jeu de l’ultimatum

thème: Un offreur reçoit 100 euros qu’il doit partager avec un autre. S’il partage mal, l’autre peut refuser. Et chacun perd tout. On refuse l’injustice au risque de perdre pour soi-même.

titre: jeu de l’ultimatum

Prenons l’exemple du jeu de l’ultimatum. Un offreur et un récipiendaire ne se voient pas, ne se connaissent pas. Deux joueurs, un offreur et un récipiendaire doivent se partager une somme d’un montant de 100 euros. L’offreur annonce une répartition (x, 1-x) ou x est le pourcentage pour l’offreur et (1–x) la part proposée au récipiendaire. Le récipiendaire décide d’accepter ou de rejeter l’offre. En cas d’accord, l’allocation finale est (100x, 100(1-x)). En cas de rejet, l’allocation finale est (0,0). Le jeu est « one shot » dans la mesure où aucun des joueurs ne rejouera plus avec l’autre. [voir Waldeck experimention, comportements et normes]

Le récipiendaire accepte volontiers de recevoir 50% ou 60% des 100 euros. Mais la moitié des récipiendaires refusent de recevoir moins de 20% des 100 euros. De telles proportions de refus se répètent à chaque expérience du même type. Comment analyser un tel comportement de refus du récipiendaire?

Imaginons une variante purement aléatoire de ce même jeu. Le récipiendaire sait que l’offreur est un ordinateur qui choisira aléatoirement une proportion entre 100 et 0. Le récipiendaire acceptera alors tout argent, quelle que soit la proportion. Cette acceptation est systématique lorsque le récipiendaire sait qu’une machine ne l’insulte pas. C’est un jeu purement aléatoire.

Cette acceptation du récipiendaire montre qu’un éventuel refus du récipiendaire provient exclusivement d’un certain jugement sur la personnalité de l’offreur. Cette personnalité de l’offreur apparait uniquement au travers de sa proposition de partage. Le récipiendaire juge l’offreur grâce à son offre. C’est bien l’offreur qui est ainsi jugé, et non pas son choix de partage. On refuse un don lorsqu’il claque comme une insulte. Le récipiendaire ressent un mépris et un arrogance méprisante et discourtoise dans l’acte du vendeur. C’est, amha, la raison de son refus.

Imaginons encore une autre variante de la règle du jeu. L’offreur n’a pas le droit de verser plus 20% des 100 euros. Tous les récipiendaires accepteront alors de recevoir une somme de 20 euros.

Imaginons encore une autre variante de la règle du jeu. Dans la moitié des cas, l’offreur doit verser exactement 10% des 100 euros. Dans un tel cas, le récipiendaire hésitera à juger sévèrement l’offreur d’une offre à 10% est-ce une obligation? L’offreur l’insulte-t-il indirectement en lui proposant si peu? Ou bien y était-il contraint par la règle du jeu? Toute impossibilité de juger l’offreur induira chez le récipiendaire un comportement d’acceptation probablement systématique des 10 euros versés.

Ce refus du récipiendaire s’analyse comme un refus d’un don insultant, comme un sentiment d’injustice.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

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