monnaie, coproduction Etat-banques

thème: La monnaie est une coproduction de l’Etat et des banques. L’Etat accepte que la monnaie émise par les banques ait le même nom que la monnaie légale. Les banques émettent leur monnaie par délégation de pouvoir de la Banque Centrale.

titre: monnaie, coproduction Etat-banques

La monnaie est une coproduction de la Banque Centrale et des banques commerciale. Le pouvoir d’achat de la monnaie est garantie par la Banque Centrale. La Banque Centrale prête aux banques commerciales. Elle a renoncé à prêter directement aux agents économiques. Une banque commerciale prête la quantité de monnaie autorisée par la banque Centrale. Et la seule monnaie autorisée est la monnaie ayant une valeur identique à la monnaie de banque centrale.

Certes, sur le compte bancaire d’un client de la BNP, c’est de la monnaie secondaire, ce sont des euro-BNP. Ce n’est pas de la monnaie centrale. Mais la Banque Centrale accepte cette confusion des noms entre « euro-BNP » et « euro de Banque Centrale ». Chaque euro-BNP est une promesse de livrer un euro de banque centrale.

La Banque Centrale accepte donc que le client de la BNP imagine que les euro-BNP sur son compte seraient des euros de la Banque Centrale. La création monétaire d’une banque commerciale est encadrée, limitée étroitement par le règlement de la Banque Centrale. Il est donc excessif de soutenir que les banques commerciales seraient les responsables de la création monétaire. Dans cette coproduction de monnaie, la banque commerciale, dite banque secondaire, agit en délégation du pouvoir monétaire de la Banque Centrale.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

2 Responses to monnaie, coproduction Etat-banques

  1. TL says:

    Démonstration vraiment intéressante.
    On devrait effectivement distinguer les euro-bnp, euro-sg, euro-ca, etc…

    Cela étant, votre chapô par de l’Etat, et aucune référence n’y est fait par la suite dans le corps de l’article, alors qu’il joue effectivement en grand rôle par la Loi.

    J’ajouterai que l’assurance des dépôts bancaires par les Etats, et les procédures de sauvetage quasi-systématiques des banques commerciales par les banques centrales (Lehmann Brothers n’étant que l’exception qui confirme la règle, et encore : 90% de Lehmann Brothers a en réalité été sauvé) font tendre la substituabilité entre monnaie centrale et monnaie secondaire vers 100%.

  2. gidmoz says:

    @TL
    Oui, pour la clarté de la théorie monétaire, il serait utile de nommer différemment chacune des monnaies. Certes tous les économistes voient la différence de nature entre la « monnaie centrale » et la nature de la monnaie émise par la banque de second rang. Néanmoins, la facilité de langage d’utiliser le même mot « euro » induit une confusion dans le discours des économistes.

    Le public qui tente comprendre la théorie monétaire est, lui aussi, induit en erreur par cette facilité de langage de confondre un euro et un euro-BNP. Certains sont troublés au point de croire que la BNP « prêterait de l’argent qu’elle n’a pas ». Ce raisonnement est pourtant bien logique si on ignore la différence entre les deux types de monnaies.

    Oui, dans mon billet, j’avais omis de préciser le lien entre l’Etat et la Banque Centrale. C’est un lien juridique simple. L’Etat donne, à une Banque Centrale, la mission de gérer son monopole monétaire. Le fait que cette Banque Centrale soit une administration ou une société de droit privée ne change rien à la nature de cette mission. Le Code Monétaire est l’expression des règlements permettant un bon fonctionnement de la monnaie entre la Banque Centrale et les banques de second rang.

    Oui, l’assurance de l’Etat sur les dépôts bancaires jusqu’à 100000 euros peut laisser perplexe celui ignore que l’euro sur son compte BNP n’est pas un euro de la Banque Centrale. Celui-là peut se demander pourquoi l’Etat promet-il de garantir ce qu’il a lui-même créé et émis. C’est un autre exemple de la confusion induite pas la confusion euro et euro-BNP.

    Depuis ses débuts, la Banque Centrale cherche un moyen réglementaire pour limiter l’émission monétaire totale. Son but, sa mission est de garantir une certaine stabilité de la valeur de la monnaie. Or une trop grande quantité de monnaie peut conduire à une plus grande demande, donc à une hausse des prix anormale. On a abandonné la régulation par les quotas et autres techniques ayant des effets secondaires trop nuisibles. L’algorithme actuel de régulation automatique de la masse monétaire émise est ajusté de manière purement pragmatique en sorte « que ça marche ».

    Il n’y a donc pas de règle d’or fixe et inflexible sur cette limite de la masse monétaire. De plus, on peut légitimement douter que la masse monétaire serait une cause de l’inflation. L’endettement de l’Etat crée de la monnaie, augmente la demande, mais n’augmente pas l’offre marchande. L’endettement de l’Etat me semble être une cause bien plus probable de l’inflation des prix. Inversement un emprunt destiné à la production contribuera à une hausse de la demande. Mais après un délai de production, l’offre marchande sera bien supérieure à la demande initiale. Il contribuera ainsi à la baisse des prix.

    La Banque Centrale dispose du pouvoir de transgresser ces règles arbitraires et approximatives. Il n’y a donc pas de raison objective de refuser de prêter des liquidités à une banque ayant un bon bilan. Cela tient à la logique monétaire, et non pas au laxisme de la Banque Centrale. Le sauvetage quasi-systématique des banques était justifié.

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