Un prêt bancaire n’est pas un prêt

Un prêt bancaire n’est pas un prêt. C’est une curiosité du vocabulaire. Mais c’est surtout important de le savoir lorsqu’on étudie le mécanisme des prêts bancaires. Cela peut légitimement troubler un lecteur. Ce lecteur pourrait en conclure, hâtivement, qu’un prêt bancaire serait frauduleux pour la seule raison que ce n’est pas un prêt. Non, une bizarrerie du vocabulaire ne suffit pas à affirmer l’existence d’une fraude. Cela crée une source de confusion habituelle de certains lecteurs. Je l’explique ci-dessous au travers d’un dialogue:

Gidmoz: Il faut bien comprendre que le prêt bancaire n’est pas un prêt. Si je prête un livre à un ami, il me rend le même livre. C’est le prêt, au sens commun du terme. Rien de tel dans un prêt bancaire. Le prêteur(banque) devient propriétaire d’un IOU(reconnaissance de dette) sur l’emprunteur. Et l’emprunteur devient propriétaire de promesses de la banque(unités monétaires). Après le « prêt bancaire », l’emprunteur ne possède donc rien qui appartient à la banque. Le prêt bancaire n’est donc pas un prêt au sens commun du terme.

Stéphane: <> Il faut bien comprendre que c’est exactement la où est le problème.

Gidmoz: Dans un prêt bancaire, l’emprunteur ne peut pas rendre les mêmes certificats de dépôt que ceux que le banquier lui avait « prêtés »(remis). Le prêt bancaire n’est donc pas un prêt, n’est pas un contrat de prêt d’une chose. C’est un contrat rédigé autrement qu’un contrat de prêt.

Stéphane: Tetracapilosection sans intérêt, si je puis dire.

Gidmoz: Le diable est dans les détails, dit-on. Or, ici, ce n’est pas un détail, c’est énorme! L’emprunteur possède entièrement l’argent versé par la banque. C’est la possession pleine et entière de l’emprunteur. Il ne peut pas en être autrement puisqu’il ne rendra jamais les mêmes certificats de dépôts. Donc la logique juridique du contrat de « prêt bancaire » est différente de celle d’un contrat de prêt d’un livre emprunté et qu’on rendra.

Stéphane: Non. La propriété en matière de monnaie est toujours sur la quantité, pas sur les atomes. Sinon elle ne pourrait pas circuler. C’est bien sur ce point que vous vous plantez depuis le début. Pour n’importe qui, 1g d’or, c’est 1g d’or. Ce n’est pas ce gramme d’or. Sinon ce n’est pas une monnaie.

Gidmoz: Un droit de propriété porte sur telle chose bien définie. Tentez de définir un droit de propriété sur 10 pièces d’or, quelles que soient ces dix pièces d’or. Une telle définition d’un tel droit hypothétique est évidement impossible.

Gidmoz: Ou plutôt tentez de définir un droit de propriété portant sur 10 grammes d’or, sachant que d’autres grammes d’or quelconques peuvent se substituer aux grammes d’or initiaux. Bonjour la complexité du contrat. Parce que vous visez un gramme qui appartient alors à une autre personne et que vous ignorez.

Stéphane: Quand on exprime un contrat en euros, c’est complique ? Non, pourtant, ce ne sont jamais les mêmes billets. Foutaises.

Stéphane: La clé est ici : la monnaie a cette caractéristique, elle se reconnait au fait que sa propriété s’exprime en unités et non en articles. A partir de la, l’argument qui est le votre de la reconnaissance de la propriété une fois en banque tombe et n’a pas de réalité.

Gidmoz: Vous dites  » la monnaie a cette caractéristique, elle se reconnait au fait que sa propriété s’exprime en unités et non en articles ». On ne définit pas le concept de propriété à partir du concept de monnaie. C’est l’inverse. Votre argument revient à dire,(je schématise): la monnaie est comme cela, donc la nature de la propriété de la monnaie est différente des autres propriétés, car sinon, il n’y aurait plus de monnaie. Ce raisonnement ne tient pas.

Gidmoz: Vous dites « Quand on exprime un contrat en euros, c’est complique ? Non, pourtant, ce ne sont jamais les mêmes billets ». Ce n’est pas un bon argument. Nous parlons de la nature de la monnaie. Or, un contrat de dette en euros, ne s’intéresse pas à la nature de l’euro, mais à sa quantité.

