contrat d’émission monétaire en freebanking

contrats d’émission monétaire en freebanking
En freebanking, chaque « unité de monnaie », ou « unité monétaire » est la valeur unitaire d’une monnaie. C’est la promesse commerciale d’une banque. Cette promesse est un « contrat unilatéral ». Un « contrat unilatéral » a deux contractant, le promettant et le bénéficiaire. Le bénéficiaire peut librement céder sa promesse à un nouveau bénéficiaire sans demander l’accord du promettant. Les clauses de ce contrat unilatéral sont stipulées dans le texte du « contrat d’émission monétaire », ou encore « contrat de monnaie ». La banque peut imaginer toutes sortes de contrats de monnaies. Chaque utilisateur choisit la monnaie qu’il préfère. Un banque pourra choisir ses clauses du contrat d’émission monétaire. Voici qq idées de clauses contractuelles:
– une « unité de monnaie » est représentée par un billet, un jeton, ou une écriture informatique.
– le droit du porteur de billet de banque, ou d’une unité de monnaie.
– Le contrat est unilatéral. Le bénéficiaire du contrat n’a aucune obligation envers la banque et peut céder librement son droit.
– désignation du tribunal compétent en cas de litige entre la banque et le porteur d’une « unité de monnaie »(billet ou autre).
– droit du bénéficiaire, le possesseur de l’unité de monnaie, le « holder ».
– délai de la banque pour exécuter sa promesse.
– recours du bénéficiaire dans le cas où la banque ne pourrait pas honorer sa promesse.
– procédure par laquelle les audits comptables informent les tiers des éventuels risques de la banque.
– procédure du retard de livraison d’or par la banque.
– procédure de liquidation de la banque.
– le bénéficiaire de la promesse peut librement céder cette promesse sans en informer le promettant(la banque). Le nouveau bénéficiaire en devient alors le nouveau propriétaire.
– l’utilisateur de cette monnaie connait et accepte le contrat d’émission monétaire publié par la banque.
– fiducie(ou société) afin que la banque ne soit pas propriétaire de l’or déposé à la banque.
– règles de limitation de l’émission monétaire.
– le bénéficiaire accepte de recevoir un or différent de l’or physique qui avait été initialement déposé.

ci-dessous deux exemples de contrats d’émission monétaire:

contrat de monnaie avec réserve de 100% or
Un certificat de dépôt est un billet de banque, est une promesse de la banque. Dans le contrat d’émission monétaire, la banque s’interdit d’émettre un nombre de billets, d’unités de monnaie, qui serait supérieur à l’or qu’elle détient dans ses coffres. Le bank run(ruée bancaire) est la demande simultanée des clients de la banque de recevoir l’or promis. En cas de ruée bancaire(bank run), la banque pourra honorer chacun des promesses, puisqu’elle a autant d’or que de billets émis.

contrat de monnaie avec réserves fractionnaires d’or
Une banque possède 100 grammes d’or et émet 101 billets. Chaque billet est une promesse de livrer un gramme d’or. C’est une banque à réserves fractionnaires car la quantité d’or détenu est inférieure aux promesses d’or de la banque. La banque pourra toujours livrer l’or correspondant aux 100 premiers billets. Mais, en cas de ruée bancaire, il lui manquera un gramme d’or pour honorer sa promesse du 101ème billet. Cette banque possède des actifs vendables. Elle en vend certains afin d’acheter ce 101ème gramme d’or sur le marché de l’or. Ce qui lui permet d’honorer sa promesse dans le délai prévu par le contrat de monnaie. En cas de retard, la banque aurait payé un taux d’intérêt de retard au possesseur du 101ème billet.

Si la banque manque d’actifs vendables, elle attend qu’un de ses emprunteurs la rembourse. Elle paye un intérêt de retard au possesseur du 101ème billet, comme convenu dans le contrat de monnaie. Puis, après un certaine attente, un emprunteur rembourse en or puisqu’il n’existe plus d’autres billets en circulation. Grâce à ce remboursement, la banque dispose d’or et honore la promesse du 101ème billet. Dans ce processus, la banque respecte son contrat d’émission monétaire.

le freebanking, mieux que les banques centrales

Un ancien président de la BCE disait : »face à la crise, nous nous sommes sentis abandonnés par les outils conventionnels ». Cette phrase est un aveu que les théories monétaires actuelles sont fausses. C’est aussi l’échec du système de Banque Centrale.

