la destruction monétaire, par Gérard Foucher

[Texte de Gérard Foucher]

Notes :

1. Destruction monétaire
Je n’aborde pas dans ce texte la destruction de monnaie, qui est simplement l’annulation comptable de la dette quand un crédit est remboursé. En réalité, ce qui compte, c’est la masse monétaire, et son évolution par rapport à la production et aux échanges réels.
Or, dans le système actuel, la masse monétaire varie, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la différence entre crédit émis et crédits remboursés, c’est à dire en fonction de la volonté des agents à « prêter » et à emprunter… c’est à dire en fonction de la confiance des agents dans l’avenir, en fonction de critères psychologiques !
En période d’optimisme, les banquiers veulent prêter, les clients veulent emprunter. En période de pessimisme, les banquiers deviennent frileux, et les clients aussi ! En gros, la masse monétaire varie selon que le vent vient du Nord ou du Sud. De plus, l’optimisme comme le pessimisme sont soumis à de nombreux facteurs procycliques, ce qui crée par nature une succession inévitable de booms et de busts.
L’Allocation Universelle monétaire résout ces problèmes. En effet, elle est calculée selon des critères objectifs et mesurables, entre autres la masse monétaire existante et l’espérance de vie moyenne dans la zone monétaire concernée. (Ce post de Stéphane Laborde explique les bases du calcul.)
De plus, l’A.U. est censée remplacer, à terme, l’ensemble de la création monétaire par l’emprunt, et rend donc indispensable, d’une part l’émergence d’un système de crédit mutualisé et d’autre part, le remplacement du système à réserve fractionnaire par un système à réserve pleine. Dans un système à A.U., il n’y a donc plus de destruction de monnaie. Ce besoin disparaît naturellement, car d’une part le circuit du crédit devient un circuit fermé entre épargnants et emprunteurs, il ne déborde plus indûment dans l’économie commune ; et d’autre part, l’A.U., devenue le seul canal d’injection monétaire, est calculée et régulée pour que la quantité de monnaie créée soit suffisante et régulière.
Enfin, la création monétaire par A.U. ne repose que sur le droit de chaque citoyen à émettre/recevoir sa part de monnaie en propre. La question d’un remboursement ne se pose pas, donc pas de destruction.

2. Inflation
Le contrôle de la création monétaire a été attribué au système bancaire au prétexte qu’il n’était plus possible d’en laisser la responsabilité aux politiciens, à cause du risque d’inflation (les brouettes !  :^).
Or, nous le constatons, la Finance, en prenant ce contrôle, s’est en fait alliée aux états pour encore mieux en faire profit, et cette fois-ci en diriger le flux arbitrairement vers les secteurs les plus sûrs et les plus rentables, tout en obligeant les états à créer toujours autant de monnaie, mais cette fois-ci en la leur empruntant ! Cette évolution, toute positive qu’elle eût été alors que les besoins de l’industrie étaient en phase avec ceux des hommes, devient aujourd’hui un facteur immense d’inégalité et de destruction, créant bulles et récessions, et menaçant d’imploser à tout instant.
Tout comme la contrepartie de la monnaie-dette était in fine le contribuable, la contrepartie de la monnaie à A.U., ce sont les êtres humains qui la reçoivent. La monnaie repose toujours sur une promesse, la promesse que chaque citoyen possède en lui-même ses propres capacités de production et de création, et la confiance que la communauté lui accorde pour qu’il les utilise.
La création monétaire par A.U. repose effectivement sur une légère et régulière inflation, précisément répartie sur l’ensemble de la société. En tout état de cause, l’augmentation éventuelle des prix ne pourra que suivre la monnaie, jamais la dépasser. La création de monnaie doit donc bien entendu se faire selon des critères objectifs, mesurables, transparents, équitables et incontestables. C’est tout l’enjeu de son calcul et de son attribution.
De plus, la tentation inflationniste n’existe que si l’on confie l’émission monétaire à un centre exclusif qui sera, il est vrai, inévitablement tenté d’utiliser ce pouvoir à son profit. Mais la question ne se pose plus dans un système acentré.

