valeur-travail et valeur subjective

J’achète un pain un euro. Mais même si le vendeur me propose un deuxième pain à 60 centimes, je refuserai car il sera sec quand je le mangerai. Ce deuxième pain vaut, pour moi, moins de 60 centimes, donc je refuse de l’acheter.

Soudain le vendeur m’en propose un à 10 centimes pour finir sa journée. Bon, j’accepte un pain à 10 centimes. Je l’emballerai pour qu’il sèche moins. cela me fera moins d’argent dépensé.

Dans cet exemple, la valeur du pain, évaluée par le même acheteur et par le même vendeur et presque au même moment passe de un euro à 10 centimes. Pourtant, chaque pain a nécessité le même travail. C’est le jugement de valeur, jugement de préférence du vendeur et de l’acheteur qui dévoile la vraie valeur du pain à chaque seconde.

Pour moi, la minute d’avant mon premier achat, un pain valait plus que un euro. J’étais content de l’acheter un euro. Mais une minute plus tard, un pain identique en tout point, valait quelques 10 centimes. Pourtant ce deuxième pain a nécessité le même travail, les mêmes ingrédients.

Ce n’est donc pas le travail nécessaire à la fabrication du pain qui induirait la valeur de ce pain aux yeux de l’acheteur. Il n’y a pas de relation directe entre le travail et le prix de vente.

La valeur est un certain sentiment que j’ai pour cette chose là. Un autre aura, pour cette même chose, un autre sentiment. Ou l’ignorera. La valeur n’est, a priori, pas un nombre. Sauf lorsque je fais l’effort de comparer la valeur d’une chose à la valeur d’un billet de banque. Là, je saurai si cette chose vaut plus que le billet. Ou si cette chose vaut moins que ce billet.

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promesse, contrat unilatéral et marchandise

Une promesse commerciale est la promesse faite à un bénéficiaire, de faire quelque chose, de livrer quelque chose. Une telle promesse est régie par le droit des contrats. Un contrat est un ensemble de deux promesses entre deux individus. C’est un certain accord entre deux personnes. Chacun fait une promesse à l’autre. L’obligation de l’un EST le droit de l’autre. Un contrat constitué d’une seule promesse est appelé « contrat unilatéral ». Dans un contrat unilatéral, c’est à dire une promesse, il y a un promettant et un bénéficiaire. Le bénéficiaire n’a aucune obligation envers le promettant. Le promettant doit respecter son obligation envers le bénéficiaire.

Il existe des promesses en l’air qui ne sont pas des contrats. Ainsi la phrase « je te promets que tu réussiras ton examen » est une phrase d’encouragement, mais ce n’est pas une promesse au sens des contrats, au sens du droit des contrats. Ainsi, toute promesse n’est pas un contrat.

Si un industriel dit à son client « Nous vous livrerons les engrenages à la fin du mois », c’est une promesse commerciale. Si cet industriel ne tient pas sa promesse, un tribunal le punira. Ou bien l’industriel dédommagera son client pour le retard de livraison. Cette promesse commerciale de l’industriel est un contrat.

Un texte écrit et signé prouve l’existence de cet accord, de ce contrat entre les deux personnes. Par facilité de langage, ce papier est souvent désigné par « le contrat ». Si le contrat reste verbal, non écrit, il est néanmoins tout aussi valable. Mais, sans document écrit, la preuve est plus difficile à apporter. Il faut garder à l’esprit que le papier signé est le procès-verbal du contrat, de l’accord. Ce n’est l’accord lui-même. L’accord est un accord de deux individus, de deux volontés. Ces deux individus sont d’accord sur la même chose. Il n’ y a pas d’ambiguïté, ni de quiproquo.

Le Code Civil a bien raison de rappeler que le contrat est convenu, entre les deux co-contractants, de « bonne foi ». Le Code Civil rappelle aussi que ce contrat représente bien la « volonté commune des parties » d’exécuter leur accord. Les deux co-contractants ont la même volonté, le même projet, concernant leur objectif commun. Ainsi lorsque je donne un euro pour un pain, le boulanger exécute le contrat de vente d’un pain. Un tel contrat de vente n’est pas reproduit sur du papier. Mais un ticket de caisse peut être une preuve que ce contrat de vente à bien été exécuté.

Une promesse serait-elle une marchandise? Quelle drôle d’idée? Une marchandise, on la voit, on la touche, c’est du concret. Une promesse ne se touche pas. Elle est la seule volonté des deux parties. Une volonté, cela ne se vend pas. Et pourtant si! La promesse se vend! Du moins, certaines promesses se vendent. Quel est donc ce mystère?

Dans une promesse, un « contrat unilatéral », le bénéficiaire peut souvent, sans l’accord du promettant, choisir un autre bénéficiaire qui le remplacera comme bénéficiaire. C’est la clause la clause de « substitution » du bénéficiaire. En effet, le bénéficiaire n’a aucune obligation envers le promettant. Le changement du bénéficiaire ne change pas l’obligation du promettant. Après la substitution, le nouveau bénéficiaire bénéficie du droit de recevoir ce que doit livrer le promettant.

