monnaie étatique ou free banking, le vrai débat

Le système monétaire fondé sur une Banque Centrale, sur des collaborations entre des Banques Centrales permet un risque systémique, rend fragile la gestion de la monnaie. Pourtant un tel système est cohérent, logique et il a certains avantages. Mais il a des couts cachés importants. Ce système de Banque Centrale présente aussi le risque de permettre un endettement excessif de l’État. Le choix d’un système monétaire étatique utilisant un étalon-or laisserait la possibilité à l’État de manipuler la monnaie. Or c’est cette manipulation de la monnaie qui est dangereux. Le système monopolistique actuel est viable et n’a pas besoin d’étalon-or pour bien fonctionner.

L’État est un ours gourmand qui garde un pot de miel. L’État est soumis à des pressions dépensières auxquelles il finit toujours par céder un jour. Une monnaie à étalon-or serait donner de la nourriture plus saine à un obèse en imaginant que cela le ferait maigrir. Non, l’État est la source du dysfonctionnement actuel de la monnaie. Ce n’est pas un problème d’étalon de valeur de la monnaie. Aujourdhui, l’étalon de valeur de la monnaie est tel que la monnaie conserve son pouvoir d’achat selon un indice de certains prix moyens. L’indice des prix est un étalon qui n’est pas idéal. Mais cet étalon de valeur est viable et fonctionne, en lui-même, assez bien.

La seul véritable débat est, amha, le choix entre un monopole monétaire étatique et une zone de free banking. Une zone de free banking est une zone dans laquelle l’État renonce, par avance, à toute intervention à toute régulation à tout contrôle dans la création et dans le circulation de la monnaie. Par exemple, entre 1715 et 1845, pendant 130 ans, 30 banques créaient des billets-or sans le contrôle de l’État écossais. Ou encore, depuis 50 ans à Panama, les banques créent des dollars panaméens équivalents au dollar US et sans intervention ni contrôle de l’État.

A la fin de mon papier « crises monétaires et free banking », https://gidmoz.wordpress.com/2011/09/20/crises-monetaires-et-free-banking/ j’ai mentionné trois liens sur les nombreux exemples de free banking qui a existé dans divers pays. Néanmoins, chacun peut légitimement être inquiet de savoir si le free banking conduirait à une monnaie meilleure ou pire que les monnaies étatiques actuelles. En particulier, plusieurs étalon de valeur de la monnaie est-ce un bien ou un mal? Un étalon-or est-il préférable à un panier de commodities? Que se passe-t-il si une banque fait faillite? Le taux d’intérêt de l’argent sera-t-il plus faible, plus grand? Quel serait le risque de fraude?

Aujourdhui, tout politicien, et même, tout financier refuse d’aborder, d’évoquer l’hypothèse du free banking. Cette question est étrangère aux électeurs. Cette question pourrait effrayer les clients du financier. Il est donc nécessaire, amha, que des économistes travaillent sur des scénarios de free banking pour le dé-diaboliser, pour le rendre plus concret, moins nébuleux.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

7 Responses to monnaie étatique ou free banking, le vrai débat

  1. Eric says:

    Bonjour,

    Les politiciens ayant un intérêt complètement opposé au free-banking, je me demande bien par quel miracle cela pourrait arriver ? De plus, le « peuple souverain » ne sait pas, dans sa très grande majorité, comment fonctionne la monnaie et s’en fiche probablement.

    Dans votre article, je ne comprend pas bien la phrase « Le choix d’un système monétaire étatique utilisant un étalon-or laisserait la possibilité à l’État de manipuler la monnaie ».
    Parlez-vous du faite que 1€=1g d’or, par exemple, et que du jour au lendemain l’état peut dévaluer la valeur de la monnaie en décrétant que 1€=0,5g d’or ?

  2. gidmoz says:

    @Eric
    L’étalon-or fut, en principe, conservé jusqu’en 1971. Et pourtant le franc français a perdu en 100 ans 99% de sa valeur. Il suffit de regarder le 20e siècle pour énumérer les moyens frauduleux que l’Etat utilise pour manipuler la monnaie, malgré l’étalon-or.

