Bitcoin, un enfumage réussi

Un Bitcoin est fabriqué comme le serait un grand nombre premier.  Il nécessite beaucoup de temps de calcul d’un ordinateur. Son prix de marché est celui donné par une infime minorité de collectionneur de Bitcoins.

Rien n’interdirait un programmeur d’inventer une nouvelle collection de « bitcoin2 » entièrement différente des Bitcoins. Et ainsi de suite pour des bitcoin3 et des bitcoin4. Et ainsi de suite. Le nombre de ces entités numériques sont infinies. Les seules deux caractéristiques essentielles de bitcoin est qu’une s’agit d’une collection de nombres en quantité limitée, et que chacun de ces nombres peut avoir un propriétaire unique sur internet. Il n’existe donc aucune rareté de telles entités numériques.

La valeur d’un Bitcoin est ainsi le résultat d’une mode passagère de certains collectionneurs. Bitcoin n’est pas une monnaie. Si Bitcoin était une monnaie, l’Etat l’aurait déjà interdite. En effet, le Code Monétaire interdit l’émission ou la circulation d’autre monnaies que la monnaie légale, l’euro.

Il faut bien comprendre que nul émetteur de monnaie ne garantit de donner qq chose en échange d’un bitcoin. C’est le gout de qq centaines d’amateurs qui induit un marché des bitcoins.  Par curiosité qq badaud observent les cours des bitcoins. Et parfois ils achètent un bitcoin. Pour voir.

J’ignore qui possède la TradeMark « Bitcoin », marque commerciale. Mais je félicite le propriétaire de la marque « Bitcoin » pour avoir réussi sa campagne de marketing. Cette marque est maintenant connue mondialement. Elle a donc probablement acquis beaucoup de valeur commerciale du seule fait qu’elle est connue. Ce marketing de Bitcoin s’est fait en mystifiant ceux qui ne comprennent pas le fonctionnement d’une monnaie.

Je suis affligé de voir que tant de pigeons semblent être encore illusionnés par les bitcoins. Certes, tout bien peut servir de monnaie. On le sait depuis le 18e siècle. Mais la monétarité d’un bien est son aptitude à produire une monnaie de bonne qualité: stabilité de la valeur, facilité de transaction. Le bitcoin a une très médiocre monétarité.

Nul ne conteste que des haricots secs ou des bitcoins puissent servir de monnaie. Ce que je conteste est que ces deux monnaies soient de bonne qualité. Encore que les haricots secs ont une bien meilleure monétarité que les bitcoins. Une monnaie fondée sur des haricots secs serait donc, bien évidement, interdite par l’Etat car contraire au monopole monétaire étatique.

L’Etat s’amuse à voir le succès apparent de bitcoin. L’Etat sait que ce succès sera éphémère car il est fondé sur une mode, sur un engouement passager. Et les experts de l’Etat ont parfaitement raison dans leur jugement sur ce point. L’Etat ne voit donc pas l’utilité d’interdire ce jeu internet. Bitcoin est un simple jeu internet, et non pas une véritable monnaie. La prétendue monnaie bitcoin s’écroulera dans un certain délai. Ce délai dépendra de la clairvoyance des gens à comprendre que bitcoin est une des pires monnaies imaginables.

L’instabilité de la valeur d’un bitcoin est la conséquence d’un médiocre concept de monnaie. La raison est qu’un bitcoin n’a aucune valeur hors de son usage monétaire, sauf son usage ludique. On pouvait donc savoir, a priori, que bitcoin serait toujours instable. Mais celui qui en douterait regardera, sans étonnement, la variation des cours d’un bitcoin.

Bitcoin doit être vu comme un nouveau jeu internet, et non pas comme une monnaie. La valeur d’un bitcoin mesure le degré d’amusement des joueurs à continuer à jouer à ce jeu. C’est amusant cet chose informatique qui joue à être de la monnaie. Passé la phase d’amusement, les gens abandonneront ce jeu. C’est en ce sens que ce jeu internet est une mode, un engouement passager.

À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

27 Responses to Bitcoin, un enfumage réussi

  1. Eric dit :

    Je n’avais jamais pensé à cela. Merci pour cette analyse.

