effet de frein de l’étalon-or

Certains économistes favorables à l’étalon-or soutiennent que « La quantité de monnaie disponible dans l’économie est toujours suffisante pour permettre à chacun tout ce que la monnaie fait et peut faire. »

Oui, c’est exact. Si la monnaie manque, l’or augmentera de valeur et la quantité de monnaie sera alors plus grande. C’est une régulation automatique de la valeur et de la quantité de monnaie. Mais cet automatisme a un coût caché. C’est un frein caché de chaque instant des variations de l’activité économique.

Une qualité première de la monnaie est la stabilité de la valeur. Or la demande de monnaie n’est pas entièrement liée à la production et aux achats. En effet, certaines demandes de monnaies sont destinées à la thésaurisation, ou à des échanges entre banques. Ces productions de monnaie n’augmentent pas immédiatement la Demande globale.

Il n’est pas établi que la variation de la valeur de la production suivrait fidèlement la variation de la valeur de l’or. Si une monnaie plus stable que l’or pouvait mesurer ces variations de la valeur de l’or, on observerait cette différence de comportement de la valeur de l’or et de la valeur de la production. Il s’ensuit qu’une demande de monnaie étatique à étalon d’or reduira la production et augmentera la valeur de l’or. A condition de comparer à une monnaie hypothétique qui, elle, conserverait une valeur stable.

Ainsi une monnaie étatique à étalon-or ne peut pas conduire à une production optimale. La production sera nécessairement inférieure à ce que la production aurait été si la valeur de la monnaie avait été plus stable.

De plus, elle induit une augmentation de la valeur de l’or et une diminution de la valeur de l’or dans des proportions qui ne correspondent pas aux proportions des quantités produites et des quantités demandées. La quantité d’or n’est pas à l’image des quantités produites, ni des quantités demandées.

Certes, la hausse de la valeur de l’or ira souvent dans le même sens qu’une moindre abondance des produits. certes, la baisse de l’or ira souvent dans le même sens qu’une plus grande abondance des produit.

L’étalon-or fonctionne, pour une monnaie étatique, comme un frein mis sur les quatre roues du véhicule.

Le freebanking permet que de plus nombreux biens servent de monnaie, réduisant ainsi l’effet de frein. Cet effet de frein est du au fait que la demande d’or est, par nature, différente de la nature de la demande des autres biens. Cet effet de frein est aussi du fait que l’offre d’or est, par nature, différente de la nature de l’offre des autres biens en vente sur les marchés.

La plus grande pluralité des biens servant à garantir la valeur et la quantité des monnaies émises est une condition nécessaire à une réduction de cet effet de frein.

Lorsque l’État a inventé la monnaie de banque centrale, la monnaie était alors garantie par la valeur de la quantité de toutes les marchandises en vente à chaque instant. C’est un aspect positif de la monnaie étatique qui mérite d’être souligné, mais qui ne suffit pas à la justifier.

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débat sur les réserves fractionnaires

Gidmoz : Un seul contre exemple suffit à réfuter le refus de principe des réserves fractionnaires. Une banque possède 1000 en actifs cotés sur des marchés organisés. Elle ne possède pas d’or. Elle émet 100 de billets échangeables contre de l’or. Lorsqu’on lui demande de l’or, la banque vend qq actifs, achète de l’or et remet l’or promis. No problem.

Nicolas : il y a certainement quelque chose qui m’échappe dans votre raisonnement, comment la banque a t elle pu acheter ces titres, si elle était alors soumise aux réserves fractionnaires ? ex si elle achète 500 actions valant chacune l’équivalent en monnaie 0,5 pièce d’or, soit au total 250 pièces d’or, puis, si le cours de ces actions augmente à l’équivalent d’1 pièce d’or, et si elle trouve un acheteur, cela voudra dire qu’une autre banque est prête à lui donner l’équivalent de 500 pièces d’or en échange de ses actions. Mais tant qu’elle ne les a pas vendus, ie tant que le transfert de propriété n’a pas eu lieu, elle ne pourra prêter aucune de ces 100 pièces d’or . Elle ne prêtera que ce qu’elle possède, c’est à dire d’autre pièces d’or.

Gidmoz : je démontre ici qu’une banque peut valablement créer et émettre de la monnaie échangeable avec de l’or, et sans posséder d’or, ou peu d’or. Les actifs possédés par la banque appartiennent aux actionnaires de la banque. Ces actifs ont été apportés par les actionnaires au capital de la Banque.

