débat sur les réserves fractionnaires

Gidmoz : Un seul contre exemple suffit à réfuter le refus de principe des réserves fractionnaires. Une banque possède 1000 en actifs cotés sur des marchés organisés. Elle ne possède pas d’or. Elle émet 100 de billets échangeables contre de l’or. Lorsqu’on lui demande de l’or, la banque vend qq actifs, achète de l’or et remet l’or promis. No problem.

Nicolas : il y a certainement quelque chose qui m’échappe dans votre raisonnement, comment la banque a t elle pu acheter ces titres, si elle était alors soumise aux réserves fractionnaires ? ex si elle achète 500 actions valant chacune l’équivalent en monnaie 0,5 pièce d’or, soit au total 250 pièces d’or, puis, si le cours de ces actions augmente à l’équivalent d’1 pièce d’or, et si elle trouve un acheteur, cela voudra dire qu’une autre banque est prête à lui donner l’équivalent de 500 pièces d’or en échange de ses actions. Mais tant qu’elle ne les a pas vendus, ie tant que le transfert de propriété n’a pas eu lieu, elle ne pourra prêter aucune de ces 100 pièces d’or . Elle ne prêtera que ce qu’elle possède, c’est à dire d’autre pièces d’or.

Gidmoz : je démontre ici qu’une banque peut valablement créer et émettre de la monnaie échangeable avec de l’or, et sans posséder d’or, ou peu d’or. Les actifs possédés par la banque appartiennent aux actionnaires de la banque. Ces actifs ont été apportés par les actionnaires au capital de la Banque.

Jonathan : Pour autant le succès de la banque de hollande au XVIIième n’est il pas un exemple de la pertinence de l’idée ? Ou alors y a il des éléments que je ne comprend pas sur la question. Car fondamentalement la réserves fractionnaires revient à créer de la monnaie ex-nihilo et ne diffère donc pas de la fausse monnaie crée par une banque centrale non ?

Gidmoz : Dans mon exemple simplissime, la banque peut toujours acheter de l’or pour verser l’or promis par chaque billet de banque.

Jonathan : Oui mais comment valorise ton ces actifs financiers ? C’est bien tout le problème actuel. Officiellement on à des banques solvables qui pourraient vendre des actifs (créances, prêts,, etc …) pour couvrir leur obligations. Sauf que ces actifs valent bien moins en réalité que ce qui est affiché sur le bilan. Ce n’est qu’au moment de la vente qu’on saura si c’est le cas ou non. Si la population perd la confiance dans le système, alors les actifs ne vaudront pas assez, ou l’or ne sera pas sur le marché (situation qui semble pouvoir se produire bientot si on en juge par le décalage entre or physique et papier actuel). Dès lors, quand on est une banque ne doit on pas en permanence avoir en coffre l’ensemble des fonds qu’on prétend avoir (que ce soit en or ou noix de coco d’ailleurs). Une banque de dépots deviendrait alors juste ça, un dépôt représentant un stock d’or et émettant la quantité de monnaie correspondante (voir faisant payer le dépôt). Libre à ceux qui veulent risquer la réserve fractionnaire de le tenter dans des banques d’investissement et de s’exposer aux bank runs.

Gidmoz : Dans mon exemple, la banque a des concurrents. Elle n’est pas une banque centrale. D’autres devises circulent. Les actifs financiers détenus par notre banque sont cotés sur divers marchés financiers, et cotés dans diverses devises.
Je ne comprend pas bien votre souci. Craindriez vous que ma banque ne puisse pas honorer sa promesse de verser l’or promis?

Jonathan : Disons que oui j’aurai des doutes que votre banque soit vraiment sur en cas de panique ou d’événement inattendu. Ses actifs peuvent de dévaluer pus facilement que l’or (défaut de paiement sur une bulle, défaut de paiement d’un état sur ses émissions de dettes etc …) et donc elle peux se retrouver sans suffisamment d’actifs liquides à échanger contre l’or qu’elle a promis initialement sans l’avoir. Après si c’est le cas d’un marché libre avec des concurrents libre de proposer une offre me convenant plus, je n’ai rien contre l’idée mais je n’en serait pas client. J’attends d’une banque de me stocker mon argent/or, si investissement il y a je m’en charge Le free banking et une libérations des devises résolvent effectivement ce débat en laissant chacun choisir le risque qu’il préfère. En revanche si monopole sur la monnaie il y a, votre modèle de banque est libre de créer de la fausse monnaie backées par des actifs pourris (et donc générant de l’inflation au sens autrichien, en augmentant la masse monétaire sans contrepartie réelle), mais ces actifs ne se révéleront comme tels que lors d’une crise.

Gidmoz : Je ne suis pas d’accord pour évoquer le cas d’une escroquerie délibérée du directeur de la banque. Ce n’est pas le sujet. Il reste, selon vous, le risque que les 1000 d’actifs de la banque ne puisse pas acheter 100 en or, à cause d’une baisse de la valeur de ces actifs. C’est un cas très improbable. Nous pouvons l’exclure en fonctionnement normal de l’économie. Ou alors, il faudrait comparer ce risque à bien d’autres risques industriels.

