loi duflot et bitur-camember

Guillaume: Garantie Universelle Duflot des Loyers : mon oncle double le loyer de son appartement, je le loue mais je ne paye pas, mon oncle fait jouer la garantie. Quelqu’un pourrait-il expliquer à Cécile Duflot ce que signifie “aléa moral”?

Gidmoz: Oui. Plus généralement, c’est encore la loi de bitur-camember qui s’applique ici. L’Etat a prévu un budget pour payer les loueurs lésés. Donc, chacun, s’il le peut, va tenter travailler et faire des efforts afin d’obtenir le mois illégalement, des subventions de l’Etat. Il ne faut pas oublier une loi essentielle de l’économie: on investit 80 si on sait qu’on obtiendra 100. Un nombre suffisant de loueurs investira en magouilles, en montage, en astuces diverses pour obtenir 100.
Le montant des efforts de ces loueurs sera donc un peu inférieur au budget étatique à distribuer. Le coût de ces efforts n’aura créé aucune nouvelle richesse dans le pays. Ces efforts auraient étés plus productifs en créant de vraies richesses dans le pays. Cette subvention distribuée aux loueurs aura ainsi induit un manque à produire presque égal au montant de la subvention.
Ainsi, non seulement l’aléa moral fera en sorte que l’argent de l’Etat ira dans les mains des plus astucieux. Mais encore le coût des efforts vains faits par ces loueurs astucieux représente un manque à produire, un coût très important. Probablement 80% du montant total des subventions distribués pour défaut de paiement des locataires. Ce manque à produire est ainsi un appauvrissement du pays.

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impôt, subvention et loi de bitur-camember

La loi de Bitur-Camember s’applique deux fois à chaque euro d’impôt. La première fois, à la perception de l’impôt. La deuxième fois lors de la distribution d’une subvention. Au total, pour un euro d’impôts, le pays s’appauvrit de deux euros.

En effet, chaque euro d’impôt détruit des motivations de produire. Ainsi, si le taux moyen de l’impôt est de 100%, on ne produit plus rien du tout. On en déduit arithmétiquement que tout euro d’impôt induit un euro de production en moins. Et, de fait, les économistes américains mesurent qu’un dollar US d’impôt en plus induit un dollar de PIB en moins.

Mais la loi de Bitur-Camember s’applique une deuxième fois au moment de la distribution. Ceux qui sont mesure de bénéficier d’une partie de cette céleste manne étatique feront des efforts pour l’obtenir en se conformant aux conditions nécessaires pour l’obtenir. Ces efforts sont un coût en temps passé, en renoncement à des opportunités rentables, des efforts financiers aussi.
Mais quel est le coût de ces efforts? On comprend bien que ces efforts ont un coût total pour l’ensemble des candidats à obtenir une partie de cette manne céleste, de ce butin.

C’est là que la loi de bitur-camember est géniale. Elle nous rappelle qu’on investit 80 pour un gain de 100, ce qui nous donne un profit de 100-80=20. Mais plus généralement, l’investissement tend à être égal au gain. Le coût de ces efforts faits par les candidats au butin va donc avoisiner le montant de butin à redistribuer.

Un effort fait pour s’approprier une part de butin n’est pas productif de vraie richesse. On peut même dire que, pour le pays, aucune richesse nouvelle n’est créée par ces efforts d’obtenir du butin. Le montant de ces efforts est donc une vaine production. Ces efforts n’enrichissent pas le pays, au contraire. S’il n’y avait pas eu cet espoir de butin, ces candidats au butin auraient produit des richesses nouvelles, utiles aux autres. Le PIB aurait même pu mesurer cette augmentation de la production.

Ainsi, la loi de bitur-camember montre que, dans le principe de la distribution étatique, les candidats qui profitent le mieux du butin seront ceux qui courent le plus vite, qui ont de la chance d’être là au bon endroit, de mieux se mettre en situation de profiter d’une partie du butin. La distribution étatique n’atteint ainsi jamais correctement son objectif.

C’est l’environnement des lois, de circonstances aléatoire, qui fixeront, un peu au hasard la proportion de la subvention qui atteindra le but visé initialement. Et même lorsque la subvention atteint son objectif, elle ne crée aucune richesse nouvelle nette dans le pays. On pourrait schématiser quantitativement sur un schéma « Offre-Demande », le coût total des efforts faits des candidats au butin. Avec de la chance, le coût des efforts vains pourraient être inférieurs à 50% de la subvention.

Mais, c’est là que la loi de bitur-camember s’applique encore pour compléter utilement un tel schéma « Offre-Demande ». On se souvient qu’un Etat admet volontiers que le coût de la redistribution des impôts est entre 20 et 40% du montant de ces impôts. Mais, c’est oublier le salaire et la carrière des fonctionnaires qui ont sacrifié une carrière productive dans le privé pour une autre carrière au service de l’Etat, et donc payée par des impôts. Tout salaire de fonctionnaire doit être considéré comme une des manières de bénéficier de la distribution du butin.

Ainsi, 80% du budget destiné aux plus pauvres, aux SDF, est englouti par les fonctionnaires gravitant autour des SDF, contrôlant les SDF, gérant les SDF. Les SDF ne bénéficient que d’une part infime du budget qui leur est alloué par l’Etat.

