Comment fonctionne un système monétaire

D’où vient le pouvoir de la Banque Centrale.
Un État décide qu’il existe un monopole monétaire sur le pays. L’État confie la gestion de ce monopole monétaire à une Banque Centrale. L’État donne ainsi un mandat de gestion de la monnaie à la Banque Centrale. Prenons l’exemple de la BCE, Banque Centrale Européenne. La Banque Centrale prête des euros uniquement aux banques. La Banque Centrale ne prête ni à l’État, ni aux entreprises, ni aux ménages. Une banque emprunte des euros à la Banque Centrale et prête à ses clients. Les clients de la banque sont des entreprises et des ménages. Il y a quelques dizaines de banques dans le pays.

Comment fonctionne un prêt bancaire.
Un client de la BNP veut emprunter 100 euros. Un euro-BNP est la promesse de la BNP de donner un euro-BCE, euro de la BCE au client. La BNP prête des euros-BNP et non pas des euros-BCE. La BNP inscrit les 100 euros-BNP empruntés au compte bancaire de ce client. Ces 100 euros-BNP appartiennent au client. En échange, la BNP possède une reconnaissance de dette de 100 euros sur cet emprunteur.

Remarque sur l’euro-BNP et l’euro-BCE.
Il existe ainsi deux monnaies un peu différentes. La monnaie euro-BNP est une monnaie différente de la monnaie euro-BCE. Sur son relevé bancaire, le client de la BNP voit la mention « euro » et non pas euro-BNP. L’exactitude voudrait que ce relevé eût mentionné le terme « euro-BNP » et non pas « euro ». Le terme « euro » dans le relevé de compte bancaire est ambiguë. Cette imprécision est légitime car elle n’a pas de conséquences juridiques.

Concrètement un euro, c’est quoi.
Un pièce de un euro est un euro-BCE, et non pas un euro-BNP. La BNP n’a le droit de fabriquer ni des pièces ni des billets. Pour verser une pièce de un euro à son client, la BNP l’emprunte à la BCE. La BCE prête un euro à la BNP. Pour remettre un billet de 100 euros à son client, la BNP droit aussi emprunter cette somme à la BCE. Et la BCE livre un billet à la BNP. Le compte bancaire du client de la BNP sera toujours en euro-BNP et jamais en euro-BCE. Les seuls euros-BCE qu’on peut posséder sont les pièces et les billets. Sauf si on est une banque.

Entre la BNP et la BCE, comment cela fonctionne.
Les banques, dont la BNP, ont un compte bancaire à la BCE. Avec la BNP, il y aussi, par exemple, la société générale, le Crédit agricole, le Crédit Lyonnais, HSBC. Seules les banques peuvent avoir un compte bancaire à la BCE. La BCE prête des euros-BCE à la BNP en inscrivant cette somme sur son compte bancaire. Ainsi les euro-BCE existent sur des comptes bancaires des banques.

Combien la BNP peut-elle prêter.
La BNP prêter des euros-BNP et non pas des euros-BCE. Pour avoir le droit de prêter 400 euros-BNP, la BNP doit emprunter 100 euros-BCE. Ainsi, la BNP peut prêter quatre fois plus d’euros-BNP que la quantité d’euros-BCE qu’elle a empruntés. En fait c’est une autre règle administrative qui s’applique, mais c’est une règle qui ressemble à cette règle simple. Cette règle évite que la BNP prête trop.

Comment la BNP gagne de l’agent.
Il existe une règle administrative qui limite le crédit bancaire. Si la BNP emprunte un euro-BCE à la BCE, la BNP a le droit de prêter environ 4 euros-BNP à ses clients. On appelle « taux directeur » le taux auquel la Banque Centrale prête aux banques comme la BNP. Le principal coût de production d’un crédit bancaire est l’obligation de la BNP d’emprunter des euros-BCE. La BNP émet sa monnaie « euro-BNP » avec faible coût de production. Le gain de la BNP provient des intérêts versés par les emprunteurs.

Effet multiplicateur du crédit
En quoi consiste cette règle administrative? Elle limite la quantité d’euro-BNP que la BNP a le droit d’émettre. Cette limitation dépend de deux paramètres. Un des paramètres est un « ratio » entre la quantité des euro-BNP et la quantité de monnaie de Banque Centrale détenue par la BNP. Par exemple, pour un ratio de 10%, si la BNP a créé 1000 en euro-BNP, alors la BNP emprunte 100 euro-BCE à la Banque Centrale afin de les détenir. cette détention est un coût pour la BNP qui doit payer des intérêts à la Banque centrale. Lorsque le ratio est de 1%, la BNP devra emprunter 10 à la banque Centrale. En ce moment, ce ratio change presque tous les ans. Il avoisine le 1%. Ceux qui ne comprennent pas la différence entre un euro-BNP et un euro-BCE s’imaginent, à tort, que la BNP fabriquerait de la fausse monnaie. L’autre paramètre limitatif concerne les billets et pièces détenus par la BNP. Cette règle administrative est spécifique à chaque système de Banque Centrale. Cette règle peut être modifiée lorsque la Banque Centrale constate qu’elle dysfonctionne.