Gidmoz : « J’attends d’une banque de me stocker mon argent/or ». Ma banque ne prêtera pas les éventuels dépôts d’or de ses clients. Ma banque garantit la valeur des billets émis uniquement avec les actifs possédés par la banque. Et l’or déposé n’appartient pas à la banque. Enfin, dans mon exemple.

Stéphane : LA BANQUE NE POSSEDE PAS MES DEPOTS.

Gidmoz : Merci de votre remarque. Elle me donne l’occasion d’ajouter des précisions afin de lever certaines ambiguïtés pour mon lecteur. Mon exemple simple est uniquement destiné à être un contre exemple qui réfute les thèses sur l’interdiction des réserves fractionnaires. Il est donc inutile de le surcharger avec des options inutiles à la démonstration.

Ainsi, dans mon exemple de banque, les clients de la banque sont des emprunteurs, des particuliers ou des commerçants. Il déposent l’argent qu’ils ont reçu au guichet de la banque. Cet argent déposé contient aussi des billets d’autres banques. Cet argent déposé ne contient pas d’or-métal. Cet argent est alors versé à leur compte. C’est à dire que le compte bancaire du client est crédité, ou débité.

La banque en collaboration avec les autres banques fait les compensations à parité des valeurs nominales. Ainsi les comptes bancaires des clients sont crédités ou débités. Des transferts physiques d’or-métal peuvent avoir lieu entre les banques. Ou le plus souvent des dettes en or-métal à très court terme entre banques afin d’éviter des transports quotidiens d’or dans les rues.

Dans mon exemple simple, l’or-métal et les pièces d’or ne sont pas utilisés comme monnaie. Cette hypothèse simplificatrice est très importante à préciser. Ce sont seulement des billets qui sont échangés. Ou des unités de monnaie sur des comptes bancaires de la banque et des autres banques émettant d’autres billets.

L’or-métal lui-même n’est pas utilisé comme monnaie pour les échanges de biens. Un dépôt d’or d’un client est alors seulement placé dans le coffre du client, et la banque n’y touche pas, ne le gère pas. Encore une fois, mon seul but ici est limité à la réfutation, et non pas d’exposer toute la panoplie de ce que peut faire une banque.

Jonathan : j’avais mal compris alors. Tellement l’habitude de voir les banques utilisés les dépôts pour faire n’importe quoi ^^ Si la banque n’émet de monnaie et ne prend risques que sur ses fonds propres alors je pourrait en être client effectivement (mais ca implique de faire confiance à un banquier qui pourrait éventuellement magouiller … ). J’admets que la garantie or totale n’est pas la seul option viable. Mais c’est la plus stable et rassurante à terme néanmoins.

Gidmoz : Une banque et son client peuvent convenir ensemble d’une large palettes d’option contractuelles possibles. Je veux seulement tordre le cou à la thèse de l’interdiction des réserves fractionnaires. Je félicite l’économiste l’économiste Guido Hulsman d’avoir eu le courage de changer d’avis sur ce point grâce aux arguments de Pascal Salin. Hulsman a abandonné la thèse de l’interdiction des réserves fractionnaires. Et heureusement! Il reste encore, parmi quelques uns de nos amis, un travail de conviction à faire.

Jonathan : Je vois l’argument et je reconnais sa pertinence. Après à titre personnel je suis partisan de l’or métal en tant que monnaie, car il ne peux pas être trafiqué ou imprimé facilement. Mais la réserve fractionnaire n’est pas nécessairement frauduleuse je le reconnais.

Gidmoz : François Guillaumat a traduit plusieurs des livres de Rothbard en français. Guillaumat lui avait objecté qu’il ne peut pas y avoir une fraude lorsqu’il y a un accord, un contrat entre la banque et son client. Cette absence de fraude est renforcée par la très grande longévité de ce contrat d’émission de monnaie à réserves fractionnaires. Guillaumat explique le désaccord qu’il a eut avec Rothbard sur ce point. Cette erreur de Rothbard est d’autant plus étonnante que Rothbard est un véritable génie et qui a fait progressé la science économique d’une manière décisive.

Stéphane : Le problème ne vient pas du fait qu’il y a contrat, mais de la nature même de la monnaie et des services bancaires. En particulier, il ne peut pas y avoir un contrat qui suppose ou prévoit un transfert de propriété des fonds à la banque. Dès lors, elle ne peut pas en faire ce qu’elle veut.

Gidmoz : En premier lieu, il existe un accord, un contrat entre la banque et chaque possesseur d’une unité de monnaie. On ne peut donc pas parler de fraude. Or c’est bien le mot fraude que vous utilisez et qui est réfuté la seule existence d’un véritable accord. Vu la longévité de cet accord, vous ne pourrez pas objecter qu’une des deux parties du contrat aurait été inconscient des conséquences possibles du contrat.

En second lieu, vous prétendez bizarrement que « il ne peut pas y avoir un contrat qui suppose ou prévoit un transfert de propriété des fonds à la banque ». Lorsque le client de la banque dépose des fonds pour alimenter son compte bancaire, il se produit deux actes de gestions distincts. Le premier acte de gestion est que la propriété des fonds versés devient la propriété de la banque.

