valeur d’un bien servant de monnaie.

Je propose une explication de la valeur d’un bien qui sert de monnaie. Un bien qui ne sert pas encore de monnaie est demandé pour ses qualités, pour son « usage initial ». Lorsque ce bien sert de monnaie, il est demandé comme réserve de valeur. A la « demande non monétaire », s’ajoute une « demande monétaire », pour devenir la « demande totale ». Ce qui augmente la valeur du bien.

Cette « demande monétaire » provient de gens que n’utilisent pas ce bien dans son « usage initial ». Et ceux qui font une demande monétaire » savent que ce bien a de la valeur car ils savent que d’autres sont intéressés par l’ « usage initial » de ce bien. Ainsi, les « demandeurs monétaires » évaluent la valeur du bien par observation, par imitation. L’existence de la valeur provient de l’ « usage initial du bien ». Mais le niveau de la valeur de ce bien dépend de la somme des deux demandes.

Une interaction complexe se met en place entre les demandeurs non monétaires et les demandeurs monétaires. C’est une observation limitée aux cours sur les marchés organisés ou non. Les demandeurs observent les demandeurs non monétaires. Les demandeurs monétaires s’observent entre eux. Ces observations se limitent à des observations du résultats des comportements, principalement aux prix constatés. Cette interaction complexe peut prendre de nombreux chemins. Chaque utilisateur d’un bien s’habitue à une certaine valeur de ce bien, à un certain prix du bien. Dans l’esprit de chaque utilisateur, il existe ainsi une sorte de « rémanence de la valeur » d’une chose. C’est aussi une rémanence de la confiance, parfois une rémanence de la croyance. Ce phénomène de rémanence se nourrit de l’effet d’imitation réciproque des uns sur les autres. Dans ce processus psychologique, la « rémanence de la valeur » est la norme, et la modification est l’exception. Cette interaction complexe passe aussi par la demande non monétaire du bien.

L’or suit bien ce schéma d’explication. L’or a de la valeur car il sert à faire des bijoux. Et son niveau de valeur provient principalement de la demande monétaire.

Pour bitcoin, ce schéma d’explication ne s’applique pas exactement. En effet, la valeur non monétaire n’existe pas, ou alors comme valeur de plaisir ludique. Bitcoin s’amuse à jouer à une vraie monnaie. Et les amateurs de ce jeu semblent nombreux. Mais bitcoin sait transférer des sommes d’argent de manière anonyme. La demande pour cet anonymat semble si intense qu’elle soutient suffisamment d’achats et de ventes de bitcoins.

L’absence d’utilisation non monétaire interdit à bitcoin d’avoir une valeur de référence. Chacun suit les cours erratiques du bitcoin. Pendant certaines périodes, il semble exister une croyance temporaire autour d’une certaine valeur, laquelle devient alors stable pendant cette période temporaire. Pendant cette période stable, un acheteur achète des bitcoins pour payer son vendeur, lequel les revendra. Le phénomène de « rémanence de la valeur » joue pour les bitcoin, comme pour tout autre bien. Tant que cette rémanence perdure dans l’esprit d’un nombre suffisant d’utilisateurs, la valeur d’un bitcoin perdure lui aussi.