    Toutefois, un protocole cryptographique est quelque chose de très complexe à « inventer ». Ainsi, je ne suis pas sur qu’il soit aussi facile pour un programmeur d’inventer bitcoin2 et bitcoin3. Il existe donc une valeur au système de bitcoin qui est la force de ce protocole cryptographique. La plupart des systèmes que l’on pourrait inventer ont pour valeur réellement 0 (ils ne valent rien).

    « Si Bitcoin était une monnaie, l’Etat l’aurait déjà interdite. » Bitcoin est bien une monnaie pour le moment, dans le sens ou des gens l’échangent. Vous avez, je pense, démontré que la valeur du bitcoin ne peut tendre que vers 0, et à ce moment, ça ne sera plus une monnaie.

    L’état ne tient pas à appliquer toutes les lois tous le temps si cela ne lui rapporte pas assez. Je pense qu’il est efficace dans ce sens. Il ne s’attaquent pas au monnaie alternative car cela ne lui rapportera pas grand chose en matière financière et sans doute une perte non négligeable au niveau électoral.

    • Akagi dit :

      @Akagi
      La création de bitcoin repose sur la progression de la puissance de calcul informatique, indice de l’évolution technologique humaine. Que ce soit pertinent ou non, le bictoin a le mérite d’avoir un étalon, ce qui n’est pas le cas de l’euro, ni du dollar. Vous ne faites preuve d’aucune construction argumentaire et ne comprenez manifestement pas de quelle manière cette monnaie est produite.

      De plus le bictoin n’a jamais prétendu être autre chose qu’une expérience socialo-économique afin de démontrer la faisabilité d’un principe. Rien de plus. Malgré cela, chaque mois le phénomène continue d’exploser.
      Il y a aujourd’hui des commerces en Europe qui ouvrent leur facturation au bitcoin. Il est donc désormais possible de régler certains commerçants, en bitcoin, à l’aide de son smartphone. Vous êtes bien mal renseigné monsieur et votre analyse, fausse en février 2012, se révèle d’autant plus fausse aujourd’hui, 1 an et demi après.

  2. gidmoz dit :

    @Eric
    Je vous invente un bitcoin2. Je viens de vous l’inventer pour vous dans la minute. Cela n’a rien de génial. C’est trivial. Tout nombre premier de 20 chiffres et qui contient la suite 123456789 est un bitcoin2. Le but est qu’il y ait suffisamment de bitcoin2. Mais pas trop quand même. Il faudra qq jours de travail de computer de trouver chaque bitcoin2. Pour les échanges de bitcoin2, on fonctionnera avec un procédé analogue aux échanges actuels de bitcoins. On peut inventer à l’infini, des protocoles d’échanges chaînés, « à la bitcoin ». Là encore, c’est trivial.

    Pour inventer un bitcoin3, je modifie le nombre de chiffres du nombre premier ainsi que la longueur de la suite. Par exemple, un bitcoin3 sera un nombre premier de 21 chiffres contenant la suite 9876543210. Les formules mathématiques nous disent, a priori, le nombre de nombres premiers ayant 21 chiffres. Il est donc facile d’ajuster, a priori, le nombre de chiffre des nombres premiers, et la longueur de la suite.

    Des milliers de biens sont des candidats acceptables pour être de la monnaie. Mais, l’usage du vocabulaire veut qu’on nomme « monnaie » ce qui sert effectivement de monnaie pour un nombre suffisant de personnes. Pour un jeu d’enfants, les marrons tombés des arbres à l’automne, sont une bonne monnaie pour leurs jeux. Ou les billes en terre et les billes en verre. 1 bille en verre contre 2 billes en terre. C’est le bimétallisme pour école primaire.

    Des collectionneurs de bitcoins, des joueurs et des curieux échangent des bitcoins. Oui, le bitcoin est utilisé comme monnaie dans cet ensemble d’internautes. Chaque communauté virtuelle sur internet peut s’inventer une monnaie commune. Mais cette monnaie n’est guère meilleure que les billes des écoliers dans une cour de récréation.

    La mauvaise qualité de bitcoin comme principe de monnaie n’inquiète aucune Banque Centrale. C’est, amha, la seule raison pour laquelle aucune Banque Centrale n’attaque Bitcoin.