Jonathan : Pour autant le succès de la banque de hollande au XVIIième n’est il pas un exemple de la pertinence de l’idée ? Ou alors y a il des éléments que je ne comprend pas sur la question. Car fondamentalement la réserves fractionnaires revient à créer de la monnaie ex-nihilo et ne diffère donc pas de la fausse monnaie crée par une banque centrale non ?

Gidmoz : Dans mon exemple simplissime, la banque peut toujours acheter de l’or pour verser l’or promis par chaque billet de banque.

Jonathan : Oui mais comment valorise ton ces actifs financiers ? C’est bien tout le problème actuel. Officiellement on à des banques solvables qui pourraient vendre des actifs (créances, prêts,, etc …) pour couvrir leur obligations. Sauf que ces actifs valent bien moins en réalité que ce qui est affiché sur le bilan. Ce n’est qu’au moment de la vente qu’on saura si c’est le cas ou non. Si la population perd la confiance dans le système, alors les actifs ne vaudront pas assez, ou l’or ne sera pas sur le marché (situation qui semble pouvoir se produire bientot si on en juge par le décalage entre or physique et papier actuel). Dès lors, quand on est une banque ne doit on pas en permanence avoir en coffre l’ensemble des fonds qu’on prétend avoir (que ce soit en or ou noix de coco d’ailleurs). Une banque de dépots deviendrait alors juste ça, un dépôt représentant un stock d’or et émettant la quantité de monnaie correspondante (voir faisant payer le dépôt). Libre à ceux qui veulent risquer la réserve fractionnaire de le tenter dans des banques d’investissement et de s’exposer aux bank runs.

Gidmoz : Dans mon exemple, la banque a des concurrents. Elle n’est pas une banque centrale. D’autres devises circulent. Les actifs financiers détenus par notre banque sont cotés sur divers marchés financiers, et cotés dans diverses devises.
Je ne comprend pas bien votre souci. Craindriez vous que ma banque ne puisse pas honorer sa promesse de verser l’or promis?

Jonathan : Disons que oui j’aurai des doutes que votre banque soit vraiment sur en cas de panique ou d’événement inattendu. Ses actifs peuvent de dévaluer pus facilement que l’or (défaut de paiement sur une bulle, défaut de paiement d’un état sur ses émissions de dettes etc …) et donc elle peux se retrouver sans suffisamment d’actifs liquides à échanger contre l’or qu’elle a promis initialement sans l’avoir. Après si c’est le cas d’un marché libre avec des concurrents libre de proposer une offre me convenant plus, je n’ai rien contre l’idée mais je n’en serait pas client. J’attends d’une banque de me stocker mon argent/or, si investissement il y a je m’en charge Le free banking et une libérations des devises résolvent effectivement ce débat en laissant chacun choisir le risque qu’il préfère. En revanche si monopole sur la monnaie il y a, votre modèle de banque est libre de créer de la fausse monnaie backées par des actifs pourris (et donc générant de l’inflation au sens autrichien, en augmentant la masse monétaire sans contrepartie réelle), mais ces actifs ne se révéleront comme tels que lors d’une crise.

Gidmoz : Je ne suis pas d’accord pour évoquer le cas d’une escroquerie délibérée du directeur de la banque. Ce n’est pas le sujet. Il reste, selon vous, le risque que les 1000 d’actifs de la banque ne puisse pas acheter 100 en or, à cause d’une baisse de la valeur de ces actifs. C’est un cas très improbable. Nous pouvons l’exclure en fonctionnement normal de l’économie. Ou alors, il faudrait comparer ce risque à bien d’autres risques industriels.

Gidmoz : « J’attends d’une banque de me stocker mon argent/or ». Ma banque ne prêtera pas les éventuels dépôts d’or de ses clients. Ma banque garantit la valeur des billets émis uniquement avec les actifs possédés par la banque. Et l’or déposé n’appartient pas à la banque. Enfin, dans mon exemple.

Stéphane : LA BANQUE NE POSSEDE PAS MES DEPOTS.

Gidmoz : Merci de votre remarque. Elle me donne l’occasion d’ajouter des précisions afin de lever certaines ambiguïtés pour mon lecteur. Mon exemple simple est uniquement destiné à être un contre exemple qui réfute les thèses sur l’interdiction des réserves fractionnaires. Il est donc inutile de le surcharger avec des options inutiles à la démonstration.