Le deuxième acte de gestion est que le client devient propriétaire des créances sur sa banque, propriétaire des promesses de sa banque de lui verser de l’or ou des euros. Il n’existe donc aucun dépôt, au sens traditionnel du terme. Il n’existe non plus aucun « prêt ». Il existe seulement un échange de créances entre le « déposant » et la banque. La banque devient propriétaire des fonds déposés par son client. Et le client devient propriétaire d’une créance sur la banque. Son compte bancaire est une créance sur sa banque.

Petit rappel de Droit du contrat, indépendamment des questions de monnaie. Il faut bien comprendre qu’on peut être propriétaire d’une promesse, telle une promesse de livrer un gramme d’or. Une telle promesse se vend et s’achète. Dans la cession d’une telle promesse, le bénéficiaire « substitue » le nouveau bénéficiaire, lequel devient le nouveau propriétaire de la promesse. Le promettant restant évidemment le même.

La nature d’un tel droit de propriété sur une telle promesse est un « droit réel », comme disent les juristes. Ce rappel de droit des contrats est d’une grande évidence et d’une grande banalité. Ce droit des contrats est identique quelque soit le pays et quelle que soit l’époque. Il est universel. Nous parlons ici des promesses contractuelle, encore appelées « contrat unilatéral ».

Mais attention de ne pas confondre avec d’autre promesses non contractuelles. Certaines promesses en l’air n’engagent pas juridiquement le promettant. « Je te promet qu’il pleuvra demain » n’engage à rien le promettant. Une promesse contractuelle, ou une promesse commerciale, engage juridiquement le promettant.

Stéphane : Non la monnaie n’est pas l’objet d’un contrat. L’or, je l’ai ici déjà chez moi, il n’est pas un objet contractuel.

Gidmoz : Gidmoz écrit « contre ce papier, gidmoz verse 1 gramme d’or ». C’est une promesse. Oui? ou non? ensuite, mes voisins utilisent ces papiers comme monnaie pour les échanges. Cohérent ou incohérent, selon vous?

Stéphane : Non. Je ne connais comme papier-monnaie que les certificats de dépôt, pas les reconnaissances de dette.

Gidmoz : Dans notre cas, admettez-vous que ces reconnaissance de dette gidmoz-or servent de monnaie pour certains utilisateurs?

Stéphane : Non, car une monnaie ne se décrète pas, elle résulte du marche et concerne tout le monde, pas juste quelques guignols. Oui pour des fantaisistes, non en général.

Frederick : Chers amis, j’espère que vous ayez conscience que l’ouverture d’un compte de dépôt dans une banque signifie que vous lui demandez d’échanger votre Or ou vos pièces et billets en monnaie de demande. Dans la pyramide de la monnaie, vous obtenez forcément une monnaie qualité, c’est le risque que vous prenez, heureusement compensé par la compétence bancaire.
Ayant cédé vos billets qui sont par ailleurs de la monnaie de l’État autrement dite  » de réserve « , vous devenez propriétaire de titres scripturaux dont seuls 10% sont immédiatement convertibles en monnaie de réserve; pour les 90% restants leur valeur dépendra des actifs de la banque.

Frederick : En effet l’Or n’est pas un contrat, c’est ce que l’on appelle une  » outside money « .
La monnaie de dépôt est une  » inside money », elle est mon actif et le passif d’un autre. C’est d’une autre nature.

Frederick : « Non, car une monnaie ne se décrète pas, elle résulte du marche et concerne tout le monde  »

Ce n’est pas exact.
C’est une question de convertibilité, le prix étant évalué selon la liquidité et la structuration.

Une monnaie non convertible comme le fut le Yuan n’en fut pas moins une monnaie et pourtant exclusivement réservée aux Chinois.

Gidmoz : Pendant des siècles, et dans de nombreux pays, un billet de banque fut, de fait, la promesse d’un gramme d’or. Le contestez-vous?

Gidmoz : « vous devenez propriétaire de titres scripturaux ». Oui, un compte bancaire, ce sont des titres financiers que possède le titulaire de ce compte bancaire.

Frederick : hélas en toute ignorance

Gidmoz : « hélas en toute ignorance ». Le client n’a pas les compétences techniques pour analyser son risque. Mais il dispose d’autres moyens pour évaluer son risque. Ce qui est intéressant dans votre remarque est de constater que la monnaie bancaire , ce sont des titres financiers.

Stéphane : Ce n’est pas le « de fait » qui compte, mais la réalité. La monnaie, c’est l’or, pas une promesse ni une dette.

Gidmoz : Une promesse librement cessible change de propriétaire par la substitution du bénéficiaire par un nouveau bénéficiaire, lequel devient le nouveau propriétaire. L’ancien bénéficiaire de la promesse est le vendeur. Le nouveau bénéficiaire est l’acheteur. Il s’ensuit qu’une telle promesse apparaît comme un bien économique ordinaire pouvant se vendre et s’échanger. Un droit de propriété sur une promesse est différent du droit du bénéficiaire résultant de l’hypothétique réalisation de cette promesse.
En d’autres termes, la promesse de livrer un gramme d’or est différente de la possession du gramme d’or lui-même. Cette différence des deux droits de propriété est illustrée par l’existence éventuelle d’un délai de livraison, ou d’un certain dédommagement financier si le retard de livraison dépassait une semaine. Un droit de propriété sur un gramme d’or est de nature différente du droit de propriété sur la promesse d’un gramme d’or. Un gramme d’or est un bien économique différent de la promesse d’un gramme d’or. C’est le bien économique « promesse » qui est utilisé comme monnaie, et non pas l’or lui-même.