Gidmoz: Le gidmoz-or est un papier disant « contre ce papier, gidmoz donne un gramme d’or ». Chaque papier est numéroté. C’est comme un billet de banque. Chaque gramme d’or est dans un sachet numéroté. La numérotation des billets est différente de la numérotation des sachets. gidmoz remet un sachet d’un gramme d’or en échange d’un gidmoz-or. Tentez de définir un droit de propriété sur 10 gidmoz-or avec votre hypothèse. Votre hypothèse revient à considérer que le droit de propriété de dix gidmoz-or serait IDENTIQUE au droit de propriété de dix autres gidmoz-or. Votre hypothèse me semble incompatible avec l’exercice que je vous propose.

réfutation des intérêts manquants

Une banque prête 100 avec 10 d’intérêt. L’emprunteur devra rembourser 110. Où et comment cet emprunteur trouvera-t-il les 10 pour payer sa dette à la banque? Pour simplifier le problème, plaçons nous dans un contexte économique où une seule banque émet cette monnaie et cette banque a un seul emprunteur. Ce contexte économique existe lorsque plusieurs monnaies sont simultanément utilisées en un même lieu. Un lecteur, amateur de robinsonade, pourra valablement imaginer une île déserte avec un seule banque et un seul emprunteur dans cette monnaie.

Ainsi le contexte économique est planté. On évite ainsi de parler de macro-économie. On a simplifié la question à l’essentiel. En un mot, on passé le « rasoir d’Ockam » sur cette question. Ockam était un philosophe anglais du 14e siècle. Mais on peut aussi appeler le philosophe français Descartes à la rescousse. On a appliqué le second principe de Descartes qui exige de simplifier la question en problèmes plus simples. En énonçant ce second principe de sa fameuse « méthode », Descartes a été inspiré, amha, par Ockam.

Entrons donc dans ce contexte économique simple et propice à la logique pure. Si la banque refuse de dépenser, l’emprunteur ne pourra jamais payer ses intérêts. Même si la banque lui prête autant d’argent qu’il le souhaite. C’est une évidence de pure logique.

Il est donc nécessaire que la banque dépense autant d’argent que le montant des intérêts dus par l’emprunteur. Ainsi, l’emprunteur pourra trouver les 10 qui lui permettront de rembourser sa dette. Là encore, c’est une raison de pure logique. De plus, la banque doit dépenser cet argent avant que l’emprunteur ne doivent cet argent. Sinon, l’emprunteur ne pourra pas trouver l’argent des intérêts.

Cette dépense de la banque est-elle légitime? C’est une question que tout lecteur se posera. La réponse est « oui ». Lorsque la banque dépense de l’argent après avoir reçu un paiement, chacun dira que la dépense de la banque est évidement légitime.

Mais, à y bien réfléchir, la banque ne commet aucune faute de gestion en dépensant ce même argent avant que l’emprunteur rembourse. Et la banque dépense cet argent dans son seul intérêt, à son seul bénéfice. Cette dépense sont les salaires des employés, des investissement, ou régler ses fournisseurs. Cette dépense de la banque en sa faveur est légitime. Et c’est légitime pour deux bonnes raisons. D’une part, si la banque dispose de fonds propres, d’actifs, d’autres devises, ou un stock d’or,rien ne lui interdit d’émettre de la monnaie. D’autre part le montant des intérêts du par l’emprunteur est de 10. Ces 10 d’intérêts sont une reconnaissance de dette acceptée par l’emprunteur. Ces 10 sont un actif qui a de la valeur, et dont la valeur est environ 10.

La première étape du paradoxe des intérêts manquants est franchie avec succès. Nous avons démontré l’utilité et la légitimité que la banque dépense et émette les 10 d’intérêt que l’emprunteur doit.

Nous arrivons maintenant à la deuxième étape du paradoxe des intérêts manquants. La banque dépense 10. C’est bien, mais c’est insuffisant pour être certain que l’emprunteur pourra rembourser les 10 d’intérêts. En effet, un autre utilisateur de monnaie peut détenir ces 10 sans les dépenser. Dans un tel cas, la simple logique nous enseigne que l’emprunteur ne peut pas rembourser ses intérêts à la banque.

