la non-production

La non-production provient de la destruction étatique d’une incitation à produire. Le taux de l’impôt est une destruction de l’incitation à produire. Plus l’impôt est grand, plus il détruit la motivation à produire.

Cette remarque est vraie pour un investisseur, pour un épargnant. L’actionnaire-investisseur produit au travers de sa société. Il choisit son investissement selon sa rentabilité en cliquant sur écran d’ordinateur selon le pays, selon l’entreprise.

Cette remarque est vraie aussi pour un salarié. Et le salarié produit grâce à son travail. Sa motivation est le salaire.

Il existe une différence entre la production d’un salarié et la production d’un investisseur. En effet, il est souvent plus facile de trouver à investir que de trouver un travail. Néanmoins, dans ce qui suit, je confondrai donc l’action productive d’un salarié et d’un épargnant-investisseur.

On peut tenter d’évaluer le montant de cette non-production causée par l’impôt. Si le taux est nul, il produit normalement la « production normale ». Si le taux de l’impôt est 100% de la production, il choisira de ne rien produire. Si le taux de l’impôt est de 50%, il produira 50% de la « production « normale ». Du moins, c’est probablement un ordre de grandeur moyen plausible.

On m’objectera l’ « effet revenu », du moins pour le salarié. Selon la théorie de l’ « effet revenu », une hausse de l’impôt incite le salarié à travailler plus pour conserver son pouvoir d’achat et financer ses projets en cours. C’est vrai à très court terme car le salarié est surpris par un nouvel impôt qu’il n’a pas prévu. C’est la thèse de Pascal Salin qui réfute ainsi l’effet revenu.

« La non-production induite par l’impôt est égale au taux de l’impôt« . C’est une loi simple et logique. Elle est surement proche de la réalité. Cette loi est exacte si le taux de l’impôt est nul. C’est la « production normale », maximale. Cette loi est aussi exacte si le taux de l’impôt est de 100%. Le producteur cesse alors de produire.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

5 Responses to la non-production

  1. Acrithene says:

    Je chipote peut-être, mais il me semble que tout n’est pas aussi simple. Par exemple, pour le travailleur, l’économie distingue généralement l’effet revenu de l’effet substitution. Il est vrai que l’impôt réduit l’intérêt du travail qui est le salaire, mais d’un autre côté, en réduisant le salaire il rend parfois nécessaire de travailler davantage.

    Vous faîtes comme si un paysan travaillera moins la terre si cette dernière perd en fertilité. Franchement, c’est une règle qui n’est pas générale, il y a deux effets contraires. D’un côté il trouvera qu’il perd son temps et préférera utiliser son temps à autre chose, de l’autre il a bien besoin de grain pour survivre, et devra travailler davantage une terre moins fertile pour les obtenir. Lequel de ces effets l’emporte dépend des circonstances.

    Dire que l’impôt réduit l’effort du travailleur de manière linéaire par un effet démotivant est un raccourci.

    • Acrithene says:

      La réfutation de Salin me semble bien fumeuse, j’espère qu’il largumente de façon plus rigoureuse…

    • gidmoz says:

      @Acrithene
      Vos critiques du billet sont bienvenues et m’aident à réfléchir. Mon texte est seulement une première étape dans ma recherche sur ce sujet.

      Pascal Salin aurait, parait-il réfuté, l’effet revenu. Je n’ai pas encore lu les arguments qu’il propose. Cet « effet revenu » me semble composé d’une part d’un effet de substitution classique et d’autre part de contraintes légales, institutionnelles, qui pèsent sur le salarié. Ce contexte institutionnel est, en France, le Code du Travail et les charges sociales. L’effet de revenu proviendrait uniquement de ce contexte institutionnel, et de l’incertitude qu’il induit. J’espère avoir des réactions de lecteurs sur ce point.

      Raisonnons en l’absence partielle de ce contexte institutionnel. Recherchons une loi naturelle qui ne dépendrait pas des institutions locales. Pour cela, imaginons que chaque salarié est un free-lance qui vend son travail avec une totale liberté contractuelle. Comme tout commerçant, le free-lance vend alors son travail comme un service commercial. Ainsi la différence entre un salarié et un free-lance provient uniquement du contexte institutionnel.

      L’effet de substitution existe pour les marchandises autant que pour les services. Il existe autant pour la demande que pour l’offre.

      Nous voulons comparer la production supportant un impôt à la production qui existerait en l’absence d’impôt. Oublions partiellement le contexte institutionnel qui s’attache à la personne du rentier et du salarié. Assimilons le rentier à l’entrepreneur et assimilons le salarié au free-lance. Supposons maintenant un impôt proportionnel à la valeur de la production.