Une tout autre manière de concevoir la monnaie existe, le freebanking. C’est a dire que l’État ne crée pas de monnaie, ne régule pas, ne réglemente pas. La monnaie est alors un bien commercial ordinaire. Une unité de monnaie est alors la promesse d’une banque de livrer quelque chose.

Dans les trois derniers siècles, le freebanking s’est comporté avec succès pendant une période totale de 600 ans dans divers pays riches. C’était la banque écossaise vantée par Adam Smith.

Le freebanking n’est pas limité à l’étalon-or. La monnaie est alors un titre financier coté sur un marché organisé. C’est une certaine promesse dont la banque choisit librement le contenu exact. La banque choisit le contrat d’émission monétaire qui définit la monnaie qu’elle émet. Une banque peut choisir une promesse de livrer de d’or. Une autre banque peut choisir la promesse de livrer tout autre commodity, tout panier de commodities. Certaines banques émettront surement des monnaies dont ils garantiront la valeur par rapport à un indice fixé par contrat.

Jusqu’en 1930, le freebanking était enseigné aux cadres de la Banque de France. Ce n’est pas une théorie monétaire exotique. Rares sont les économistes qui osent pas en parler. Certes, il est vraisemblable qu’aucun État n’accepterait de se désaisir de son pouvoir monétaire. Mais est-ce une raison suffisante pour exclure le débat sur le freebanking?

Un avantage du freebanking est qu’il permet l’accroissement de la masse monétaire sans induire d’inflation. En effet, ce n’est parce que j’ai désormais le droit de payer en sac de blé que cela modifiera le niveau des prix. Et pourtant, en autorisant le paiement en sacs de blé, un État augmente d’un coup la masse monétaire d’un montant énorme. La masse monétaire augmente de la valeur du blé circulant dans le monde.

Le freebanking ne présente donc aucun risque systémique, et n’a aucun effet sur l’inflation. Il permet d’augmenter les crédits selon les besoins des agents économiques. En freebanking, une banque s’assure de pouvoir trouver des liquidités afin de pouvoir prêter à un emprunteur. Rendre liquides des biens qui ne le sont pas est couteux. Ce cout augmente le cout du crédit. Ce qui restreint la masse des crédits. L’emprunteur doit aussi payer une prime de risque de change qui existe entre sa monnaie empruntée et d’autres monnaies avec lesquelles ses clients travaillent. Cette prime restreint aussi la masse des crédits. On voit que les mécanismes du crédit et de la création monétaires sont différent des mécanismes qui existent dans un système de banque centrale. Néanmoins, une banque actuelle dispose des compétences techniques pour apprendre à devenir une banque en freebanking. En particulier, la titrisation des créances sur les emprunteurs restera une excellent moyen de d’augmenter la liquidité prêtable aux emprunteurs.

Un autre avantage du freebanking est que le taux de l’emprunt serait, a priori, plus bas que le taux de l’emprunt dans un système de Banque Centrale. Pourquoi donc ce taux d’emprunt serait-il moindre en freebanking que dans un système à Banque Centrale? La première raison est que tout bien peut devenir une monnaie. Il ne peut donc pas manquer de biens pour servir de monnaie. La deuxième raison de cette supériorité du freebanking est le cout direct et indirect d’un système de Banque Centrale. La liquidité produite par la Banque Centrale peut sembler être gratuite, puisqu’il s’agit d’un jeu d’écriture. Les couts indirects de cette production de monnaie centrale sont les salaires des employés des banques centrales, mais aussi le cout du risque sur les éventuelles errance d’un gouvernement.

masses monétaires et système de Banque Centrale

L’absence de contrôle de l’État sur la monnaie et sur les banques s’appelle le freebanking, écrit aussi « free banking », ou « banque libre », « monnaie privée ». En freebanking, chacun peut créer une banque, créer une nouvelle monnaie. Chacun peut utiliser la devise d’un autre État. Chaque commerçant accepte certaines monnaies et en refuse d’autres. Certaines monnaies sont échangeable à parité entre elles. Ainsi, les monnaie à étalon-or s’échangent souvent à parité.

