un euro d’impôt en plus est un euro de PIB en moins

Un euro d’impôt en plus est un euro de PIB en moins. On peut le dire de beaucoup d’autres manières. L’économiste Laffer avait popularisé, par sa célèbre courbe de laffer, que trop d’impôts tue la recette fiscale. L’économiste Philippe Lacoude a étudié la conséquence sur le PIB d’un dollar d’impôt en plus. Lacoude cite l’économiste Barro et qq autres économistes américains qui ont fait des évaluations empiriques chiffrées.

Si on simplifie, on comprend mieux cet effet de réduction du PIB par l’impôt. Voici mon raisonnement simplifié, et qui explique bien la réalité fiscale. On suppose que le taux d’impôt t varie entre 0 et 1. Le chiffre 1 signifiant 100% d’impôt. On suppose que la production p possible varie entre 0 et 1. Le chiffre 1 signifiant production maximale possible sans impôt.

Si le taux d’impôt est de 1, c’est à dire confiscation totale, on produit zéro. Si l’impôt est de 0% on produit 1, c’est à dire la production maximale. Entre les deux taux d’impôts t, 0 et 1, on pose que l’effet est linéaire. On verra plus loin qu’une courbe non-linéaire change peu les conclusions.

Notre petite loi simplifiée nous dit que la production p=1-t. En d’autres termes, on produit rien si l’impôt est de 100%. Et on suppose la linéarité de l’effet. Le lecteur habitué à manipuler le schéma ultra-classique de l’Offre et de la Demande retrouvera ce même résultat. En effet,  il fera varier le pourcentage de taxe et mesurera, sur le schéma, la surface de la perte sèche.

Par hypothèse du taux d’impôt, la recette fiscale rf= t * p, c’est à dire le taux d’impôt multiplié par la production nationale.

Combinons ces deux égalités algébriques. La recette fiscale devient donc rf=t * (1-t). Cette formule mathématique est jolie à voir. C’est une courbe en cloche qui part de zéro pour monter vers un maximum, puis redescendre à zéro.

C’est très exactement la courbe de Laffer. On retrouve que la recette fiscale est nulle quand le taux de l’impôt est nul. On retrouve bien aussi que la recette fiscale est nulle quand le taux d’impôt est 100% des revenus.

La courbe, linéaire, de la production p=1-t peut être remplacée par une autre courbe non  linéaire. Si la nouvelle courbe de p est convexe, le maximum de la courbe de Laffer sera un peu décalée vers la gauche. Et si la nouvelle courbe de la production p est concave, le maximum de la courbe de Laffer sera un peu décalée vers la droite. Mon raisonnement retrouve ainsi les courbes de Laffer. Il est en accord avec les conclusions de Laffer.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

5 Responses to un euro d’impôt en plus est un euro de PIB en moins

  1. Bruno Lemaire says:

    gidmoz dit:
    « Si le taux d’impôt est de 1, c’est à dire confiscation totale, on produit zéro. »
    Oui pour la confiscation totale (par définition), mais pourquoi produirait on zéro: on peut produire 1, et tout perdre, si l’on produit pour les autres. Je ne dis pas que c’est crédible, mais vous me semblez, par un sophisme très spécieux, confondre consommation et production.

    • gidmoz says:

      @Bruno Lemaire
      Oui, si l’impôt est de 100%, on produit pour soi, pour sa famille, pour ceux qu’on aime, pour une association caritative, mais pas pour l’Etat. Nul n’accepte sans contrainte de perdre le fruit de son travail, de son sang et de sa sueur.

      La définition moderne de l’esclavage est l’appropriation par le maître de la totalité de la production de son esclave. Nul n’accepte volontairement l’esclavage. Dire qu’on refuse de produire pour son maître, sauf sous sa contrainte violente, me semble une évidence.

      Dans mon raisonnement, nous sommes dans un cas simplifié, dans un exercice de la pensée. On isole un concept pour en observer, par la pensée, l’effet et le fonctionnement. Le but n’est pas de représenter la réalité dans toute sa complexité.

      Vous me dites que je confondrais la consommation et la production. Je ne parle pas ici de consommation. Je ne vois donc pas de lien que vous faites avec la consommation. D’autre part, je ne vois pas en quoi mon petit raisonnement serait spécieux.

      • Bruno Lemaire says:

        Je ne comprends toujours pas votre phrase, que vous considérez être une évidence (m^me si je pense que 100% d’impôts est évidemment intenable):
        « Si le taux d’impôt est de 1, c’est à dire confiscation totale, on produit zéro. »

        On peut « imaginer » – je dis bien « imaginer », que ce soit l’Etat qui décide de l’ensemble de la répartition de ce qui est produit. On ne produirait sans doute pas beaucoup, en tout cas mins que dans une économique un tantinet moins administrée, mais pourquoi produirait on « zéro »?

        Quand je parlais de « consommation », je parlais de la production une fois répartie, je suppose qu’on ne produit pas pour tout laisser en l’état après production.

