Le retour au franc. Comment cela risque de se passer, par Y-M Laulan

Yves-Marie Laulan a écrit un intéressant article sur « le retour au franc. Comment cela risque de se passer ».
http://www.laulan.fr/2011/le-retour-au-franc-comment-cela-risque-de-se-passer/
@Laulan
Ma réaction de libertarien à votre article:
1. Un plan de relance consiste à donner au hasard afin que certains dépensent. Un tel plan ne relance pas l’économie du pays. C’est un gaspillage. Comme l’est nécessairement toute intervention de l’État dans l’activité économique. L’interventionnisme de l’État est le « destructionisme » dénoncé par Von Mises. Je suis d’accord avec vous que ces plans de relance ne servent à rien.

2. La délocalisation d’une production est équivalente à l’invention d’un procédé technique pour produire moins cher. Condamner la délocalisation, est tout aussi logique que de condamner l’invention des procédés scientifiques permettant de produire moins cher.

3. Votre erreur est plus grave lorsque vous parlez de « notre » endettement. Ce n’est pas « notre » endettement. Ce terme est non-sens. Chacun a son propre patrimoine, sa propre dette. Prétendre parler de « notre dette » est une erreur comptable qui révèle une faute d’analyse économique. Nul n’a donné son accord ni aux impôts prélevés, ni aux dépenses faites par l’État.

4. C’est la dette de l’État. Non pas celle de qq’un d’autre. Et l’État est un organisme qui ne représente que lui-même. Vous confondez la dette de l’État et la dette contractée par chacun d’entre nous. Vous confondez l’État et les habitants. Le mandat pour agir est un concept universel. L’article 1984 du Code Civil le rappelle utilement. Aucun juriste ne prétendrait qu’un bulletin de vote serait un mandat pour agir. Le Code électoral ne le prétend pas non plus. Il explique que le mandat électif d’un élu est donné, défini, payé et encadré par l’État. Un élu ne représente aucun électeur. Et encore moins le « peuple ». Il représente l’État.

5. L’État a instauré un système « social » par lequel il vole l’un pour donner à l’autre. L’endettement excessif de l’État induit un dysfonctionnement de ces processus de prétendue redistribution. En effet, la dette de l’État a tendance à absorber ses ressources provenant de l’impôt.

6. Il existe une difficulté pour les experts, pour les observateurs, mais aussi pour les politiciens, à déterminer un « niveau raisonnable » d’endettement de tel État. Sur ce point, je vous rejoins. Le rôle majeur d’une comptabilité d’entreprise est de permettre de faire des liens de causalité entre chaque dépense et l’utilité pour l’entreprise. En ce sens, la comptabilité publique, c’est à dire la compta de l’État français, n’est pas une vraie comptabilité.

7. Une loi de l’économie est que « tout impôt induit une non-production égale au montant de l’impôt ». Sans impôts, la production des richesses pour les habitants serait donc soudain doublée. La valeur de la production de l’État est nulle, disait Rothbard de manière provocante. Son affirmation était pourtant irréfutable. De plus il avait raison sur la forme et sur le fond. J’ajoute qu’il aurait pu aussi affirmer que la production nette de l’État est négative quelle soit la manière dont on chercherait à l’évaluer. Pour un libertarien, c’est donc la baisse des impôts qui, seule, serait la bonne voie à suivre. Il en résulterait un remplacement de tous services étatiques par des services commerciaux.

8. Vous dites « l’endettement public ou privé a été longtemps perçu comme un don du ciel ». L’endettement privé est remboursé, sauf évènement imprévus dont la probabilité est maitrisé par le prêteur. L’impôt provient du vol commis sous la menace du revolver d’un policier. L’endettement étatique provient de l’interdiction des monnaies concurrentes, provient du monopole monétaire de l’État. Depuis trois siècles, et dans quasiment tous les pays développés, chaque période de free banking fut stoppée parce que l’État voulait s’endetter davantage. L’endettement des agents économiques privés n’est donc pas de même nature que l’endettement de l’État. La liberté de création monétaire et bancaire est le seule manière structurelle d’interdire l’endettement excessif de l’État.

9. Le Bonheur Brut National est une tentative supplémentaire d’illusion étatique. Ce concept est du pur charlatanisme. C’est un « anti-concept », comme aurait dit Ayn Rand. Si cette illusion fonctionne dans l’opinion, l’État inventera alors de nouveaux moyens de voler les citoyens. Les économistes « domestiques » travaillent pour tenter de justifier les prédations incessantes de l’État.

Publicités

À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :