création monétaire : les bases

La création monétaire par une banque

Les bases de la création monétaire sont souvent ignorées. La création monétaire est complexe, mais accessible avec les mots de tous les jours.

Une banque crée de la monnaie à chaque fois qu’elle prête de l’argent. Et lorsque l’emprunteur rembourse, cette monnaie est détruite.

La création bancaire n’est pas faite uniquement au moment des prêts bancaires. La banque émet aussi de la monnaie pour ses dépenses d’entreprises, sans aucun motif de prêt bancaire. Ainsi, les salaires des employés de la banque sont payés avec l’argent produit dans la banque elle-même, et pour les dépenses de la banque.

La banque peut aussi émettre de la monnaie pour investir. En particulier la banque peut émettre de la monnaie à chaque fois qu’elle possède une reconnaissance de dette d’un montant égal.

La valeur de la reconnaissance de dette, fondement de la création monétaire

Un prêt bancaire est un échange entre la reconnaissance de dette d’un emprunteur et une certaine somme de monnaie remise par la banque à cet emprunteur.

Pour l’emprunteur, la somme d’argent remise immédiatement a plus de valeur que la reconnaissance de dette remise à la banque. Sinon, l’emprunteur n’aurait pas accepté d’emprunté.

Du point de vue de la banque, la somme d’argent remise à l’emprunteur a moins de valeur que la reconnaissance de dette possédée. Sinon, la banque n’aurait pas accepté cet échange.

Pour une autre banque, cette valeur de la reconnaissance de dette aura plus de valeur que la somme prêtée. Ces reconnaissances de dettes sont librement cessibles. Elles sont vendues et achetées sur les marchés financiers. Un “bon du trésor” est une reconnaissance de dette de l’État. Une “obligation” émise par la société Renault, est une reconnaissance de dette de la société Renault.

Nécessité de connaitre les monnaies du 19e siècle

Les monnaies au 17e, 18e, 19e et du 20e siècle, étaient des monnaies proches des monnaies actuelles. Au 19e siècle, dans tous les pays, la monnaie fonctionnait d’une manière très semblable. A mon avis, il est illusoire de croire comprendre la monnaie actuelle si on n’a pas compris la monnaie du 19e siècle.

Au 19e siècle, la banque émettait des billets de banques. Chaque billet de banque était une promesse de verser un certain poids d’or, 1 gramme par exemple. Selon les pays, la banque était soit étatique et en monopole, soit commerciale et concurrence. Mais le principe de fonctionnement était le même. La banque a des actionnaires. Elle possède de l’or et des immeubles. Elle émet des billets promettant chacun 1 gramme d’or. Elle tient aussi les comptes bancaires de ses clients sur des registres. La banque garantit une équivalence à un certain poids d’or pour chaque billet de banque ainsi que pour chaque unité de compte sur le compte bancaire du client.

Création monétaire hors d’un emprunt bancaire

La banque peut légitimement émettre des billets de banque pour payer ses fournisseurs. En effet elle possède de l’or à remettre à un utilisateur de monnaie qui souhaiterait obtenir l’or en contrepartie du billet.

La banque peut prêter autant de billets tant qu’elle possède de l’or dans ses coffres. Jusque là, ces mécanismes sont logiques et clairs.

La banque a ainsi le droit de créer de l’argent hors du cadre d’un crédit.

La création monétaire n’est pas une fraude

Notre banque du 19e siècle prête des billets de banque. Je cite les billets de banques pour faire simplifier le discours, pour le rendre plus concret au lecteur. Mais il est ici équivalent que la promesse de la banque soit écrite sur un billet de banque ou sur un registre du compte bancaire.

Or notre banque du 19e siècle prête deux fois plus de billets de banque que l’or que l’or qu’elle possède. Est-ce une fraude? Non, ce n’est pas une fraude pour deux raisons. D’une part, le client a pu lire, au guichet de la banque, un papier affiché sur lequel sont écrits les engagements et les conditions de la banque. Puisque le client en a accepté le risque, il ne peut pas exister de fraude.

D’autre part, il n’y a pas de fraude pour une deuxième raison. La banque sait vendre un immeuble pour obtenir de l’or et honorer ainsi sa promesse de verser l’or promis par chacun des billets de banque. Elle verse alors l’or avec qq jours de retard en versant un intérêt pour dédommager le client de ce retard.

C’est ainsi que les banques commerciales en concurrence fonctionnaient au 19e siècle. Parfois certaines banques attaquaient une banque concurrente en exigeant l’or. Aucune de ces attaques n’a réussit. A chaque attaque, la banque attaquée savait honorer ses promesses.

Installation des Banques Centrales

Lorsqu’une banque immobilise de l’or, elle immobilise un capital stérile. Ses actionnaires exigent que le profit de la banque soit au moins semblable au revenu moyen du capital dans ce pays. Ce taux moyen de revenu dans un pays est appelé le “coût du capital”. La banque prête deux fois plus de billets qu’elle ne possède d’or. Ainsi la banque prête à un taux deux fois moindre au “coût du capital”, et prête deux fois plus. Ce taux bas stimule l’investissement et la production.

Grâce au crédit, le producteur produit plus tôt, plus vite. Il produit donc davantage de richesses. Le crédit permet d’augmenter la croissance des richesses. Le crédit est une invention financière qui augmente la productivité de chacun. Les banques étaient limitées par la quantité d’or qu’elle possédait. On recherchait une formule qui permettrait de prêter davantage sans déséquilibrer aucune banque.

Au cours du 19e, surtout à partir de 1850 et jusqu’au début du 20e siècle, les divers États ont instauré peu à peu des Banques Centrales. Une Banque Centrale est une banque ayant reçu le mandat de l’État de gérer le monopole monétaire. Ainsi, en 1913, la FED américaine avait le monopole monétaire sur tous les États US sauf deux. L’étalon-or était encore la règle.

La centralisation de l’or dans une seule Banque Centrale permettait de réduire le stock d’or total du système bancaire. C’est à dire que les banques pouvaient prêter davantage à leurs clients. L’invention de la Banque Centrale apparaissait comme une innovation financière géniale qui permettrait de réduire le risque de chaque banque et de prêter davantage. Ainsi, on peut produire plus, enrichir le peuple. La Banque Centrale était-elle vraiment cette invention financière géniale?

On peut en douter. Chaque création de Banque Centrale avait comme objectif d’autoriser l’État à dépenser davantage. Souvent pour faire la guerre au pays voisin. Parfois aussi pour éviter d’augmenter les impôts. La création monétaire de Banque Centrale est un impôt invisible. Le peuple n’en voit pas l’origine. C’est l’impôt parfait. L’économiste Ricardo dénonçait cette illusion fiscale.

Nous en sommes au début du 20e siècle. Les Banques Centrales sont installées.

La création monétaire au 20e siècle

Passons rapidement sur les systèmes monétaires incohérents du 20e siècle. Mentionnons seulement qu’en un siècle, sous le contrôle de l’État, le franc a perdu 99% de sa valeur. Jusqu’en 1971, chaque monnaie pouvait s’échanger en dollar US. Et chaque dollar pouvait s’échanger contre de l’or. Mais cet échange était réservé aux seules Banques Centrales au tarif arbitraire de 32 dollars l’once d’or. Ce tarif était différent du cours de l’or sur les marchés.

Après 1971, avec la fin de la référence à l’or, la monnaie était devenue un bien économique sans aucune définition juridique. Un OJNI, “Objet Juridique Non Identifié”. L’arbitraire de la Banque Centrale émettait de la monnaie. Cette monnaie avait de la valeur puisque tout le monde l’échangeait contre des marchandises ayant une vraie valeur. Mais d’où pourrait bien provenir la valeur de cette monnaie étatique, sans aucun lien avec l’or? Ce mystère intrigue et égare parfois les esprits.

Le monopole monétaire étatique interdit la circulation d’une autre monnaie que la monnaie légale. Ce monopole étatique organise une rareté artificielle de la monnaie, rendant donc attractive la seule devise autorisée.Cette rareté assure l’existence d’une demande de la devise légale afin de pouvoir échanger. La Banque Centrale contrôle la valeur de la devise en contrôlant sa quantité. Ainsi, la Banque Centrale fait en sorte que la valeur de la monnaie reste assez stable, du moins en comparaison avec un indice des prix. Cette offre monétaire correspond à une production des agents économiques. La valeur de la devise légale est ainsi la conséquence d’une obligation légale d’utilisation couplée à une offre des marchandises échangées dans la zone monétaire.

