le freebanking, mieux que les banques centrales

Un ancien président de la BCE disait : »face à la crise, nous nous sommes sentis abandonnés par les outils conventionnels ». Cette phrase est un aveu que les théories monétaires actuelles sont fausses. C’est aussi l’échec du système de Banque Centrale.

Une tout autre manière de concevoir la monnaie existe, le freebanking. C’est a dire que l’État ne crée pas de monnaie, ne régule pas, ne réglemente pas. La monnaie est alors un bien commercial ordinaire. Une unité de monnaie est alors la promesse d’une banque de livrer quelque chose.

Dans les trois derniers siècles, le freebanking s’est comporté avec succès pendant une période totale de 600 ans dans divers pays riches. C’était la banque écossaise vantée par Adam Smith.

Le freebanking n’est pas limité à l’étalon-or. La monnaie est alors un titre financier coté sur un marché organisé. C’est une certaine promesse dont la banque choisit librement le contenu exact. La banque choisit le contrat d’émission monétaire qui définit la monnaie qu’elle émet. Une banque peut choisir une promesse de livrer de d’or. Une autre banque peut choisir la promesse de livrer tout autre commodity, tout panier de commodities. Certaines banques émettront surement des monnaies dont ils garantiront la valeur par rapport à un indice fixé par contrat.

Jusqu’en 1930, le freebanking était enseigné aux cadres de la Banque de France. Ce n’est pas une théorie monétaire exotique. Rares sont les économistes qui osent pas en parler. Certes, il est vraisemblable qu’aucun État n’accepterait de se désaisir de son pouvoir monétaire. Mais est-ce une raison suffisante pour exclure le débat sur le freebanking?

Un avantage du freebanking est qu’il permet l’accroissement de la masse monétaire sans induire d’inflation. En effet, ce n’est parce que j’ai désormais le droit de payer en sac de blé que cela modifiera le niveau des prix. Et pourtant, en autorisant le paiement en sacs de blé, un État augmente d’un coup la masse monétaire d’un montant énorme. La masse monétaire augmente de la valeur du blé circulant dans le monde.

Le freebanking ne présente donc aucun risque systémique, et n’a aucun effet sur l’inflation. Il permet d’augmenter les crédits selon les besoins des agents économiques. En freebanking, une banque s’assure de pouvoir trouver des liquidités afin de pouvoir prêter à un emprunteur. Rendre liquides des biens qui ne le sont pas est couteux. Ce cout augmente le cout du crédit. Ce qui restreint la masse des crédits. L’emprunteur doit aussi payer une prime de risque de change qui existe entre sa monnaie empruntée et d’autres monnaies avec lesquelles ses clients travaillent. Cette prime restreint aussi la masse des crédits. On voit que les mécanismes du crédit et de la création monétaires sont différent des mécanismes qui existent dans un système de banque centrale. Néanmoins, une banque actuelle dispose des compétences techniques pour apprendre à devenir une banque en freebanking. En particulier, la titrisation des créances sur les emprunteurs restera une excellent moyen de d’augmenter la liquidité prêtable aux emprunteurs.

Un autre avantage du freebanking est que le taux de l’emprunt serait, a priori, plus bas que le taux de l’emprunt dans un système de Banque Centrale. Pourquoi donc ce taux d’emprunt serait-il moindre en freebanking que dans un système à Banque Centrale? La première raison est que tout bien peut devenir une monnaie. Il ne peut donc pas manquer de biens pour servir de monnaie. La deuxième raison de cette supériorité du freebanking est le cout direct et indirect d’un système de Banque Centrale. La liquidité produite par la Banque Centrale peut sembler être gratuite, puisqu’il s’agit d’un jeu d’écriture. Les couts indirects de cette production de monnaie centrale sont les salaires des employés des banques centrales, mais aussi le cout du risque sur les éventuelles errance d’un gouvernement.

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monnaie d’Aristote, monnaie de Platon

Aristote qui affirmait que la monnaie se devait d’être un bien réel que tout le monde désire et qui a un cout de production connu. Pour lui, la monnaie ne pouvait donc être que l’or et l’argent.

Platon pour sa part affirmait que la monnaie était une simple convention sociale qui permettait au système de fonctionner et que son fondement n’était que purement subjectif. Ce qui faisait la valeur de la monnaie, c’était que les deux parties dans l’échange l’acceptent. En supposant que l’Etat gérerait  cette « convention sociale ».