Gidmoz : Lorsque les billets de banque circulent, ce sont des promesses qui circulent, qui s’échangent. Ce n’est pas l’or qui circule. C’est bien la promesse qui est LA monnaie. Contrairement à ce que vous dites dans votre commentaire précédent, ce n’est pas l’or qui est alors la monnaie utilisée.

Stéphane : Je veux bien que les billets soit une monnaie (et non LA) de substitution mais de tels billets sont des titres de propriété et non des reconnaissances de dette.

Stéphane : Supposer que la monnaie est une dette suppose que sa propriété a été donnée a ou prise par la banque ce qui est inconcevable. Que ce soit le système actuel ne fait qu’en illustrer l’immoralité.

Stéphane : Il ne peut y avoir que deux types de banques. De dépôt a qui on n’accorde aucune propriété ou une banque d’affaire a qui on confie la gestion. Vous passez votre temps a mélanger les deux.

Gidmoz : Mon contre exemple ci-dessus détruit votre thèse. Je le recopie ici: « Une banque possède 1000 en actifs cotés sur des marchés organisés. Elle ne possède pas d’or. Elle émet 100 de billets échangeables contre de l’or. Lorsqu’on lui demande de l’or, la banque vend qq actifs, achète de l’or et remet l’or promis ».
Vous reconnaissez que « les billets soit une monnaie…. ». Jusque là, ce serait un point d’accord important entre nous. Mais vous ajoutez « de substitution ». Or dans mon exemple, la banque n’a jamais possédé d’or, n’a jamais fait aucune substitution avec de l’or. Le mot « substitution n’apparaît nulle part dans la promesse de la banque de livrer de l’or. Bien au contraire, la banque explique qu’elle ne possède pas d’or, mais qu’elle sait honorer sa promesse puisque la valeur de ses actifs est dix fois supérieure aux billets émis.
Vous dites encore « de tels billets sont des titres de propriété ». Là encore mon contre exemple détruit votre affirmation. Un tel billet, pourtant très valable, n’est pas un titre de propriété sur de l’or puisque la banque émettrice ne possède aucun or.

Stéphane : Votre problème c’est de supposer monnaie ce qui ne peut l’être. On ne crée pas de la monnaie. Elle s’impose d’elle même.

Gidmoz : Vous affirmez donc, sans preuve, que la monnaie de mon contre exemple, ne pourrait pas servir de monnaie. Soit une BNP qui n’aurait pas d’or. Cette BNP émet des BNP-or, échangeable contre de l’or avec un mois de délai. Le fisc met au point les règles fiscales qui s’appliqueront à l’utilisation d’une telle monnaie-or. Et oseriez vous encore prétendre qu’un tel projet de la BNP ne pourrait jamais servir de monnaie. Là votre argument serait très faible.

Stéphane : Depuis quand faut-il des preuves (empiriques) à la logique ?

Gidmoz : Les lois de la logique formelle s’appliquent d’autant mieux que les choses visées par le raisonnement sont mieux définies. La logique d’un raisonnement est limitée par la précision et la pertinence des définitions. A travers votre raisonnement, erroné de mon point de vue, je tente d’identifier la ou les définitions fautives que vous utiliseriez. Une preuve n’est pas toujours expérimentale. Il existe aussi des preuves purement formelles, et qui invalident un raisonnement.
J’ai qq idées sur l’origine de votre erreur. C’est peut être dans votre définition apriori, de la nature de la monnaie. Il me semble que votre définition exclue a priori certains biens. Depuis, la théorie des effets réels du 18e siècle, on sait que tout bien est susceptible de devenir une monnaie. Ensuite, la qualité de cette monnaie peut être très variable. Sa monétarité, sa moneyness est parfois médiocre.

Stéphane : Moneyness ? Pascal Salin, dans Libres !…..

Frederick : En  » Money and Banking  » nous apprenons que la banque commerciale convertit en monnaie de dépôt les billets, pièces et l’Or que nous lui apportons. La Banque devient alors propriétaire de ce que nous lui avons apporté, et nous sommes propriétaires de titres scripturaux.

Si nous ne voulons pas de cet arrangement, nous demandons à la banque de mettre ce que nous apportons dans un coffre. Dans ce cas nous en demeurons propriétaires.

Frederick : En  » Monnaie et Banque  » nous savons qu’il y a une hiérarchie de la monnaie correspondant à une hiérarchie des utilisateurs et institutions.