Ainsi, dans mon exemple de banque, les clients de la banque sont des emprunteurs, des particuliers ou des commerçants. Il déposent l’argent qu’ils ont reçu au guichet de la banque. Cet argent déposé contient aussi des billets d’autres banques. Cet argent déposé ne contient pas d’or-métal. Cet argent est alors versé à leur compte. C’est à dire que le compte bancaire du client est crédité, ou débité.

La banque en collaboration avec les autres banques fait les compensations à parité des valeurs nominales. Ainsi les comptes bancaires des clients sont crédités ou débités. Des transferts physiques d’or-métal peuvent avoir lieu entre les banques. Ou le plus souvent des dettes en or-métal à très court terme entre banques afin d’éviter des transports quotidiens d’or dans les rues.

Dans mon exemple simple, l’or-métal et les pièces d’or ne sont pas utilisés comme monnaie. Cette hypothèse simplificatrice est très importante à préciser. Ce sont seulement des billets qui sont échangés. Ou des unités de monnaie sur des comptes bancaires de la banque et des autres banques émettant d’autres billets.

L’or-métal lui-même n’est pas utilisé comme monnaie pour les échanges de biens. Un dépôt d’or d’un client est alors seulement placé dans le coffre du client, et la banque n’y touche pas, ne le gère pas. Encore une fois, mon seul but ici est limité à la réfutation, et non pas d’exposer toute la panoplie de ce que peut faire une banque.

Jonathan : j’avais mal compris alors. Tellement l’habitude de voir les banques utilisés les dépôts pour faire n’importe quoi ^^ Si la banque n’émet de monnaie et ne prend risques que sur ses fonds propres alors je pourrait en être client effectivement (mais ca implique de faire confiance à un banquier qui pourrait éventuellement magouiller … ). J’admets que la garantie or totale n’est pas la seul option viable. Mais c’est la plus stable et rassurante à terme néanmoins.

Gidmoz : Une banque et son client peuvent convenir ensemble d’une large palettes d’option contractuelles possibles. Je veux seulement tordre le cou à la thèse de l’interdiction des réserves fractionnaires. Je félicite l’économiste l’économiste Guido Hulsman d’avoir eu le courage de changer d’avis sur ce point grâce aux arguments de Pascal Salin. Hulsman a abandonné la thèse de l’interdiction des réserves fractionnaires. Et heureusement! Il reste encore, parmi quelques uns de nos amis, un travail de conviction à faire.

Jonathan : Je vois l’argument et je reconnais sa pertinence. Après à titre personnel je suis partisan de l’or métal en tant que monnaie, car il ne peux pas être trafiqué ou imprimé facilement. Mais la réserve fractionnaire n’est pas nécessairement frauduleuse je le reconnais.

Gidmoz : François Guillaumat a traduit plusieurs des livres de Rothbard en français. Guillaumat lui avait objecté qu’il ne peut pas y avoir une fraude lorsqu’il y a un accord, un contrat entre la banque et son client. Cette absence de fraude est renforcée par la très grande longévité de ce contrat d’émission de monnaie à réserves fractionnaires. Guillaumat explique le désaccord qu’il a eut avec Rothbard sur ce point. Cette erreur de Rothbard est d’autant plus étonnante que Rothbard est un véritable génie et qui a fait progressé la science économique d’une manière décisive.

Stéphane : Le problème ne vient pas du fait qu’il y a contrat, mais de la nature même de la monnaie et des services bancaires. En particulier, il ne peut pas y avoir un contrat qui suppose ou prévoit un transfert de propriété des fonds à la banque. Dès lors, elle ne peut pas en faire ce qu’elle veut.

Gidmoz : En premier lieu, il existe un accord, un contrat entre la banque et chaque possesseur d’une unité de monnaie. On ne peut donc pas parler de fraude. Or c’est bien le mot fraude que vous utilisez et qui est réfuté la seule existence d’un véritable accord. Vu la longévité de cet accord, vous ne pourrez pas objecter qu’une des deux parties du contrat aurait été inconscient des conséquences possibles du contrat.

En second lieu, vous prétendez bizarrement que « il ne peut pas y avoir un contrat qui suppose ou prévoit un transfert de propriété des fonds à la banque ». Lorsque le client de la banque dépose des fonds pour alimenter son compte bancaire, il se produit deux actes de gestions distincts. Le premier acte de gestion est que la propriété des fonds versés devient la propriété de la banque.

