de paiement en devise
(4) crédit = promesse de paiement en dépôt
(5) dérivés = promesse de paiement en crédit ou titres financiers

Est monnaie ce qui est utilisé à l’échelon de l’agent, en montant dans la hiérarchie

Banque Centrale ou Banque de Réserve : Monnaie = Or ou $, € pour par exemple l’Argentine*
Banque Commerciale : Monnaie = Devise et Or
Consommateur, Entrepreneur : Monnaie = Dépôt bancaire, Devise, Or
Courtier en titres : Monnaie = titres financiers, dépôts, Devise, Or

Tel est le système monétaire actuel de la banque traditionnelle.
Car désormais existent des institutions opérant à la façon des banques, mais traitant des instruments financiers complexes, par exemple:

Actif = Titre de financement immobilier + CDS
Passif = Eurodollars + Libor

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Rothbard et le prêt bancaire

Rothbard: Illustrons notre propos : Durand et Dupont concluent un contrat par lequel le premier cède aujourd’hui 100 000 francs au second en échange d’une reconnaissance de dette par lequel l’autre accepte de lui rendre 110 000 francs dans un an. C’est un contrat de prêt typique. Ce qui s’est produit,
c’est que Durand a transféré à Dupont son titre de propriété actuel sur les 100 000 francs en échange de quoi Dupont a consenti aujourd’hui à lui transférer un titre sur 110 000 francs dans un an. Imaginons maintenant qu’à la date convenue pour le remboursement, Dupont refuse de payer.

Pourquoi le Droit libertarien forcerait-il d’exécuter cette obligation ? La loi actuelle (que nous traiterons en détail plus bas) fonde essentiellement l’obligation faite à Dupont de payer les 110 000 francs sur la “promesse” qu’il a faite et qui a créé chez Durand l’“attente” de recevoir cette somme. La thèse que nous défendons ici est qu’une simple promesse n’est pas un transfert de propriété et que si la morale exige sans doute de tenir ses promesses, il n’entre pas et ne peut entrer dans les attributions du droit (c’est-à-dire la violence légale) libertarien d’imposer la morale (tenir ses promesses en l’occurrence). Notre thèse est que Dupont doit verser les 110 000 francs parce qu’il a déjà consenti à en transférer son titre de propriété à Durand et que son défaut de payer en fait un voleur de ce qui appartient à Durand.

Gidmoz: La thèse de Rothbard est de considérer que seul le vol du bien d’autrui est punissable par un tribunal libertarien. Et ne pas exécuter une promesse n’est un vol uniquement dans le cas où il s’agit de restituer le bien d’autrui à son légitime propriétaire. Dans les autres cas, le non-respect d’une promesse ne serait pas punissable par un tribunal libertarien. Dans l’exemple que vous citez ci-dessus, Rothbard commet une erreur d’analyse des droits en présence.

Gidmoz: Rothbard dit « Dupont doit verser les 110 000 francs parce qu’il a déjà consenti à en transférer son titre de propriété à Durand ». Dupont, l’emprunteur, a tout dépensé. Il ne dispose pas encore de cette somme. Il ne pourra donc jamais restituer ce qui appartient à Durand, le prêteur. L’emprunteur promet de remettre une somme d’égale valeur, mais différente. Il ne s’agit donc pas de restituer au prêteur ce qui lui appartient, mais de lui verser une chose d’égale valeur. Le principe libertarien du droit du contrat ne peut pas être ici appliqué.

Cette conception de la promesse est contraire au droit du contrat, tel qu’il se pratique dans les pays civilisés. La tentative de Rothbard pour fonder autrement le droit du contrat de prêt bancaire est un échec.

production des services publics

Un vrai prix d’un bien est le prix payé par qq’un qui paye avec son vrai argent. Pas avec l’argent des autres. C’est aussi le prix du bien vendu par son vrai propriétaire à son client. Le vendeur possède le bien qu’il vend. Le vendeur cherche donc à le vendre le plus cher. L’acheteur cherche à acheter le moins cher. Il en résulte un vrai prix.