Le débat sur la nature de la monnaie est essentiel aujourdhui. C’est un débat juridique. Il y a deux concepts juridiques de monnaie. Un concept est proposé par Aristote, c’est la monnaie-marchandise. Et l’autre concept de la monnaie, proposé par Platon. Ce classement en ces deux catégories de concepts de monnaie est pratique.

La « monnaie d’Aristote » c’est non seulement la monnaie-marchandise, mais aussi la monnaie-promesse. La monnaie-promesse, c’est le billet de banque lorsqu’il est la promesse commerciale d’une banque qui versera un gramme d’or. Une telle promesse commerciale se comporte, sur un marché, comme une marchandise.

Selon votre classement, la monnaie de Platon serait alors la monnaie de Banque Centrale du 21e siècle. On peut y adjoindre les quasi-monnaies produites par les banques de second rang.

Une banque a deux fonctions. D’une part, choisir un emprunteur qui saura rembourser. D’autre part trouver la liquidité. L’emprunteur produit une reconnaissance de dette, créance à long terme. La banque reçoit cette créance de l’emprunteur et lui verse de la monnaie, bien très liquide.

Pour une « monnaie d’Aristote », un tel bien liquide est une pièce d’or, ou encore une autre marchandise, une autre devise, voire un titre financier liquide. Pour une « monnaie de Platon », le bien liquide est la monnaie de Banque Centrale, produite à un cout apparemment nul.

La monnaie de Banque Centrale évite l’immobilisation d’un stock d’or qui semble stérile. La liquidité est produite à cout nul, puisque sans immobilisation d’un or stérile et apparemment inutile. Sa valeur est stable si l’État gère bien. La monnaie de Banque Centrale est une belle invention d’ingénieur financier. Mais le cout nul de la production de la monnaie de Banque Centrale est, amha, une illusion.

monnaie, liquidité et panier de commodities

Une monnaie est un bien échangeable dont la valeur est suffisamment stable. En tendance, la valeur d’un bien tend vers son cout de production. Une monnaie se référence toujours à la valeur d’un bien. Ou à la valeur d’un panier de plusieurs biens identifiés. La stabilité de la valeur provient nécessairement de la banalité du bien servant de référence à la monnaie.

La valeur de l’or, comme toute autre production minière, tend nécessairement vers son cout moyen d’extraction, mais sans jamais l’atteindre. La différence est le profit espéré par les investisseurs-producteurs d’or. Lorsque la valeur de l’or monte pour des raisons spéculatives, il ne faut pas oublier que cette valeur retombera un jour vers un coût d’extraction bien inférieur.

Ludwig Von Mises énonça son théorème de la régression de la monnaie. « La valeur d’une monnaie provient de la valeur du bien lorsqu’il ne servait pas de monnaie ». L’usage d’un bien comme monnaie augmente sa demande, donc son prix, puis sa production. Puis, le prix tend à nouveau vers le cout d’extraction du bien. Si la demande monétaire augmente à nouveau, le même processus recommence. Mais si la demande monétaire sur ce bien diminue, le prix du bien baissera.

L’or a aujourdhui un rôle prépondérant pour certains investisseurs. Un autre bien pourrait servir de réserve de valeur stable. Un panier de commodities, par exemple. Un tel panier pourrait venir détrôner l’or. La valeur de ce panier de commodities serait proche des cours moyens de ces commodities. Certaines études du CRB, Commodities Research Bureau, montre une grande stabilité à long terme sur les prix des commodities. C’est bien logique à long terme. Le prix d’une commodity est fondé sur son cout de production. Une telle production provient du travail et de l’investissement. Cette production utilise des technologies très diverses. Le fait que ces couts de production varient de manière semblable aux indices de prix moyens n’est donc pas un hasard fortuit.

Un tel panier de commodities serait donc un excellent candidat pour fonder une nouvelle monnaie plus stable que l’or, plus sérieuse que les monnaies de Banque Centrales. Mais des ingénieurs financiers imagineront des milliers de formules différentes pour construire un tel panier de commodities. Nul ne peut deviner quel panier sera le meilleur. Et le meilleur pour quelles catégories d’usagers?

On retrouve ici la nécessité du free banking pour expérimenter de tels paniers de commodities. La nécessité de laisser chaque banque choisir de créer librement une monnaie. On retrouve la nécessité de laisser à chaque investisseur le choix de sa monnaie. La liquidité ne sera plus de la monnaie de Banque Centrale, mais tout bien, tout titre, ayant une bonne vendabilité et un cours mondial.

liquidités et monnaie

thème: La titrisation des actifs est utile à la création de monnaie en free-banking. En effet, une banque promet à l’utilisateur de monnaie qu’il peut l’échanger contre certains actifs liquides.
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