En freebanking, une monnaie est une promesse commerciale de livrer qq chose à l’utilisateur de la monnaie. Ainsi, en étalon-or, un billet de banque est une promesse commerciale de la banque de livrer 1 gramme d’or. A tout moment, un possesseur de billet peut se rendre à la banque de demander son gramme d’or en échange de son billet.

Le libertarien jette un regard un peu méprisant sur les débats monétaires actuels. Un économiste occidental pouvait jeter ce même regard attristé sur les acrobaties intellectuelles des économistes soviétiques qui cherchaient à optimiser la fabrication centralisée étatique des chaussures et de leur distribution. Le libertarien sait, a priori, que la meilleure formule monétaire est l’absence d’intervention de l’État dans cette activité. Le freebanking est supérieur à tous les systèmes monétaires à Banque Centrale.

La question de la masse monétaire est une des questions économique qui n’existent que dans un système de banque centrale. Dans un tel système de banque centrale, des débats ont lieu sur le lien qui existerait entre masse monétaire et inflation des prix.

La « doctrine des effets réels » est une théorie économique monétaire du 18e siècle. Elle est encore valide. Elle dit que tout bien peut servir de monnaie. Si demain, chaque sac de blé peut servir de monnaie, la masse monétaire mondiale augmentera soudainement de la valeur de la quantité de blé disponible sur Terre. Cette nouvelle masse monétaire disponible n’aura évidement aucune incidence sur les prix. Il en est de même si, soudainement, le cacao, le café, le platine, l’acier, le cuivre, et chaque « commodity » devient une monnaie. On multiplie ainsi par 10, par 100, par 1000 les masses monétaires. Et pourtant cette augmentation des masses monétaires n’aura eu aucune incidence sur les prix.

Ce n’est parce que j’ai désormais le droit de payer mon pain en cacao, en café, en cuivre, en acier que cela va changer mon pouvoir d’achat. Cette soudaine augmentation de moyens de paiement ne changera pas l’offre de pain, ni son prix de vente. Cette augmentation des masses monétaires n’a pas d’incidence sur les éventuelles variations du prix de tel bien.

L’inflation est un processus de hausse généralisée des prix. Il existe plusieurs causes de l’inflation. Le « prix nominal » d’un bien est le chiffre indiquant le prix sur l’étiquette. Ce « prix nominal » augmente lorsque la demande augmente ou que l’offre baisse. Lorsque tous les prix ont augmenté de 5%, le « prix nominal » du pain a augmenté de 5%, mais son « prix réel » n’a pas varié.

En freebanking, le concept de masse monétaire n’a pas la signification qu’elle a dans un système monétaire à Banque Centrale. Chaque banque émet sa « masse monétaire ». Nul ne connait avec précision la somme de toutes les masses monétaires de chaque banque. Cette information n’a aucune importance et aucune pertinence. C’est le prix de la liquidité qui rassemble les informations utiles du marché de la monnaie.

En freebanking, la liquidité est la marchandise promise par une banque en échange d’une unité de monnaie.

Le freebanking est un marché, non pas un système. Le freebanking n’est donc pas un système monétaire. On ne peut pas l’analyser comme on analyse un système, au sens de la théorie des systèmes, au sens de la définition scientifique d’un système.

limitation du crédit en freebanking

En freebanking, une unité de monnaie, un billet de banque est un instrument financier émis par la banque. Cet instrument financier est une promesse de la banque envers chaque possesseur d’une unité de monnaie. Pour une monnaie convertible en or, l’unité de monnaie pourra être la promesse que cette banque verse un gramme d’or. Il existera ainsi une limite théorique de la masse des crédits. Cette limite est liée à la quantité d’or que peuvent livrer les banques.

