système étatique et lobbys privés

critiques de @Critiswiss à @gidmoz
reproduction d’un long tweet de @Critiswiss, avec son autorisation
http://www.tweetdeck.com/twitter/Critiswiss/~tGNwT

@gidmoz @DavidGBoo Le problème que vous décrivez ne vient pas du système étatique lol mais de l’influence de lobbys privé sur des hommes qui détourne le mandat qui leur a été confié pour répondre à des intérêts privés! Quant à la notion de vol, nous ne sommes pas d’accord sur le principe! Pour vous le vol se produit au moment de l’impôt alors que pour moi, il se produit à l’instant où l’impôt (propriété de la collectivité représentée par l’État) ne sert plus l’intérêt public mais l’intérêt privé!

Votre argument pour un marché sans État me paraît d’autant moins raisonnable que le lobbying dont vous parlez n’en deviendrait que plus présent et plus puissant puisque dans votre système, la pression n’aurait plus à être mise sur des services publiques qui, si le peuple ne se désintéressait pas des questions sensibles, auraient malgré tout des comptes à rendre, mais sur des services privés, des polices privées, des législations mise en place et appliquée par des administrations privées dont le seul et unique dictat serait le pouvoir de l’argent! Je reprends là les idées que vous avez développées durant nos discussions précédentes…

Je profite au passage de vous signaler que vous avez toujours évité mes questions sur la procédure que vous proposiez pour la mise en place et la modification du cadre légal du contrat sur lequel tout votre système fonctionne, sur la manière de faire respecter ce cadre légal et le droit de propriété que vous défendez ainsi que la structure que vous proposeriez pour le système pénal! Car lorsque TOUT est privé et que TOUT ne répond qu’aux logiques de l’argent, plus RIEN n’a de valeur morale… Critiquer le lobbying me surprend donc de votre part… Je m’attendais plutôt à ce que vous trouviez ça de bonne guerre!

Par ailleurs, et c’est certainement le point auquel vous avez toujours refusé de répondre sur lequel votre point de vue m’intéresse le plus, j’attends toujours que vous m’expliquez comment entrevoyez-vous la gestion écologique dans votre système de profit à tout prix.. Car peut-etre n’avez-vous pas compris l’essentiel mais les marchés ont besoin de la nature et de ses ressources pour survivre! La nature n’a par contre aucun besoin du marché et sur la longueur, si le marché devait continuer de défier la nature plutôt que d’avancer tout en la respectant, le grand vainqueur ne laisse aucune place au suspens :p

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

2 Responses to système étatique et lobbys privés

  1. gdm says:

    @Critiswiss

    1. Dans mon tweet, j’évoquais que l’État détruit une richesse égale au montant des impôts prélevés. L’impôt est prélevé sans le consentement des contribuables. Ils réagissent à l’impôt en utilisant des ressources qu’ils consacrent à résister à l’impôt, chacun à sa manière. Certains travaillent moins, donc produisent moins. Le montant du renoncement de production tend à être égal au montant de l’impôt. L’impôt induit ainsi des richesses non produite d’un montant égal à son montant.

    D’autres prennent le risque calculé de travailler au noir, sans la garantie d’un contrat, sans se protéger correctement des risques liés à leur activité. D’autres encore choisissent une autre profession moins productive.

    Dans mon tweet, j’évoquai le travail fait par chaque lobby pour obtenir une partie de l’argent de l’État. Des centaines milliers de citoyens, de salariés, d’entrepreneurs, consacrent leur temps disponible à obtenir que l’État verse de l’argent à eux-mêmes ou à d’autres. Ce temps passé, cette quantité de travail est ainsi perdu pour une production de bien réels. Certains de ces chasseurs de subventions réussiront. D’autres échoueront, perdant ainsi le montant de leur investissement en temps et efforts.

    Un possible bénéficiaire de subvention dépensera 80 pour obtenir 100 de subvention.

    L’impôt induit, en lui-même, un manque à produire presque égal au montant de l’impôt.

