financer un grand emprunt

titre: Comment financer un grand emprunt sans alourdir le déficit public ni la dette des générations futures ?

mon commentaire complet à l’article du site chômage et monnaie: Comment financer un grand emprunt sans alourdir le déficit public ni la dette des générations futures ?
[Sur le site de « chômage et monnaie », j’en ai publié seulement les deux derniers paragraphes. Mon commentaire avait jugé un peu trop long.]

La dette d’une société mère envers sa filiale 100% ne change pas le bilan consolidé d’un groupe industriel. Souvent un groupe bancaire centralise les divers comptes des succursales du groupe industriel afin d’optimiser la trésorerie de ce groupe industriel. Il aurait du en être de même des dettes de l’État envers sa Banque Centrale. Vous dites très justement que le secteur public est capable de créer de la monnaie pour se le prêter à lui-même. C’est certain. C’est un débat qui aurait donc du être sans conséquences pour le peuple. Or il y a des conséquences qui coutent à l’État.

A cause d’un règlement administratif, la banque commerciale facture à l’État une marge commerciale bien supérieure à son effort. Cette marge commerciale sur les prêts à l’État est une rente de situation. Cette rente augmente d’autant le cours en Bourse de chaque banque commerciale.

Un État cède plus facilement aux pressions des lobbies influents qu’aux exigences austères d’une bonne gestion. C’est la première raison de l’obligation d’un État d’emprunter aux banques commerciales plutôt qu’à sa Banque Centrale. Un État mal géré est un État trop dépensier. Un État bien géré aurait avantage à emprunter à la Banque Centrale, plutôt qu’aux banques commerciales. Néanmoins, on peut se poser la question de savoir si cette obligation de l’État d’emprunter aux banques commerciales est une bonne réponse au risque d’un État trop dépensier.

Chaque unité monétaire est, pour l’utilisateur, une promesse de l’État d’un certain pouvoir d’achat. Le niveau de ce pouvoir d’achat dépend de l’offre de marchandises et de la demande de marchandises. L’argent de l’emprunt est dépensé et augmente la demande, donc augmente les prix.

Vous répondez d’avance à cette objection en disant que l’offre serait excédentaire en période de crise. Certes, mais nul ne connait l’amplitude d’une telle offre excédentaire. De plus, une intervention de l’État est rarement faite au bon moment. Trop tôt, elle est sans effet. Trop tard, elle tue un début de reprise spontanée.

L’État ne produit pas directement une offre marchande. Donc les prix restent hauts. Un emprunt d’État est donc une contribution nette à l’inflation. Là encore, vous anticipez cette objection. Un investissement de l’État peut être indirectement productif. Vous supposez donc le cas du financement par l’État d’un « goulot d’étrangement » de l’activité. Cette dépense de l’État induit alors une plus forte productivité des agents économiques. Et une plus forte production nationale. Votre argument me semble trop optimiste.

La question majeure d’un grand emprunt d’État est, amha, celle du remboursement. C’est à dire du risque de faillite de l’État. Un potentiel de hausse de l’impôt rassure les créanciers de l’État. Mais existe-t-il un seuil d’emprunt à ne pas dépasser? et quel serait ce seuil? en sommes-nous proche? existe-t-il un risque de une faillite de l’État français? Votre article ne traite pas de ces questions qui sont, amha, inséparables d’un grand emprunt.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

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