contre l’étalon-or

thème: La discipline de l’étalon-or éviterait certaines dérives du système monétaire. Mais l’étalon-or induirait d’autres dysfonctionnements économiques. Le free-banking propose un système monétaire idéal.

titre: contre l’étalon-or

1. monnaie écossaise
Entre 1715 et 1844, L’Ecosse était une zone de free-banking. L’Etat n’intervenait pas dans la monnaie. Il n’existait pas de banque Centrale. La monnaie écossaise du 18e siècle était un contrat commercial ordinaire. Chaque billet de banque était une promesse de la banque de verser la quantité d’or indiquée sur le billet. Ce versement devait se faire sous un certain délai. La banque publie le contrat de monnaie. Le contrat de monnaie contient les obligations contractuelles de la banque. Chaque billet de banque est une obligation de la banque.

2. réserves fractionnaires
La banque écossaise avait peu d’or. Mais elle avait suffisamment de biens immobiliers. Chaque banque émettait plus de monnaie que l’or dans ses coffres. En cas de ruée bancaire, elle vendait un bien immobilier contre de l’or afin d’honorer ses obligations.

3. création monétaire par le prêt bancaire
Chaque création de monnaie provenait d’un emprunt bancaire. La banque échangeait des billets de banques contre une reconnaissance de dettes. Un billet de banque était une créance sur la banque. La reconnaissance de dettes était une créance sur l’emprunteur. Cet échange de créances reste le principe actuel de la création monétaire.

4. reconnaissance de dette
Pour la banque, la valeur de la reconnaissance de dette est supérieure à la monnaie émise. Sinon, il n’aurait pas fait l’échange. Et en effet, la reconnaissance de dette fournit des intérêts à la banque. Pour une autre banque, cette créance sur tel emprunteur a une valeur quasiment égale. C’est ainsi qu’une banque peut vendre une créance sur un emprunteur à une autre banque.

5. créances sur les emprunteurs
Le principal actif d’une banque est la valeur des créances qu’elle possède. Les autres biens forment un actif dont la valeur est souvent bien inférieure. La valeur totale des créances sur les emprunteurs est supérieure à la masse monétaire émise. Une partie des reconnaissances de dette sont des actifs peu liquides, ayant une faible vendabilité. Des accords entre banques permettent d’accroître la vendabilité des créances sur les emprunteurs.

6. stabilité de la monnaie écossaise
En quelques 150 ans, aucun utilisateur de ces monnaies écossaises ne fut spolié. Et la monnaie ne subit aucune dépréciation par rapport à l’or. Cette période est donc une référence utile pour comprendre le fonctionnement de la monnaie actuelle.

7. utilité du prêt bancaire
Le prêt bancaire permet de produire avant, donc de produire plus. Le prêt bancaire accélère la croissance. Cette monnaie moderne permit de prêts bancaires plus nombreux. Elle contribua ainsi à la prospérité de l’Ecosse du 18e siècle.

8. étatisation de la monnaie
La cupidité des Etats fut le véritable motif de l’étatisation progressive de la monnaie à partir de 1850. Un billet de banque restait une obligation de la Banque Centrale. Mais cette obligation n’était plus contractuelle. C’était devenu une obligation politique. Et l’Etat modifie ses obligations politiques selon ses possibilités de remboursement.

9. coût financier d’immobilisation de l’or
Un inconvénient du fonctionnement d’une banque écossaise était fut qu’elle devait conserver une certaine quantité d’or. Cet or représente du capital stérile. Le coût de cette immobilisation stérile augmente nécessairement le coût des prêts bancaires. Et ce coût supérieur réduit la masse des prêts bancaires, donc réduit la croissance économique.

10. monnaie de Banque Centrale
Le système de Banque Centrale avec cours forcé permet de supprimer ce coût financier. Il permet donc un moindre coût des prêts. Il induit ainsi plus de prêts bancaires et donc plus prospérité. Chaque reconnaissance de dette vaut plus que la monnaie émise. La valeur des actifs de chaque banque est donc supérieure à la monnaie émise.

11. monopole monétaire perverti
Sur le papier, le système de Banque Centrale avec cours forcé semblait être le saint Graal de la monnaie. Malheureusement, tout monopole étatique se pervertit de lui-même. Le monopole monétaire est pervertit.

12. prêteur en dernier ressort
Le rôle de prêteur en dernier ressort de la Banque Centrale garantit qu’aucune banque de second rang saine ne manquera de liquidité.

Nul est incapable d’évaluer objectivement la valeur des actifs d’une banque commerciale. Une Banque Centrale en est tout aussi incapable, sauf dans quelques cas évidents.