Ainsi, comme vous le voyez, l’origine de la valeur de la monnaie actuelle est infiniment moins simple que l’antique équivalence à l’or. Cette complexité administrative est du pain béni pour un État soumis à des pressions dépensières incessantes, et qui veut dépenser plus. Il y parvient en illusionnant le peuple prétextant des mécanismes monétaires abscons, des remèdes miracles. A chaque dysfonctionnement, l’État trouve un bouc-émissaire pour éviter de reconnaître sa responsabilité. Et l’illusion fonctionne bien. De beaux esprits se perdent dans le dédale des causes et des responsabilités partagées.

Nous n’avons pas encore parlé du rôle des banques commerciales ni des relations Banques Centrale et banques commerciales. On continue? ou bien avez-vous des questions?

Le prêt bancaire est un échange

Il faut analyser le prêt bancaire en termes de contrat entre deux individus. Chacun des deux est soucieux de gagner dans un échange. Revenons donc à notre bonne vielle monnaie stable du 19e siècle. On comprend mille fois mieux la monnaie du 19e siècle que la monnaie actuelle. Mais le mécanisme du prêt bancaire est identique aujourdhui.

Nous sommes au 19e siècle. Le signe “BNP” me plait bien car il est bref et évoque bien une banque. “Banque Nouvelle du Progrès”, rien à voir avec Paribas. Ainsi notre banque BNP a des actionnaires qui lui ont confié des capitaux, ou de l’or. La BNP a imprimé des billets de banque BNP-or. Puisque chaque billet est une promesse de la BNP, un billet entre les mains de la BNP n’a aucune valeur. En effet, une promesse à soi-même n’a aucune valeur. Aucun des billets imprimés n’a donc de la valeur pour la BNP. Sauf le prix de l’imprimeur.

La BNP échange des billets de BNP-or contre une reconnaissance de dette de l’emprunteur. Une reconnaissance de dette est une créance sur l’emprunteur. Oui, le mot “créance” est un peu barbare. On ne sait jamais dans quel sens il fonctionne. Mais il faut s’y habituer. Une créance sur l’emprunteur signifie que l’emprunteur doit qq chose au créancier, au propriétaire de la créance. Eh oui, une créance se vend, s’achète, se possède. Une créance est une promesse commerciale. L’emprunteur reste toujours bien évidement le même. Mais le créancier peut changer, car la créance se vend.

Chaque billet BNP-or est une créance sur la BNP. Chaque billet oblige la BNP à verser un gramme d’or. Ainsi le prêt bancaire, c’est la BNP qui donne des créances sur la BNP et l’emprunteur qui donne une créance sur lui-même. La BNP accepte de prêter. Donc, pour la BNP, la créance sur l’emprunteur a plus de valeur que les billets BNP-or remis à l’emprunteur. Et réciproquement, pour l’emprunteur les billets-BNP ont plus de valeur que la reconnaissance de dette donnée à la BNP.

Il n’existe pas de création monétaire ex nihilo

Ces BNP-or là ne sont pas “à partir de rien”, puisqu’ils sont une promesse d’une quantité d’or. Une unité de monnaie, tel un billet de banque, est toujours une obligation de la banque émettrice. Elle n’est donc jamais créée « ex-nihilo ». La monnaie n’est jamais créée à partir de rien. Une promesse ce n’est pas rien.

De la même manière, lorsque vous signez un chèque de votre carnet de chèque, ce chèque n’est pas créé ex-nihilo. Chaque chèque émis est une obligation que vous devrez honorer un jour ou l’autre.

Bizarreries d’un prêt bancaire

On remarque une curiosité, une drôlerie sémantique. Dans un prêt bancaire, nul ne prête au sens du prêt d’un livre à un ami. Nul ne rend ce qu’on lui a donné dans l’échange. On échange des droits de propriété. Les BNP-or appartiennent définitivement à l’emprunteur. La créance sur l’emprunteur appartient définitivement à la BNP, c’est à dire le créancier.

Une autre bizarrerie à bien comprendre est que les billets BNP-or remboursés par l’emprunteur sont aussitôt de nulle valeur lorsque la BNP les possède. Comme dit plus haut, une promesse faite à soi-même est nulle. Donc les billets BNP-or remboursés sont aussitôt nuls.

Encore une bizarrerie à comprendre: La BNP ne peut pas inscrire la valeur des BNP-or dans sa comptabilité, puisque leur valeur est nulle. Mais alors comment la BNP inscrit des réserves dans sa comptabilité? Mais alors en quoi consiste le gain comptable de notre BNP?

La monnaie n’est pas définie par des écritures comptables

En effet, la réalité économique qui importe est les échanges, les contrats, les promesses. Le procédé de leur enregistrement comptable n’a aucun intérêt pour l’économiste qui analyse. L’État a ouvert un piège géant en définissant administrativement la monnaie actuelle par une opération comptable. C’est un mensonge, une illusion de l’État. On voit l’ombre de la monnaie sans jamais la voir. Il est absurde de parler d’un enregistrement comptable en omettant l’existence de l’opération d’échange qui en la cause. Les victimes de ce piège intellectuel n’ont pas fini de se débattre dans des débats stériles.

On a vu que la monnaie actuelle est un OJNI, Objet Juridique Non identifié. L’économiste doit reconstituer la nature juridique d’une unité de monnaie de la monnaie actuelle. Il utilisera non pas le Code monétaire, mais la réalité constatée de l’État envers la monnaie. Chaque unité de monnaie est, de fait, une obligation de l’État que cette unité de monnaie donne durablement un certain pouvoir d’achat dans le pays. L’État fait ainsi en sorte que la monnaie étatique ait de la valeur pour les agents économiques.

Monopole monétaire de l’État

L’État instaure ainsi des lois rendant plus coûteuse la circulation des autres devises. Il interdit la création de toute monnaie concurrente à la monnaie légale. Par le truchement de la Banque Centrale, l’État organise le travail des banques dans leurs relations avec leurs clients. La banque Centrale ajuste les règlements afin que la monnaie conserve sa valeur et que le taux d’intérêt permette une activité économique normale. La Banque Centrale prête chaque jour les liquidités aux banques commerciales. La survie quotidienne de chaque banque dépend de la Banque Centrale. Ce système monétaire de Banque Centrale donne une immense responsabilité à la Banque Centrale.

Ainsi chaque unité de monnaie de la monnaie actuelle se définit comme une certaine obligation de l’État. Aucun tribunal ne punira l’émetteur de monnaie s’il ne respecte pas ses engagements, puisque l’État est juridiquement irresponsable. L’engagement de la Banque Centrale n’est donc pas une obligation commerciale. Néanmoins, la Banque Centrale fait tous ses efforts pour respecter cet engagement politique d’un bon fonctionnement de la monnaie. Chaque unité de monnaie créée est une obligation supplémentaire de la banque qui l’a émise.

Ainsi, vous aviez remarqué qu’un BNP-or est une créance sur la BNP, une obligation réelle, commerciale, de notre “BNP” de fiction. Un BNP-or est créée lorsqu’il sort de la banque émettrice et qu’il est entre les mains d’un tiers. Sa valeur est nulle dans les mains de la banque. Et l’instant d’après, entre les mains du tiers, sa valeur existe. Mais cette création monétaire se fait grâce à un engagement de cette BNP du 19e siècle, dans notre exemple imaginaire.

De la même manière, chaque euro crée aujourdhui est une charge, est une obligation de la Banque Centrale. Ainsi une création monétaire n’est jamais une création ex-nihilo puisqu’elle est toujours une obligation de l’émetteur de la monnaie. La fraude de la banque serait de prêter à un emprunteur qu’elle sait être insolvable. La fraude pourrait être aussi que la banque émette en sachant qu’elle sera incapable de respecter l’obligation exigée par l’émission d’une unité de monnaie émise.

Banque Centrale et banques commerciales

L’État mandate la Banque Centrale pour gérer son monopole monétaire. La Banque Centrale, ici la BCE, émet et prête des euros aux banque commerciales. La Banque Centrale ne prête qu’aux banques commerciales.

La Banque Centrale a reçu le mandat de faire en sorte que l’euro conserve son pouvoir d’achat. Pour parvenir à cet objectif, la BCE collabore avec les banques commerciales. La BCE émet et prête des euros. Pour la facilité du discours, je les appelle des euro-BCE afin de bien les différencier des euro-BNP que je définirai ci-dessous.

Un euro-BCE est, par exemple, un billet de banque, ou une pièce de monnaie. Un euro-BCE est aussi ce qui est enregistré sur les comptes bancaires des clients de la BCE. Seules les banques commerciales ont des comptes bancaires à la BCE.

Revenons à notre exemple de banque commerciale que nous nommerons ici la BNP. L’argent que prête la BNP est la promesse d’un euro-BCE. Pour la facilité du discours, je nomme “euro-BNP”, une telle promesse de la BNP de verser un euro-BCE. Ces “euro-BNP” ressemble à une monnaie. La définition traditionnelle de la monnaie est un bien qui permet de payer, qui a une certaine valeur et qui est divisible. Un euro-BNP correspond bien à ces trois critères. On peut donc nommer cette monnaie “euro-BNP”.

Les euro-BNP sont une monnaie qui fonctionne selon les règles imposées par la BCE. Les euro-BNP sont la monnaie inscrite sur les comptes bancaires des clients de la BNP. La BNP n’a pas le droit d’émettre des billets de banque à l’effigie de la BNP. Donc il n’existe pas pas de billet d’euro-BNP.

En quoi consiste cette collaboration entre la Banque Centrale et la BNP? La BNP emprunte un euro-BCE. Elle peut alors prêter jusqu’à quatre euros-BNP à ses clients. C’est une règle simple. La vraie règle administrative est un peu plus compliquée que cela, mais elle en est très proche.

Le but de cette règle est de limiter la quantité de monnaie émise afin de limiter la hausse des prix, c’est à dire de maintenir suffisamment stable la valeur de la monnaie. C’est une règle pragmatique. C’est à dire que la BCE modifierait cette règle, si elle devenait moins efficace.

Une banque prête-t-elle de l’argent qu’elle n’a pas ?

Cette phrase est un piège sémantique. Nous allons voir comment et pourquoi elle n’a aucun sens.

Chaque banque commerciale, la BNP dans notre exemple, émet ses euro-BNP. On vient de voir que la BNP émet quatre fois d’euro-BNP que le nombre d’euro-BCE qu’elle possède. La BNP sait que la BCE lui prêtera toujours des euro-BCE si la BNP en avait besoin. Du moins, à condition que la valeur des biens possédés par la BNP soit supérieurs à sa dette. Donc, la BNP a bien raison d’émettre des euro-BCE. La BNP ne commet aucune fraude à émettre ses euro-BCE puisqu’elle sait honorer sa promesse de verser des euro-BCE.

Certains s’indignent: « La BNP prête de l’argent qu’elle n’a pas. La création monétaire est donc une escroquerie ». Cette affirmation est fausse pour trois raisons. La première raison est qu’un euro-BNP est une promesse de la BNP. La BNP ne peut donc pas la posséder! Nul ne peut posséder une promesse à soi-même, puisque cette promesse est nulle et de nulle valeur. La BNP ne peut donc pas posséder cet argent avant de le prêter à l’emprunteur.

La deuxième raison est que puisque la BNP sait honorer chaque promesse, chaque euro-BNP, la BNP ne commet aucune fraude.

La troisième raison est la drôlerie sémantique du mot « prêt », drôlerie que nous signalions ci-dessus. La BNP donne des euros-BNP à l’emprunteur. Oui, j’ai bien dit « donne » et non pas « prête ». Et l’emprunteur donne à la BNP une reconnaissance de dette. La BNP possède cette reconnaissance de dette sur l’emprunteur. Et l’emprunteur possède les euros-BNP. Dans un prêt bancaire, il n’existe aucun prêt, au sens commun du terme. Ce n’est pas un livre emprunté que je rendrai à mon ami qui me l’a prêté.

Le travail de la banque est de trouver des liquidités

Ainsi, le prêt bancaire est un échange de créances entre la BNP et l’emprunteur. Et non pas un prêt. Un euro-BNP est une créance à très court terme sur la BNP. En effet, chaque propriétaire d’un euro-BNP peut en demander la conversion, presque sans délai, en un euro-BCE. La reconnaissance de dette est une créance à long terme sur l’emprunteur. En effet, l’emprunteur remboursera dans un an. Le travail de la banque est ainsi de transformer des créances à long terme en des créances à court terme. La banque est rémunérée pour ce travail de rendre de trouver des liquidité en échange d’une créance à long terme. La rémunération de la BNP est le taux d’intérêt du prêt fait à l’emprunteur.

Un autre travail de la banque, un savoir-faire de la banque, est surtout de bien discriminer l’emprunteur qui remboursera et l’emprunteur qui risque fort d’être incapable de rembourser.

Le travail de la BNP serait de trouver des liquidités! Pourtant la BCE prête toujours à la BNP. Le travail de la BNP est donc infime puisqu’il lui suffit de demander à la BCE les euros-BCE. Et la BCE prête toujours les euro-BCE à la BNP. Le faible cout de trouver des liquidités est ainsi un avantage du système de Banque Centrale et du monopole monétaire.

Inconvénient du système de Banque Centrale

Le principal inconvénient du système de banque Centrale est qu’il est garantit par la sagesse de l’État. Or l’État n’est pas toujours sage. L’État est l’ours gourmand qui a la garde du pot de miel, comme disait très justement l’économiste Philippe Simonnot. L’État est soumis à des pressions dépensières incessantes. Tôt ou tard, l’État s’endettera en oubliant qu’un prêt doit se rembourser un jour.

Banque Centrale et free banking

La monnaie fonctionne beaucoup mieux lorsque l’État ne s’en occupe pas du tout, n’intervient pas et ne la contrôle pas. Le free banking, ou « banque libre » est une zone dans laquelle l’État renonce à s’occuper directement ou indirectement de monnaie. Le free banking fut toujours un succès en Écosse, en Suède, en Chine, en France, aux USA, au Canada, en Espagne, en Italie. L’Histoire des banques montre que le free banking, c’est à dire la banque libre, fonctionne mieux qu’une monnaie sous le contrôle de l’État.

L’Histoire montre aussi que chaque épisode de banque libre, de free banking se termina à cause d’un État qui voulait accaparer la monnaie pour financer une guerre.

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libertarien, ingénieur

41 Responses to création monétaire : les bases

  1. Gérard dit :

    je n’ai toujours pas bien compris la création monétaire, j’ai donc quelques questions.

    vous dites qu’une banque peut émettre de la monnaie pour ces propres dépenses, mais peut elle aussi le faire pour investir en actions ou autres pour son propre compte ?

    J’avais cru comprendre que la création monétaire ce faisait à partir des dépôts. Mais je ne comprends pas, quand une banque fait un prêt à partir des dépôts, est ce qu’elle prête l’argent des dépôts en comptant sur le fait que tous les déposants ne retireront pas leurs argents en même temps (est ce cela qu’on appelle la transformation de maturité ? ) ou est ce qu’elle  » crée  » de l’argent sur le compte de l’emprunteur, tout en gardant l’argent des dépôts et dans ce cas que fait la banque des dépôts (investi en action ou autre ?)

    enfin je ne comprend pas au 19èmes siècle, quand les banques émettaient leurs propres billets, est ce que, par exemple au usa, des dollars existaient déjà, est que c’était une monnaie d’une banque ou est ce que les banques émettaient des dollars  » associés  » à leur banque ?

  2. gidmoz dit :

    @Gérard
    Comme je le dis ci-dessus dans l’article, il faut raisonner avec une monnaie du 19e siècle, pour exposer logiquement et simplement la monnaie. Ensuite, le lien avec la monnaie actuelle devient mille fois plus simple. Raisonnons donc avec une monnaie du 19e siècle. Une banque, une « BNP » émettant des billets de banque. Et chaque billet BNP-or est la promesse de verser 1 gramme d’or.

    Si notre « BNP » possède 1000 grammes d’or, elle peut valablement fabriquer et dépenser 1000 billets de banque BNP-or. Ce qui signifie que cette BNP peut valablement émettre de la monnaie pour ses dépenses ou pour ses investissements.

    Les actionnaires contribuent au capital de la banque avec des biens comme de l’or ou des biens immobiliers, des devises ou des actions de sociétés cotées ou non. Grâce à son capital, la banque, notre « BNP » du 19e siècle, pourra émettre des billets de banque BNP-or et les prêter.

    Dans le cas de notre « BNP », il n’y a pas de déposants. Il n’y a que des actionnaires. L’article ne parle pas de « dépôts ». Ce concept de dépôt est, amha, inutile pour comprendre la création monétaire.

    Je connais mal l’histoire monétaire des USA au 19e siècle. Vous pourrez voir les deux derniers liens de la fin de mon article. https://gidmoz.wordpress.com/2011/09/20/crises-monetaires-et-free-banking/ Il y a des références historiques aux épisodes de free banking dans divers pays. Dont les USA.