Le deuxième acte de gestion est que le client devient propriétaire des créances sur sa banque, propriétaire des promesses de sa banque de lui verser de l’or ou des euros. Il n’existe donc aucun dépôt, au sens traditionnel du terme. Il n’existe non plus aucun « prêt ». Il existe seulement un échange de créances entre le « déposant » et la banque. La banque devient propriétaire des fonds déposés par son client. Et le client devient propriétaire d’une créance sur la banque. Son compte bancaire est une créance sur sa banque.

Petit rappel de Droit du contrat, indépendamment des questions de monnaie. Il faut bien comprendre qu’on peut être propriétaire d’une promesse, telle une promesse de livrer un gramme d’or. Une telle promesse se vend et s’achète. Dans la cession d’une telle promesse, le bénéficiaire « substitue » le nouveau bénéficiaire, lequel devient le nouveau propriétaire de la promesse. Le promettant restant évidemment le même.

La nature d’un tel droit de propriété sur une telle promesse est un « droit réel », comme disent les juristes. Ce rappel de droit des contrats est d’une grande évidence et d’une grande banalité. Ce droit des contrats est identique quelque soit le pays et quelle que soit l’époque. Il est universel. Nous parlons ici des promesses contractuelle, encore appelées « contrat unilatéral ».

Mais attention de ne pas confondre avec d’autre promesses non contractuelles. Certaines promesses en l’air n’engagent pas juridiquement le promettant. « Je te promet qu’il pleuvra demain » n’engage à rien le promettant. Une promesse contractuelle, ou une promesse commerciale, engage juridiquement le promettant.

Stéphane : Non la monnaie n’est pas l’objet d’un contrat. L’or, je l’ai ici déjà chez moi, il n’est pas un objet contractuel.

Gidmoz : Gidmoz écrit « contre ce papier, gidmoz verse 1 gramme d’or ». C’est une promesse. Oui? ou non? ensuite, mes voisins utilisent ces papiers comme monnaie pour les échanges. Cohérent ou incohérent, selon vous?

Stéphane : Non. Je ne connais comme papier-monnaie que les certificats de dépôt, pas les reconnaissances de dette.

Gidmoz : Dans notre cas, admettez-vous que ces reconnaissance de dette gidmoz-or servent de monnaie pour certains utilisateurs?

Stéphane : Non, car une monnaie ne se décrète pas, elle résulte du marche et concerne tout le monde, pas juste quelques guignols. Oui pour des fantaisistes, non en général.

Frederick : Chers amis, j’espère que vous ayez conscience que l’ouverture d’un compte de dépôt dans une banque signifie que vous lui demandez d’échanger votre Or ou vos pièces et billets en monnaie de demande. Dans la pyramide de la monnaie, vous obtenez forcément une monnaie qualité, c’est le risque que vous prenez, heureusement compensé par la compétence bancaire.
Ayant cédé vos billets qui sont par ailleurs de la monnaie de l’État autrement dite  » de réserve « , vous devenez propriétaire de titres scripturaux dont seuls 10% sont immédiatement convertibles en monnaie de réserve; pour les 90% restants leur valeur dépendra des actifs de la banque.

Frederick : En effet l’Or n’est pas un contrat, c’est ce que l’on appelle une  » outside money « .
La monnaie de dépôt est une  » inside money », elle est mon actif et le passif d’un autre. C’est d’une autre nature.

Frederick : « Non, car une monnaie ne se décrète pas, elle résulte du marche et concerne tout le monde  »

Ce n’est pas exact.
C’est une question de convertibilité, le prix étant évalué selon la liquidité et la structuration.

Une monnaie non convertible comme le fut le Yuan n’en fut pas moins une monnaie et pourtant exclusivement réservée aux Chinois.

Gidmoz : Pendant des siècles, et dans de nombreux pays, un billet de banque fut, de fait, la promesse d’un gramme d’or. Le contestez-vous?

Gidmoz : « vous devenez propriétaire de titres scripturaux ». Oui, un compte bancaire, ce sont des titres financiers que possède le titulaire de ce compte bancaire.

Frederick : hélas en toute ignorance

Gidmoz : « hélas en toute ignorance ». Le client n’a pas les compétences techniques pour analyser son risque. Mais il dispose d’autres moyens pour évaluer son risque. Ce qui est intéressant dans votre remarque est de constater que la monnaie bancaire , ce sont des titres financiers.

Stéphane : Ce n’est pas le « de fait » qui compte, mais la réalité. La monnaie, c’est l’or, pas une promesse ni une dette.