Excepté l’Or, toutes les autres monnaies, y compris le billet, sont des promesses de paiement en monnaie de l’échelon supérieur:
(1) OR
(2) Devise = promesse de paiement en Or
(3) dépôt bancaire = promesse de paiement en devise
(4) crédit = promesse de paiement en dépôt
(5) dérivés = promesse de paiement en crédit ou titres financiers

Est monnaie ce qui est utilisé à l’échelon de l’agent, en montant dans la hiérarchie

Banque Centrale ou Banque de Réserve : Monnaie = Or ou $, € pour par exemple l’Argentine*
Banque Commerciale : Monnaie = Devise et Or
Consommateur, Entrepreneur : Monnaie = Dépôt bancaire, Devise, Or
Courtier en titres : Monnaie = titres financiers, dépôts, Devise, Or

Tel est le système monétaire actuel de la banque traditionnelle.
Car désormais existent des institutions opérant à la façon des banques, mais traitant des instruments financiers complexes, par exemple:

Actif = Titre de financement immobilier + CDS
Passif = Eurodollars + Libor

commentaires FB en aout 2013

Les besoins d’un homme n’ont aucune limite. La quantité des richesses qu’on peut produire n’a aucune limite. Keynes avait donc tort car son propos ignore gravement la nature de l’homme.
La consommation d’un individu n’a que la limite maximale de son compte bancaire.
La raison abstraite pour laquelle la formation des richesses n’a pas de limite est que la création de toute valeur est toujours une création d’information. Une plaque d’acier devient une voiture en donnant une forme à cet acier, en donnant une « information » à cette plaque d’acier. La quantité d’information ne peut pas avoir de limite. La création des richesses ne peut donc pas non plus avoir de limite.
Avec une quantité de matière finie, on peut créer une quantité illimitée de richesses. Ainsi, avec un ordinateur, on peut créer des textes, des oeuvres en quantité illimitée.
oui, c’est la « métaphysique de la production ». C’est une analyse formelle de la réalité de toute production humaine.
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HHH se trompe. Un taux de réserve d’or à 100% est une erreur intellectuelle, une faute de logique.
Une monnaie fondée sur une seule marchandise, sur un seul type de bien, n’est pas optimale. En effet, toute augmentation de la demande monétaire augmente le prix du bien servant de monnaie, provoquant ainsi des fluctuation de cours. Plus le nombre de biens fondant la valeur d’une monnaie est grand, plus faible sera la variation de prix de chacun de ces biens là. En d’autres terme, si la demande monétaire du bien est trop grande par rapport à la demande non-monétaire, il s’ensuit de plus grandes variations de cours, donc de prix réels.
La quantité de monnaie est un problème. Pour de nombreuses raisons, les agents économiques peuvent demander plus de monnaie. Lorsque la monnaie est une seule marchandise, l’or, par exemple, la demande monétaire induit une hausse de l’or, donc un coût plus grand de la monnaie. Il n’existe pas de corrélation entre cette hausse du prix de l’or et la quantité des autres marchandises disponibles à la vente. Cette hausse de l’or induira donc une activité économique inutilement diminuée.

« Et les banques de prêts prêtent… leur propre argent ! Incroyable, non ? ». Non, une banque ne prête que la monnaie de banque qu’elle a créée et émise. Le paradoxe provient du mot « prêter ». Un prêt bancaire n’est pas un prêt au sens commun du terme « prêter ». Un prêt bancaire est un échange de créances entre une banque et un emprunteur. La banque devient propriétaire de la reconnaissance de dette de l’emprunteur. Et l’emprunteur devient propriétaire des créances à très court termes que sont les unités de monnaies que la banque a créées. Ainsi, dans un prêt bancaire, chacun devient propriétaire d’une créance sur l’autre. Un prêt bancaire n’est donc pas un prêt au sens commun du terme.
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Une Banque Centrale est mandatée par l’Etat pour gérer le monopole monétaire. La Banque Centrale agit ainsi au nom de l’Etat. Or la liquidité officielle est la monnaie émise par la Banque Centrale. Chaque banque de second rang peut aussi émettre de la monnaie dans une certaine proportion de la quantité de monnaie centrale. Cette proportion est fixée par une règle administrative arbitraire, mais pragmatique. En gros pour un euro de monnaie centrale, les banques émettent environ quatre euros de monnaie. Et les autres devises ne peuvent pas circuler dans le pays.
La liquidité d’une entreprise s’obtient par un prêt bancaire. La liquidité d’une banque s’obtient par un emprunt à la Banque Centrale. Et la masse totale de la monnaie de banque centrale est le principal facteur qui limite le total des liquidités dans l’économie.
Une banque saine peut être en rupture de paiement, non pas à cause d’une insuffisance de la valeur de ses actifs, mais uniquement parce que cette règle administrative arbitraire est déficiente dans telle situation économique spécifique. C’est donc cette règle bancaire que l’Etat doit modifier. Et il n’y a alors aucune raison de liquider une banque saine. Lorsque la cause du dysfonctionnement d’une banque saine est une règle étatique inappropriée, c’est détruire inutilement de la valeur de laisser une telle banque être liquidée.
Ensuite, mais vient le débat sur l’évaluation de la valeur des actifs d’une banque. C’est un débat brûlant. Mais c’est peut être un autre débat.