  3. bernard dit :

    Hélas votre description ne correspond en rien au système monétaire actuel, elle ne fait que propager le mythe de la monnaie basée sur une ressource physique, qui n’est qu’un mythe pour berner les gens, et qui est de toute façon instable et inégalitaire, favorisant les propriétaires de la ressource physique choisie.

    Derrière votre blabla propagandiste, vous semblez totalement ignorer les mécanismes de base de la comptabilité qui de font la monnaie scripturale actuelle un piège à con.

    lisez donc http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/bancopoly-le-jeu-qui-fait-fureur-102959 pour avoir une petite idée de ce qui se passe dans la vraie vie.

  4. gidmoz dit :

    @bernard
    Je n’ai pas écrit que la monnaie serait basée sur une ressource physique. J’ai écrit que chaque unité monétaire est une obligation de la banque de qq chose. Ce qq chose fut, au 19e siècle, un gramme d’or. Aujourdhui, cette obligation de la Banque Centrale est que chaque billet de banque a un certain pouvoir d’achat dans la zone euro.

  5. Galuel dit :

    « Aujourdhui, cette obligation de la Banque Centrale est que chaque billet de banque a un certain pouvoir d’achat dans la zone euro »

    Et les banques privées appellent du même nom « euro » ce qui n’est en réalité qu’un pouvoir d’achat sur leurs propres biens, en ayant ainsi institué le mensonge.

    Par ailleurs la Banque Centrale de la zone euro est elle même soumise à la souveraineté des citoyens présents et futurs, et émet sa monnaie en direction des banques privées, alors qu’elle est de droit la seule émission des citoyens et ne peut donc légitimement constituer qu’un dividende universel attibué aux citoyens eux-mêmes.

    Si donc la banque centrale n’émettait la monnaie souveraine « d’achat de quelque chose dans la zone euro » qu’en proportion et à direction des citoyens souverains, sous un nom comme « euro », et que les « banques privées » n’appelaient que de leur propre nom ce qu’ils émettent comme étant de la « monnaie », qui n’est en fait pour la banque X qu’un « crédit sur les biens de X », et donc sans contrefaçon, alors, et dans ce cas seulement, le principe en serait acceptable sous condition d’acceptation.

  6. gidmoz dit :

    @Galuel
    La Banque Centrale Européenne, la BCE, émet une monnaie qui s’appelle l’ « euro ». L’euro existe sous la forme de billets de banque et de pièces que chacun manipule chaque jour. L’euro, créé par la BCE, existe aussi dans les comptes bancaire de la BCE. Les banques commerciales ont un compte bancaire à la BCE. Ce compte bancaire à la BCE est libellé en euro.

    L’euro est une monnaie car elle possède les trois caractéristiques d’une monnaie: l’euro a une valeur assez stable. Il est divisible. Et il est facile à échanger.

    La BNP est une banque « de second rang », parfois appelée « banque secondaire », ou encore « banque commerciale ». La BNP paye ses salariés en leur remettant des promesses d’euro de la BCE. Chaque promesse d’un euro de la BCE est inscrite sur le compte bancaire de chaque client de la BNP. Chaque promesse de la BNP est libellé en euro. Le client de la BNP ne possède pas un euro de la BCE mais une promesse d’un euro de la BCE.

    Cette promesse de la BNP de verser un euro de la BCE est une monnaie qu’on peut nommer « euro-BNP ». Certains prof d’économie parlent même de monnaie privée pour désigner cette monnaie créée par les banques commerciales.

    Ces euro-BNP sont différents des euro de la BCE. Les euro-BNP constituent une monnaie. En effet, leur valeur est stable. Il sont facilement échangeables. Il sont divisibles.

    On pourrait reprocher à la BNP d’écrire le mot « euro » et non pas « euro-BNP » sur le compte bancaire de ses clients. En effet, le client de la BNP ne possède pas 100 euros de la BCE, mais possède 100 euro-BNP, c’est à dire 100 promesses de 1 euro de la BCE.

    Ce reproche fait à la BNP est vain, inutile et sans fondement. La très bonne raison est que la BCE a autorisé la BNP à utiliser sa marque « euro » pour désigner les euro-BNP. C’est comme un restaurant franchisé McDonalds qui écrit « McDonalds » sur ses sandwichs. Pourtant la société McDonalds n’a pas produit elle-même ces sandwichs. Cette société McDonalds a donné l’autorisation au restaurant franchisé d’utiliser sa marque commerciale. Il en est de même pour la monnaie euro et euro-BNP. La BNP peut donc continuer valablement à appeler « euro » les euro-BNP qu’elle crée et qu’elle gère sur ses comptes bancaires.

  7. Galuel dit :

    La très bonne raison est la BCE a autorisé la BNP a utiliser sa marque “euro” pour désigner les euro-BNP.

    C’est bien l’acte délictueux qui sera jugé devant le tribunal compétent dès qu’il aura été mis en place, ce qui ne saurait tarder.

  8. gidmoz dit :

    @Galuel
    Aucun tribunal ne reprochera à la BCE d’autoriser la BNP à nommer sa monnaie « euro ». C’est exactement le même raisonnement juridique lorsque la firme McDonalds autorise un restaurant franchisé d’apposer la marque « McDonalds » sur ses sandwichs.

    Cette autorisation n’est pas gratuite. Cela signifie que la firme McDonalds controle parfaitement la qualité de la production du restaurant franchisé. La firme McDonalds ne veut pas risquer une mauvaise image. Le franchiseur, la firme McDo a ainsi la lourde responsabilité de contrôler étroitement la qualité et les prix du restaurant franchisé.

    De la même manière, la BCE autorise la BNP à nommer « euro » les « euro-BNP », qui ne sont que des promesses d’euro de la BCE. Il ne faut pas tromper le client. Cette autorisation faite à la BNP fait ainsi peser une lourde responsabilité sur les épaules de la BCE. La BCE contrôle étroitement la gestion de la monnaie de la BNP. La monnaie produite est ainsi une coproduction étroite entre la banque centrale et la banque commerciale.

  9. Galuel dit :

    Aucun tribunal ne reprochera à la BCE d’autoriser la BNP à nommer sa monnaie “euro”.

    Si. Bien évidemment puisqu’il s’agit d’une fraude massive.

    C’est exactement le même raisonnement juridique lorsque la firme McDonalds autorise un restaurant franchisé d’apposer la marque “McDonalds” sur ses sandwichs.

    Mc Donalds n’est absolument pas le garant de la nourriture commune de la zone Euro. L’exemple n’a rien à voir.

    Qui est le souverain de la zone euro ? Le peuple à qui fait semblant de l’oublier il le rappelle :

    Article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789 :

    Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

    De la même manière, la BCE autorise la BNP à nommer “euro” les “euro-BNP”

    La BCE fournit des entités privées en des droits sur la monnaie commune. Ceci est parfaitement frauduleux.

    La monnaie commune à la zone euro est soumise à la souveraineté des souverains de la zone euro, c’est à dire les citoyens présents et futurs de cette même zone. Le raisonnement est valable pour tout zone souveraine.

    Toute entité prétendant construire un monopole d’entités prétendues privées, un trust, sur quelque activité que ce soit est hors la loi.

    A tout moment le peuple décidera du jugement et des conséquences des faits délictueux qu’il jugera comme tel, car tel est sa légitimité souveraine.

    Et ce moment est proche.

    Car ce sont des ténèbres que jaillit la lumière et les ténèbres ne l’ont point reçue.

  10. gidmoz dit :

    @Galuel
    Un tribunal juge un litige entre deux individus. La BCE possède la « marque » euro. Elle autorise la BNP d’utiliser cette marque « euro ». C’est une question sur le droit des marques. Et la réponse est facile à donner. Le propriétaire de la marque est le seul à pouvoir autoriser ou à refuser qu’un autre utilise sa marque pour vendre ses services ou ses produits.

    L’exemple de la marque « McDonalds » illustre ce mécanisme juridique élémentaire.

    La monnaie est un bien économique ordinaire. La monnaie n’a rien à voir avec le concept de « souveraineté ». Certains Etats tentent de faire croire qu’il existerait une monnaie nationale, et qui serait un symbole national. C’est une illusion. C’est un mensonge étatique fondé sur aucune réalité économique. Ce mensonge tente de justifier le monopole monétaire de l’Etat.

    Les nombreuses expériences historiques de banque libre( free banking ), sans aucun contrôle de l’Etat, montrent que la monnaie fonctionne mieux en concurrence et sans contrôle de l’Etat, sans intervention aucune de l’Etat.

  11. Galuel dit :

    La BCE possède la “marque” euro

    Et la BCE n’est pas “un individu”. Qui donc possède la BCE ? Qui in fine possède les structures qui possèdent ? Sans désigner les véritables propriétaires individuels, on ne fait que vouloir instiller le mensonge.