    • ccomp00 dit :

      Bitcoin2, 3,4 … C’est juste de la monnaie privée.
      Rien ne vous interdit (sauf la loi à cause du monopole, mais dans un monde idéal libéral, rien ne vous l’interdit).
      Vous pouvez en créer autant que vous voulez, tant que derrière vous pouvez assurer son équivalence.
      Ce qui donne la valeur du bitcoin est : la limitation dans le nombre et les services échangés avec cette valeur.

      • gidmoz dit :

        @ccomp00
        oui, bitcoin est une monnaie privée. Chacun a le droit de vendre qq chose si son acheteur est d’accord. Mon message est de dire que la qualité monétaire de cette monnaie est très mauvaise.

        Cette monnaie bitcoin ne peut intéresser que des pigeons. Le monopole légal permet de demander l’arrêt immédiat de toute monnaie qui pourrait concurrencer la monnaie légale. Bitcoin est une si mauvaise monnaie que ni les Etats ni les Banques Centrales ne sont pas inquiets par la concurrence de cette mauvaise monnaie, cette pseudo-monnaie.

  3. Cugnac dit :

    1. Bitcoin est un logiciel libre
    2. Il est tout à fait possible de créer bitcoin 2, 3 ou n
    3. La valeur du protocole tient au nombre d’utilisateurs et à la puissance du réseau.
    4. A date, aucune autre tentative n’a réussi à émerger

    Moralité, votre analyse aurait été juste en 2009, elle est malheureusement erronée aujourd’hui.

  4. gidmoz dit :

    @Cugnac
    1. Que bitcoin soit ou non un logiciel libre n’est pas, amha, un critère pertinent pour savoir dans quelle mesure bitcoin serait une monnaie d’avenir. Des biens virtuels fonctionnant de manière centralisée avec une société qui en garantit la qualité peut tout aussi bien fonctionner.

    2. Nul ne doute qu’il soit très simple de produire une infinité de biens virtuels analogue à bitcoin. La manière technique la plus simple est que chaque émission soit garantie par un émetteur unique central. Une telle structure commerciale ne serait pas moins fiable que bitcoin.

    3. Qu’appelez-vous « la valeur du protocole »? La fiabilité de l’ensemble? Un opérateur commercial centralisateur sait proposer une même sécurité des transactions.

    4. C’est inexact. Toute monnaie échangeable par internet se compare à bitcoin. La particularité de bitcoin de ne pas avoir d’opérateur central est amusante. Mais cette particularité est, amha, accessoire pour un service monétaire.

    Ma critique la plus sévère de bitcoin est que ce bien ne respecte pas le théorème de régression de Von Mises. Ce théorème dit que la valeur d’une monnaie provient, au départ, de sa valeur non monétaire, de son utilité, de ses usages. Ce qui signifie que la valeur de bitcoin est volatile et spéculative. La valeur d’un bitcoin peut être cent fois plus ou cent fois moins. Cette valeur de bitcoin dépendra du nombre de fans de bitcoin et de l’intensité de leur passion. En d’autres termes, bitcoin ne pourra jamais être une bonne monnaie à cause d’une extrême volatilité.

  5. Cugnac dit :

    @Gidmoz

    Vous préférez un internet contrôlé par des entreprises et par les Etats, ou un internet libre ?
    Vous préférez un lingot d’or ou la même valeur dans une obligation d’Etat ou de banque ?

    Bitcoin prend de l’ampleur, inexorablement et malgré ses détracteurs…sans communication.
    Une bonne idée ne s’arrête pas !

  6. gidmoz dit :

    @Cugnac
    Vous me posez des questions sur mes préférences sur ceci ou sur cela. Ces questions n’ont rien à voir avec mes critiques de la pseudo-monnaie « bitcoin ».

    Je suis favorable au free-banking, comme la plupart des libertariens. C’est à dire un désengagement total de l’Etat dans la monnaie. L’Etat ne crée plus de monnaie, ne la contrôle plus, ne la régule plus. En free-banking, chacun crée une banque aussi facilement qu’on crée une épicerie. Et chacun crée sa monnaie sans aucun contrôle étatique, et sans aucune réglementation.

  7. je ne suis pas sûr que von Mises (1881-1973), si il avait connu et compris la profondeur de la révolution technologie induite par HTTP (web) et bitcoin aurait maintenu l’énoncé de son « théorème » (non démontré et même contredit par bitcoin depuis 2008 et par le dollar depuis 1971)..