La crise de 2008 a montré que le mécanisme de prêteur en dernier ressort était bloqué par cette impossibilité d’évaluer les actifs d’une banque commerciale. 2008 aussi montré que la Banque Centrale avait besoin de trop longs délais pour exercer cette obligation de prêteur en dernier ressort

13. concurrence monétaire interdite
Un système de banque privée de type écossais serait un concurrent sérieux aux monnaies étatique. L’Etat interdit les monnaies privées, c’est à dire qui ne seraient pas contrôlées par l’Etat. En effet, ces monnaies privées risqueraient d’être préférées aux monnaies étatiques. Mais nul ne sait si elles seraient réellement meilleures.

14. valorimètre de la monnaie
Les banques écossaise avaient choisi l’or comme valorimètre de leur monnaie. L’or est resté longtemps une manière pratique de mesurer la valeur d’une monnaie. Aujourd’hui, la valeur d’une monnaie est fondée sur la mesure d’un indice des prix dans une zone géographique.

15. retour à l’étalon-or
Un hypothétique retour à l’étalon-or est étudié. Il permettrait de mesurer la valeur de la monnaie sans manipulation de quiconque. La quantité d’or est limitée. les capacités d’extraction d’or sont aussi limitées. L’étalon-or limite ainsi la production de monnaie automatiquement. En effet, lorsque l’or devient plus rare, il est plus cher, le prêt devient plus cher.

16. conversion de la monnaie en or
Une banque qui émet de la monnaie fondée sur un étalon-or doit soit posséder suffisamment d’or en cas de ruée bancaire. Ou bien la banque doit posséder suffisamment d’actifs vendables pour acheter de l’or sans délai important.

17. un certain seuil
Si le volume de cette demande d’or reste inférieure à un certain seuil, le prix de l’or reste stable par rapport aux autres prix. La banque peut ainsi obtenir de l’or en vendant quelques uns de ses actifs vendables.

Si la demande d’or dépasse un certain seuil, la rareté devient forte. Les stock d’or sont limités. Les capacités des production d’or sont limités à court terme. Il s’ensuit une augmentation relative du prix de l’or qui nuit au bon fonctionnement des monnaie fondée sur un étalon-or.

L’existence de ce seuil est certaine. Mais nul ne sait, a priori, à quel niveau de demande est ce seuil.

18. problème de la ruée bancaire
Une ruée bancaire est la demande simultanée de remboursement faite par un grand nombre de possesseurs d’une monnaie. En cas de ruée bancaire de grande ampleur, la demande d’or dépasse un certain seuil. Le prix de l’or monterait vers des sommets. La banque risquerait ne plus obtenir cet or devenu trop cher pour lui. Ou bien l’emprunteur ne pourrait plus rembourser tant l’or serait devenu cher pour lui. Dans les deux cas, il s’ensuit un risque de faillite de certaines banques.

19. convertibilité et probabilité
Si une monnaie est librement convertible en or, il est prudent qu’il existe dans le monde, plus d’or que la masse monétaire émise. La détention monétaire de l’or par les banques ne suffit pas à assurer une totale convertibilité en or. La demande de conversion en or reste faible en temps ordinaire.

Une demande convertibilité est une demande humaine, dépendant de volontés humaines. Cet évènement n’obéit pas aux conditions mathématiques qui permettent de définir une probabilité.

Il serait incohérent de concevoir un système monétaire sans considérer attentivement les conséquences d’une ruée bancaire exigeant une totale conversion de la monnaie en or.

20. cours forcé et étalon-or
Il n’est pas durablement possible d’utiliser l’étalon-or tout en interdisant la libre convertibilité en or. On a pu croire que l’or ne pourrait servir qu’aux échanges interbancaires. La détention d’or a usage monétaire serait alors interdite aux citoyens. Un tel système monétaire méconnaître qu’il existe nécessairement une exigence ultime de convertibilité en or.
Un tel système monétaire serait incohérent et destiné à disparaître.

20. avantage temporaire du cours forcé de la monnaie
L’Etat peut envisager l’instauration d’un cours forcé et une interdiction de convertibilité de la monnaie en or. Ainsi, la valeur de la monnaie bénéficie de l’étalon-or et le risque de conversion est supprimé par la loi. Un tel système monétaire se fonderait sur une interdiction mondiale, dans chaque pays de posséder de l’or. Tant que tous les Etats ne sont pas unanimes pour abolir la liberté individuelle de posséder de l’or, une telle interdiction est fragile.

22. inutilité de la convertibilité d’une monnaie étatique
Un avantage de la monnaie étatique est qu’il autorise la banque à ne pas immobiliser d’or. Ainsi la banque peut prêter à moindre coût. La croissance économique est plus rapide. Obliger une banque étatique à posséder de l’or serait renoncer au seul avantage objectif de la monnaie étatique.