    Le propriétaire de la marque est le seul à pouvoir autoriser ou à refuser qu’un autre utilise sa marque pour vendre ses services ou ses produits.

    Oui oui, le propriétaire ultime ne peut être qu’un pool d’individus. S’arrêter à une structure secondaire tel que la BCE ne résoud en rien le faux argumentaire qui veut installer la confusion. Il n’y a aucune confusion quant à la “monnaie commune” sauf pour les esprits courts.

    L’exemple de la marque “McDonalds” illustre ce mécanisme juridique élémentaire.

    “Mc Donalds” n’est en aucun cas une “marque commune” instaurée par le peuple souverain. Il ne s’agit aucunement d’un exemple de même niveau logique.

    La Loi est de même nature, ou bien encore l’armée. L’armée est celle du peuple de la même façon que la Loi, de même que la monnaie commune que se choisit le peuple et tout ce qui relève de sa souveraineté.

    La monnaie est un bien économique ordinaire. La monnaie n’a rien à voir avec le concept de “souveraineté”.

    Bien sûr que si ! La permission “d’acheter quelque chose” en zone euro par l’intermédiaire d’un signe monétaire est une permission donnée par la seule souveraineté, en pleine possession de ses moyens légitimes, démocratiques, et nul ne peut s’en réclamer autre que le peuple et sa nation.

    Tentative négationniste des droits de l’homme et de la révolution de 1789.

    Les nombreuses expériences historiques de banque libre( free banking ), sans aucun contrôle de l’Etat, montrent que la monnaie fonctionne mieux en concurrence et sans contrôle de l’Etat, sans intervention aucune de l’Etat.

    Les nombreuses expériences historiques de pyramides de Ponzi existent bel et bien, ainsi que de nombreuses tentatives de réduire l’Homme en esclavage. Elles se sont toutes terminées lamentablement par une insurrection générale.

    Je nie tes fausses définitions, je les rejette, et j’oppose ma souveraineté citoyenne à tout individu qui prétendrait imposer de telles vues détestables à autrui.

    Aussi il faut encore une fois rappeler les fondements à qui fait tout pour les contourner :

    Déclaration universelle des droits de l’homme de 1789

    Article 3

    Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

    Auquel on peut rappeler :

    Article IV

    La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

    Il y a bien sûr des « Lois » qui sont scélérates car faisant fi du respect de la Constitution qui en définit les portées légitimes ou illégitimes. Elle sont caduques quand dénoncées.

    Encore un peu de patience et je jugement dernier sera donné.

    Ca vient, ça vient. Il ne sert à rien de trembler, car le jugement ne peut-être que parfaitement juste et en proportion du mal qui a été commis.

  12. zebla dit :

    vu les moyens techniques dont on dispose aujourd’hui, ne pourrait-on imaginer un système où il n’y aurait pas de banque ?

    dit autrement : il y a autant de banque que d’acteur économique

    chaque agent économique, quel qu’il soit, particulier, entreprise, collectivité, enregistre ses opérations financières (crédit/débit) en temps réel dans et uniquement dans ses propres livres de comptes

    l’ensemble des infos sur un agent est disponible pour tous les autres agents.

    chacun sachant exactement à quoi s’en tenir peut entrer en relations commerciales avec qui bon lui semble……….

    l’appareil administratif redéploie son activité afin d’assurer la véracité et la sincérité des enregistrements

    trop simple ?

    • bernard dit :

      Le vrai problème est la conservation de la confidentialité, car je n’ai pas envie que tout le monde puisse me suivre à la trace avec mes achats.

      Mais sinon cela existe, par exemple : http://www.open-udc.org/

      • gidmoz dit :

        @bernard
        Vous parlez ici d’un paiement électronique par enregistrement sur un compte bancaire. Un tel paiement laisse forcément des traces. Et ces traces sont utile pour la sécurité des transactions et pour les éventuels litiges entre clients et vendeurs. Mais l’Etat libertarien vous permettrait d’avoir des pseudos anonymes qui possède, chacun, de la monnaie. Ainsi votre anonymat serait préservé.

  13. gidmoz dit :

    @zebla
    Ce que vous décrivez est possible dans une zone de free banking. Une zone de free banking est une zone dans laquelle l’État renonce à contrôler la monnaie, ni la réguler, ni en émettre. Chacun peut émettre de la monnaie. Chacun peut créer une banque, laquelle est un commerce ordinaire.

    Depuis trois siècles, dans les pays développés, il y eut de nombreuses zones de free banking. Elles furent stoppées par la cupidité de l’État qui voulait s’endetter davantage.

    La nature de la monnaie est d’être un bien comme tout autre bien. Sa particularité est d’être un bien intermédiaire des échanges entre deux ou trois personnes au moins. La promesse de donner un bien s’achète et se vend comme une marchandise. Une telle promesse est un bien économique et qui a une valeur. Ainsi, un billet de banque est un bien économique, puisque c’est une promesse de la banque.

    Vous parlez aussi de l’information sur la qualité des émetteurs de monnaies. Il existe des sociétés de renseignements commerciaux. Chaque entrepreneur lui envoie volontairement des informations annuelles sur son activité. Une telle société de renseignement dispose d’information de qualité. Elle donne son accord sur la validité de tel chèque bancaire. Et elle rembourse le commerçant sur le chèque n’est pas honoré. Elle permet au commerçant de proposer de livrer avec paiement différé, même un nouveau client.

    Ce type de société de renseignement financier est un des maillons du bon fonctionnement du crédit dans une société. L’État n’a pas à intervenir dans une telle activité. L’État devrait cesser d’interdire l’existence de telles sociétés de renseignement pour les particuliers. Cela permettrait un crédit un peu moins cher pour les particuliers.

    Continuons votre idée dans cette hypothèse du free banking. On pourrait alors envisager la réalisation de votre idée: tout agent économique réputé fiable peut alors émettre sa monnaie sans passer par une banque. Et sans autorisation de l’État. Imaginons Renault qui émet de la monnaie. Des billets libellés en euro-Renault. On s’échangerait des billets de euro-Renault à parité avec les euros de la BCE.

    • bernard dit :

      Et pourquoi ne pas aussi imaginer que les entreprises et personnes morales votent aux élections présidentielles ?

      La monnaie, c’est le droit de vote économique : seuls les citoyens ont droit de création monétaire. Un humain, une voix et une part de création monétaire.

      Et ne confondez pas état et citoyens.

      • gidmoz dit :

        @bernard
        Chaque électeur a une chance sur un milliard de milliard de milliard de modifier le résultat de l’élection présidentielle. Cette votation est organisée afin qu’elle soit truquée, afin que le peuple ne puisse pas s’exprimer. L’Etat est très fort pour fabriquer des illusions et que les gens y croient dur comme fer. Dans un tel contexte, je ne comprend pas votre question sur une éventuelle participation des entreprises à une élection présidentielle. Cela ajouterait du non-sens à un autre non-sens.

        Non, la monnaie est un bien intermédiaire. Le propriétaire d’un un boeuf veut une charrue. Il vendra son boeuf contre des sacs de sel à un boucher. Puis il achètera une charrue avec des sacs de sels. Ces sacs de sel sont ici « biens intermédiaires ».

        La monnaie n’a rien à voir avec le vote de quoique ce soit. La monnaie est un bien échangeable facilement. Les autorités politiques n’ont rien à faire dans la monnaie. C’est leur cupidité qui les conduit à vouloir contrôler la monnaie.

        Vous avez raison de rappeler qu’il ne fait pas confondre l’Etat et les citoyens. L’Etat est une organisation mafieuse qui asservit les citoyens en leur volant la moitié de leur production.

        • bernard dit :

          D’accord sur la dernière phrase, c’est pourquoi il ne faut jamais déléguer nos votes, ni notre monnaie.

          Mais la monnaie n’est pas un bien, c’est un système comptable. On ne peut confondre un compte et les choses comptées, de même que l’on ne peut confondre le nom et la chose nommée.

          • gidmoz dit :

            @bernard
            La monnaie est nécessairement un bien, et un bien qui a de la valeur. Sinon, un vendeur refusera d’échanger sa bonne vraie marchandise contre une chose sans valeur. Ce vendeur est doué de raison et de bon sens. La monnaie qu’il reçoit a donc de la valeur à ses yeux. Et ce vendeur accepte cette monnaie car il sait pouvoir l’échanger contre d’autres marchandises, contre d’autres biens. Ainsi, la banque peut lui verser de l’or en échange de son billet de banque. Ou bien il a un certain pouvoir d’achat dans les magasins avec ce billet de banque.