  8. gidmoz dit :

    @e-ducat
    L’existence d’internet ne change strictement rien aux théories sur la monnaie. La monnaie est un bien qui a de la valeur pour celui la possède. En effet, on accepte de vendre des biens contre de la monnaie parce que la monnaie est un bien qui a de la valeur. Sinon, on refuserait.

    Les monnaies contemporaines sont des promesses de qq chose que promet l’émetteur de la monnaie. Cette promesse est sous une forme de papier, de jeton, d’enregistrement sur un compte bancaire. Peu importe le support sur lequel est inscrit la promesse de l’émetteur de monnaie.

    La raison pour laquelle l’euro a de la valeur ne provient ni du consentement, ni de la confiance des utilisateurs. La valeur de l’euro provient de l’obligation légale de l’utiliser. Et le niveau de cette valeur de l’euro dépend alors de l’offre et de la demande de monnaie. La Banque Centrale tente de régler le niveau de la valeur de l’euro en jouant sur les taux d’intérêts directeurs.

    Le théorème de régression de Von Mises s’applique aux monnaies naturelles. Et ce théorème de regression démontre, a contrario, qu’une monnaie fondée sur la seule contrainte étatique est une mauvaise monnaie.

  9. Meng Hu dit :

    « bitcoin aurait maintenu l’énoncé de son “théorème” (non démontré et même contredit par bitcoin depuis 2008 et par le dollar depuis 1971) »

    Ben voyons. Le dollar est à cours légal. Le bitcoin, n’est pas une monnaie. Vous payez en bitcoin, vous ? Mes parents ne reçoivent jamais de bitcoin de leurs clients. Moi même je ne reçois pas de bitcoin. Personne dans mon entourage ne connait le bitcoin.

  10. ccomp00 dit :

    Le valeur du Bitcoin n’est pas seulement fondée sur celle donnée « par une infime minorité de collectionneur de Bitcoins ».
    Le Bitcoin est une monnaie virtuelle destinée à échanger des services.
    C’est un peu comme vendre un livre usagé. Combien êtes-vous prêt à vendre votre livre ? Ou en acheter un ? Vous pouvez dire, si vous ne savez pas, « 1 btc » parce que c’est ce que vous estimez (par rapport à la quantité de btc que vous avez, par exemple).
    Vous le vendez. Et en surfant, vous vous rendez compte que d’autres vendent des livres plus chers, pour la même « qualité » et donc que vous vous avez mal estimé son coût.

    En fait, Bitcoin est plutôt comme eBay. Ce ne sont pas les personnes qui fixent la valeur de la monnaie, en revanche ils fixent la valeur du bien qu’ils mettent en vente.
    C’est ça, Bitcoin !

  11. gidmoz dit :

    @ccomp00
    Oui, je suis bien d’accord. Ce que je dis dans ce billet que la valeur d’un bitcoin est nécessairement volatile. De plus, à long terme, elle tendra nécessairement vers zéro.

  12. miniwark dit :

    > Rien n’interdirait un programmeur d’inventer une nouvelle collection de « bitcoin2″ entièrement différente des Bitcoins.
    C’est vrai d’ailleurs il existe ou à existé: NameCoin, LiteCoin, SolidCoin, Tenebrix, etc… le plupart sont soit basés sur le BitCoin lui même soit morts. De fait, Le BitCoin à eu le temps de devenir le standard de référence pour toute ces autres monnaies cryptographiques. Il a désormais, l’avantage par rapport à ces monnaies d’être devenu un point de comparaison.

    > Bitcoin n’est pas une monnaie. Si Bitcoin était une monnaie, l’Etat l’aurait déjà interdite.
    L’Argentine à interdit l’achat de Dollars en Juillet 2012… Donc le Dollars est de fait « interdit » en en Argentine ce qui à provoqué un bond du cours du Dollars au marché noir. Ce n’est pas parce qu’un État interdit une monnaie qu’elle n’as plus de valeur. la vraie valeur d’une monnaie c’est celle que les hommes acceptent de lui donner. La plupart du temps il font confiance à un état et/ou à une banque pour garantir cette valeur mais si la confiance disparait ils n’hésitent pas à regarder ailleurs. (De plus les premières « monnaies » sont bien antérieures aux états.)