    2. Vous refusez de qualifier l’impôt de vol, alors que je le qualifie de vol. Mais la conséquence est la même. Les complices se déchirent pour obtenir une partie du butin. Chacun lobby a une vision différente de l’intérêt général. C’est la cause qu’il défend qui lui semble la plus urgente, la plus juste, et justifie donc toutes les compromissions. Chaque lobby consacrera des ressources, des investissements, du travail pour obtenir un budget, une subvention de l’État. Là encore, un lobby dépensera 80 pour obtenir 100 de subventions. Ces 80 ainsi dépensés auraient pu être investis dans une vraie production. C’est un gaspillage. Le lobby des éoliennes a pu convaincre l’État qu’elles étaient nécessaires à la survie de l’humanité. C’est du vent! Des millions sont engloutis en vain.

    3. Ensuite, vous soutenez qu’un marché a besoin de la régulation de l’État pour bien fonctionner. 99% des marchés de biens ne sont pas régulés par l’État. Ils se régulent automatiquement par le marché, par le jeu de l’offre et de la demande. L’offre travaille à s’adapter à la demande présente et future. Chaque profit important dans un secteur est un signal positif pour y investir davantage. Chaque perte dans un produit est un signal pour désinvestir et investir ailleurs. Ludvig von Mises nommait « destructionisme » cet interventionnisme de l’État. L’État ne peut pas réguler. Il ne peut que détruire.

    La science économique ne fonctionne pas sur des exemples, ni sur des statistiques, ni sur l’Histoire. Même une loi empirique n’est pas scientifiquement valable, car elle ne dure que la durée des circonstances qui l’ont fait naitre. Pourtant, ces types d’arguments sont les plus concrets, les plus parlants, souvent les plus convaincants. Mais le seul raisonnement vrai en science économique est un raisonnement conceptuel sur l’action humaine.

    4. Lorsque l’État a renoncé définitivement à réguler les activités économiques, il n’existe pas de lobby. Donc aucune pression d’aucun lobby sur l’État. Bien que vous n’avez pas évoqué le cartel, j’ajoute qu’il peut exister des cartels. Un cartel n’est pas un monopole, ni un oligopole. Un cartel est bénéfique pour tous. Voir un article sur le laissez-faire http://fr.liberpedia.org/Laissez-faire

    5. J’avais évoqué la société sans État, prônée par les libertariens anarcap. Vous me demandez de développer cette idée, cette thèse. Il s’agit d’un exercice de pensée auquel on peut s’adonner. Elle est sans application directe dans le monde actuel. C’est une sorte de politique-fiction. Elle a une utilité pour l’analyse politique. Mais elle n’est pas nécessaire à éclaircir nos divergences d’analyse économique. Je me limite à vous opposer le minarchisme, modèle des libertariens minarchistes.

    6. Enfin, vous me posez une question sur l’écologie. Les ressources économiques existent. Le client achète une « ressource économique » à son fournisseur pour répondre à un de ses besoins. Le producteur investit pour trouver une production correspond au besoin de ses clients. C’est ainsi que le concept de « ressources naturelles » est un non-sens en science économique. Les ressources économiques ne sont pas limitées. Elles sont inventées et produites par l’homme sans aucune limite qualitative ou quantitative.

    Il ne faut donc pas confondre la matière et la ressource économique. C’est une erreur fréquente. Les raisonnements populaires fondées sur la crainte d’une limitation de la croissance par limitation de telle matière sont nécessairement invalides. C’est la raison essentielle de l’erreur des raisonnements Malthusiens. Malthus avait eu tort au 19e siècle. Les malthusiens auront toujours tort.

  2. jabial says:

    Je vais moi aussi répondre.

    L’intérêt général n’existe pas, hormis la simple survie de l’espèce. Quand on parle de mandat d’intérêt général, on se fait déjà avoir. Il s’agit de mandats d’intérêt collectif, le formule de détermination de l’intérêt collectif variant selon les lieux et les époques. La solution de facilité est de prétendre que toute légitimité est démocratique ; mais ce n’est pas soutenable. Certains soutiennent avec sincérité que le nazisme est d’intérêt collectif. Ils pensent que les races dites inférieures (par exemple, ma communauté ethnico-religieuse) mettent en péril l’avenir de l’humanité. Dans certaines circonstances, ces monstres ont été majoritaires et peuvent le redevenir. Quoi qu’il en soit cet intérêt collectif fait et fera toujours débat, ce qui rend difficile voire impossible le contrôle de son respect par les mandataires. Or, indépendamment de tout lobby, ces mandataires eux-mêmes ont un intérêt privé, celui de la classe politique, qui ne se confond pas avec l’intérêt collectif. C’est la première et la plus importante faille de tout système de représentation.

    Venons-en à la légitimité des lobbys. Il n’y a rien de malsain en soi à défendre ses intérêts. C’est par exemple ce que font les divers syndicats et associations : ils défendent les intérêts particuliers d’un groupe précis contre les autres. Il n’y a guère que leurs partisans les plus fanatiques pour prétendre qu’ils défendent l’intérêt général. Il en va de même, dans une moindre mesure, des partis : on sait bien que les catégories socio-culturelles qui votent pour l’UMP, le PS et les extrêmes sont très différentes. Ainsi, tout parti, tout regroupement à but politique défend des intérêts catégoriels à des degrés divers. C’est la première et plus importante faille de toute démocratie, même directe : qu’on le dise ou non, on vote bien en fonction de ses intérêts propres, et pour les meilleurs d’entre nous, de ses idées propres qui ne sont pas celles de tous. La faillite de l’agrégation des préférences conduit nécessairement à une oligarchie (théorème d’Arrow, loin d’airain de l’oligarchie, etc).

    Pour la plupart des gens, le vol commence au moment où les impôts ne sont plus utilisés pour mettre en œuvre leur vision de l’intérêt général. Pour les socialistes, cela signifie généralement punir les bourgeois et aider les prolétaires. Pour les libéraux classiques, c’est la police, la justice et l’armée. Les libertariens, quant à eux, considèrent qu’il n’existe aucun domaine justifié du monopole de la violence, en conséquence de quoi le vol intervient pour eux dès l’imposition. Il n’en reste pas moins que les idées sous-tendues sont les mêmes : l’impôt est un vol dès qu’on ne fait pas avec ce que je crois être bien. Le problème, c’est que tout le monde n’est pas d’accord sur ce bien.

    Vous dites que le lobbying dans une société sans Etat serait plus néfaste encore car il s’adresserait à des entreprises privées qui n’ont pas l’intérêt général comme guide mais l’argent. Il se trouve que, précisément, c’est cette question objective de la rentabilité qui fait que l’intérêt à long terme d’une entreprise est toujours de refuser la corruption, même si son intérêt à court terme peut être différent. Il n’en va pas de même de l’Etat, dont l’intérêt propre est celui de la classe politico-administrativo-corporatiste. Il n’existe aucun point objectif de mesure analogue à la rentabilité qui permette de contrôler objectivement que les mandataires remplissent bien leurs objectifs. Tout est discours et sujet à débat. C’est pour cela que les entreprises sont bien moins sujettes à la corruption, quand bien même il arrive bien évidemment qu’un mandataire d’entreprise soit corrompu.

    Enfin, concernant l’écologie, je me permet de vous faire part de mon très fort scepticisme quant au danger que courrait aujourd’hui la planète du fait de l’homme. De fait, le vainqueur ne fait aucun doute si nous limitons le développement technologique : dans environ un milliard d’années, le soleil brûlera tout ce qui vit sur Terre, des micro-algues aux éléphants, si nous n’avons pas mis au point d’ici là une technologie capable de nous emmener sur une autre planète capable de supporter la vie, quitte éventuellement à la fabriquer. Dans cinq milliards d’années, la Terre sera physiquement détruite. En conséquence, la seule chance de la nature est un développement maximal de la technologie sans laquelle elle n’a aucune chance de survie. La nature a besoin de la technologie et la technologie a besoin du marché, sauf à considérer le développement technologique de l’URSS comme une référence.

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