            • bernard dit :

              Non, la monnaie est juste le comptage d’un déséquilibre temporaire dans la symétrie d’un échange, dans le cadre d’un contrat où l’on part et revient à l’équilibre des transferts de marchandises et services.

              Hx, Hy, et Hz ont chacun 0 sur leur compte et chacun s’autorisent un découvert de 10.

              1- Hx vend 10kg de salade à Hy qui le paye avec 10 unités de monnaie ; le compte de Hx passe à +10 et le compte de Hy passe à -10 ;
              2- Hz vend 1kg de farine à Hx qui le paye avec 10 unités de monnaie ; le compte de Hx passe à 0 et le compte de Hy passe à 10 ;
              3- Hy vend 10h de travail à Hz qui le paye avec 10 unités de monnaie : le compte de Hz passe à 0 et le compte de de Hy passe de -10 à 0.

              Les 3 ventes se sont neutralisées. Il a seulement fallu permettre le premier “déséquilibre local” appelé “monnaie” pour lancer le cycle : la monnaie est juste la comptabilité de tous ces “déséquilibres locaux”.

    • Galuel dit :

      « Des billets libellés en euro-Renault. On s’échangerait des billets de euro-Renault à parité avec les euros de la BCE. »

      Prenons ce cas de Free-Banking (que j’approuve sur le principe, mais que je réfute sur le fond que lui donne Gidmoz, relativement à la TRM). Tout d’abord ces billets ne peuvent pas s’appeler « euro » mais des « billets-Renault ». Ainsi il n’y a pas d’ambiguïté, et contrairement à une banque émettrice de la monnaie souveraine, Renault n’a aucun droit à émettre une monnaie permettant « d’acheter tout et n’importe quoi » dans la zone euro et donc cette « monnaie » a le droit d’être refusée par tout acteur.

      Ensuite ces « billets Renault » quand ils sont émis dévalorisent les billets Renault déjà émis, puisque ayant émis 100 billets Renault, Renault en émettant 100 de plus, dévalorise les anciens billets émis, sans que ce soit su de l’ensemble des acteurs utilisant ces billets mais avec un temps de retard non nul, les initiés étant plus à même de revendre leurs billets contre des biens et services à ceux qui ne savent pas. Quant tout le monde sait les derniers au courant de cette émission sont lésés. (principe de vitesse limitée de diffusion de l’information, principe de Relativité).

      Enfin, cette « monnaie » n’étant pas souveraine, n’étant pas acceptée par tous comme moyen d’échange (ce que produit Renault n’a de valeur que pour ceux qui roulent en voiture), il faut aussi savoir « contre quoi » ces billets Renault sont-il échangeables in-fine chez Renault ? Ce ne peut-être un bien ou service identifié, car les biens et services (t) n’étant pas les biens et services (t+dt) produits par Renault, on ne peut gager ces billets sans savoir à quelle date ils seront remis à Renault pour échange. Ce ne peut-donc être qu’une part du capital social de Renault, qui donne droit de propriété sur Renault.

      Ce sont donc des actions, dont l’émission ne peut faire l’objet que d’une approbation de la majorité des actionnaires et qui ne peuvent être émise sans un accès de tous les actionnaires aux nouvelles parts ainsi inflatée. Donc tout détenteur de « billet Renault » étant en possesson d’un droit de propriété actionnarial sur Renault ne peut être exclu de l’émission de nouvelles actions.

      De la même façon mais pour la zone souveraine, propriété commune de l’ensemble des citoyens formant le peuple souverain, l’émission de monnaie commune, acceptée par tous, manifestant le droit de propriété de tout citoyen présent et futur sur sa zone souveraine ne peut légitimement être émise qu’en raison d’un Dividende Universel (ou émissions d’actions nouvelles comme dividende ce qui est semblable).

  14. zebla dit :

    mon idée me semble t-il va plus loin

    il s’agit juste et uniquement de mettre en compte, aucune monnaie n’est échangée

    comme le dit bernard il peut y avoir des problèmes de confidentialité.

    supposons un agent économique qui souhaite faire un achat auprès d’un fournisseur. il donne à ce dernier une clé pour qu’il puisse consulter sa situation crédit/débit

    au vu des comptes, le fournisseur décide ou non de « lui faire crédit »

    et si ce système lui parait encore trop intrusif, notre agent peut ne pas l’utiliser et préférer d’autres moyens de régler ses achats

    bien sûr le fournisseur pourra baser sa décision sur autre chose que le pur examen des comptes de son client, par exemple il peut vouloir favoriser son activité ou même l’aider à démarrer ou à se développer

    dans des relations de proximité géographique, les agents économiques se connaissent souvent suffisamment pour savoir s’ils veulent ou non « faire crédit »

    l’option « consultation et examen des comptes » s’impose si les partenaires ne se connaissent pas…

    • gidmoz dit :

      @zebla
      Ce que qui enregistré est ici l’obligation de qqu’un de faire qq chose. Une unité monétaire est toujours la promesse de la banque de faire qq chose, de verser qq chose. Que cette promesse soit enregistrée sur un fichier informatique, ou bien imprimée sur un billet de banque de change rien. C’est la même promesse de la banque dans les deux cas.

      Chaque nombre sur un compte bancaire est ainsi une quantité de monnaie. Ce nombre exprime une certaine obligation de la banque envers son client. Chaque écriture comptable est l’enregistrement d’un transfert de monnaie.

      Il faut bien comprendre qu’une zone de free banking n’est pas un « système ». C’est un marché. Un marché n’est pas un système. Il n’existe donc pas de système monétaire de free banking, de banque libre.

      Oui, le vendeur et l’acheteur choisissent une monnaie acceptée par eux deux. Si la banque est réputée fiable, le vendeur acceptera volontiers la monnaie proposée par l’acheteur. Oui, la banque a intérêt à laisser chacun vérifier les chiffres montrant qu’elle est solvable et en bonne santé financière.

      Mais, ni le vendeur ni l’acheteur ne doivent publier leurs comptes respectifs. Ces comptes n’intéressent personne.

  15. zebla dit :

    confidentialité: la « certification » du paiement par une structure indépendante qui elle aurait un accès illimité à l’information est intéressante mais renchérit les coûts…

    dans le système que je décris, il ne peut cependant pas y avoir d’impayé puisqu’il n’y a jamais de paiement à proprement parler. la transaction « financière » commence et finit par l’inscription dans les comptes crédit/débit du fournisseur et du client.

    • gidmoz dit :

      @zebla
      Chaque utilisateur de monnaie a seulement besoin de savoir que la banque qui a créé les billets est fiable. La certification dont vous parlez ne concerne que la banque. Les utilisateurs de monnaie ne sont pas concernés par une telle certification. Un audit comptable est le meilleur moyen de certifier les comptes d’une banque.

      Pourtant si, il existe de la monnaie, et il existe des paiements. Dans une vente, le compte du vendeur est crédité d’une certaine somme de monnaie. Et le compte de l’acheteur est débité de la même somme de monnaie.

  16. bernard dit :

    L’essence de la monnaie : enregistrer un décalage dans le temps.
    Hx prête une hache à Hy. Qui promet de lui rendre dans un temps certain. Pour être sûr de ne pas oublier, et avoir une preuve à montrer à l’emprunteur, Hx lui demande, selon ce qui est disponible :
    – soit un papier signé de sa main Hy disant « j’ai emprunté la hache de Hx » ;
    – soit un billet de monnaie reflétant la valeur de la hache ;
    – soit l’enregistrement d’une vente à leurs 2 comptes monétaires.
    Un mois plus tard, Hy rend la hache à Hx, et fait l’opération d’enregistrement en sens inverse : les deux opérations se sont neutralisées.

    L’essence de la monnaie : enregistrer un décalage dans l’espace (et le temps)
    1- Hx vend 10kg de salade à Hy qui le paye avec 10 unités de monnaie ;
    2- Hz vend 1kg de farine à Hx qui le paye avec 10 unités de monnaie ;
    3- Hy vend 10h de travail à Hz qui le paye avec 10 unités de monnaie.

    Les 3 ventes se sont neutralisées. Il a seulement fallu permettre le premier « déséquilibre local » appelé « monnaie » pour lancer le cycle : la monnaie est la comptabilité de tous ces « déséquilibres locaux ».

  17. gidmoz dit :

    @bernard
    Le travail de la banque est de recevoir une reconnaissance de dette à long terme d’un emprunteur. Et elle donne à cet emprunteur des créances à très court terme, la monnaie. Avec cette monnaie, l’emprunteur peut dépenser immédiatement. L’emprunteur obtient des marchandises sans délai.