    De plus dans le cas du BitCoin, qui repose sur un réseau P2P, interdire reviendrait à être obligé d’enquêter sur les transactions en Bitcoins. Certes ces transactions sont toutes publiques (il suffit d’un client Bitcoin). Mais il faut ensuite mettre en correspondance, Telle clef de portefeuille Bitcoin avec telle personne. Sachant qu’en plus il assez facile de changer de clef ou d’en avoir des centaines. En France en tous cas, cela impliquerais aussi, une ouverture d’enquête judiciaire, une saisie du portefeuille et éventuellement son décryptage. Bref une procédure lourde à l’échelle d’une personne, pratiquement infaisable sur des milliers ou des millions de personnes. L’autre solution est de bloquer le protocole BitCoin lui même, ce qui implique en particulier bloquer : VPNs, proxys et Tor. seule la Chine serait à peu près capable techniquement de le faire à l’heure actuelle (et encore).

    Bref « interdire » ne suffit pas, il faut aussi se donner les moyens de bloquer la circulation du BitCoin.

    > J’ignore qui possède la TradeMark « Bitcoin », marque commerciale.
    Un avocat et sa femme à essayé de déposer la marque en 2011 et à du abandonner l’affaire aux États-Unis mais c’est tourné vers d’autres pays (dont la France). C’est ensuite MtGox, le leader du trading de BitCoins qui c’est lancée dans l’affaire afin, disent t’il, de protéger le BitCoin des griffes de l’avocat en question. A l’heure actuelle personne ne possède la marque, et plus le temps passe plus le mot devient générique.

    > Ma critique la plus sévère de bitcoin est que ce bien ne respecte pas le théorème de régression de Von Mises.
    En quoi ne BitCoin ne respecte t’il pas ce Théorème ?
     » Toute monnaie a été un jour ou l’autre un bien marchand (ou en est issue) « . Le BitCoin est issu de biens marchands : Les processeurs, les cartes graphiques et l’énergie ! Les forums BitCoins regorgent de benchmarks et autres abaques pour savoir à partir de quand une carte graphique + l’énergie dépensée est elle rentable pour « miner » des BitCoins. Les BitCoins ne viennent pas de nulle part, il faut dépenser une autre monnaie (ou du BitCoin) pour les obtenir qui une carte graphique, qui même des ordinateurs spécialisée à la génération de BitCoins.

    > Personne dans mon entourage ne connait le Bitcoin.
    C’est déjà une critique beaucoup plus sévère ! C’est vrai le BitCoin est une monnaie de Geeks. D’ailleurs il suffit de regarder ce que l’on peut actuellement acheter en BitCoin pour le moment: des services internet, de l’électronique, des applis, des ebooks, des gadgets … et des drogues. Si jamais un jour le BitCoin sort du milieu geek, à mon avis il restera une monnaie utilisée principalement pour les échanges via internet. Une alternatives à PayPal en somme. Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, il est quand même possible d’acheter des tablettes ou des TVs en BitCoin. Le BitCoin à donc tout de même une certaine valeur, même si cela reste une monnaie de niche.

    Personnellement, ma plus grosse « inquiétude » vis à vis du BitCoin c’est sa viabilité à long terme. En effet, alors qu’il sera de plus en plus difficile de créer des BitCoins, on va assister en parallèle à une disparition progressive des BitCoins : ordi crashés, pas de gestion de l’héritage. Certes l’usage des décimales est censé compenser cela mais jusqu’à ou ?

  13. gidmoz dit :

    @manuwark
    1. Oui, Bitcoin est utile au débat monétaire. L’agitation médiatique autour de Bitcoin mesure l’ignorance populaire sur la monnaie. Les contre-exemples sont donc les bienvenus.

    2. Pour l’État, Bitcoin n’est pas une monnaie. Tout bien peut servir de monnaie d’échange. Des haricots aussi sont une monnaie pour jouer. Mais ce serait jouer sur les mots que d’affirmer que tout bien serait une monnaie. Bitcoin s’amuse à jouer à être une monnaie. Sa qualité est si médiocre qu’il n’inquiète pas les autorités monétaires.

    3. Pour interdire légalement Bitcoin, un décret suffit. Les procédures technologiques sont accessoires. On ne peut pas valablement faire du vrai commerce avec une monnaie légalement interdite.