        • gidmoz says:

          @Bruno Lemaire
          Sur son blog, acrithene, HEC ;-), m’a proposé une autre démonstration de mon théorème. http://theoreme-du-bien-etre.net/2012/10/26/fiscal-gap-de-combien-faudrait-il-augmenter-les-impots/comment-page-1/#comment-400

          La démonstration d’acrithene utilise l’indémodable schéma offre-demande. On trace cette courbe offre-demande dans le cas d’une taxe proportionnelle à la production, comme dans mon hypothèse. On fait alors varier le taux de l’impôt de 0 à 1(100% d’impôt), obtenant ainsi plusieurs courbes offre/demande et plusieurs points. On trace alors, point par point, une courbe qui est nécessairement identique à la mienne.

          J’aime bien la démonstration d’acrithene car elle utilise un mode de pensée que tous les économistes pratiquent depuis longtemps. J’ai donc modifié le texte de mon article. J’ai mentionné la démonstration d’acrithene dans mon article. Ma démonstration se limite à des hypothèses moins nombreuses que le classique schéma offre/demande. Les deux démonstrations sont très proches par leurs hypothèses requises.

        • Joëlle says:

          Cela semble pourtant évident. Si l’Etat vous taxe à 100% cela veut dire qu’il s’approprie tout ce que vous produisez. Dans ce cas non seulement vous n’êtes plus intéressé de produire, mais vous ne le pouvez plus car vous mourrez. Toute votre production est confisquée et donc vous ne pouvez plus vous nourrir, ni votre famille. Vous êtes mort dans quelques jours.

          N’oubliez pas que pour consommer vous devez d’abord produire (ou travailler ce qui est identique pour l’économiste). L’inverse est faux. Et c’est en échangeant votre production contre des biens à consommer que vous pourrez consommer. Si toute votre production est confisquée, vous ne pouvez plus consommer.

          Deux exceptions à cela. Soit vous avez du stock (de l’épargne), soit vous empruntez. Mais il est clair que votre épargne va fondre comme neige au soleil, car votre production est confisquée. Quant à l’emprunt, qui va prêter à quelqu’un dont on est sûr qu’il ne remboursera pas (il ne produit plus) ?
          Donc retour à la case départ : on est mort.

          Mais l’Etat n’est pas si stupide que cela. Bien au contraire, il ne va pas tuer la poule aux oeufs d’or. Sinon, comment il va faire pour vivre lui ? Parce que lui, ne vit que sur le dos du contribuable. Donc il va éviter de le faire mourir. Il va lui laisser un bout de sa production. Un petit bout, histoire qu’il se nourrisse et qu’il ait assez de force pour bosser. Bref il maintien le contribuable en vie. Un régime de servage en quelque sorte.

          Mais là encore, l’Etat ne gagne pas grand chose. Car le contribuable n’est pas stupide non plus. Il ne produira que ce qu’il faut pour vivre, étant maintenant assuré de pouvoir le garder.
          Mais il ne produira guère plus, car le solde lui est confisqué.
          L’Etat est de nouveau dans l’impasse, car il faut un meilleur train de vie.

          Il va donc à nouveau diminuer l’impôt jusqu’au point où le citoyen va se dire : ‘chic, maintenant ça vaut le coup de bosser’ Effectivement, grâce à son travail il peut maintenant s’enrichir, même si un bout lui est toujours et encore volé par l’Etat.
          Et d’un coup on voit une économie qui se met au travail. Les richesses se créent, la prospérité arrive, de nouveaux emplois se créent. Bref le rêve d’un politique.
          Et l’Etat n’a jamais été aussi riche. Certes avec un taux d’imposition faible. Mais il est aisé de comprendre qu’on gagne plus avec 30% de mille, qu’avec 90% de cent.

          Que reste-t-il a un travailleur ? Faites le calcul vous même sur la base d’un salaire à 100 :
          – charges patronales = 43%. Reste donc 57.
          – charges salariales = 23%. Reste donc 44.
          – impôt sur le revenu = 10% (français moyen). Reste 40.
          – TVA sur tout ce qu’il achète = 19,6%. Reste 32.
          Vous me direz que parfois la TVA est plus faible, ou qu’au lieu d’investir on peut épargner. Mais la CSG/CRDS sur les revenus d’épargne ou foncier est de 13,5%.
          Je n’ai pas comptabilisé tout ce qui est taxe d’habitation, foncière, succession, impôts sur les plus-values, impôts sur les sociétés, taxe sur les carburants, alcools, tabac, etc.
          Il y a plus de 150 taxes et impôts dans notre pays.
          En réalité il ne vous restera plus que 25% du fruit de votre travail.
          Avec cela vous devez faire vivre votre famille. On est proche de la situation de servage décrite précédemment.

          En France, soit vous ne gagnez pas grand chose et vous vivez de l’assistanat (ce qui coûte à l’Etat). Soit vous faites partie de ceux qui payent l’impôt et vous aller déployer une énergie sans bornes à tenter de défiscaliser au maximum. Certain, n’hésiteront pas à tricher (faire du black ou autre) d’autres fuiront ce régime de fou pour aller sous des cieux plus clément.
          Au lieu de travailler et se s’enrichir (et donc d’enrichir le pays) le citoyen passe son temps a essayer de doubler le fisc. C’est un effet pervers non négligeable de la taxation et dont les dommages se chiffrent par milliards.

          Il est vraiment dommage que ni nos gouvernants ni leurs conseillers ne comprennent le b-a-ba de l’économie.

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