finance folle, dettes et freebanking

La finance folle est celle qui finance les Etats qui s’endettent trop. L’Etat a imposé le monopole monétaire dans le SEUL but de taxer davantage ou de s’endetter davantage. Un Etat crée une Banque Centrale dans le but de pouvoir s’endetter davantage, spécialement pour éventuellement financer une guerre. Ce fut toujours et partout la véritable cause de la création d’une banque Centrale.
Dans un système de Banque Centrale, L’Etat fixe les règles de création monétaire afin que l’Etat puisse s’endetter à un moindre taux, voire à taux nul.

Il en résultera souvent un excès de création monétaire qui se transformera alors en inflation. L’inflation surgit au moment de la création monétaire lorsque l’Etat n’émet pas de promesse de remboursement de ses dettes.

Lorsque l’Etat finance sa dépense excessive par des dettes, ses créanciers préfèrent recevoir une rente des versements d’intérêts. Une première inflation se produit car la production de marchandise est moindre que la production de monnaie. Une deuxième inflation surgira lorsque les créanciers préféreront acheter des marchandises plutôt que de recevoir leur rente.

La seule finance folle est celle qui finance les dettes des Etats trop endettés. Elle est folle parce que les réglés de création monétaire sont folles de privilégier l’endettement de l’Etat au détriment des dettes envers les agents économiques non bancaires.

Le système de Banque Centrale peut produire une monnaie saine si l’Etat renonce à s’endetter de manière excessive. L’inconvénient est que nul ne sait le niveau exact d’endettement de l’Etat qui serait excessif.

En freebanking, c’est la production de monnaie qui est coûteuse. La liquidité est alors des promesse de biens, des commodities par exemple, définis dans le contrat d’émission monétaire proposé par la banque prêteuse. La banque prêteuse doit en acheter pour pouvoir prêter. C’est le coût de production des liquidités qui fixe le taux d’intérêt. En freebanking, c’est ainsi le marché, et non pas le comité d’experts étatiques d’une Banque Centrale, qui fixe le taux d’intérêt de l’argent. Ce qui interdit que l’Etat manipule la monnaie.

prets bancaires illimités

Les écritures comptables enregistrent des actes de transfert de propriétés. Un enregistrement comptable ignore presque tout du contexte contractuel de ce transfert. La comptabilité est souvent aveugle à la réalité économique des actes de gestion. Il me semble donc préférable de parler de ces actes de gestion plutôt que de leur enregistrement comptable.

Prenons l’exemple d’un emprunt de 10000 euros, mais sans parler de comptabilité. Après l’emprunt, la banque possède une reconnaissance de dette, une créance sur l’emprunteur. Et l’emprunteur possède 10000 euros.

La reconnaissance de dette a de la valeur. En effet, on peut la vendre, on peut l’acheter. Le prêt bancaire fait apparaître ainsi une nouveau bien, qui est la créance sur l’emprunteur. C’est l’apparition d’une nouvelle marchandise.

Mais cette nouvelle créance est fondée sur une richesse qui pré-existait, c’est à dire sur la capacité de produire de l’emprunteur. Cette créance est ainsi la transformation d’une capacité de produire de l’emprunteur en titre financier.

De même une titrisation est fondée sur une valeur pré-existante. La titrisation fait apparaître une valeur pré-existante. C’est une nouvelle marchandise. La plupart des biens existants ne sont pas à vendre. Mais, lorsque leur propriétaire les met en vente, il les transforme en marchandises.

Certains s’étonnent que la banque enregistre cette reconnaissance de dette à l’actif. C’est pourtant bien logique puisque cette créance sur l’emprunteur a de la valeur. Elle s’ajoute donc aux autres valeurs possédées par la banque.

Contrairement à ce qu’on peut penser, la banque ne peut pas procéder ainsi à un nombre illimité de prêts bancaires. En effet, si l’emprunteur ne rembourse pas, la banque perd la somme prêtée. La banque ne prête que si elle juge que l’emprunteur est capable de rembourser. Donc elle limite ses prêts aux seuls emprunteurs capables de rembourser.

Néanmoins, il y a beaucoup de vrai dans cette idée. Il faut s’étonner de la raison pour laquelle la quantité de monnaie prêtée par la banque serait arbitrairement limitée. La limite provient aujourdhui du monopole monétaire du système de Banque Centrale. Dans un tel système, la liquidité est produite à coût nul par la Banque Centrale.

En freebanking, une telle limite de la quantité des emprunts n’existe pas. En effet, la liquidité est alors coûteuse à produire. En freebanking, la liquidité est la transformation de biens en marchandises très vendables. Une marchandise cotée sur un marché organisé a une meilleure vendabilité. Cette transformation des condition de vente de cette marchandise a souvent un coût de production. C’est ce coût de production de la liquidité qui limite la masse des prêts bancaires d’une banque en freebanking.

monnaie, liquidité et panier de commodities

Une monnaie est un bien échangeable dont la valeur est suffisamment stable. En tendance, la valeur d’un bien tend vers son cout de production. Une monnaie se référence toujours à la valeur d’un bien. Ou à la valeur d’un panier de plusieurs biens identifiés. La stabilité de la valeur provient nécessairement de la banalité du bien servant de référence à la monnaie.

La valeur de l’or, comme toute autre production minière, tend nécessairement vers son cout moyen d’extraction, mais sans jamais l’atteindre. La différence est le profit espéré par les investisseurs-producteurs d’or. Lorsque la valeur de l’or monte pour des raisons spéculatives, il ne faut pas oublier que cette valeur retombera un jour vers un coût d’extraction bien inférieur.

Ludwig Von Mises énonça son théorème de la régression de la monnaie. « La valeur d’une monnaie provient de la valeur du bien lorsqu’il ne servait pas de monnaie ». L’usage d’un bien comme monnaie augmente sa demande, donc son prix, puis sa production. Puis, le prix tend à nouveau vers le cout d’extraction du bien. Si la demande monétaire augmente à nouveau, le même processus recommence. Mais si la demande monétaire sur ce bien diminue, le prix du bien baissera.

L’or a aujourdhui un rôle prépondérant pour certains investisseurs. Un autre bien pourrait servir de réserve de valeur stable. Un panier de commodities, par exemple. Un tel panier pourrait venir détrôner l’or. La valeur de ce panier de commodities serait proche des cours moyens de ces commodities. Certaines études du CRB, Commodities Research Bureau, montre une grande stabilité à long terme sur les prix des commodities. C’est bien logique à long terme. Le prix d’une commodity est fondé sur son cout de production. Une telle production provient du travail et de l’investissement. Cette production utilise des technologies très diverses. Le fait que ces couts de production varient de manière semblable aux indices de prix moyens n’est donc pas un hasard fortuit.

Un tel panier de commodities serait donc un excellent candidat pour fonder une nouvelle monnaie plus stable que l’or, plus sérieuse que les monnaies de Banque Centrales. Mais des ingénieurs financiers imagineront des milliers de formules différentes pour construire un tel panier de commodities. Nul ne peut deviner quel panier sera le meilleur. Et le meilleur pour quelles catégories d’usagers?

On retrouve ici la nécessité du free banking pour expérimenter de tels paniers de commodities. La nécessité de laisser chaque banque choisir de créer librement une monnaie. On retrouve la nécessité de laisser à chaque investisseur le choix de sa monnaie. La liquidité ne sera plus de la monnaie de Banque Centrale, mais tout bien, tout titre, ayant une bonne vendabilité et un cours mondial.