Un prix fixé administrativement n’a aucune signification quant à la valeur du bien ou du service. Rien n’interdit donc d’affirmer que la valeur du service ainsi fourni est nulle. Il est donc légitime d’affirmer que la valeur des services fournis par l’État est nulle. Il est ainsi légitime d’affirmer qu’une administration fournissant un service coute un certain prix et produit de services de valeur nulle.

C’est le raisonnement de l’économiste libertarien Rothbard. Son raisonnement est exact dans la forme. Cette exactitude dans la forme permet de mieux comprendre le raisonnement au fond. Comment et pourquoi le production de biens communs par l’État est toujours une destruction nette de valeur? Le décideur étatique applique une politique qui n’est la sienne, qui a été décidée ailleurs.

Et celui qui dépense son vrai argent est attentif à ce que chaque euro soit utile, soit productif de biens ou de services. Ce n’est jamais le cas d’un décideur étatique. Il ne recherche pas l’efficacité de chaque euro. Bien au contraire, il affirme avec fierté que sa dépense ne sera pas rentable, c’est à dire qu’elle détruira plus de richesses qu’elle n’en produira.

Une autre raison pour laquelle une production de « biens publics » est une destruction nette de valeur. Tout argent dépensé provient d’un impôt volé à un contribuable. Avec cet argent volé par l’État, ce contribuable aurait pu investir, produire des choses utiles pour lui. Cet impôt le prive de son argent. On dépense toujours plus utilement quand on dépense pour soi que lorsqu’on dépense de l’argent qui n’est pas le sien. Et pour un but déterminé non pas par le besoin des gens, mais par une politique. La quantité de richesses qui n’a pas été produite par le contribuable est une perte sèche. C’est une destruction de la production de richesses qu’aurait faite le contribuable si on lui avait laissé l’argent de l’impôt.

Enfin, tout argent public est comme un butin guetté par les resquilleurs et par les profiteurs. Entre le moment où l’argent quitte la poche du contribuable, et le moment où il est dépensé, on voit souvent qu’à 90% l’argent est gaspillé dans des choses non urgentes, non utiles, voire du pur gaspillage. Ceux qui en profitent ne sont pas les plus pauvres. Les plus pauvres sont un prétexte pour lever l’impôt. 5% de très pauvres ne justifient pas 50% d’impôt sur la production totale des français. C’est encore une manière d’expliquer que la production de l’État est une pure destruction de richesse.

L’impôt détruit une production égale à son montant.

cause du taux d’intérêt d’un emprunt

La cause d’un taux d’intérêt est que, pour l’emprunteur recevoir 10000 euros maintenant a plus de valeur que la valeur de la promesse de verser 10000 euros dans un an. Pour cet emprunteur, la différence de valeur est supérieure au taux d’intérêt. Ce raisonnement résulte de la “préférence démontrée”.

Pour la banque aussi, le coût de verser 10000 euros immédiatement est supérieur que au coût de verser cette même somme dans un an. La banque applique donc, très logiquement, un taux d’intérêt sur la somme prêtée. La raison pour laquelle cette différence de valeur existe pour la banque importe peu. Cela concerne la gestion de la banque. Une différence de valeur, de coût, existe. Là encore, c’est le théorème de la « préférence démontrée » qui s’applique.

Le risque de non-remboursement ne suffit pas à expliquer le taux d’intérêt. En effet, dans certains cas, la banque ne prend aucun risque à prêter. Par exemple, prêter avec une hypothèque peut souvent donner une parfaite garantie à la banque. On pourrait même imaginer des cas, où l’hypothèque est telle que la banque gagnerait à ce que l’emprunteur ne rembourse pas. Et pourtant, la banque appliquera toujours un taux d’intérêt à l’argent prêté.

Savoir limiter le risque de non-remboursement est un des savoir-faire de la banque. Ce risque dépend du jugement de la banque sur l’emprunteur. Ce risque se traduit par un certaine augmentation du taux d’intérêt.