Une vente se définit comme l’échange des droits de propriété entre l’ancien propriétaire et le nouveau propriétaire. Le cession d’une promesse commerciale est l’échange du droit du promettant entre l’ancien bénéficiaire et le nouveau bénéficiaire. On voit qu’il existe une grande analogie entre ces deux opérations. être bénéficiaire d’une promesse, c’est posséder le droit de bénéficier de la promesse du promettant. Car on peut posséder un droit. Il en résulte qu’il est légitime de dire que le bénéficiaire de la promesse est le propriétaire de cette promesse.

Une promesse commerciale, du moins si elle est cessible, s’achète et se vend. Un titre financier est un contra unilatéral. Une obligation sur Michelin est l’obligation de Michelin de verser certaines sommes à certains moments. Une telle obligation a de la valeur. Ces promesses commerciales cessibles s’achètent et se vendent exactement comme si elles étaient des marchandises. On évite, par habitude, de dire qu’une promesse serait une marchandise. Pourtant, la logique voudrait qu’on applique ce qualificatif de marchandise à certaines promesses commerciales. Un titre financier est un bien économique négociable, voire même un bien marchand.

démonstration de la Courbe de Laffer

Je démontre la Courbe de Laffer.
Je rappelle deux évidences difficilement contestables. Un contribuable imposé est à 100% est un esclave auquel son maître ne laisse rien et lui confisque tout. Dans ces conditions esclavagistes, un individu préfère les loisirs.

Une autre évidence est que celui qui n’a aucun impôt est plus incité à produire. Il est agréable de s’enrichir plus vite, de satisfaire les besoins de sa famille plus vite. La rémunération est aussi une incitation à produire. Une rémunération maximale est l’incitation maximale à produire.

Une troisième évidence est qu’entre les deux la motivation à produire décroit jusqu’à zéro. On pourrait valablement contester mon approximation disant que la décroissance serait linéaire. Je dis que la production = 1 – taux d’impôt. Je rappelle ici que la production décroit de 1 vers zéro pendant que le taux d’impôt varie de 1, c’est a dire 100%, jusqu’à zéro.

Je dois justifier mon approximation de la linéarité de la courbe. Toute courbe décroissante conduirait à un résultat semblable. Mais la formulation mathématique n’amuserait personne. Le schéma parle de lui-même.

En appliquant ma formule, production = 1 – taux d’impôt, je redécouvre la formule de Laffer. En effet, la formule de Laffer est recette fiscale = taux d’impôt * production. C’est une multiplication. En remplaçant « production » par « 1 – taux », on obtient « recette fiscale = taux * ( 1 – taux). Un habitué des courbes verra que cette courbe est la courbe en cloche de Laffer. En effet, lorsque le taux est à zéro, la recette fiscale est nulle. Lorsque le taux est à 1, c’est a dire 100%, la recette fiscale est à zéro aussi. Et lorsque le taux de l’impôt est à 50%, la recette fiscale est maximale à 1/4. Et la production est alors 1/2.

Le vrai individualisme, par Friedrich Hayek

Le vrai individualisme,
texte extrait et adapté de Friedrich Hayek, traduit par François Guillaumat
http://herve.dequengo.free.fr/Hayek/Hayek2.htm
Non, l’individualisme n’est pas un système d’isolement dans l’existence ni une apologie de l’égoïsme.

Quels sont alors les caractères essentiels du vrai individualisme? La première chose qui doit être dite est qu’il s’agit d’abord d’une théorie sociale: un essai pour comprendre les forces qui déterminent la vie sociale de l’homme, et ensuite seulement un ensemble de principes politiques déduits de cette vision de la société. Ce fait devrait en lui-même suffire à refuser le plus sot des malentendus qui courent à ce sujet: l’idée suivant laquelle l’individualisme postulerait (ou fonderait ses arguments sur cette hypothèse) l’existence d’individus isolés ou autosuffisants, au lieu de partir de l’étude de gens dont la nature et le caractère sont déterminés par le fait qu’ils existent en société.

Si cela était vrai, l’individualisme n’aurait vraiment rien à apporter à notre compréhension de la société. Mais son postulat essentiel est en fait différent, à savoir qu’il n’existe aucun autre moyen de s’assurer des phénomènes sociaux que de comprendre les actions que les individus entreprennent vis-à-vis des autres, dans l’idée qu’ils se conduiront d’une certaine façon. Cet argument s’attaque principalement aux théories proprement collectivistes de la société, qui se prétendent capables d’appréhender directement des formations sociales comme la société, etc., c’est-à-dire comme des entités en soi, qui seraient censées exister indépendamment des individus qui les composent.

L’étape suivante de l’analyse sociale de l’individualisme est dirigée, elle, contre un pseudo-individualisme rationaliste qui ne conduit pas moins au collectivisme dans la pratique. Elle consiste à affirmer que nous pouvons découvrir, en examinant les effets combinés des actions individuelles, que bien des institutions sur lesquelles repose le progrès humain sont apparues et fonctionnent sans qu’aucun esprit ne les ait connues ni ne les contrôle. Que, suivant l’expression d’Adam Ferguson, « Les nations se retrouvent face à des institutions qui sont bel et bien le résultat de l’action des hommes, sans être celui d’un projet humain » et que la collaboration spontanée des hommes libres engendre souvent des résultats qui dépassent ce que leur cervelle d’individus pourra jamais entièrement saisir.