    Ainsi le prêt bancaire n’est pas un prêt. C’est un échange de créances entre la banque et l’emprunteur. C’est une bizarrerie sémantique du mot « prêt ».

    Il n’existe ainsi aucun « déséquilibre local », aucun « décalage dans le temps ». Le délai de remboursement n’induit aucun « déséquilibre local » grâce au savoir faire de la banque prêteuse. Ce serait un grave dysfonctionnement de la monnaie, un dysfonctionnement de la banque s’il existait un tel délai de non achat. La monnaie émise par cette banque ne remplirait pas sa première mission d’intermédiaire des échanges.

    Il n’est pas possible de comprendre la monnaie actuelle sans comprendre la monnaie du 19e siècle. La monnaie, chaque unité monétaire, billet, et monnaie scripturale, était alors échangeable contre un gramme d’or sans délai auprès de la banque. En demandant un prêt, l’emprunteur reçoit des billets. L’emprunteur remet ces billets à des vendeur de marchandises. Avec ces billets, ces vendeurs vont acheter qq chose, ou bien aller à la banque recevoir de l’or.

    La banque sait honorer sa promesse de verser de l’or en échange de chaque billet, de chaque unité monétaire. Sinon elle ferait faillite. Là encore, il n’existe aucun délai, aucun « décalage dans le temps », aucun déséquilibre local ».

    Le grand économiste JB Say disait que « les biens s’échangent contre d’autres biens », comme si la monnaie n’existait pas. Cette loi est encore profondément vraie. Là encore, un but de la monnaie est de supprimer ce « décalage dans le temps ». Sinon c’est un échec de cette monnaie.

    • bernard dit :

      Vous propagez la propagande des banques,

      D’abord, la monnaie existe sans les banques, la preuve : Non, la monnaie est juste le comptage d’un déséquilibre temporaire dans la symétrie d’un échange, dans le cadre d’un contrat où l’on part et revient à l’équilibre des transferts de marchandises et services.

      Hx, Hy, et Hz ont chacun 0 sur leur compte et chacun s’autorisent un découvert de 10.

      1- Hx vend 10kg de salade à Hy qui le paye avec 10 unités de monnaie ; le compte de Hx passe à +10 et le compte de Hy passe à -10 ;
      2- Hz vend 1kg de farine à Hx qui le paye avec 10 unités de monnaie ; le compte de Hx passe à 0 et le compte de Hy passe à 10 ;
      3- Hy vend 10h de travail à Hz qui le paye avec 10 unités de monnaie : le compte de Hz passe à 0 et le compte de de Hy passe de -10 à 0.

      Les 3 ventes se sont neutralisées. Il a seulement fallu permettre le premier “déséquilibre local” appelé “monnaie” pour lancer le cycle : la monnaie est juste la comptabilité de tous ces “déséquilibres locaux”.

      Enfin, le travail des banques est de stocker un dépot de monnaie fiduciaire et de le rendre quand on le lui demande, pour un prix fixé de ce service. Pas de faire des crédits : ceci c’est le travail d’un établissement de crédit, et c’est bien ce mélange qui vient perturber les esprits naifs.

      • gidmoz dit :

        @bernard
        Les banques sont des commerçants qui font un travail honnête et utile. Elles ne font pas de propagande. Dans un système de Banque Centrale, leur travail est étroitement limité par les règles imposées par la Banque Centrale.

        Une unité monétaire est soit une pièce de monnaie, ou un billet de banque ou un enregistrement sur papier ou sur un support informatique. Dans tous les cas, une unité de monnaie a de la valeur. Sinon, un vendeur ne l’acceptera pas en échange de sa bonne vraie marchandise remise à l’achateur.

        Revenons à votre première transaction. Vous dites que Hx vend 10kg de salade à Hy. Hy le paye en lui donnant 10 unités de monnaie. Vous omettez le plus important. A quoi correspond une unité de monnaie? J’ai compris que vous tentez de montrer qu’une monnaie pourrait exister sans banque. Pour quelle raison Hx accepte-t-il cette monnaie? Pourquoi cette monnaie a de la valeur pour Hx. Qui garantit que cette monnaie a de la valeur?

        Avant de passer aux deux autres transactions suivantes, j’ai besoin d’avoir les réponses à mes premières questions.

        • bernard dit :

          @ gidmoz :

          Hx, Hy et Hz se sont réunis avant pour fonder leur système monétaire. Il ont pris une grande feuille, y dessinant 3 colonnes et marquant chacun leur nom en haut, avec en dessous le nombre 0. Il ont mis au dessus du tableau : Découvert Autorisé – 100 avec la date et leur signature.

          Ils ont bien compris que l’important, c’est que le Découvert Autorisé soit le même pour chacun, car si l’un avait un Découvert Autorisé de 1000 alors que les autres ont 0, alors il pourrait acheter le travail des autres sans se fatiguer. La monnaie est alors équilibrée, les crédits sont réciproques.

          Quand Hx a vendu 10kg de salade à Hy, alors Hy a inscrit le nombre -10 dans sa colonne, il a inscrit +10 dans la colonne de Hx et il a signé à coté des 2 chiffres.

          • gidmoz dit :

            @bernard
            Hx, Hy et Hz se sont réunis. Comment ont-ils convenu de la valeur d’une unité monétaire? Comment Hx fixe son prix de vente de 10kg de salades à 10 unités de monnaie? Comment Hx et Hy négocient-ils les prix?

            • bernard dit :

              Ils ont convenu du nombre choisi pour le Découvert Autorisé, selon leur liberté de penser et de discuter. Ils auraient pu écrire 1 ou 1000, ou même 1000000 s’ils voulaient être tous millionnaires. Le nombre absolu n’a aucune importance, autre que relative au fait qu’ils sont 3 et que chacun a 1/3 : il y a égalité des parts relative, ce que j’appelais l’équilibre global de la création ou la réciprocité.

              Et de même qu’ils sont libres de choisir le chiffre qui leur va bien, ils sont libres de choisir les prix des biens ou services qu’ils échangent, salade ou formation à l’utilisation d’un logiciel libre.

              Le seul problème pratique est celui de la granularité des échanges, c’est à dire le rapport entre le prix d’un échange et le nombre choisi pour le découvert autorisé. S’il ont choisi 10 pour ce dernier, alors une vente portant sur 100 doit être découpé en 10 ventes portant sur 10 chacune, ce qui introduit la notion de « vitesse de circulation » de la monnaie..

              Ils peuvent aussi choisir de diviser tous les prix par 10 ou d’augmenter le Découvert Autorisé. Rappelez vous le passage des anciens francs aux nouveaux francs : une perturbation psychologique, mais aucun effet de fond sur les échanges.

            • gidmoz dit :

              @bernard
              Je précise ma seule vraie question. Dans cet accord entre Hx, Hy, et Hz, comment fixez-vous la valeur de l’unité monétaire? un euro? un oeuf? une salade? un gramme d’or?

              • bernard dit :

                @gidmoz : « Je précise ma seule vraie question. » C’est bien le problème. C’est comme si vous me demandiez comment fixez-vous la valeur de l’unité de mesure de la température ?

                Il y a eu beaucoup d’échelles, variant selon la liberté de décisions des personnes qui les ont choisit. cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Temp%C3%A9rature#Comparaison_des_.C3.A9chelles_de_temp.C3.A9rature

                Mais pensez-vous que choisir une échelle ou une autre va changer le résultat d’une expérience de physique ? Seul le détail des calculs descriptifs sera un peu modifié, avec des valeurs de coefficients différents, mais cela n’a aucune importance sur les phénomènes.

                De même, le choix de l’échelle par les créateurs de la monnaie n’a pas d’effet sur le fonctionnement du système monétaire, ni sur les concepts mis en jeu.

                • gidmoz dit :

                  @bernard
                  Votre réponse me montre que ma question n’était pas suffisamment précise. Revenons à nos trois amis Hx, Hy et Hz. Vous dites qu’ils échangent des unités monétaires. Jusque là, je comprend bien. Mais comment ces trois amis conviennent-ils, a priori, de la valeur d’une unité monétaire?

                  Contrairement à ce que vous dites, la question de cette convention sur la valeur de la monnaie est le point le plus important pour chaque utilisateur de monnaie. Hx a vendu ses salades. Hx a obtenu des unités monétaires sur son compte. Il est content de sa vente. Il se demande ce qu’il pourra désormais acheter grâce à ces unités monétaires sur son compte.

                  J’attend donc votre réponse.