    4. Si la marque « Bitcoin » devient générique, son créateur sera passé a coté d’une petite fortune. Une marque connue vaut, en elle-même, et quelque soit son usage, quelques dizaines de millions de dollars.

    5. Si les collectionneurs de Bitcoin aimaient les collectionner indépendamment de leur usage monétaire, alors, Bitcoin respecterait le théorème de régression de Von Mises. Mais ce n’est pas le cas. Ce qui signifie que le jour où la supercherie Bitcoin cessera d’amuser, la valeur des Bitcoin retombera à zéro. Il suffit qu’il existe une minorité suffisamment stable de gens qui attachent de la valeur à un bien pour que la valeur de ce bien reste stable. Dans un camps de prisonnier de guerre, les cigarettes sont une monnaie pour tous alors que seuls 10% des prisonniers fument. Si une minorité de collectionneurs de bitcoins restent autant attachés à collectionner des bitcoins, la valeur du bitcoin restera stable.

    6. Tant que la valeur de Bitcoin n’est pas encore retombée, certains commerçants trouvent un avantage à afficher qu’ils acceptent les paiements en Bitcoin. En plus, ca fait geek. Recevoir des Bitcoin et les échanger aussitôt pour des dollars est un risque acceptable pour certaines marchandises. L’image Bitcoin est peut-être positive pour le marketing en ce moment.

    7. Vous craignez que le nombre de Bitcoin deviennent insuffisant pour le commerce. Vous supposez ainsi un accroissement du commerce en Bitcoin. Je n’y crois pas un instant. Mais supposons, pour vous répondre, que vous ayez raison sur ce point. Vous avez cité quelques concurrents à Bitcoin. Ces concurrents là produiront alors des monnaies qui pourront séduire des collectionneurs de ce type de « monnaie ». Les collectionneurs de bitcoins pourront collectionner aussi les autres « monnaies » concurrentes à Bitcoin.

  14. Laura dit :

    Bitcoin ne viole pas le théorème de régression. Le théorème de régression affirme seulement que la monnaie est un phénomène de marché, surgi spontanément à partir de l’échange direct puis indirect entre marchandises. La monnaie ne peut être imposée d’un coup par convention, car l’existence de prix en monnaie à un instant t suppose que les gens se souviennent des prix passés; mais cela n’implique pas du tout que la monnaie doive avoir des usages non monétaires: le papier-monnaie n’en a pas, et il ne viole pas le théorème de régression.
    Quant à savoir si le bitcoin peut durer ou ne sera qu’un effet de mode, c’est une autre question. Je ne suis pas sûre qu’un décret suffise à l’empêcher. « On ne peut pas valablement faire du vrai commerce avec une monnaie légalement interdite. » Le marché noir, c’est du vrai commerce. ;p

    • gidmoz dit :

      @Laura
      Le théorème de régression dit, aussi et surtout, amha, que la valeur d’une monnaie provient initialement de la valeur du bien lorsqu’il ne sert pas de monnaie. Or la valeur d’un bitcoin qui ne servirait pas de monnaie consiste principalement dans des caractéristiques mathématiques de rareté et d’échange anonyme du bien. D’autres biens ayant des caractéristiques analogues peuvent être produites avec des coûts de production similaires. Il existe en effet, de nombreux candidats qui sont prêts à concurrencer bitcoin. Le coût marginal d’une telle unité monétaire est un coût de temps-machine, c’est à dire, un coût en kilowatts.

      Les concurrents de bitcoin observent et attendent le moment de lancer leur bitcoin-like, leur monnaie internet. S’ils parviennent à lancer leur monnaie, la valeur du bitcoin baissera, car les demandeurs d’une telle monnaie de type bitcoin pourront choisir entre deux concurrents. Les fonctionnalités des concurrents de bitcoin seront analogues à celles de bitcoin. Lorsqu’il existera un nombre suffisant de concurrents, la valeur d’un bitcoin baissera nécessairement vers zéro.

      Par exemple, imaginons une entreprise qui émet des jetons internet anonyme, échangeables contre un euro. Un tel jeton s’échangerait avec une procédure technique analogue à celle de bitcoin. Un tel jeton respecterait le théorème de régression lorsque ce théorème affirme que la valeur de cette monnaie serait alors fondée sur la valeur d’un euro.

