avis libertarien sur le rapport Gallois

Je suis un libertarien. A mon avis, tous les libertariens jugeraient sévèrement ce rapport Gallois. Gallois ne voit pas que toute action de l’Etat dans l’économie ou dans le travail est nécessairement une destruction nette de valeur dans le pays.

C’est un raisonnement majeur de la théorie libertarienne. D’une part, tout euro d’impôt est un euro de PIB en moins. cette première démonstration est élémentaire. Voir mon blog https://gidmoz.wordpress.com/2012/10/26/un-euro-dimpot-en-plus-est-un-euro-de-pib-en-moins/ L’argent de la subvention vient d’un impôt. Il est une première perte sèche avant même de savoir l’effet ultérieur de cette subvention.

D’autre part, toute subvention espérée induit un immense effort de multiples acteurs afin de l’accaparer. On sous-estime toujours l’ampleur de cet effort d’accaparement. Un économiste sait qu’on investit 80 pour espérer obtenir 100. Il en est de même pour les subventions espérées. Et on identifie facilement, pour chaque subvention, ceux qui ont dépensé pour espérer l’obtenir.

Pour chaque subvention, on établira une liste des agents politiques et économiques qui auront dépensé de tels efforts. Une évaluation sommaire du temps ainsi passé, des moyens matériel publics et privés mis en oeuvre montrera invariablement le coût de ces efforts. Cette évaluation inclura aussi ceux qui ont fait un effort sans pouvoir obtenir de subvention.

Ce coût total dépensé avoisinera le montant de la subvention. Le montant dépensé à obtenir un profit tend vers le montant espéré de ce profit. Ces nombreux efforts dépensés en vain pour obtenir une richesse pré-existante, sans créer de nouvelles richesses, est une perte sèche pour le pays.

C’est ainsi que toute action de l’État est toujours, et a priori, une double destruction nette de valeur.

Le libertarien condamnera aussi tout monopole étatique, nécessairement destructeur de valeur. En effet, un monopole interdit aux entrepreneurs concurrents de proposer des services mieux et moins chers. le monopole est une interdiction légale de créer de la valeur. Tel le monopole de l’Education Nationale mentionné dans le rapport. L’Etat inflige ce monopole en vendant un service coûteux à prix quasi-nul afin d’étouffer la quasi-totalité d’une éventuelle concurrence.

Plus généralement, le libertarien condamnera tout interdiction étatique d’échanger ou de disposer de ses biens. Toute taxe induit une perte sèche pour la richesse du pays. Tout économique le sait. Mais Gallois propose des taxes.

Chaque proposition de Gallois est une dépense supplémentaire, ou une intervention supplémentaire de l’Etat dans l’économie. Un libertarien condamnera donc sans détour de telles propositions.

un euro d’impôt en plus est un euro de PIB en moins

Un euro d’impôt en plus est un euro de PIB en moins. On peut le dire de beaucoup d’autres manières. L’économiste Laffer avait popularisé, par sa célèbre courbe de laffer, que trop d’impôts tue la recette fiscale. L’économiste Philippe Lacoude a étudié la conséquence sur le PIB d’un dollar d’impôt en plus. Lacoude cite l’économiste Barro et qq autres économistes américains qui ont fait des évaluations empiriques chiffrées.

Si on simplifie, on comprend mieux cet effet de réduction du PIB par l’impôt. Voici mon raisonnement simplifié, et qui explique bien la réalité fiscale. On suppose que le taux d’impôt t varie entre 0 et 1. Le chiffre 1 signifiant 100% d’impôt. On suppose que la production p possible varie entre 0 et 1. Le chiffre 1 signifiant production maximale possible sans impôt.

Si le taux d’impôt est de 1, c’est à dire confiscation totale, on produit zéro. Si l’impôt est de 0% on produit 1, c’est à dire la production maximale. Entre les deux taux d’impôts t, 0 et 1, on pose que l’effet est linéaire. On verra plus loin qu’une courbe non-linéaire change peu les conclusions.

Notre petite loi simplifiée nous dit que la production p=1-t. En d’autres termes, on produit rien si l’impôt est de 100%. Et on suppose la linéarité de l’effet. Le lecteur habitué à manipuler le schéma ultra-classique de l’Offre et de la Demande retrouvera ce même résultat. En effet,  il fera varier le pourcentage de taxe et mesurera, sur le schéma, la surface de la perte sèche.

Par hypothèse du taux d’impôt, la recette fiscale rf= t * p, c’est à dire le taux d’impôt multiplié par la production nationale.

