il fallait sauver les banques

Je suis libertarien. Je suis un partisan du freebanking, c’est à dire favorable à l’abolition de la Banque Centrale, à la liberté de chaque banque d’émettre sa propre monnaie en concurrence avec les autres monnaies.

Et même, je suis favorable que ce que chacun puisse aussi facilement créer une banque qu’on ouvre un magasin de chaussures. C’est à dire sans aucun contrôle de l’État sur la qualité des chaussures. Et sans aucun contrôle de l’État sur la nature de la monnaie, ni sur son fonctionnement.

Je vais même jusqu’à être convaincu qu’il serait aussi nuisible d’imposer un monopole étatique sur la production et la distribution de chaussures que d’imposer un monopole sur la production de monnaie et de règlementer son fonctionnement.

Pour aggraver mon cas, je considère que les cartels commerciaux sont des organisations qui sont toujours avantageuses pour les clients et pour les producteurs. Et que, en free banking, des cartels de banques seraient utiles à tous. Les cartels augmentent la concurrence, permet des prix plus faibles, une qualité plus grande. En effet, le cartel permet à un plus grand nombre de petits concurrents de collaborer sans fusionner. Et de fournir ainsi une production d’une qualité égale à celle d’entreprises plus grosses.

Ainsi, je suis ainsi un adversaire résolu du principe de système de Banque Centrale.

Et pourtant, à mon avis, pendant la crise monétaire de 2008, l’État, par le truchement de la Banque Centrale, devait sauver les banques de la faillite. Le système de Banque Centrale est intellectuellement viable et logique. Comme tout monopole, le monopole monétaire détruit de la richesse par l’interdiction faite aux concurrents de produire de la valeur.

Un avantage du système de Banque Centrale est qu’il peut fonctionner sans stock d’or, et même sans posséder d’autres actifs que les créances des emprunteurs. Ce système de Banque Centrale permet ainsi d’éviter le cout d’une immobilisation de capital stérile. La liquidité de la monnaie centrale provient de son cours légal.

En free banking, une banque doit posséder une quantité suffisante d’actifs ayant une bonne vendabilité, afin que ces actifs puissent éventuellement servir de liquidités. Une telle possession d’actifs est une immobilisation couteuse. Ce cout d’exploitation conduit à augmenter le taux d’un prêt bancaire d’une banque en free banking. Du moins c’est le raisonnement des économistes favorables au système de Banque Centrale.

La force et l’avantage du système de Banque Centrale est qu’il économise le cout de l’immobilisation des liquidités. En effet, la seule liquidité légale est la monnaie de Banque Centrale. Or la monnaie de Banque Centrale est une promesse de l’État que la valeur de cette monnaie sera stable. Elle est produite par la force de la garantie de l’État. Tant que l’État peut valablement la garantir, la cout de production de la monnaie de Banque Centrale est nul. Ou plutôt semble nul. En effet, il ne faut pas produire trop de monnaie sous peine de dysfonctionnement.

La Banque Centrale a réussi à inventer, après de quelques essais infructueux, un règlement permettant un fonctionnement de la monnaie. Ce règlement est purement pragmatique. Tant qu’il fonctionne, on le maintient. S’il dysfonctionne, on le modifie. Ce règlement n’est pas fondé sur une logique économique théorique, mais sur l’observation de la pratique. Ce règlement consiste à obliger les banques à posséder de la monnaie de Banque Centrale dans une certaine quantité pour avoir le droit de prêter à leurs clients.

Les banques prêtent leur propre monnaie, dite ici « monnaie secondaire ». Une unité de monnaie secondaire est une promesse de verser une unité de monnaie de Banque Centrale. Pour dire simple, une banque peut prêter quatre fois plus de monnaie secondaire que la quantité de monnaie centrale qu’elle possède. Cette proportion est purement pifométrique. Cette proportion est valable uniquement si les banques se font suffisamment confiance pour se prêter et se vendre des créances sur leurs emprunteurs respectifs.

La crise monétaire de 2008 provenait précisément du fait que les banques refusaient de se prêter leurs créances respectives. Le règlement savamment inventé de toute pièce par la Banque Centrale dysfonctionnait soudain. Les banques étaient solvables, puisque la valeur de leurs actifs était suffisante. Mais elles manquaient de liquidités. La Banque Centrale a très logiquement prêté de la monnaie de Banque Centrale à un taux faible afin de corriger un dysfonctionnement du règlement.

Il faut bien comprendre que ces prêts aux banques par la Banque Centrale étaient uniquement destinés à corriger un défaut de fonctionnement d’un règlement pragmatique. Il eut été absurde de forcer des banques, ayant un excellent bilan, de cesser leur activité commerciale par manque de liquidité. On avait ainsi atteint une limite du règlement régissant les relations entre la Banque Centrale et les banques. C’est le règlement qu’il fallait adapter. Il ne fallait évidement pas faire tomber les banques. Il fallait donc évidement « sauver les banques ».

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

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