    Au 18e et 19e siècle, un billet de banque était un contrat commercial, une promesse commerciale de verser 1 gramme d’or, ou plutôt un certain poids d’or. Même lorsque la monnaie était nationalisé, l’Etat acceptait la convertibilité. Chacun pouvait obtenir de l’or au guichet de sa banque. Peu à peu, à partir de 1850, chaque Etat riche installait un système de Banque Centrale nationale.

    L’équivalence entre billet et l’or s’arrêta peu à peu dans chaque pays. La non-convertibilité en or des billets donnait alors la possibilité de s’endetter davantage aux entreprises, aux particulier, mais aussi à l’Etat. Or le crédit permet de produire plus vite, donc de produire plus. De ce point de vue, ce système monétaire de Banque Centrale présente un avantage. Mais le crédit permet aussi à un Etat de s’endetter davantage, de gaspiller sans toujours rembourser puisque l’Etat dispose du monopole monétaire.

    Je reviens à votre question de savoir comment un Etat peut transgresser son obligation de verser 1 gramme d’or pour tout billet de banque. Un moyen est de diviser par deux l’or promis dans un billet de banque. Un autre moyen, plus radical, est d’interdire la convertibilité en or.

  3. Meng Hu says:

    Vrai débat ?Je dirais plutôt faux débat dans la mesure où vous n’avez manifestement pas lu les travaux de White et Selgin, malgré que je vous les avais conseillé de très nombreuses fois. Ce que vous savez, ou plutôt ce que vous croyez savoir sur la banque libre (et son fonctionnement) est presque totalement faux.
    A supposer que vous daignez lire le chapitre 8 de « The Theory of Free Banking » (les autres chapitres sont tout aussi intéressants), vous en apprendrez sûtrement beaucoup. Je parie, disons, que vous ignorez tout, par exemple, du problème posé par l’absence d’interconvertibilité dépôt-espèces, traité dans le chapitre 8 notamment.
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-811/

  4. gidmoz says:

    @Meng Hu
    Je vous demande de bien vouloir formuler un point technique précis qui vous semble inexact dans mon discours sur la banque libre.

  5. Meng Hu says:

    C’est tout qui me semble inexact, du moins, d’après ce que j’ai lu de vos posts et commentaires sur le free banking. la question n’est pas de savoir ce qui est faux mais plutôt ce dont vous ne savez pas. Même sans inflation, sans réglementation, le système bancaire reste instable si l’interconvertibilité billet-dépôt est limitée.
    Si la discrimination des billets n’existe pas, par exemple, il pourrait surgir une infinité de petites banques (hyper concurrence) :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-311/
    Une situation probablement moins souhaitable qu’un système hiérarchisé avec grandes et petites banques, et quelques effets d’échelles.
    La question aussi des expansions concertées, pouvant être empêchées (notamment) par le système des réserves de précaution :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-611/
    La concordance entre création monétaire et préférence temporelle, possible due à la propension de détenir des billets ou dépôts pendant un temps plus ou moins prolongé (on appelle ça aussi, la vitesse de circulation/rotation)
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-511/
    Le scénario diamond-dybvig annulé par les différents prix (et décôtes) de marché reflétés (uniquement) par les billets concurrentiels, ce pourquoi, donc, le monopole d’émission (à lui seul) est désastreux.
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-911/
    Voici également, d’autres problèmes insolubles de la Banque Centrale.
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-711/
    Il y en a beaucoup trop pour que je puisse tout caser en un message. Le mieux est de lire le livre.

  6. gidmoz says:

    @Meng Hu
    Merci de m’inviter à relire Selgin. J’ai l’édition française de « la banque libre ». Je lis très mal l’anglais.

    En free banking, la banque émet des billets à la condition de pouvoir honorer sa promesse de convertibilité. C’est le contrat d’émission, proposé par la banque, qui stipule les conditions précises de la convertibilité de sa monnaie. Un des savoir-faire de la banque est de savoir respecter son contrat d’émission monétaire en toute circonstance.