Le monopole monétaire actuel n’est pas optimal, comme tout autre monopole. Mais un tel monopole monétaire est, de plus, particulièrement nuisible. La première raison est qu’il met l’Etat en position de prendre discrètement l’argent dans la caisse. En d’autres termes, cela permet à l’Etat de s’endetter et donc, d’infliger un impôt supplémentaire à la population.
Seul le directeur d’une banque de prêt peut correctement évaluer les actifs de sa banque. Il est le seul à savoir de la fiabilité de ses emprunteurs. Il est le responsable aux yeux de ses actionnaires de cette évaluation. Ensuite, les actionnaires analysent, eux aussi, leur banque, ce qui modifie le cours de l’action de cette banque.
Pour tous ceux qui détiennent tel titre financier, ce titre vaut plus, voire bien plus, que son cours, du moins pour ceux là. Il est donc approximatif d’évaluer un actif selon son cours sur un marché organisé. Et nul autre que le prêteur peut évaluer valablement la valeur de la créance sur l’emprunteur.
C’est vrai que le freebanking propose des réponses d’une parfaite logique à toutes ces questions sans réponse satisfaisante en système de Banque Centrale.
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Il faut que l’Etat cesse d’imposer des évaluations administrative de la valeur des titres financiers par la réglementation. Seule la Banque sait correctement évaluer le risque avec ses propres critères, propres à la nature particulière de ses clients. Et le directeur de la banque n’est alors responsable de la qualité de son évaluation que devant ses actionnaires. Ni devant l’Etat, ni devant la Banque Centrale.

La monnaie actuelle est un monopole de l’Etat. En effet, l’Etat interdit de faire circuler une autre devise. Et une banque n’a pas le droit de créer une nouvelle monnaie, un BNP-or, par exemple. La cause commune de chaque dysfonctionnement monétaire est ce monopole monétaire. Le freebanking a existé pendant diverses périodes totalisant 600 ans dans les pays riches. Toutes ces périodes de freebanking furent des succès économiques. Aucune inflation, aucune fraude et croissance économique. La plus longue période de freebanking fut en Ecosse de 1715 à 1845, pendant qq 130 ans. 30 banques écossaises concurrentes travaillaient sans Banque Centrale, et en émettant chacune sa monnaie échangeable contre de l’or.

L’avantage du freebanking est multiple. Tout monopole légal interdit la production des éventuels concurrents. Cette absence de production est une perte pour le pays. Ainsi, l’autorisation de la circulations de toutes les devises et la libre création d’une banque enrichiraient le pays.

Plus concrètement, en freebanking, la liquidité serait des titres financiers cotés sur des marchés organisés. les sous-jacents de ces titres pourraient des commodities ou des produits financiers complexes associant plusieurs biens économiques.

Il s’en suivrait une adaptation automatique entre la masse de prêts bancaires et la quantité des liquidités ainsi produites sur certains marchés organisés.

Certains économistes de l’école autrichienne d’économie analysent la création monétaire comme une cause majeure de la crise monétaire de 2008. Je ne partage pas cette analyse. Pour moi, la cause fut, non pas la quantité de prêts bancaires émis, mais le fait que la solvabilité des emprunteurs était douteuse. La quantité de prêts bancaires n’est pas un problème en soi.

Le système de Banque centrale ne peut pas, par construction, fournir des réponses satisfaisantes aux questions de responsabilité des banques.En effet, la Banque centrale tient, chaque jour, dans sa main la possibilité de tuer la banque. Il lui suffirait que la banque centrale refuse un prêt à une banque pour entraîner sa faillite. Le système de banque centrale est un système très centralisé, très bien tenu dans les mains de l’Etat. Les banques ont une étroite marge de manoeuvre pour travailler.

En effet, un freebanking sera d’autant meilleur que l’Etat s’abstiendra d’intervenir dans son fonctionnement. La question centrale du fonctionnement d’une banque en freebanking est la production des liquidités. A tel point que le taux d’intérêt d’une banque en freebanking proviendra moins de la rareté du capital que du risque de change avec les autres monnaies. En effet, le capital disponible pour servir de garantie à une monnaie est mille fois plus abondant que les besoins de monnaie.
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comment sortir de la crise monétaire?

La monnaie de Banque Centrale est fondée sur un subtil équilibre entre la masse monétaire et la quantité des biens et services qui seront vendus dans un bref délai. Une émission monétaire sert soit à acheter des biens ou des services, soit elle est achetée par un rentier qui préfère recevoir la rente d’un bon du trésor.

Aujourd’hui, la création monétaire sert principalement à permettre à des créanciers de recevoir une rente. Le jour où ces créanciers de l’État préféreront acheter des biens ou des marchandises, il s’en suivra une augmentation de la demande, et donc une augmentation des prix. Il s’ensuivra un déséquilibre monétaire, une inflation des prix.

La dette des agents économiques privés correspond à des richesses qui seront produites dans un bref avenir. Cette dette là n’induit donc pas de dysfonctionnement monétaire à long terme. La dette des États est la seule dette qui pose un problème qui semble insoluble. En effet, un État ne produira jamais des richesses marchandes qui permettraient d’équilibrer ce subtil équilibre de la monnaie actuelle.