      Si le taux de l’impôt était uniformément le même quelque soit la production, il n’existerait aucun effet de substitution du fait de l’impôt. Sauf pour le loisir ou la production pour soi-même. Si on peut choisir son pays, alors le producteur peut choisir le pays dans lequel il produira. C’est évident pour le rentier-investisseur. Pour un free-lance, c’est tout aussi possible. Dans les deux cas, une structure de holding permet d’optimiser le pays où sera imposée la production.

      Sans changer de pays, le producteur a peu de choix. Soit la production subissant l’impôt du pays, soit le travail au noir, soit le loisir. Mais en changeant de pays, un grand éventail de substitutions devient possible. Si le pays adopte une grande liberté économique, la production peut changer de pays sans que le producteur quitte son pays.

      L’effet de substitution de la production est ainsi limité par le contexte institutionnel du pays. Dans les cas où cet effet de substitution est possible, l’effet de revenu n’existe pas. Toute augmentation du taux de l’impôt induit alors une baisse de la production.

      Sur un graphique, on met la production sur l’axe vertical. Et, sur l’axe horizontal, on met le taux de l’impôt entre 0 et 100. Lorsque le taux de l’impôt est zéro, la production est maximale. Lorsque le taux de l’impôt est 100, la production est zéro. Entre les deux, la courbe décroit nécessairement jusqu’à zéro.

      Vous objectiez que rien ne prouve que cette courbe descendante soit une droite. Je ne cherche pas ici à représenter la réalité des faits ou des statistiques. Je cherche à dégager une tendance théorique plausible. Mon hypothèse de grande liberté économique induit une courbe strictement décroissante. Le but d’un graphique n’est pas de faire des mathématiques. C’est d’exprimer un discours par un dessin. En ce sens, on peut dessiner une ligne descendante pour illustrer que « toute augmentation de l’impôt induit une baisse de la production ».

      Ou alors, si elle existe, cette ligne descendante serait un peu bombée vers le haut. Cela traduirait qu’il existe une certaine acceptation de l’impôt. Cette acceptation serait consciente ou inconsciente.

  2. Eric says:

    Avez-vous essayer de prendre la courbe de Laffer dans votre raisonnement ?

    A mon avis, chaque personne a un taux d’impôt à partir duquel il arrête de gagner de l’argent (soit en arrêtant effectivement de travailler, soit en travaillant au black). Je penche pour quelque chose plus proche du tout ou rien plutôt que l’hypothèse de Salin de décroissance du travail qui me parait encore plus difficile à justifier.

    A 0% d’impôt, 100% des gens essayent de gagner de l’argent, à 100% d’impôt, il n’y en a plus (0%). A n% d’impôt, il y a k% des gens qui essayent de gagner de l’argent.

    Cela explique la courbe de Laffer et aussi pourquoi la plupart des gens travaillent encore même à 30% d’impôt.

    • gidmoz says:

      @Eric
      Reprenons autrement votre formalisme. Au lieu de l’appeler n%, appelons t, le taux de l’impôt, compris entre zéro et un. Et au lieu de dire k%, parlons de la production p, supposée être proportionnelle à la quantité de travail. La production maximale sans impôt est 1.

      Si la ligne descendante de mon graphique est une droite, disons alors que p=1-t. Le montant total de l’impôt est la production maximale multipliée par le taux de l’impôt. Impôt = p * t. Donc l’impôt perçu par l’État est t(1-t). Cette formule mathématique reproduit graphiquement une courbe identique à la courbe de Laffer.

      Mon hypothèse de linéarité donne ainsi un fondement théorique à la courbe de Laffer.

      En effet, la courbe de Laffer représente la recette fiscale totale selon un taux moyen de l’impôt. L’assiette de l’impôt est la production. La recette fiscale est alors égale à un taux moyen de l’impôt multiplié par la production taxable. Les concepts utilisés dans la courbe de Laffer sont les mêmes que ceux du formalisme de mon évaluation de la non-production.

      La non-production est ici la destruction d’une production par la désincitation à produire. Notons d(t) cette destruction. Cette non-production-destruction est ici égale à t. d(t)=t. Le montant de la destruction est égale au montant de l’impôt.

      Ce dernier résultat est essentiel. Tout impôt induit une destruction de production égal à cet impôt.

      En écrivant p(t)=1-t, nous avions supposé une courbe linéaire entre la production et la taux de l’impôt. La courbe réelle sera plus ou moins éloignée de cette droite. Cette courbe dépend essentiellement du contexte institutionnel. Ainsi, si les citoyens sont enclins à accepter l’impôt, cette courbe se bombera vers le haut. La loi de l’économie ainsi dégagée énonce une relation tendancielle entre la production et l’impôt.
      on peut aussi l’énoncer ainsi: « l’impôt détruit une production égale à son montant« .

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