  15. troll dit :

    Pendant ce temps 1an et demi plus tard : 1BTC environ $180…
    Norage

    • gidmoz dit :

      La seule utilité de bitcoin est de permettre des paiements anonymes, mais avec un risque fort de variation de cours. Pour obtenir l’anonymat, l’utilisateur accepte ce coût de transaction. Si on trouvait un autre moyen de faire des paiement anonymes sans variation de cours, la valeur de bitcoin reviendrait à zéro. J’avais lu qu’un pays a avait exigé la suppression de l’anonymat de bitcoin. Je ne me souviens plus du nom de ce pays. Peut-être était-ce l’Allemagne. Je serai curieux de voir l’évolution des échanges de bitcoins dans ce pays.

      • Akagi dit :

        Il y a justement en Allemagne des commerces physiques qui acceptent le paiement en bitcoin à partir d’un simple smartphone. A chacun de vos messages vous démontrez votre ignorance depuis février 2012. Ce que vous appelez analyse ou critique n’est qu’un ensemble d’affirmations gratuites sans aucun support argumentaire. Cela rend ce débat stérile, sans substance aucune. De toute façon, vous ne savez manifestement pas ce qui octroie une valeur à une monnaie. Vous n’êtes même pas au courant que vous utilisez une monnaie de singe chaque jour.

        • gidmoz dit :

          @Agaki
          Je cite un extrait de mon post: « Dans un camps de prisonnier de guerre, les cigarettes sont une monnaie pour tous alors que seuls 10% des prisonniers fument. Si une minorité de collectionneurs de bitcoins restent autant attachés à collectionner des bitcoins, la valeur du bitcoin restera stable. »

          En d’autres termes, la cigarette est alors un besoin non substituable pour ces 10% de fumeurs. Non seulement la cigarette a de la valeur, mais encore sa valeur sera durable puisque le besoin de fumer des fumeurs persiste. La cigarette devient ainsi une monnaie dans le camp de prisonniers.

          Le bitcoin permet à 10%(?) d’utilisateurs de bitcoin de faire des transactions anonymes. Aujourd’hui, il ne semble pas exister d’autres moyens de faire des transactions anonymes sur internet. Ces 10% d’amateurs d’anonymat assure ainsi une certaine stabilité de la valeur du bitcoin. Ainsi, les 90%(?) d’utilisateurs de bitcoin peuvent eux aussi utiliser cette monnaie pour d’autres raisons que l’anonymat, malgré son coût de transaction plus important. Ce coût de transaction est une sorte de prime de risque de variation du cours du bitcoin.

          Ce processus de noyau stable d’utilisateurs suffit à donner de la valeur à une monnaie. Du moins tant que ce noyau d’utilisateurs persiste. Ensuite, après la disparition de ce noyau durable d’utilisateurs, la valeur de cette monnaie s’effondre rapidement. On retrouve ce même processus de valeur d’une monnaie dans le bitcoin.

          Je suis un partisan du freebanking, c’est à dire une zone ou chacun peut créer une banque et une monnaie sans aucun contrôle de l’Etat. Aucun règlement n’impose aucune contrainte au banquier de ce freebanking. Je considère que le monopole monétaire étatique actuel est la seule cause des crises monétaires et des dysfonctionnement de la monnaie. Je ne soutiens donc pas particulièrement le principe d’un système monétaire avec Banque Centrale.

          Mais la monnaie étatique, celle que nous utilisons chaque jour, n’est pas une « monnaie de singe ». C’est une vraie monnaie, et qui permet de faire des échanges commerciaux, qui permet de faire des projets, des calculs de rentabilité d’investissement. Chaque unité de monnaie a de la valeur. Donc, non, je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites. La monnaie actuelle n’est pas une monnaie de singe. Toute monnaie contrôlée par l’Etat aurait des défauts analogues aux défauts de la monnaie actuelle.

          • Batman dit :

            Merci Gidmoz pour ces explications. je suis comme toi fervent défenseur de la théorie de Hayek concernant la monnaie… L’existance du bitcoin et de tous ces débats est la preuve que les gens ne comprennent pas ce qu’est la monnaie

            • gidmoz dit :

              La monnaie actuelle est gérée par l’Etat, et l’Etat a échoué. Il devient nécessaire de privatiser la monnaie. Ce fut un message fort de Hayek lorsqu’il vit avec consternation que l’euro allait bientôt remplacer les monnaies nationales.

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