finance folle, dettes et freebanking

La finance folle est celle qui finance les Etats qui s’endettent trop. L’Etat a imposé le monopole monétaire dans le SEUL but de taxer davantage ou de s’endetter davantage. Un Etat crée une Banque Centrale dans le but de pouvoir s’endetter davantage, spécialement pour éventuellement financer une guerre. Ce fut toujours et partout la véritable cause de la création d’une banque Centrale.
Dans un système de Banque Centrale, L’Etat fixe les règles de création monétaire afin que l’Etat puisse s’endetter à un moindre taux, voire à taux nul.

Il en résultera souvent un excès de création monétaire qui se transformera alors en inflation. L’inflation surgit au moment de la création monétaire lorsque l’Etat n’émet pas de promesse de remboursement de ses dettes.

Lorsque l’Etat finance sa dépense excessive par des dettes, ses créanciers préfèrent recevoir une rente des versements d’intérêts. Une première inflation se produit car la production de marchandise est moindre que la production de monnaie. Une deuxième inflation surgira lorsque les créanciers préféreront acheter des marchandises plutôt que de recevoir leur rente.

La seule finance folle est celle qui finance les dettes des Etats trop endettés. Elle est folle parce que les réglés de création monétaire sont folles de privilégier l’endettement de l’Etat au détriment des dettes envers les agents économiques non bancaires.

Le système de Banque Centrale peut produire une monnaie saine si l’Etat renonce à s’endetter de manière excessive. L’inconvénient est que nul ne sait le niveau exact d’endettement de l’Etat qui serait excessif.

En freebanking, c’est la production de monnaie qui est coûteuse. La liquidité est alors des promesse de biens, des commodities par exemple, définis dans le contrat d’émission monétaire proposé par la banque prêteuse. La banque prêteuse doit en acheter pour pouvoir prêter. C’est le coût de production des liquidités qui fixe le taux d’intérêt. En freebanking, c’est ainsi le marché, et non pas le comité d’experts étatiques d’une Banque Centrale, qui fixe le taux d’intérêt de l’argent. Ce qui interdit que l’Etat manipule la monnaie.

A quoi sert une monnaie ?

Une intéressante interview de l’économiste JP Pollin.

http://bernardthomasson.com/2012/02/17/a-quoi-sert-une-monnaie/

Le commentaire de gidmoz à cette interview:

L’économiste JP Pollin dit que la monnaie serait fondée sur la confiance. C’est inexact. La valeur de la monnaie actuelle est fondée sur l’interdiction des autres monnaies. Pour acheter ou vendre, on est ainsi bien obligé d’utiliser la seule monnaie possible, c’est à dire la monnaie légale. L’État interdit la création de toute autre monnaie que la monnaie légale. D’autre part, l’utilisation d’un devise étrangère subit des frais administratifs qui rend son utilisation plus coûteuse. Ce coût supplémentaire donne un avantage concurrentiel à la monnaie étatique. La monnaie actuelle est un monopole étatique.

Peu avant la fin de cet entierview, JP Pollin commet une erreur sur l’Histoire des monnaies. En effet Pollin dit que les monnaies privées auraient été des “monnaies fondées sur rien”. C’est inexact. Bien au contraire, chaque billet émis était la promesse commerciale de la banque de fournir un gramme d’or. Et une promesse commerciale a de la valeur. En effet, s’il le demandait, chaque utilisateur obtenait son or en échange d’un billet.

Chaque billet de chaque banque était échangeable contre un gramme d’or. Sous la pression de leurs clients, ces banques concurrentes ont été contraintes à collaborer. Chaque jour, les banques se réunissaient pour échanger les billets des autres banques. Chaque banque vendait les billets des autres banques contre des billets à elle, ou bien de l’or. Ou bien contre une dette. C’est l’opération de “compensation” entre banques.

JP Pollin dit qu’une Banque Centrale serait nécessaire pour effectuer une telle compensation. La compensation existe évidement sans aucune Banque Centrale. C’est une erreur totalement incompréhensible pour un économiste de sa qualité.

Les monnaies privées écossaises ont durée 130 ans, de 1715 à 1845. Trente banques concurrentes émettaient chacune leur monnaie, sans Banque Centrale, sans aucun contrôle de l’État écossais. En 130 ans, aucun utilisateur n’a été lésé, malgré la faillite d’une des banques. Et aucune inflation par rapport à l’or, puisque chaque billet était une promesse d’or. L’Écosse était alors plus prospère que l’Angleterre.

JP Pollin comment ensuite une deuxième erreur sur l’Histoire monétaire. JP Pollin dit que les monnaies privées se seraient toujours toujours mal terminées. C’est encore inexact. Je cite ci-dessus le free banking écossais, c’est à dire les monnaies privées, dites encore monnaies libres, ou banques libres. En écosse, c’est l’État Anglais qui a décrété autoritairement la fin de la banque libre écossaise.

