peut-on avoir envie du pouvoir?

Le pouvoir est une capacité à agir sur soi-même ou sur autrui. Le pouvoir sur soi-même est une maitrise de soi et de son destin.

Le pouvoir sur les autres peut provenir, soit d’un mandat pour agir que ces autres nous ont donné. Ce mandat précise alors le nature et les limites de ce mandat pour agir. Ainsi, le directeur est le mandataire des actionnaires d’une société commerciale. Il s’agit d’un mandat donné par tous les actionnaires sans exception. L’action du directeur devient ainsi l’action de chacun de ses mandants, de chacun de ses actionnaires. Celui qui est dépositaire d’une telle confiance, d’un tel pouvoir d’agir sait qu’il agit dans la légitimité.

Mais ce pouvoir sur les autres peut provenir d’une contrainte, tel un gardien de prison dispose d’un pouvoir sur les prisonniers enfermés dans la prison. Il existe une différence de nature entre le pouvoir provenant de la volonté de celui qui accepte ce pouvoir sur lui ou sur ses biens. Et d’autre part, le pouvoir sur autrui qui provient de la coercition et de la violence.

Ainsi le pouvoir d’un responsable politique provient-il d’un mandat pour agir qui aurait été donné par chacun des citoyens, par chacun des habitants? Ou bien ce pouvoir politique provient-il de la contrainte sans qu’il existe aucun mandat donné par ceux qui vivent sous la contrainte de l’État. Et quand bien même chacun des habitants aurait donné un mandat aux politiciens, nul ne pourrait en certifier la teneur, ni même en contester l’exécution.

La différence entre le pouvoir donné et le pouvoir volé est central dans la question de la nature du pouvoir. La nature du pouvoir n’est pas du tout la même selon que le pouvoir fut donné par un consentement de chacun, ou une violence physique qui contraint chacun.

En ce sens le pouvoir politique est un pouvoir volé. Envier d’avoir un pouvoir politique est donc immoral. C’est l’envie de violer les gens dans leurs biens, dans leur volonté, dans leur conscience. Chaque action de ce pouvoir est nécessairement destructeur du droit d’un tiers.

Le pouvoir d’un directeur d’entreprise est tout autre. Il n’a de pouvoir que sur des gens qui ont donné leur consentement individuel et formel pour accepter ce pouvoir qu’il exerce sur eux. L’échange est alors nécessairement créateur de valeur, de richesse. le pouvoir donné crée de la satisfaction et des richesses économiques. Le pouvoir étatique, donc volé, détruit la satisfaction et la richesse, et crée une situation d’injustice institutionnelle.

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un élu ne représente aucun électeur

Chaque citoyen doute que « son » élu le représente correctement. La réalité est bien pire. La représentation d’un individu par un autre individu s’appelle un « mandat de représentation ». Le mandat de représentation existe dans tous les pays, et a existé à toutes les époques. Il fait partie de la vie quotidienne de chacun.

L’article 1984 du Code Civil français rappelle quelques évidences de bon sens concernant ce mandat de représentation. Le mandat de représentation est au centre de la vie de toute entreprise, de toute organisation humaine visant à un projet.

Un actionnaire qui vote en Assemblée Générale donne explicitement un mandat pour désigner le directeur général. Cet actionnaire a signé les statuts de la société commerciale. Les statuts est le contrats signé entre les actionnaires qui définit comment fonctionne la société commerciale. Ainsi le vote de l’actionnaire signifie son acceptation, a priori, du directeur élu . Cet actionnaire a ainsi nommé lui-même le directeur, même son vote était négatif. Il faut bien comprendre cela. C’est essentiel pour comprendre le mécanisme juridique d’une société commerciale.

Le directeur général de la société commerciale est ainsi nommé par l’unanimité des actionnaires de la société, sans aucune exception. Le directeur est mandaté par la totalité des actionnaires sans exception. Le directeur dispose donc du droit d’utiliser l’argent de chacun des actionnaires pour gérer l’entreprise. Le directeur agit ainsi au nom de chaque actionnaire sans exception. L’actionnaire agit par le bras du directeur. Et le directeur agit par le bras de son salarié. Son salarié est son mandataire. Le directeur est le mandataire de l’actionnaire.

Revenons au mandat politique. Après avoir remporté une élection, un élu reçoit un « mandat électif ». Qui donne ce mandat électif » à l’élu? L’électeur donne-t-il un mandat à l’élu? L’élu représente-t-il un électeur? Le mécanisme juridique de la société commerciale qui donne un mandat à l’élu s’applique-t-il à une élection politique? La réponse est non.

La Constitution de l’État français ne s’apparente pas aux statuts d’une société commerciale. Nul citoyen n’a approuvé cette constitution. Mais, me dira-t-on, un référendum a eut lieu, et qui a approuvé cette Constitution. Ceux qui n’ont pas voté et ceux qui ont voté « contre » ne sont évidemment pas engagé par cette Constitution. Mais même ceux qui ont voté « pour » n’ont voté que la moins pire des options que l’État leur proposait. C’est ainsi qu’un bulletin de vote ne constitue pas une approbation de la Constitution. Au 19e siècle, l’avocat américain Lysander Spooner, le démontrait avec une logique sans faille. http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/article_153_.html

La lecture du Code Électoral français nous apprend que c’est l’État qui définit le mandat électif, qui l’organise, qui fixe les fonctions de l’élu, qui fixe les conditions d’exercice de la fonction de l’élu, qui fixe sa rémunération. Ce n’est pas l’électeur. C’est l’État. L’élu ne représente donc pas l’électeur. Il représente l’État. Et l’État est un organisme qui n’a jamais reçu l’agrément d’aucun citoyen.

Mais alors quel est le rôle de l’électeur dans une votation? Son bulletin de vote n’est pas un mandat de représentation. L’élu est un employé de l’État désigné par un processus de votation organisé par l’État.