Gidmoz : Une promesse librement cessible change de propriétaire par la substitution du bénéficiaire par un nouveau bénéficiaire, lequel devient le nouveau propriétaire. L’ancien bénéficiaire de la promesse est le vendeur. Le nouveau bénéficiaire est l’acheteur. Il s’ensuit qu’une telle promesse apparaît comme un bien économique ordinaire pouvant se vendre et s’échanger. Un droit de propriété sur une promesse est différent du droit du bénéficiaire résultant de l’hypothétique réalisation de cette promesse.
En d’autres termes, la promesse de livrer un gramme d’or est différente de la possession du gramme d’or lui-même. Cette différence des deux droits de propriété est illustrée par l’existence éventuelle d’un délai de livraison, ou d’un certain dédommagement financier si le retard de livraison dépassait une semaine. Un droit de propriété sur un gramme d’or est de nature différente du droit de propriété sur la promesse d’un gramme d’or. Un gramme d’or est un bien économique différent de la promesse d’un gramme d’or. C’est le bien économique « promesse » qui est utilisé comme monnaie, et non pas l’or lui-même.

Gidmoz : Lorsque les billets de banque circulent, ce sont des promesses qui circulent, qui s’échangent. Ce n’est pas l’or qui circule. C’est bien la promesse qui est LA monnaie. Contrairement à ce que vous dites dans votre commentaire précédent, ce n’est pas l’or qui est alors la monnaie utilisée.

Stéphane : Je veux bien que les billets soit une monnaie (et non LA) de substitution mais de tels billets sont des titres de propriété et non des reconnaissances de dette.

Stéphane : Supposer que la monnaie est une dette suppose que sa propriété a été donnée a ou prise par la banque ce qui est inconcevable. Que ce soit le système actuel ne fait qu’en illustrer l’immoralité.

Stéphane : Il ne peut y avoir que deux types de banques. De dépôt a qui on n’accorde aucune propriété ou une banque d’affaire a qui on confie la gestion. Vous passez votre temps a mélanger les deux.

Gidmoz : Mon contre exemple ci-dessus détruit votre thèse. Je le recopie ici: « Une banque possède 1000 en actifs cotés sur des marchés organisés. Elle ne possède pas d’or. Elle émet 100 de billets échangeables contre de l’or. Lorsqu’on lui demande de l’or, la banque vend qq actifs, achète de l’or et remet l’or promis ».
Vous reconnaissez que « les billets soit une monnaie…. ». Jusque là, ce serait un point d’accord important entre nous. Mais vous ajoutez « de substitution ». Or dans mon exemple, la banque n’a jamais possédé d’or, n’a jamais fait aucune substitution avec de l’or. Le mot « substitution n’apparaît nulle part dans la promesse de la banque de livrer de l’or. Bien au contraire, la banque explique qu’elle ne possède pas d’or, mais qu’elle sait honorer sa promesse puisque la valeur de ses actifs est dix fois supérieure aux billets émis.
Vous dites encore « de tels billets sont des titres de propriété ». Là encore mon contre exemple détruit votre affirmation. Un tel billet, pourtant très valable, n’est pas un titre de propriété sur de l’or puisque la banque émettrice ne possède aucun or.

Stéphane : Votre problème c’est de supposer monnaie ce qui ne peut l’être. On ne crée pas de la monnaie. Elle s’impose d’elle même.

Gidmoz : Vous affirmez donc, sans preuve, que la monnaie de mon contre exemple, ne pourrait pas servir de monnaie. Soit une BNP qui n’aurait pas d’or. Cette BNP émet des BNP-or, échangeable contre de l’or avec un mois de délai. Le fisc met au point les règles fiscales qui s’appliqueront à l’utilisation d’une telle monnaie-or. Et oseriez vous encore prétendre qu’un tel projet de la BNP ne pourrait jamais servir de monnaie. Là votre argument serait très faible.

Stéphane : Depuis quand faut-il des preuves (empiriques) à la logique ?

Gidmoz : Les lois de la logique formelle s’appliquent d’autant mieux que les choses visées par le raisonnement sont mieux définies. La logique d’un raisonnement est limitée par la précision et la pertinence des définitions. A travers votre raisonnement, erroné de mon point de vue, je tente d’identifier la ou les définitions fautives que vous utiliseriez. Une preuve n’est pas toujours expérimentale. Il existe aussi des preuves purement formelles, et qui invalident un raisonnement.
J’ai qq idées sur l’origine de votre erreur. C’est peut être dans votre définition apriori, de la nature de la monnaie. Il me semble que votre définition exclue a priori certains biens. Depuis, la théorie des effets réels du 18e siècle, on sait que tout bien est susceptible de devenir une monnaie. Ensuite, la qualité de cette monnaie peut être très variable. Sa monétarité, sa moneyness est parfois médiocre.