Cette inégalité arithmétique peut sembler insoluble. Il existe donc un risque majeur d’inflation qui sera à la hauteur de l’attitude des créanciers des États trop endettés. Il existe plusieurs scénarios imaginables. Soit les États endettés divisent par deux leurs dépenses afin de réduire drastiquement leur dette. C’est le scénario qui diminuerait les spoliations prévisibles des dysfonctionnements monétaires futurs.
Soit les États endettés tentent de spolier davantage les contribuables, soit par l’inflation, soit par la spoliation directe de leurs créanciers.

Tout agent économique peut valablement s’endetter sans risque excessif jusqu’à un certain ratio de gestion. Pour une entreprise privée, un tel ratio est bien connu des gestionnaires. Pour un État, ce ratio d’endettement acceptable est inconnu. On sait qu’un tel ratio maximal d’endettement doit exister, mais nul ne peut valablement en dire le montant pour chaque État.

Les règles monétaires actuelles sont conçues afin d’inciter les banques à prêter prioritairement aux États plutôt qu’aux entreprises. Ces règles sont explicites dans les règles de « Bâle 1 ». Il s’ensuit qu’une réduction du crédit induirait un manque de financement pour les entreprises. Et un changement de ces règles de priorité du crédit provoquerait une faillite des États trop endettés.

La valeur de la monnaie actuelle n’existe que grâce au monopole étatique de la monnaie, grâce à l’interdiction faite aux entreprises de vendre dans une autre devise que la devise officielle légale. Pourtant, le financement des entreprises est la première victime du manque de crédit. Et l’autorisation d’utiliser toute autre devise dans un État permettrait un financement des entreprises et de ses clients.

L’inconvénient de l’usage d’autres devises dans un pays est qu’il condamnerait définitivement les monnaies étatiques actuelle et provoquerait aussitôt la faillite des États et des systèmes sociaux qui maintenaient un fragile équilibre social.

L’hypothèse politique de l’autorisation du freebanking permettrait aux banques d’émettre et de proposer des monnaies différentes de la monnaie légale. On peut se demander en combien de mois ces monnaies nouvelles parviendraient à être acceptées par les agents économiques. Si elles sont suffisamment acceptées, les entreprises et leurs clients pourront a nouveau trouver un financement. Il s’en suivra un plus grande production de richesses dans le pays.

Sans la dette publique et ses excès, le monopole monétaire serait un frein à l’activité économique, comme tout autre monopole étatique. Mais ce monopole monétaire ne serait pas un cancer. Aujourd’hui, oui, le monopole monétaire est devenu un cancer de l’activité économique.
Un autre inconvénient de l’euro est qu’il a été pensé et conçu par ses créateurs, non pas comme une optimisation monétaire, mais plutôt comme un moyen de constituer une unité politique européenne. Les critiques techniques sur l’euro n’intéressent donc pas ceux qui n’ont d’autre but que la constitution d’un État fédéral européen.

« Le freebanking ne peut pas s’instituer comme par magie ». Dans l’improbable hypothèse du freebanking, l’État autoriserait les banques et les habitants à commercer dans d’autres devises que la devise officielle, et sans coût directs ou indirects supplémentaires. Ces coûts indirects sont formés par toutes les contraintes légales et administratives qui rendent aujourd’hui plus coûteux l’usage d’une devise différente de la monnaie légale.

Certains libéraux proposent que les États émettent des monnaies utilisant le principe de l’étalon-or. Il peut exister de nombreuses variantes dans l’utilisation de l’étalon-or. Le but recherché par ces libéraux est de limiter la création monétaire afin que la monnaie conserve sa valeur.
Je ne partage pas l’analyse monétaire de ces libéraux. La première raison est, amha, que le problème majeur est que la monnaie reste entre les mains de l’État. Comme le disais justement Philippe Simonnot, l’État est ours gourmand qui ne résiste pas longtemps à la tentation de violer ses propres règles de modération et de prudence.

La deuxième raison est que la principale question systémique n’est pas, amha, la quantité de monnaie émise ou en circulation. Une question importante d’un système de banque centrale est le risque d’un endettement excessif de l’État. C’est le risque de l’ « ours gourmand ». Les dettes des agents économiques privés seront remboursées dans des conditions prévues par les banques prêteuses. Il y aura toujours des créances douteuses, mais ce risque est bien maîtrisé par le savoir-faire de chaque banque.

Une troisième raison de mon opposition à l’étalon-or semblera surprenante dans ma bouche, puisque je suis un libertarien anarcap favorable au freebanking. Le système de banque centrale n’a pas que des défauts. Le monopole monétaire d’une banque centrale a l’avantage que la valeur de chaque unité de monnaie est garantie par un bien ou un service qui sera effectivement vendu dans un bref délai. Ainsi, sans coût d’immobilisation d’une certaine quantité d’or, la valeur de la monnaie est garantie. De plus, cette garantie de valeur est une garantie de pouvoir d’achat des biens économiques qui seront vendues par cette monnaie et dans cette quantité de ces biens vendus là.
Je suis conscient que l’État, ici en la personne de la Banque Centrale, est aveugle à la quantité de monnaie et de crédit optimal que souhaitent chaque agent économique. Je suis aussi bien conscient que le freebanking permet un équilibre exact de la quantité de monnaie par la seule production des liquidités cotées sur divers marchés organisés. Je suis aussi bien conscient que le freebanking guidé entièrement par le marché permet une maîtrise des prévisions de variation de cours des divers biens.