Combinons ces deux égalités algébriques. La recette fiscale devient donc rf=t * (1-t). Cette formule mathématique est jolie à voir. C’est une courbe en cloche qui part de zéro pour monter vers un maximum, puis redescendre à zéro.

C’est très exactement la courbe de Laffer. On retrouve que la recette fiscale est nulle quand le taux de l’impôt est nul. On retrouve bien aussi que la recette fiscale est nulle quand le taux d’impôt est 100% des revenus.

La courbe, linéaire, de la production p=1-t peut être remplacée par une autre courbe non  linéaire. Si la nouvelle courbe de p est convexe, le maximum de la courbe de Laffer sera un peu décalée vers la gauche. Et si la nouvelle courbe de la production p est concave, le maximum de la courbe de Laffer sera un peu décalée vers la droite. Mon raisonnement retrouve ainsi les courbes de Laffer. Il est en accord avec les conclusions de Laffer.

Une analyse économique libertarienne de la colonisation

En réponse à l’excellent article de http://www.trop-libre.fr/le-marche-aux-livres/les-«-effets-positifs-»-de-la-colonisation-qu’en-pensent-les-economistes

Les libéraux français du 19e siècle se sont toujours opposés aux guerres coloniales. Ils ont eu raison. On ne peut pas faire violence à quelqu’un pour lui apporter plus de bien-être. C’est une contradiction logique. C’est aussi une contradiction éthique. On ne peut pas, non plus, s’enrichir par le vol et la contrainte. Les victimes réagissent en engageant du temps et des moyens d’opposition. Le coût de leur réaction tend vers la valeur de ce qui leur a été volé, de la valeur de leur humiliation. Le coût de la répression du colonisateur tendra aussi vers un coût égal au coût de la réaction des victimes.

La création de richesse ne peut se faire que par l’échange volontaire sur des choses que chaque co-échangeur possède. Tout rapport de violence est condamné à l’échec économique à terme. Aucune création nette de valeur ne peut en résulter, ni pour le colonisateur, ni pour les populations. Seuls les échanges commerciaux créent de la valeur pour les deux co-échangeurs.

Une colonisation qui serait pacifique et respectueuse du Droit local est acceptable. La question qui se pose est alors juridique. Comme le rappelle utilement l’économiste Hernando De Soto, la seule et unique cause de la pauvreté d’un pays est l’absence ou le non-respect du droit de propriété. Au premier rang des causes de pauvreté, sont donc les guerres. Il existe souvent des droits de propriété anciens, tribaux, mal définis et qui interdisent de véritables ventes de terres. Un colonisateur pacifique se demanderait s’il faut contribuer à réformer le Droit local ou l’accepter tel quel.

pourquoi les politiciens mentent

Certains s’étonnent qu’un politicien mente sciemment. Étant libertarien, j’analyse cette attitude des politiciens comme étant consubstantielle à la survie de l’État. Pour un libertarien comme moi, toute action de l’État ne peut que détruire, puisqu’elle est fondée sur le vol et la contrainte. En effet, les individus s’organiseront sans État en formant et utilisant des sociétés commerciales qui leur fourniront les services utiles toujours à moindres coûts.

Dès lors, l’État a besoin de fabriquer sans cesse des illusions. Une illusion est un mensonge qui apparaît agréable et un peu magique. Une illusion est faite pour plaire aux illusionnés. L’illusion étatique plait et on aime y croire. Sinon, l’État devra l’oublier et fabriquer une autre illusion plus crédible.

L’État dispose d’une grande panoplie de procédés d’illusions. L’économiste du 19e siècle Puviani avait commencé un répertoire des procédés d’illusion fiscale. L’économiste François Guillaumat a amplifié ce concept, les a répertoriées et classées en catégories. Son étude montre une magnifique aptitude de l’État à illusionner. C’est avec l’argent des impôts que l’État fabrique ces coûteuses illusions. La première et plus grande qualité d’un État est son aptitude à illusionner.

Une illusion serait d’imaginer que l’État serait au service du peuple. Il est au service des élus et des fonctionnaires. Les autres sont du bétail humain qu’il faut soigner car ils créent les richesses qui formeront les impôts.

Un politicien, un élu, est d’abord et surtout un serviteur de l’État. Son devoir envers son employeur est de sembler croire aux mensonges de l’État. Et de les transmettre agréablement au peuple. Le devoir d’un politicien est de mentir au peuple pour servir l’État illusionniste.