Quel est le risque de la BNP.
Le principal risque d’une banque comme la BNP est que l’emprunteur ne rembourse pas son emprunt. C’est alors une perte sèche pour la banque. C’est le savoir-faire de la banque de sélectionner les emprunteurs. Une Banque doit et sait maîtriser ce risque.

Comment la Banque Centrale évite l’inflation des prix.
La Banque Centrale préfère que les prix soient stables. Son seul outil pour la stabilité des prix est la fixation du « taux directeur ». Le taux directeur est le taux auquel la Banque Centrale prête aux banques. Si les prix montent, la Banque Centrale augmente son « taux directeur ». Ce taux directeur à verser à la Banque Centrale est une charge importante pour une banque. Les banques sont alors contraintes de prêter à un taux plus élevé à leurs clients. Les clients empruntent moins. Donc ils achètent moins. Les prix proviennent de l’offre et de la demande. Si la demande baisse, les prix tendent à baisser. Comme les emprunteurs achètent moins, alors les prix tendent à baisser. Ce raisonnement est un schéma théorique. Il s’agit d’un raisonnement en tendance. Continuons à appliquer ce schéma théorique dans le cas où les prix baisseraient. La Banque Centrale baisse alors son taux directeur. Les banques prêtent davantage. Les emprunteurs dépensent davantage, ce qui a tendance à faire remonter les prix.

La BNP ne peut posséder aucun euro-BNP.
Une promesse faite à soi-même est nulle, et de nulle valeur. Il en résulte qu’un euro-BNP, entre les mains de la BNP, est nul et de nulle valeur. Il en résulte que la BNP ne peut posséder aucun euro-BNP. Et c’est bien logique. Cela n’aurait évidement aucun sens que la BNP possède une promesse de la BNP de lui verser un euro. La BNP ne peut pas accumuler des euros-BNP. Ils n’auraient évidement aucune valeur.

Comment sont créés les euros-BNP.
La BNP crée des euros-BNP au moment exact où elle les remet à un individu. Avant cet instant, ces euros-BNP n’existaient pas. Chaque euro-BNP est une promesse de la BNP de verser un euro-BCE, donc de verser un vrai euro. A chaque fois que la BNP promet de verser un euro-BCE, elle crée un euro-BNP. Cette monnaie euro-BNP est une promesse commerciale ordinaire faite à un client de la BNP.

Qui possède des euros-BNP.
Qui reçoit et possède des euros-BNP? Ce sont d’abord les salariés de la BNP. Chaque employé a un compte bancaire à la BNP. Et la BNP verse les salaires sur les comptes BNP de ses salariés. L’argent en euro sur les comptes bancaires des salariés de la BNP sont des euros-BNP. Un client de la BNP qui emprunte reçoit des euros-BNP sur son compte BNP. Un fournisseur de la BNP recevra lui aussi des euro-BNP, du moins s’il a un compte bancaire à la BNP.

Quand un euro-BNP est-il détruit.
Lorsqu’un emprunteur rembourse son emprunt, il verse des euros-BNP à la BNP. Ces euros-BNP entre les mains de la BNP sont aussitôt nuls et de nulle valeur, puisque promesse faite à soi-même. Ces euros-BNP versés pour rembourser un emprunt sont donc détruits par le seul fait qu’ils sont entre les mains de la BNP. La BNP fournit des services et les facture. Ses clients paient ces factures en euro-BNP. Lorsqu’un client de la BNP paye une facture de la BNP en euro-BNP, ces sommes sont détruites aussitôt qu’elles sont dans les mains de la BNP.

Un client de la BNP paye son vendeur ayant un compte à la BNP.
Le client de la BNP fait un chèque BNP au vendeur de 100 euros-BNP. Le vendeur accepte le chèque BNP et le remet à sa banque BNP. La BNP crédite le compte du vendeur d’une somme de 100 euros-BNP. Et le vendeur a ainsi ajouté 100 euros-BNP sur son compte bancaire BNP. Dans une telle opération, les euros-BCE n’interviennent pas.

Un client de la BNP paye son vendeur ayant un compte à HSBC.
Le client de la BNP fait un chèque BNP au vendeur de 100 euros-BNP. Le vendeur accepte le chèque BNP et le remet à sa banque HSBC. HSBC demande à la BNP la somme 100 euros-BCE. La BNP emprunte 100 euros à la BCE et les remets à HSBC. Ainsi HSBC possède désormais 100 euros-BCE. HSBC crédite le compte du vendeur d’une somme de 100 euros-HSBC. Le vendeur ne peut pas posséder 100 euros-BCE sur son compte bancaire. Au terme de l’opération, ces 100 euros-BCE restent donc entre les mains de HSBC. Et le vendeur a ainsi ajouté 100 euros-HSBC sur son compte bancaire HSBC.