Oui, Hayek a raison de rappeler que l’or, ou plutôt l’étalon-or, est plein d’imperfections. Il existe plusieurs manières d’envisager le freebanking. Je suis de ceux qui prônent un plein freebanking, sans aucune régulation de l’État, sans intervention de l’État dans les règlements, sans interdiction de cartels de banques, sans création monétaire par l’État, sans aucune autorisation préalable pour créer une banque, ou une nouvelle devise, une nouvelle monnaie. La première caractéristique fiscale d’une monnaie est qu’elle ne supporte aucune taxe de transaction. C’est aussi une condition nécessaire d’un vrai freebanking.

Quels sont les avantages du freebanking? C’est le taux minimal d’intérêt pour les usagers. C’est l’impossibilité pour l’État de s’endetter au delà de ses prévisions de gain.

Les économistes et les financiers ont raison de se pencher sur la question des moins mauvaises mesures qu’un gouvernement pourrait prendre dans la crise monétaire actuelle. Certes, c’est le propos de l’auteur de l’article. Mais ce n’est pas mon propos. Il me semble utile d’expliquer comment et pourquoi le freebanking, même limité, est, aujourd’hui, une solution alternative à envisager sérieusement pour sortir de la crise monétaire.

un euro d’impôt, c’est un euro de production en moins

Un euro d’impôt, c’est deux euros de PIB en moins.
La démonstration pour le premier euro est très différente de la démonstration pour le deuxième euro. Pour le premier euro, la démonstration est simple. Acrithene, un économiste universitaire(voir blog acrithene.wordpress), m’a proposé une autre démonstration plus lourde, mais plus classique. Et en effet, pour le démontrer, Acrithene utilise les raisonnements triviaux et classiques de la micro-économie de l’offre et de la demande. Sauf si on a utilisé plus d’une centaine de fois ces raisonnements classiques de micro-économie, ma démonstration semblera, amha, plus simple au lecteur. Dans le fonds, les moyens des deux démonstrations sont parfaitement identiques, mais leur expression est très différente.
Nul ne travaille au profit d’un autre sans rémunération. On refuse de travailler gratuitement, sans être payé. Plus le taux de l’impôt s’approche de 100%, moins le contribuable produira. Et si le contribuable venait à ne plus être rémunéré du tout, il cesserait de produire. La motivation du producteur est le gain de posséder sa production. Augmenter l’impôt, c’est diminuer sa motivation à produire. C’est ainsi que, plus le taux de l’impôt est grand, moins le producteur produira.
Pour les besoins du discours, intéressons nous, par hypothèse, aux deux extrêmes du taux d’imposition. Le taux à 0% et le taux à 100%. Avec un taux hypothétique de 100% d’impôt, toute motivation à produire est détruite. Il en résulte une production nulle dans une telle hypothèse du discours. Pour un taux d’impôt nul, la production d’un individu est 1, par hypothèse. Procédons en faisant une expérience de la pensée en faisant varier ce taux d’impôt depuis zéro jusqu’à 100. Et observons, toujours par la pensée, la production de notre producteur hypothétique.
Traçons l’axe des x(horizontalement) et l’axe des y(verticalement). en vertical, notons la production entre 0 et 1. En horizontal, notons le taux d’impôt entre 0 et 1. La notation 1 signifie ici 100% d’impôt. Dire avec un taux de 100% d’impôt, on ne produit plus rien permet de tracer un premier point du graphique. C’est un point situé sur l’axe horizontal (1,0). Nous disposons aussi d’un autre point de la courbe. C’est le point situé sur l’axe vertical (0,1). Il signifie que sans impôt du tout, un individu produit une certaine quantité que nous mesurons par le chiffre , conventionnement.
Nous avons ainsi deux points de la courbe qui relie le taux de l’impôt à une production individuelle. Un point est sur l’axe des y(vertical), et l’autre point est sur l’axe des x(horizontal). Comment est cette ligne entre ces deux points extrêmes. Je suppose, dans un premier temps, que cette ligne est une droite qui relie les deux points. Ou plutôt, cette ligne est un segment de droite qui forme un triangle avec les deux premiers points et les deux axes. tracez le sur une feuille de papier pour ne pas perdre le fil de la démonstration.
je ne parle pas ici du cas d’une courbe qui serait concave, ou convexe entre les deux points extrêmes. Il est facile de voir sur le dessin que cela ne change pas sensiblement les conclusions de la présente démonstration.
[pour le lecteur matheux, t=taux, et p=production, alors t+p=1, segment de droite formant triangle].
Un économiste américain a mesuré par des statistiques, qu’un dollar d’impôt en plus réduisait le PIB de 0,96 dollar. Un autre économiste américain, par une toute autre méthode, a mesuré qu’un dollar d’impôt en moins, augmentait le PIB de 1,12 dollar. ces mesures statistiques correspondent bien au raisonnement théorique.