Nous ne l’avions pas encore dit, mais ce n’est pas trop tard pour le dire. Car c’est important de le dire. Voici cet important rappel sur la création monétaire: Dans notre exemple, la banque émet de la monnaie en deux occasions. Soit la banque émet et dépense de la monnaie garantie par ses fonds propres. Soit la banque crée, émet et prête de l’argent à un emprunteur. Dans chacun de ces deux cas, le cout industriel et le risque sont parfaitement identiques.

Comment franchir cette deuxième étape du paradoxe des intérêts manquants? La réponse est qu’il faut que la banque crée, émette et dépense autant d’argent qu’il le faut afin que la monnaie circule suffisamment. Ainsi il existera des bureaux de change pour acheter les monnaies en circulation. L’emprunteur se rendra à un tel bureau de change. Il achètera alors les 10 avec une autre devise afin de rembourser ces 10 à la banque prêteuse.

Prenons un exemple pour fixer les idées. La banque émet et dépense 1% de la masse monétaire. La banque s’assure que ce pourcentage reste fixe. Nous avons vu que la banque peut légitimement créer, émettre et dépenser ces 1% de la masse monétaire. Du moins, si elle possède des actifs dont la valeur est supérieure. Ces 1% qui circulent suffiront pour assurer la liquidité de la monnaie.

La banque crée, émet et dépense un certain pourcentage de monnaie en plus. Je citais ci-dessus 1% de la masse monétaire émise. Selon les habitudes des utilisateurs, ce pourcentage minimum peut être différent. Supérieur ou inférieur.

Nous avons ainsi expliqué les deux motifs du paradoxe des intérêts manquants. Nous avons aussi vu comment la banque procède pour assurer le bon fonctionnement de sa monnaie, malgré ces deux motifs.

Alors, certains diront que la banque pourrait faire exprès que sa monnaie soit inutilisable. Oui, c’est techniquement possible. Mais ce serait commercialement idiot. Il suffirait alors à la banque de refuser de résoudre les deux motifs qui provoquerait l’existence des intérêts manquants. La banque ferait rapidement faillite. Les utilisateurs utiliseraient alors une autre monnaie pour leurs transactions.

La monnaie est un service rendu aux utilisateurs. La banque n’a aucun intérêt à interdire sa monnaie de fonctionner normalement. La banque fait donc en sorte qu’il circule suffisamment de monnaie afin que chaque emprunteur trouve de quoi payer ses dettes.

lien utile:
réfutation des intérêts manquants

cause du taux d’intérêt d’un emprunt

La cause d’un taux d’intérêt est que, pour l’emprunteur recevoir 10000 euros maintenant a plus de valeur que la valeur de la promesse de verser 10000 euros dans un an. Pour cet emprunteur, la différence de valeur est supérieure au taux d’intérêt. Ce raisonnement résulte de la “préférence démontrée”.

Pour la banque aussi, le coût de verser 10000 euros immédiatement est supérieur que au coût de verser cette même somme dans un an. La banque applique donc, très logiquement, un taux d’intérêt sur la somme prêtée. La raison pour laquelle cette différence de valeur existe pour la banque importe peu. Cela concerne la gestion de la banque. Une différence de valeur, de coût, existe. Là encore, c’est le théorème de la « préférence démontrée » qui s’applique.

Le risque de non-remboursement ne suffit pas à expliquer le taux d’intérêt. En effet, dans certains cas, la banque ne prend aucun risque à prêter. Par exemple, prêter avec une hypothèque peut souvent donner une parfaite garantie à la banque. On pourrait même imaginer des cas, où l’hypothèque est telle que la banque gagnerait à ce que l’emprunteur ne rembourse pas. Et pourtant, la banque appliquera toujours un taux d’intérêt à l’argent prêté.

Savoir limiter le risque de non-remboursement est un des savoir-faire de la banque. Ce risque dépend du jugement de la banque sur l’emprunteur. Ce risque se traduit par un certaine augmentation du taux d’intérêt.

cause interne de l’inflation

thème: L’État est la seule cause l’inflation propre à un pays. L’État achète donc fait monter les prix, mais il ne produit pas de marchandises pour les faire baisser.
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