La compensation.
Les clients de la BNP et ceux de HSBC s’échangent chaque jour des marchandises et des services. Chaque jour la BNP a donc besoin d’euro-BCE pour payer HSBC. Mais chaque jour HSBC a besoin d’euro-BCE pour payer la BNP. Une fois par jour, la BNP et HSBC font la différence des sommes en euro-BCE que l’une doit à l’autre. Si c’est la BNP qui doit des euro-BCE à HSBC, la BNP versera des euros-BCE à HSBC. La « compensation » est une opération quotidienne de soustraction, et qui réduit le nombre des flux d’euro-BCE entre une banque et la Banque Centrale.

Le marché inter-bancaire des euro-BCE.
Certains jours c’est la BNP qui verse des euros, donc des euros-BCE, à HSBC. Mais le lendemain, c’est peut-être dans l’autre sens. Pour éviter d’emprunter chaque jour des euro-BCE à la BCE, certains jours, c’est la BNP qui prête des euro-BCE à HSBC. Et d’autres jours, c’est HSBC qui prête des euro-BCE à la BNP. La BNP emprunte moins cher des euros-BCE à HSBC qu’à la BCE. Ces emprunts quotidiens d’euro-BCE entre les banques s’appelle le marché inter-bancaire. Le marché inter-bancaire réduit les frais des banques puisqu’elles obtiennent ainsi leurs euros-BCE à moindre frais.

La BNP prête plus d’euros-BNP que ce qu’elle a d’euros-BCE.
La BNP prête uniquement des euros-BNP à ses clients, et non pas des euros-BCE. La BNP prête ainsi une autre monnaie que la monnaie qu’elle possède. Un euro-BNP est la promesse de la BNP de livrer un euro-BCE, et non pas un euro-BCE. Puisque la BNP respecte sa promesse au client, sa création d’euros-BNP est légitime.

Le « prêt bancaire » de la BNP n’est pas un prêt.
Je prête mon livre à un ami, lequel ami me le rendra. Je prête ce que je possède. Et mon ami détient temporairement un livre ce que je possède. Il me rendra ce livre. Dans un « prêt bancaire », la banque reçoit la reconnaissance de dette de l’emprunteur. Et l’emprunteur reçoit les euros-BNP, c’est à dire les promesses de la BNP de lui fournir des euros-BCE. Après le prêt bancaire, la banque est propriétaire de la reconnaissance de dette de l’emprunteur. Et l’emprunteur est propriétaire des promesses de la BNP de lui fournir des euros-BCE. Aucun des deux ne détient une chose qui appartient à l’autre. Chacun est propriétaire de la promesse que l’autre lui a faite. Le prêt bancaire n’est donc pas un prêt, au sens commun du terme.

quelques termes bancaires
Il y a une hiérarchie de la monnaie correspondant à une hiérarchie des utilisateurs et institutions. Excepté l’Or, toutes les autres monnaies, y compris le billet, sont des promesses de paiement en monnaie de l’échelon supérieur:
(1) OR 
(2) Devise = promesse de paiement en Or
(3) dépôt bancaire = promesse de paiement en devise
(4) crédit = promesse de paiement en dépôt
(5) dérivés = promesse de paiement en crédit ou titres financiers

À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

2 Responses to Comment fonctionne un système monétaire

  1. Merci pour votre article. Pouvez vous nous fournir des références sur cet effet de levier de 1 à 4 ? Est il le même dans tous les pays € ?

    • gidmoz dit :

      @Pierre Pezziardi
      J’ai cherché à présenter simplement un système monétaire dans un but uniquement pédagogique. Je crois que ma présentation, quoique simple, n’a pas induit d’erreur. N’hésitez pas à me demander d’éclaircir tel point qui vous intéresse.

      Vous me demandez de préciser une référence sur cet « effet de levier » entre 1 et 4. J’avais lu ce mécanisme. Je crois me souvenir que je l’avais compris. Mais il faut s’accrocher un peu. En fait, le chiffre 4 est une moyenne habituelle. Cet « effet de levier » varie entre 3 et 5 selon les banques. C’est une règle administrative arbitraire, et dont le seul mérite est de fonctionner correctement. Le détail de cette règle importe peu ici, amha.

      Une telle limitation du crédit par une règle administrative est absurde. Nul ne saura jamais si, en ce lieu et à cet instant, cette limite serait trop haute ou serait trop basse. Si la limite est trop basse, on supprime des occasions de créations de richesses, de production, en réduisant inutilement le crédit. Si la limite est trop haute, on va vers une inflation des prix d’origine purement monétaire, vers un mal-investissement, vers des bulles qui explosent.

      Le freebanking tend vers un crédit bancaire qui est un vrai optimum de marché. C’est une des supériorités du freebanking sur le système de banque centrale.

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