Stéphane : Moneyness ? Pascal Salin, dans Libres !…..

Frederick : En  » Money and Banking  » nous apprenons que la banque commerciale convertit en monnaie de dépôt les billets, pièces et l’Or que nous lui apportons. La Banque devient alors propriétaire de ce que nous lui avons apporté, et nous sommes propriétaires de titres scripturaux.

Si nous ne voulons pas de cet arrangement, nous demandons à la banque de mettre ce que nous apportons dans un coffre. Dans ce cas nous en demeurons propriétaires.

Frederick : En  » Monnaie et Banque  » nous savons qu’il y a une hiérarchie de la monnaie correspondant à une hiérarchie des utilisateurs et institutions.

Excepté l’Or, toutes les autres monnaies, y compris le billet, sont des promesses de paiement en monnaie de l’échelon supérieur:
(1) OR
(2) Devise = promesse de paiement en Or
(3) dépôt bancaire = promesse de paiement en devise
(4) crédit = promesse de paiement en dépôt
(5) dérivés = promesse de paiement en crédit ou titres financiers

Est monnaie ce qui est utilisé à l’échelon de l’agent, en montant dans la hiérarchie

Banque Centrale ou Banque de Réserve : Monnaie = Or ou $, € pour par exemple l’Argentine*
Banque Commerciale : Monnaie = Devise et Or
Consommateur, Entrepreneur : Monnaie = Dépôt bancaire, Devise, Or
Courtier en titres : Monnaie = titres financiers, dépôts, Devise, Or

Tel est le système monétaire actuel de la banque traditionnelle.
Car désormais existent des institutions opérant à la façon des banques, mais traitant des instruments financiers complexes, par exemple:

Actif = Titre de financement immobilier + CDS
Passif = Eurodollars + Libor

comment sortir de la crise monétaire?

La monnaie de Banque Centrale est fondée sur un subtil équilibre entre la masse monétaire et la quantité des biens et services qui seront vendus dans un bref délai. Une émission monétaire sert soit à acheter des biens ou des services, soit elle est achetée par un rentier qui préfère recevoir la rente d’un bon du trésor.

Aujourd’hui, la création monétaire sert principalement à permettre à des créanciers de recevoir une rente. Le jour où ces créanciers de l’État préféreront acheter des biens ou des marchandises, il s’en suivra une augmentation de la demande, et donc une augmentation des prix. Il s’ensuivra un déséquilibre monétaire, une inflation des prix.

La dette des agents économiques privés correspond à des richesses qui seront produites dans un bref avenir. Cette dette là n’induit donc pas de dysfonctionnement monétaire à long terme. La dette des États est la seule dette qui pose un problème qui semble insoluble. En effet, un État ne produira jamais des richesses marchandes qui permettraient d’équilibrer ce subtil équilibre de la monnaie actuelle.

Cette inégalité arithmétique peut sembler insoluble. Il existe donc un risque majeur d’inflation qui sera à la hauteur de l’attitude des créanciers des États trop endettés. Il existe plusieurs scénarios imaginables. Soit les États endettés divisent par deux leurs dépenses afin de réduire drastiquement leur dette. C’est le scénario qui diminuerait les spoliations prévisibles des dysfonctionnements monétaires futurs.
Soit les États endettés tentent de spolier davantage les contribuables, soit par l’inflation, soit par la spoliation directe de leurs créanciers.

Tout agent économique peut valablement s’endetter sans risque excessif jusqu’à un certain ratio de gestion. Pour une entreprise privée, un tel ratio est bien connu des gestionnaires. Pour un État, ce ratio d’endettement acceptable est inconnu. On sait qu’un tel ratio maximal d’endettement doit exister, mais nul ne peut valablement en dire le montant pour chaque État.

Les règles monétaires actuelles sont conçues afin d’inciter les banques à prêter prioritairement aux États plutôt qu’aux entreprises. Ces règles sont explicites dans les règles de « Bâle 1 ». Il s’ensuit qu’une réduction du crédit induirait un manque de financement pour les entreprises. Et un changement de ces règles de priorité du crédit provoquerait une faillite des États trop endettés.

