le risque de l’or

Au 19e siècle, la monnaie était une promesse de livrer de l’or. C’était la raison de sa valeur. Aujourdhui, la valeur de la monnaie actuelle est fondée sur l’interdiction, de fait, d’utiliser d’autres devises. En effet, on est bien obligé d’utiliser la monnaie légale. L’État crée ainsi une demande artificielle de monnaie légale. Le niveau de la valeur de la monnaie est devenue la capacité de l’économie à produire des richesses.

Les monnaies ont souvent existé dans aucun contrôle ni règlement de l’État. C’était le free banking. Chaque commerçant pouvait créer sa monnaie et sa banque. La cupidité de l’État fut la seule raison du monopole monétaire. Les raisons prétendument techniques sont frauduleuses pour tenter de justifier le monopole monétaire de l’État.

Le Nobel d’économie Hayek avait écrit deux livres pour rappeler qu’il faut « dénationaliser la monnaie ». C’est une évidence technique pour l’économiste qui accepte d’envisager que l’Etat pourrait abandonner son pouvoir monétaire.

Le retour à l’étalon-or serait une catastrophe pour le pays qui s’y risquerait. En effet, seul le free banking offre une solution monétaire stable et pérenne à une monnaie saine et robuste.

Dans une zone de free banking, chaque banque peut choisir un étalon de mesure différent pour la monnaie qu’elle choisit d’émettre. On peut parier qu’un panier de commodities, ou de biens de consommation, sera souvent choisi pour servir d’étalon de valeur à une monnaie. Chaque commodity a de la valeur car elle représente une utilité immédiate. Cette valeur est formée par le travail et l’investissement dans un certain domaine d’activité.

Ce n’est pas la rareté qui donnerait, en elle-même, de la valeur à un bien. C’est la demande de ce bien qui est le fondement du prix de ce bien, de sa valeur. Certains achètent un bien car ils lui trouvent une valeur pour eux-mêmes. D’autres acheteurs achètent ce bien car ils savent qu’il existe une minorité d’amateurs de ce bien. Ainsi, dans un camp de prisonniers, la cigarette devenait souvent la monnaie, même s’il n’existait que 10% de fumeurs. C’est l’envie de fumer d’une minorité de fumeurs qui donne de la valeur à la « monnaie-cigarette ».

De même la valeur de l’or provient de l’existence d’une minorité d’amateurs qui aiment l’or pour la joaillerie, pour faire des bijoux, ou comme objet de collection. Certains aiment la possession d’or pour ressentir le plaisir de cette possession d’un objet magique. D’autres possèdent de l’or pour la seule raison qu’ils savent qu’il existe une forte minorité d’amateurs et d’utilisateurs d’or.

C’est cette idée qui fonde le « théorème de régression » de Von Mises. Le fondement de la valeur d’une monnaie est son usage non monétaire. Ensuite, la demande strictement monétaire augmente cette valeur. Encore une fois, c’est l’usage non monétaire qui donne, in fine, de la valeur à la monnaie. La demande monétaire de ce bien en augmente le prix. Mais cette demande monétaire est, par nature volatile et spéculative.

La demande monétaire est plus forte que la demande non monétaire de l’or. Ce double fondement de la valeur d’une monnaie est une des difficultés de la conception d’une monnaie. Une monnaie universelle est nécessairement fragile et volatile.

Ainsi, la concurrence d’une autre monnaie de bonne qualité peut provoquer un moindre intérêt pour l’or comme valeur refuge. Il existe toujours d’autres placement qui ont une valeur refuge qui concurrence l’or. La valeur de l’or est donc, par nature, instable. Bien plus que toute autre commodity. Bien plus que tout autre bien directement utilisable.

chute prévisible du cours de l’or

La valeur de l’or provient des usages non monétaires de l’or, du moins à l’origine. C’est à dire la joaillerie et l’industrie. Ainsi votre voisine aime les bijoux en or. La demande d’or purement monétaire provient de gens qui n’aiment pas l’or pour lui-même, mais comme une quasi-monnaie.

Un monopole étatique de la monnaie est tout aussi absurde que le serait un monopole étatique de la fabrication des chaussures. La seule cause des dysfonctionnements répétés du système monétaire est le monopole étatique de la monnaie. Le free banking, c’est à dire la dénationalisation des monnaies est nécessaire.

Le gout actuel pour l’or provient directement d’une crainte pour la valeur des monnaies étatiques. Beaucoup craignent que ces monnaies perdent une partie de leur valeur. Alors ils achètent de l’or. A mon avis, l’or est la pire des monnaies envisageables, car la demande monétaire excède beaucoup la demande naturelle en joaillerie et en industrie. Un écrasement de la valeur de l’or est certain dans un certain délai. Tout dépend de la durée de cette mode passagère de l’or.

Certains économistes pensent qu’une bonne monnaie serait fondée sur un panier de biens de consommations, ou sur un panier de commodities. Ainsi, chaque unité de monnaie représenterait des vraies marchandises produites avec du travail et des investissements. Et dans de nombreux secteurs de l’activité humaine. Un tel panier suit d’assez près les prix réels moyens des indices de prix. A condition d’en exclure l’or. Un tel panier de biens est, amha, un des bons choix possible pour fonder une nouvelle monnaie. A condition que l’Etat cesse de créer ou de contrôler la monnaie, qu’il cesse de se mêler de monnaie.

étalon-or vs panier de commodities

Thomas Mayer, chef-économiste de la Deutsche Bank, propose que l’étalon de monnaie soit non pas un étalon-or, mais un panier de biens de consommation. http://www.contrepoints.org/2011/10/04/48782-en-economie-je-suis-autrichien

L’inconvénient de l’or est que sa valeur provient surtout de sa demande monétaire, et moins de sa demande pour la joaillerie ou pour l’industrie. Il en résulte une trop grande volatilité. Une des qualités d’une monnaie est une certaine stabilité de sa valeur. L’or sert de monnaie de remplacement. Cette demande quasi monétaire variable est la principale cause de sa valeur fluctuante.
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