JP Pollin appuie son propos en affirmant que l’épisode de monnaie privée française du début du 19e siècle se serait mal terminée. Il y eut en effet, une période française de free banking entre 1797 et 1804. L’État n’intervenait pas. Les banques, toutes privées, émettaient des billets de banque. Chaque billet était une promesse commerciale de verser 1 gramme d’or. Et tout fonctionnait normalement.

Une de ces banques privées françaises appartenait à Napoléon lui-même et à quelques amis très proches. Le nom de cette banque était “la Banque de France”. Napoléon voulait financer ses guerres. Il imposa alors le monopole de la Banque de France. Il envoya ses soldats détruire, manu militari, les presses permettant aux autres banques d’imprimer des billets. Ainsi, Napoléon a pu financer ses guerres.

Ainsi JP Pollin se trompe en affirmant que cet épisode de monnaies privées françaises sera mal passé. La cupidité de Napoléon, et sa violence, sont les seules causes de l’arrêt des monnaies privées françaises, de l’arrêt de cette période de free banking.

Plus généralement, il y eut de nombreuses périodes de free banking dans presque tous les pays développés. Elles furent prospères. Elles se terminèrent par la cupidité de l’État instaurant un monopole monétaire. Grâce au monopole monétaire, l’État peut emprunter plus facilement et à moindre coût. Un économiste comprend qu’il s’agit alors d’un impôt déguisé.

Voir mon papier sur les nombreuses périodes de free banking dans le monde, en Europe et en Asie. https://gidmoz.wordpress.com/2011/09/20/crises-monetaires-et-free-banking/

Les économistes de l’école autrichienne d’économie affirment qu’un système monétaire avec Banque Centrale dysfonctionne nécessairement, ou bien il est sous-optimal. Une Banque Centrale est aussi absurde que le serait un monopole étatique de la fabrication et de la distribution de chaussures dans un pays. Pour l’école autrichienne d’économie, la seule cause structurelle des crises monétaires est l’existence d’un monopole monétaire étatique. Hayek, Nobel d’économie 1974, avait publié des livres sur la nécessité de dénationaliser la monnaie. “dénationalisation de la monnaie”, de Hayek.

 

création monétaire : les bases

La création monétaire par une banque

Les bases de la création monétaire sont souvent ignorées. La création monétaire est complexe, mais accessible avec les mots de tous les jours.

Une banque crée de la monnaie à chaque fois qu’elle prête de l’argent. Et lorsque l’emprunteur rembourse, cette monnaie est détruite.

La création bancaire n’est pas faite uniquement au moment des prêts bancaires. La banque émet aussi de la monnaie pour ses dépenses d’entreprises, sans aucun motif de prêt bancaire. Ainsi, les salaires des employés de la banque sont payés avec l’argent produit dans la banque elle-même, et pour les dépenses de la banque.

La banque peut aussi émettre de la monnaie pour investir. En particulier la banque peut émettre de la monnaie à chaque fois qu’elle possède une reconnaissance de dette d’un montant égal.

La valeur de la reconnaissance de dette, fondement de la création monétaire

Un prêt bancaire est un échange entre la reconnaissance de dette d’un emprunteur et une certaine somme de monnaie remise par la banque à cet emprunteur.

Pour l’emprunteur, la somme d’argent remise immédiatement a plus de valeur que la reconnaissance de dette remise à la banque. Sinon, l’emprunteur n’aurait pas accepté d’emprunté.

Du point de vue de la banque, la somme d’argent remise à l’emprunteur a moins de valeur que la reconnaissance de dette possédée. Sinon, la banque n’aurait pas accepté cet échange.

Pour une autre banque, cette valeur de la reconnaissance de dette aura plus de valeur que la somme prêtée. Ces reconnaissances de dettes sont librement cessibles. Elles sont vendues et achetées sur les marchés financiers. Un “bon du trésor” est une reconnaissance de dette de l’État. Une “obligation” émise par la société Renault, est une reconnaissance de dette de la société Renault.
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monnaie étatique ou free banking, le vrai débat

Le système monétaire fondé sur une Banque Centrale, sur des collaborations entre des Banques Centrales permet un risque systémique, rend fragile la gestion de la monnaie. Pourtant un tel système est cohérent, logique et il a certains avantages. Mais il a des couts cachés importants. Ce système de Banque Centrale présente aussi le risque de permettre un endettement excessif de l’État. Le choix d’un système monétaire étatique utilisant un étalon-or laisserait la possibilité à l’État de manipuler la monnaie. Or c’est cette manipulation de la monnaie qui est dangereux. Le système monopolistique actuel est viable et n’a pas besoin d’étalon-or pour bien fonctionner.
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