Un crédit enrichit la banque et enrichit l’emprunteur. Sinon, l’un des deux refuserait. En freebanking, cet échange ne peut pas nuire à des tiers. C’est logiquement impossible de nuire aux biens d’autrui lorsqu’on vend ou qu’on achète ses biens.

En freebanking, le fonctionnement économique s’apparente à un système de troc dans un cycle semblable au cycle de Say. Si le prix d’une chose augmente, c’est un signal donné aux producteurs pour produire davantage. Cela n’a rien à voir avec une inflation des prix.

En freebanking, une banque fait crédit si elle est capable d’honorer sa promesse de verser la contrepartie de la monnaie émise. Sinon, elle ne fait pas crédit. Chaque emprunt enrichit l’emprunteur et enrichit la banque. Sinon, l’un des deux refuserait. C’est la seule limite à la création monétaire en freebanking.

Si, ensuite, certaines banques émettent des monnaies fondées sur le platine, il y aura plus de crédits supplémentaires. Plus de gens seront ainsi enrichis par l’usage de cette nouvelle monnaie, par ces nouveaux crédits.

La masse de platine utilisée pour la monnaie réduira l’activité industrielle liée au platine. Le marché a préféré utiliser cette masse de platine pour un usage monétaire plutôt que pour dans une activité industrielle. Cela signifie que cette activité bancaire et monétaire crée plus de valeur que l’activité industrielle.

Ainsi, si les monnaies n’utilisent que l’or et le platine, le crédit sera limité par la quantité d’or et de platine utilisée par l’activité monétaire. Plus la quantité de biens servant de monnaie sera grande, plus le crédit augmentera. Chaque crédit supplémentaire est une double création de richesse. Et sans aucune inflation des prix.

Il faut généraliser ce premier résultat. Tout bien peut servir de monnaie, sans exception. C’est ce que rappelle utilement la doctrine des effets réels. Pour être plus précis, il est possible d’inventer un instrument financier fonctionnant comme une monnaie à partir de n’importe que type de bien.

La quantité de monnaie émise par une banque peut valablement s’appeler sa « masse monétaire ». On peut tenter d’évaluer la somme des masses monétaires de chacune des banques. On peut lui donner le nom de « masse monétaire totale ». Cette masse monétaire totale sera limitée par la fraction des biens que les marchés affecteront à un usage monétaire.

La valeur totale des biens sur la planète est mille fois les masses monétaires actuelles. Il n’est évidement pas question que la totalité des biens mondiaux servent de monnaie. Ce serait un raisonnement systémique fautif. La marché est réaliste. Il a besoin d’une infime partie de ces biens mondiaux pour disposer de suffisamment de monnaie. Le marché affecte une infime partie de ces biens à un usage monétaire. Il n’y a donc pas de limite, a priori, à l’accroissement des crédits, ni à la masse monétaire totale. Et cette augmentation des crédits augmente la création totale de richesse.

En d’autres termes, en freebanking, une certain pourcentage de nombreux types de biens sont utilisés pour garantir des monnaies. Ce pourcentage est arbitré par les marchés. Si la richesse créée par l’utilisation monétaire d’un bien est suffisante, alors ce bien quittera son utilisation originelle pour servir de garantie à une monnaie.

En freebanking, les crédits fait par une banque prêteuse est limitée par la quantité des biens promis par son contrat d’émission monétaire. Mais, de plus, la banque est limitée par la disponibilité de ces biens à une échéance égale à l’échéance des prêts.

Une banque peut inventer toutes sortes d’instruments financiers susceptibles de servir de monnaie. L’étalon de valeur de la monnaie choisit par la banque n’est pas toujours de la même nature que les biens garantissant son contrat d’émission monétaire. Toutes sortes de biens peuvent servir à garantir la valeur d’une émission monétaire. Plus ces biens sont vendables, mieux ils s’adapteront à l’exigence de vendabilité définie dans le contrat d’émission monétaire. Un bien coté sur un marché organisé a une meilleure vendabilité.

Le théorème de régression de Mises nous rappelle, à chaque instant, que tout bien à usage monétaire tire sa valeur de son utilisation non monétaire.