La valeur de la monnaie actuelle n’existe que grâce au monopole étatique de la monnaie, grâce à l’interdiction faite aux entreprises de vendre dans une autre devise que la devise officielle légale. Pourtant, le financement des entreprises est la première victime du manque de crédit. Et l’autorisation d’utiliser toute autre devise dans un État permettrait un financement des entreprises et de ses clients.

L’inconvénient de l’usage d’autres devises dans un pays est qu’il condamnerait définitivement les monnaies étatiques actuelle et provoquerait aussitôt la faillite des États et des systèmes sociaux qui maintenaient un fragile équilibre social.

L’hypothèse politique de l’autorisation du freebanking permettrait aux banques d’émettre et de proposer des monnaies différentes de la monnaie légale. On peut se demander en combien de mois ces monnaies nouvelles parviendraient à être acceptées par les agents économiques. Si elles sont suffisamment acceptées, les entreprises et leurs clients pourront a nouveau trouver un financement. Il s’en suivra un plus grande production de richesses dans le pays.

Sans la dette publique et ses excès, le monopole monétaire serait un frein à l’activité économique, comme tout autre monopole étatique. Mais ce monopole monétaire ne serait pas un cancer. Aujourd’hui, oui, le monopole monétaire est devenu un cancer de l’activité économique.
Un autre inconvénient de l’euro est qu’il a été pensé et conçu par ses créateurs, non pas comme une optimisation monétaire, mais plutôt comme un moyen de constituer une unité politique européenne. Les critiques techniques sur l’euro n’intéressent donc pas ceux qui n’ont d’autre but que la constitution d’un État fédéral européen.

« Le freebanking ne peut pas s’instituer comme par magie ». Dans l’improbable hypothèse du freebanking, l’État autoriserait les banques et les habitants à commercer dans d’autres devises que la devise officielle, et sans coût directs ou indirects supplémentaires. Ces coûts indirects sont formés par toutes les contraintes légales et administratives qui rendent aujourd’hui plus coûteux l’usage d’une devise différente de la monnaie légale.

Certains libéraux proposent que les États émettent des monnaies utilisant le principe de l’étalon-or. Il peut exister de nombreuses variantes dans l’utilisation de l’étalon-or. Le but recherché par ces libéraux est de limiter la création monétaire afin que la monnaie conserve sa valeur.
Je ne partage pas l’analyse monétaire de ces libéraux. La première raison est, amha, que le problème majeur est que la monnaie reste entre les mains de l’État. Comme le disais justement Philippe Simonnot, l’État est ours gourmand qui ne résiste pas longtemps à la tentation de violer ses propres règles de modération et de prudence.

La deuxième raison est que la principale question systémique n’est pas, amha, la quantité de monnaie émise ou en circulation. Une question importante d’un système de banque centrale est le risque d’un endettement excessif de l’État. C’est le risque de l’ « ours gourmand ». Les dettes des agents économiques privés seront remboursées dans des conditions prévues par les banques prêteuses. Il y aura toujours des créances douteuses, mais ce risque est bien maîtrisé par le savoir-faire de chaque banque.

Une troisième raison de mon opposition à l’étalon-or semblera surprenante dans ma bouche, puisque je suis un libertarien anarcap favorable au freebanking. Le système de banque centrale n’a pas que des défauts. Le monopole monétaire d’une banque centrale a l’avantage que la valeur de chaque unité de monnaie est garantie par un bien ou un service qui sera effectivement vendu dans un bref délai. Ainsi, sans coût d’immobilisation d’une certaine quantité d’or, la valeur de la monnaie est garantie. De plus, cette garantie de valeur est une garantie de pouvoir d’achat des biens économiques qui seront vendues par cette monnaie et dans cette quantité de ces biens vendus là.
Je suis conscient que l’État, ici en la personne de la Banque Centrale, est aveugle à la quantité de monnaie et de crédit optimal que souhaitent chaque agent économique. Je suis aussi bien conscient que le freebanking permet un équilibre exact de la quantité de monnaie par la seule production des liquidités cotées sur divers marchés organisés. Je suis aussi bien conscient que le freebanking guidé entièrement par le marché permet une maîtrise des prévisions de variation de cours des divers biens.