23. monnaie privée avec étalon-or
Une monnaie privée a une obligation contractuelle de convertibilité. Cette obligation induit un coût d’exploitation pour la banque. Soit la banque possède un stock d’or stérile. Soit elle possède des actifs vendables rapidement pour acheter de l’or. Dans les deux cas, l’obligation de convertibilité augmente son coût d’exploitation. Une monnaie étatique sans convertibilité permet de proposer des prêts à un coût moindre.

24. coûteuse perversion d’une monnaie étatique
Si l’Etat était sage et vertueux, une monnaie étatique sans convertibilité serait efficace. Elle pourrait même ouvrir son marché à la concurrence des monnaies privées sans risque de péricliter. Mais, l’Etat peut modifier unilatéralement un règlement monétaire instauré par lui-même. L’Histoire montre que cette possibilité est une tentation forte pour un Etat souvent jugé par l’opinion pour sa capacité à dépenser.

25. commodity et valorimètre de monnaie
Au delà d’un certain seuil de la demande, le prix relatif de l’or augmente. Cette variation du prix de l’or devient nuisible aux autres secteurs économiques.

L’or n’est pas la seule manière de fonder une monnaie convertible. Une banque pourrait imaginer de choisir une autre matière première, une autre commodity, comme sous-jacent de sa monnaie. Les autres commodities présentent le même risque d’effet de seuil. Au delà d’un certain seuil de la demande, le délai de production est trop important pour éviter une flambée des prix nuisible au bon fonctionnement d’une monnaie

26. limitation de la masse monétaire
Une banque peut choisir de ne plus émettre de la monnaie lorsque la masse de commodity disponible sur le marché est inférieure à un certain seuil.

27. coût financier du stock et choix de la commodity
Le coût financier du stock est le même quelque soit le choix de la commodity. Pourtant, le choix de la commodity n’est pas indifférent. Le comportement du cours de telle commodity a une importance pour la choisir comme valorimètre de monnaie.

28. panier de commodities
Afin d’augmenter la masse monétaire en circulation, cette banque pourra choisir d’émettre une monnaie fondée sur un panier de commodities convenablement choisies. D’un coté, cette banque réduit son risque d’instabilité en diversifiant les commodities. D’un autre coté, elle augmente le risque de déstabiliser sa monnaie dans le cas où une seule des commodities choisies subirait une variation de cours importante.

29. plusieurs valorimètres de monnaies
Une même banque pourra choisir d’émettre plusieurs monnaies, chacune fondée sur une commodity différente. Cette diversité de valorimètres lui permet d’accroître ses émissions de monnaie en réduisant le risque d’atteindre l’effet de seuil qui déstabilise la valeur d’une monnaie.

30. stabilité d’une monnaie privée
Le fonctionnement d’une monnaie privée est une logique commerciale robuste et facile a comprendre. Comme toute entreprise, une banque privée peut devenir instable. Une monnaie privée aurait des risques d’instabilité. Mais elle ne provoquerait pas nécessairement une crise systémique.

31. contre l’étalon-or
– Un étalon-or est une discipline destinée à dissuader un Etat de manipuler sa monnaie. Mais l’Etat inventera des subterfuges pour contourner cette discipline. L’Histoire a montré que l’Etat renonce à cette discipline au moments précis où elle aurait été utile.
– Le choix d’un étalon-or pour une monnaie étatique obligerait l’Etat à posséder des masses d’or importantes. Cette immobilisation d’un capital stérile augmenterait le coût des prêts bancaires. La croissance économique serait réduite.
– la crise monétaire de 2008 avait pour origine des erreurs de réglementation de l’Etat américain. Ces erreurs auraient pu se produire avec un étalon-or.

32. éloge de la monnaie étatique
Une monnaie étatique avec cours forcé sans convertibilité peut fonctionner correctement. Comme tout monopole, elle est non optimale et engendrera des coûts de monopole. Elle est soumise au risque des foucades de l’Etat.
Mais elle présente l’avantage d’éviter le coût d’immobilisation d’or. Elle permet ainsi de faire des prêts à moindre coûts.

33. interdiction de la concurrence monétaire.
L’Etat interdit la circulation de monnaies concurrente à la monnaie officielle, légale. le principal moyen d’interdiction est d’augmenter le coût de transaction de ceux qui utilisent une autre monnaie.

34. plaidoyer pour les monnaies privées
La seule objection valable aux monnaies privées est le coût d’immobilisation du stock d’or ou d’une autre commodity. Mais cette objection ne justifie pas l’interdiction légale des monnaies privées.
Or une banque privée sait réduire ce coût financier d’immobilisation d’une commodity. Une banque saurait même créer une monnaie qui serait fondée sur autre chose que sur le cours d’une commodity.
L’autorisation de chaque citoyen de commercer en dollar sur le sol de l’euroland serait un premier pas juridique vers une autorisation d’autres monnaies concurrentes.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

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