                  • bernard dit :

                    @gidmoz : « Mais comment ces trois amis conviennent-ils, a priori, de la valeur d’une unité monétaire?  »

                    Une fois la monnaie crée par un accord réciproque, avec un nombre fixé pour la masse monétaire par personne, chaque vente est indépendante des autres et chaque paire (vendeur, acheteur) est absolument libre de choisir un montant qui leur agrée, à cet instant.

                    Et cela n’a aucun lien avec la compréhension du mécanisme simple de la création monétaire équilibrée, puisqu’il s’agit de l’utilisation et non plus de la création.

  18. Meng Hu dit :

    « Je connais mal l’histoire monétaire des USA au 19e siècle. Vous pourrez voir les deux derniers liens de la fin de mon article. https://gidmoz.wordpress.com/2011/09/20/crises-monetaires-et-free-banking/ Il y a des références historiques aux épisodes de free banking dans divers pays. Dont les USA. »

    gdm, sincèrement, je ne vous comprends pas. Vous dites ne pas connaître l’histoire monétaire des USA au 19ème siècle, c’est très bien. Ce qui est (très) mal en revanche c’est que dans votre article cité, vous référencez des articles de mon blog … où la réponse et l’explication à votre question s’y trouvait déjà. Donc, soit vous n’avez pas lu, soit je suis fou.
    Je veux bien que les passages (sur l’article « the experience of free banking ») qui traitent du sujet sont essentiellement en anglais, mais je croyais vous avoir déjà fait lire mes notes (en français) sur « the heory of free banking » de George Selgin, non ?

    Je vous remets le lien; la 2ème partie du billet est celle qui vous intéresse.
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-111/

    Le chapitre 9 fournit quelques infos supplémentaires : la partie qui vous intéresse ce sont les derniers paragraphe de la section « Bank Runs and Panics ».
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-911/

    Aujourd’hui les réglementations sont de nature différente, mais le résultat est encore pire que les crises qui secouèrent les USA et l’Angleterre du 19ème siècle (ainsi que l’Ecosse, lorsque la liberté bancaire a été bannie, sans réelle preuve pourtant de sa nocivité, mais sans doute de quelques intérêts pour les lobbys et dirigeants au pouvoir à l’époque, pour justifier la restriction de la liberté bancaire).

    • Meng Hu dit :

      Tenez, un passage de Experience of Free Banking, par Kevin Dowd.

      « However a potential problem was highlighted in a bank commissioners’ report of 1857 which revealed that over two-thirds of Illinois banknotes were secured by bonds from the state of Missouri, and the Illinois banking system was therefore vulnerable to a fall in the price of Missouri state debt (Economopoulos 1988:253). Relatively little was done to reduce the banking system’s vulnerability to the prices of Missouri bonds, and a large number of bank failures followed when Missouri bond prices plummeted at the start of the Civil War. »

      Je ne crois ne pas avoir besoin de vous traduire. C’est assez facile à lire. 2 tiers des billets illinois étaient garantis par les obligations d’Etat, donc les banques étaient vulnérables à une chute du prix des dettes de l’Etat du Missouri. La Guerre Civile fut le début de la fin (de « leur » fin, devrais-je dire).

  19. gidmoz dit :

    @Meng Hu
    Je ne souhaite pas avoir une « bonne connaissance de l’histoire monétaire des USA du 19e siècle ». Le raisonnement économique est fondé, amha, sur la logique pure et non pas sur des références historiques. Ces références historiques sont principalement des illustrations intéressantes pour ceux qui sont rétifs à la preuve logique. Ce sont l’immense majorité des lecteurs trop habitués à raisonner avec le monopole monétaire depuis leur tendre enfance.

    J’ai donc parcouru avec grand intérêt les liens sur vos articles et que je cite. Je vous remercie de l’excellent travail que vous faites pour mieux fonder l’idée de free banking. Mais je ne prétend pas et souhaite pas consacrer du temps à en avoir une connaissance approfondie des aspects historiques du free banking. C’est un choix. Je me contente de citer l’expérience écossaise en mentionnant qq autres exemples dans d’autres pays et à d’autres époques.

    Pour ce qui est de l’excellent ouvrage de Selgin « la banque libre ». J’ai ce livre depuis dix ans en français. Je l’ai lu plusieurs fois. Ce que dit Selgin n’est pas faux. Son but est d’argumenter avec d’autres universitaires. Selgin conteste certaines thèses de certains de ses collègues, s’appuie sur d’autres thèses et affirme la sienne. Ce que dit Selgin est très bien. Mais d’autres présentations du free banking sont possibles.

    Le free banking est nécessaire au bon fonctionnement de la monnaie. De même la concurrence de la production de chaussures est nécessaire à une bonne production de chaussures. Pour celui qui partage cette conviction sur le free banking, des problèmes théoriques se posent et ne sont pas encore résolus. Ce sont des questions de marketing et de gestion bancaire qui se poseront uniquement lorsqu’il existera une vraie zone de free banking.

    Une question que se posera un banquier en free banking est le choix d’un étalon de valeur de sa monnaie. Une autre question sera liée à la limitation de la quantité de tout étalon de valeur quel qu’il soit. Et donc, une question de la variation des étalon de valeur les uns avec les autres. Le free banking est un marché, et non pas un système. Une certitude est donc que le concept de masse monétaire globale n’existera plus. Toutes les théories monétaires actuelles sont liées à une rareté artificielle liée au monopole étatique de la production de monnaie.

    Bien d’autres questions se poseront à un banquier dans une zone de free banking. Un panier de biens de consommation, cotés sur un marché organisé, ou de commodities, serait un bon étalon de valeur d’une monnaie. Ces marchandises représentent du travail et de l’investissement dans de nombreux secteurs d’activité. Ou plutôt des promesses de livraison des ces paniers me semble être une meilleure monnaie encore. L’or me semble être le pire des étalons de valeur pour une monnaie, car trop spéculatif.

  20. Meng Hu dit :

    Vous ne souhaitez pas approfondir vos connaissances historiques en Free Banking, soit. Mais ne vous étonnez pas à ce que vos interlocuteurs (ceux du dessus en l’occurrence) vous mettent dans le rang des idéologues et que vous n’êtes donc pas – peut-être même jamais – pris au sérieux.
    La théorie se fonde sur la logique pure. C’est indubitable. Quand bien même le raisonnement est aussi solide (et « logique ») soit-elle, les faits, et l’histoire est là pour confirmer le raisonnement. C’est d’ailleurs Mises lui-même qui disait que des faits historiques, sans le raisonnement théorique, n’est qu’un amas de « faits » totalement décousus. Le raisonnement est là pour donner un sens, une explication à l’histoire. Mais si vous vous moquez bien de l’histoire comme si elle n’avait aucun intérêt, alors je ne vois pas quel est le sens de votre raisonnement; il n’en a pas. Il est donc inutile, car vous raisonnez selon votre monde imaginaire, pas dans le contexte réel. Selgin, White, et les autres « free bankers » expliquent le Free Banking d’après ce qu’ils voient, d’après les épisodes historiques de banque libre. Ne m’en voulez pas si, par conséquent, je ne vous prends pas au sérieux.
    Mais si vous analysez les faits, et que vous fondez votre raisonnement dessus, là, je vous prendrais au sérieux.

  21. gidmoz dit :

    @Meng Hu
    Je suis d’accord avec vous pour dire que « la théorie se fonde sur la logique pure. C’est indubitable ». L’Histoire économique a un intérêt par l’analyse que l’économiste en fera. Les faits ne parlent pas d’eux-même. C’est l’analyse économique qui peut réfuter un raisonnement économique. D’autres économistes proposeront un autre paradigme, d’autres concepts explicatifs. Ils proposeront d’autres causalités.

    Si l’occasion se présente, et si j’en ai le temps, je serai intéressé à mieux connaitre chaque histoire monétaire de chaque épisode de banque libre. C’est à chaque fois très intéressant et convaincant. La banque libre, c’est à dire le free banking, est supérieur à la monnaie de Banque Centrale.

    L’histoire du free banking montre surtout comment l’Etat, par ses interventions, a gêné le fonctionnement autorégulateur du marché de la banque libre. Depuis le 20e siècle, les Etats ont renforcé leur monopole monétaire. Les outils financiers se sont banalisés. Il est utile de réfléchir à une zone de free banking du 21e siècle, de l’imaginer sans référence au free banking du 19e siècle. Cet exercice de la pensée est, amha, utile et nécessaire pour que le free banking puisse être « pris au sérieux ». Le free banking apparaîtra alors comme la meilleure solution aux dysfonctionnements actuels de la monnaie.

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