Oui, Hayek a raison de rappeler que l’or, ou plutôt l’étalon-or, est plein d’imperfections. Il existe plusieurs manières d’envisager le freebanking. Je suis de ceux qui prônent un plein freebanking, sans aucune régulation de l’État, sans intervention de l’État dans les règlements, sans interdiction de cartels de banques, sans création monétaire par l’État, sans aucune autorisation préalable pour créer une banque, ou une nouvelle devise, une nouvelle monnaie. La première caractéristique fiscale d’une monnaie est qu’elle ne supporte aucune taxe de transaction. C’est aussi une condition nécessaire d’un vrai freebanking.

Quels sont les avantages du freebanking? C’est le taux minimal d’intérêt pour les usagers. C’est l’impossibilité pour l’État de s’endetter au delà de ses prévisions de gain.

Les économistes et les financiers ont raison de se pencher sur la question des moins mauvaises mesures qu’un gouvernement pourrait prendre dans la crise monétaire actuelle. Certes, c’est le propos de l’auteur de l’article. Mais ce n’est pas mon propos. Il me semble utile d’expliquer comment et pourquoi le freebanking, même limité, est, aujourd’hui, une solution alternative à envisager sérieusement pour sortir de la crise monétaire.

réfutation du système de Banque Centrale

Un argument en faveur du système de banque centrale est : « La centralisation des réserves se justifie économiquement dans tout système bancaire ». Au 19e siècle, cet argument avait, en effet, été avancé comme un avantage du système de Banque Centrale. En d’autres termes, certains économistes pensaient que la mutualisation des réserves d’or était une bonne idée pour résoudre la question du bank run.

Une banque envisage toujours le « bank run », la ruée bancaire. C’est à dire un afflux soudain de possesseurs d’unités de monnaie réclamant, en même temps, la compensation prévue dans le contrat d’émission monétaire. Prenons l’exemple de l’or. Une banque émet plus de monnaie qu’elle ne possède d’or. En cas de « ruée bancaire », elle ne pourra pas verser à tous, et immédiatement, l’or promis. Soit la banque attend que les emprunteurs remboursent, cas prévu dans le contrat d’émission monétaire. Soit elle emprunte de l’or auprès d’une autre banque. Ou encore, la banque vend, à d’autres banques, des créances sur ses emprunteurs, vend des « IOU » et obtient alors de l’or en échange.

Dans le cas d’un « bank run » sur telle banque, un système de banque centrale dispose de la totalité de l’or des banques. Cette banque subissant ce « bank run » pourra donc verser plus d’or aux détenteurs de billets ou d’unités de monnaie grâce au concours automatique de la banque centrale. Il s’ensuivrait une plus grande fiabilité de chacune des banques.

Ce raisonnement est erroné. Il ne s’ensuit pas une plus grande fiabilité de la monnaie et des banques. En effet, la condition de cette intervention automatique de la banque centrale est que la valeur des reconnaissances de dettes de la banque secourue soit suffisante. En d’autres termes, il faut que la valeur des actifs de cette banque secourue soit suffisante. La réfutation du système de banque centrale est que la banque centrale ne peut pas savoir la valeur des actifs d’une banque. Sauf cas particulièrement évidents.

Ainsi la banque centrale fournira de la liquidité aux banques avec une condition qui ne sera jamais rationnelle. Cette condition d’intervention de la banque centrale ne sera pas de savoir si la banque serait, oui ou non, structurellement en perte. En effet, il est évidement impossible, sauf à la banque prêteuse elle-même, de connaitre la valeur et la fiabilité des actifs possédés par la banque.

C’est la seule et unique faille conceptuelle d’un système de banque centrale. C’est la fonction de « prêteur en dernier ressort ». Chaque jour la banque centrale propose à chaque banque de lui fournir des liquidités, alors qu’elle ignore la vraie valeur des actifs que cette banque propose en garantie. Le système de banque centrale dysfonctionne lorsque la valeur des actifs de la banque secourue est insuffisant. Ce fut le cas lors de la crise des subprimes de 2008. La valeur de certaines reconnaissances de dettes avait été surestimée. C’est aussi le cas lorsque la valeur des reconnaissances de dettes sur un État s’effondre.

Ce dysfonctionnement du système de banque centrale se traduit par l’inflation. C’est à dire que la valeur de la masse monétaire émise devient supérieure à la masse des reconnaissances de dettes sur les emprunteurs. En d’autres termes, la valeur des actifs détenus par les banques est inférieur à la valeur de la monnaie émise. Il s’en suivra nécessairement soit une spoliation des créanciers des banques, soit une inflation visant à spolier les utilisateurs de monnaie.