3. Risque de non-acceptation de la monnaie complémentaire par les agents
La part de monnaie complémentaire rapportée à l’ensemble de la masse monétaire existante sera par nature variable et progressive. Partant de 0%, le pourcentage augmentera en fonction de l’évolution de l’A.U. Il serait donc logique, statistiquement, que tout commerçant ait un pourcentage de chances similaire de recevoir soit l’ancienne soit la nouvelle monnaie. Par ailleurs, le change sera inévitablement possible, officiellement ou non, permettant à chacun d’acquérir l’une ou l’autre monnaie pour ses besoins personnels. De plus, dans la mesure où les usages les plus communs de la monnaie (paiement des services publics, fiscalité, etc) sont intrinsèques à la monnaie complémentaire, les raisons de la refuser ne sont pas légion.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

2 Responses to la destruction monétaire, par Gérard Foucher

  1. gidmoz says:

    @Gerard Foucher
    Vous m’aviez envoyé deux textes sur votre manière d’analyser la monnaie. Vous m’avez autorisé à les publier sur mon blog. Le premier texte est trop long pour être publié sur mon blog. Vous pouvez m’envoyer un lien où vous publiez votre article. Je recopierai ce lien dans l’article. Je ne reproduis que le deuxième de vos deux textes.

    La « destruction monétaire » n’est pas une opération comptable. Une opération comptable est l’enregistrement d’une certaine opération de gestion d’une entreprise. La comptabilité est l’enregistrement des achats et des ventes d’une entreprise. Il ne faut pas confondre l’enregistrement comptable d’un achat avec l’achat lui-même. Un achat est un transfert de droit de propriété entre deux individus.

    Dans votre premier document, vous évoquez la création monétaire. Là encore, la création monétaire n’est pas une opération comptable. Oui, il est possible d’enregistrer une création monétaire dans un livre comptable. Mais ce n’est pas l’enregistrement qui crée l’opération de transfert de propriété. La transfert de propriété est, par nature, la volonté d’échange entre deux échangeurs.

    Il ne faut pas confondre une vente et son enregistrement comptable. Il ne faut pas confondre un achat et son enregistrement comptable. Il n’est pas possible de comprendre la monnaie contemporaine sans comprendre comment fonctionnait la monnaie au 19e siècle.

    Une unité monétaire est une certaine obligation de la banque. Ainsi, au 19e siècle, chaque unité monétaire était une promesse de la banque de fournir un gramme d’or. Aujourdhui, une unité monétaire est l’obligation de la banque que cette unité monétaire permette un certain pouvoir d’achat.

    Lorsqu’un billet de banque était échangeable contre de l’or, il était facile de comprendre pourquoi ce billet de banque avait de la valeur. L’or a de la valeur pour tout le monde. Donc, le billet échangeable contre de l’or avait de la valeur.

    Chacun constate que chaque euro dans sa poche lui permet un certain pouvoir d’achat en biens et en services. Pourtant, la référence à l’or n’existe plus. L’interdiction, de fait, des autres devises donne de la valeur à la monnaie légale. C’est le monopole monétaire qui donne sa valeur à la monnaie légale.

    La banque Centrale Européenne émet des euros. Chaque euro est de la « monnaie de banque centrale ». Le pouvoir politique fait en sorte que chaque euro permette un certain pouvoir d’achat dans l’économie. Chaque euro créé par la banque Centrale est une obligation de la Banque Centrale que cet euro permette un certain pouvoir d’achat.

    Vous parlez de la destruction monétaire. Une promesse à soi-même est sans valeur. Si je me promet à moi-même de me donner 1000 euros, cette promesse n’a de la valeur ni pour moi, ni pour personne. Une obligation envers moi-même est juridiquement nulle. Un billet de banque est une certaine obligation de la Banque Centrale. Entre les mains de la Banque Centrale, un tel billet n’a aucune valeur.

    Ainsi, lorsqu’un emprunteur rembourse un billet de banque à la banque centrale, cet billet a soudain une valeur nulle. C’est la démonétisation de la monnaie. C’est la destruction monétaire.

  2. konchipe hamakoue cédric de bana says:

    la destruction monétaire est il un vecteur uniquement de récession

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