    En free banking, le concept de « masse monétaire » ne peut pas exister, puisque cette information n’est pas disponible, n’est pas publique. D’autre part, une zone de free banking n’est pas un « système », n’est pas un « système monétaire ». C’est un marché ouvert. C’est une de mes divergences avec Selgin. Il n’existe donc pas, amha, de lois systémiques sur le fonctionnement des monnaies d’une zone de free banking. Il n’existe donc pas, amha, des « lois » de fonctionnement de la monnaie en free banking.

    Mais il existe des scénarios induisant des situations d’échec probable pour certaine banque ayant choisi tel comportement. Dans la rédaction du contrat d’émission monétaire, la clause de convertibilité est un choix majeur et qui dictera le comportement commercial de la banque. Ainsi, telle banque fera le choix de posséder 100% de réserves. Une autre banque préférera choisir une clause de convertibilité organisant un système de « surbooking », avec faible réserves. La banque fait alors attendre celui qui demande la convertibilité jusqu’au moment du prochain remboursement par un emprunteur.

    Vous dites « Même sans inflation, sans réglementation, le système bancaire reste instable si l’interconvertibilité billet-dépôt est limitée. Si la discrimination des billets n’existe pas, par exemple, il pourrait surgir une infinité de petites banques (hyper concurrence) ».

    La diversité des biens pouvant servir de monnaie sont illimités. C’est une raison majeure pour laquelle une zone de free banking ne peut pas être un système. Chaque commodity peut devenir l’étalon de valeur d’une monnaie, d’une famille de monnaies. Ou un vaste panier de commodities peut lui aussi être un étalon de valeur, un valorimètre de monnaie. Une famille de monnaies est fondée sur une commodity. Une autre famille sur une autre commodity. Le dysfonctionnement temporaire d’une famille de monnaies n’empêchera pas le bon fonctionnement de l’autre famille de monnaies.

    L’existence de nombreuses petites banques en surbooking sur une commodity, ou sur un panier de commodities, ne fait pas obstacle à une activité économique saine dans une communauté. Une telle communauté peut fort bien être liée par un contrat entre tous ses membres. Telle la monnaie WIR.

  7. Meng Hu says:

    gdm,

    « En free banking, la banque émet des billets à la condition de pouvoir honorer sa promesse de convertibilité. »
    Ce qui n’explique pas son fonctionnement. Car oui, on le sait, et alors ? Où est-ce que ça nous avance ? Nulle part. Qu’est-ce que cela nous apprend ? Rien.

    « En free banking, le concept de “masse monétaire” ne peut pas exister, puisque cette information n’est pas disponible, n’est pas publique. D’autre part, une zone de free banking n’est pas un “système”, n’est pas un “système monétaire”. »
    Vous êtes ennuyeux. Votre désaccord porte sur la forme, pas sur le fond. Vous jouez et pinaillez sur les mots, ça ne m’intéresse pas. D’ailleurs, on parle de (hausse de) masse monétaire quand des banques augmentent leur volume de crédit suite à une baisse de la demande de monnaie, dans le cas de Selgin, il s’agit de baisse de la vélocité qui permet de libérer le crédit et l’investissement, ce qui explique pourquoi la création monétaire n’impliquerait ni distorsion des prix relatifs ni malinvestissement. Revoir chapitre 5

    « La banque fait alors attendre celui qui demande la convertibilité jusqu’au moment du prochain remboursement par un emprunteur. »
    Vous savez ce qu’est une expansion concertée ? Vous connaissez diamond-dybvig ? En tout cas, vous n’en parlez pas, votre paragraphe n’a rien à voir. Je ne vois pas pourquoi continuer.

    « Le dysfonctionnement temporaire d’une famille de monnaie n’empêchera pas le bon fonctionnement de l’autre famille de monnaie. »

    Vous dites que vous ne comprenez pas l’anglais, mais vous ne comprenez même pas le chapitre 8 que je vous avais proposé de lire. Mon article était pourtant en français. Vous êtes sûr d’avoir compris le problème posé par l’absence d’interconvertibilité billet-dépôt ? Je ne crois pas être sage d’insister sur la lecture de Theory of Free Banking, vu que, même en français, vous ne comprenez pas. Faites un effort.

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