Au total, on voit bien à quel point la loi de bitur-camember a raison de dire qu’il existe une tendance forte pour que la totalité de la subvention occasionne une destruction de motif de production vraie réelle. Et que le montant de cette absence de production est du même ordre de grandeur que le montant de la subvention.

avis libertarien sur le rapport Gallois

Je suis un libertarien. A mon avis, tous les libertariens jugeraient sévèrement ce rapport Gallois. Gallois ne voit pas que toute action de l’Etat dans l’économie ou dans le travail est nécessairement une destruction nette de valeur dans le pays.

C’est un raisonnement majeur de la théorie libertarienne. D’une part, tout euro d’impôt est un euro de PIB en moins. cette première démonstration est élémentaire. Voir mon blog https://gidmoz.wordpress.com/2012/10/26/un-euro-dimpot-en-plus-est-un-euro-de-pib-en-moins/ L’argent de la subvention vient d’un impôt. Il est une première perte sèche avant même de savoir l’effet ultérieur de cette subvention.

D’autre part, toute subvention espérée induit un immense effort de multiples acteurs afin de l’accaparer. On sous-estime toujours l’ampleur de cet effort d’accaparement. Un économiste sait qu’on investit 80 pour espérer obtenir 100. Il en est de même pour les subventions espérées. Et on identifie facilement, pour chaque subvention, ceux qui ont dépensé pour espérer l’obtenir.

Pour chaque subvention, on établira une liste des agents politiques et économiques qui auront dépensé de tels efforts. Une évaluation sommaire du temps ainsi passé, des moyens matériel publics et privés mis en oeuvre montrera invariablement le coût de ces efforts. Cette évaluation inclura aussi ceux qui ont fait un effort sans pouvoir obtenir de subvention.

Ce coût total dépensé avoisinera le montant de la subvention. Le montant dépensé à obtenir un profit tend vers le montant espéré de ce profit. Ces nombreux efforts dépensés en vain pour obtenir une richesse pré-existante, sans créer de nouvelles richesses, est une perte sèche pour le pays.

C’est ainsi que toute action de l’État est toujours, et a priori, une double destruction nette de valeur.

Le libertarien condamnera aussi tout monopole étatique, nécessairement destructeur de valeur. En effet, un monopole interdit aux entrepreneurs concurrents de proposer des services mieux et moins chers. le monopole est une interdiction légale de créer de la valeur. Tel le monopole de l’Education Nationale mentionné dans le rapport. L’Etat inflige ce monopole en vendant un service coûteux à prix quasi-nul afin d’étouffer la quasi-totalité d’une éventuelle concurrence.

Plus généralement, le libertarien condamnera tout interdiction étatique d’échanger ou de disposer de ses biens. Toute taxe induit une perte sèche pour la richesse du pays. Tout économique le sait. Mais Gallois propose des taxes.

Chaque proposition de Gallois est une dépense supplémentaire, ou une intervention supplémentaire de l’Etat dans l’économie. Un libertarien condamnera donc sans détour de telles propositions.

Le vrai individualisme, par Friedrich Hayek

Le vrai individualisme,
texte extrait et adapté de Friedrich Hayek, traduit par François Guillaumat
http://herve.dequengo.free.fr/Hayek/Hayek2.htm
Non, l’individualisme n’est pas un système d’isolement dans l’existence ni une apologie de l’égoïsme.

Quels sont alors les caractères essentiels du vrai individualisme? La première chose qui doit être dite est qu’il s’agit d’abord d’une théorie sociale: un essai pour comprendre les forces qui déterminent la vie sociale de l’homme, et ensuite seulement un ensemble de principes politiques déduits de cette vision de la société. Ce fait devrait en lui-même suffire à refuser le plus sot des malentendus qui courent à ce sujet: l’idée suivant laquelle l’individualisme postulerait (ou fonderait ses arguments sur cette hypothèse) l’existence d’individus isolés ou autosuffisants, au lieu de partir de l’étude de gens dont la nature et le caractère sont déterminés par le fait qu’ils existent en société.

Si cela était vrai, l’individualisme n’aurait vraiment rien à apporter à notre compréhension de la société. Mais son postulat essentiel est en fait différent, à savoir qu’il n’existe aucun autre moyen de s’assurer des phénomènes sociaux que de comprendre les actions que les individus entreprennent vis-à-vis des autres, dans l’idée qu’ils se conduiront d’une certaine façon. Cet argument s’attaque principalement aux théories proprement collectivistes de la société, qui se prétendent capables d’appréhender directement des formations sociales comme la société, etc., c’est-à-dire comme des entités en soi, qui seraient censées exister indépendamment des individus qui les composent.

L’étape suivante de l’analyse sociale de l’individualisme est dirigée, elle, contre un pseudo-individualisme rationaliste qui ne conduit pas moins au collectivisme dans la pratique. Elle consiste à affirmer que nous pouvons découvrir, en examinant les effets combinés des actions individuelles, que bien des institutions sur lesquelles repose le progrès humain sont apparues et fonctionnent sans qu’aucun esprit ne les ait connues ni ne les contrôle. Que, suivant l’expression d’Adam Ferguson, « Les nations se retrouvent face à des institutions qui sont bel et bien le résultat de l’action des hommes, sans être celui d’un projet humain » et que la collaboration spontanée des hommes libres engendre souvent des résultats qui dépassent ce que leur cervelle d’individus pourra jamais entièrement saisir.