crédit et épargne

thème: La masse monétaire doit-elle être limitée par l’épargne? la réponse est non. Une creation de monnaie crée-telle de nouvelles richesses? La réponse est oui.

titre: crédit et épargne

Peut-on prêter plus de monnaie qu’il existe de ressources à acheter? Pour certains, la réponse est négative. Leur raisonnement est le suivant: « Toute demande est une demande de marchandises existantes, de richesses existantes. On ne peut dépenser des choses qui n’existent pas. Le crédit ne crée pas des ressources nouvelles. On ne peut pas investir des matériels qui n’existent pas. Le crédit peut allouer des ressources, mais ne peut pas en créer. Le crédit doit donc être fondé sur l’épargne. L’épargne correspond à cette richesse disponible qui peut être utilisée pour acheter des marchandises. Il existe des marchandises correspondant au montant de l’épargne. Il ne faut donc pas prêter plus que le montant de l’épargne « .

Je propose une réfutation de ce raisonnement économique. Il résulte de plusieurs erreurs économiques.

Un prêt bancaire de monnaie contemporaine est une double création de valeurs. D’une part, la banque crée des créances à court terme qui sont des promesses de livrer des choses ayant une certaine valeur. La banque doit trouver sur Terre des biens liquides qui garantiront le prêt. Des biens immobiliers peuvent servir de garantie. Des titres financiers peuvent servir de garantie. Il est incohérent d’imaginer que la possession d’or serait la seule garantie de valeur pour émettre de la monnaie à étalon-or.

D’autre part, l’emprunteur crée une reconnaissance de dette qui l’obligera à utiliser son temps libre pour produire des marchandises. Son temps libre n’avait, a priori, aucune valeur pour autrui. Grâce à cette reconnaissance de dette, la valeur de son temps libre devient une marchandise qui lui permet d’acheter autre chose. En d’autres termes, la reconnaissance de dette est une marchandise qui est une force de travail qui s’emploiera à produire. Pour reprendre une expression imagée, la reconnaissance de dette « fait pousser des bras et de ressources ». Cette reconnaissance de la dette de l’emprunteur a une valeur immédiate, alors qu’elle promet des richesses futures.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

3 Responses to crédit et épargne

  1. Balder says:

    Dans le monde bancaire tel qu’il existe aujourd’hui et sans remise en cause du monopole monétaire ou de l’existence des banques centrales, je ne pense pas que vous soyez pour une intervention visant à baisser les taux d’intérêt afin d’augmenter donc le nombre de crédit. Or, à vous lire cela serait pourtant créateur de richesse. Vous pourriez préciser votre point de vue ?

  2. gdm says:

    @Balder
    La monnaie de Banque Centrale est une monnaie artificielle construite autour des règles administratives arbitraires et contestables. Elles sont souvent modifiées pour espérer en corriger certains défauts. Il n’existe même pas de définition juridique de la monnaie! Un économiste ne peut raisonner qu’en termes d’échanges de biens économiques, en terme d’échange de droits de propriété. Cette absence de définition juridique de la monnaie interdit donc à l’économiste de raisonner logiquement. Il en est réduit à interpréter des règles arbitraires. L’économiste en est réduit à enquêter pour découvrir les droits et les obligations qui lui semblent être, de fait, constitutifs du droit de propriété sur une unité monétaire. Comme dans tout monopole étatique, les règles administratives de fonctionnement tentent de simuler un hypothétique marché libre.

    C’est ainsi qu’il faut comprendre l’utilité et les limites de la discipline de l’étalon-or pour une monnaie étatique de Banque Centrale. L’étalon-or est une limite administrative arbitraire puisqu’elle limite la nature des biens garantissant la valeur de la monnaie. Dans l’étalon-or, seul l’or est la référence. Cette limitation est arbitraire et sans fondement économique prouvé. Mais un étalon-or peut fonctionner en théorie et résout certaines contradictions des règles administratives d’un tel monopole.

    Vous me demandez de vous répondre sur telle action de la Banque Centrale se situant dans ce contexte économique monétaire totalement artificiel. Par l’usage, les économistes ont réussit à comprendre certaines conséquences économiques des règles administratives liées à la monnaie. Je raisonne différemment.

    Mon processus de découverte est de raisonner dans une zone de free-banking. Et ensuite de me demander dans quelle mesure le système artificiel de Banque Centrale serait capable de simuler ce fonctionnement libre de la monnaie.

    En système de Banque Centrale, le processus de création monétaire est doublement aveugle. Sur l’offre et sur la demande.

    Dans une zone de free-banking, un taux d’intérêt est le résultat du sentiment de la banque prêteuse sur le risque lié à la variation des indices économique, lié à la fiabilité de l’emprunteur, lié à la difficulté d’acheter des biens suffisamment liquides. En effet, la banque verse des créances liquides à l’emprunteur(la monnaie) et reçoit en échange une créance peu liquide, c’est à dire la reconnaissance de dette de l’emprunteur. Le travail de la banque est la recherche de ces créances liquides. L’emprunteur la rémunère pour ce travail par le versement d’un taux d’intérêt sur le prêt.

    Dans une zone de free-banking, le concept de masse monétaire globale est absurde. En effet, toute marchandise peut devenir une monnaie pour certains agents économiques. De nombreux titres financiers actuels seraient de bons candidats pour devenir une monnaie. C’est ainsi, qu’il n’existe pas de frontière définissable entre les biens et la quantité de monnaie.

    Le système de Banque Centrale fonde sa logique de fonctionnement sur une certaine masse monétaire. Est-elle trop grande? trop petite? Une limitation arbitraire de la masse monétaire permet de mieux fixer les règles administratives monétaires. L’étalon-or fixe une limite par la masse monétaire. C’est son mérite. La Banque Centrale contemporaine agit sans véritable théorie cohérente. Parce qu’il ne peut pas exister de théorie cohérente de la monnaie étatique.

    Un ivrogne recherche ses clés sous un réverbère alors qu’il les a perdues ailleurs dans l’obscurité. Sa raison est que le réverbère est le seul lieu où il peut voir. Raisonner en terme de masse monétaire globale est un raisonnement analogue au raisonnement de l’ivrogne. « On » limite la masse monétaire car au moins, « on » sait alors inventer un système monétaire qui a une certaine logique de fonctionnement. Ou pire, « on »(l’ivrogne) fait une monnaie unique administrée avec moins de concurrence monétaire, car au moins, on pourrait mieux comprendre et anticiper son fonctionnement. La concurrence est le seul moyen de démontrer la fausseté d’une théorie économique. Alors, « on » réduit la concurrence monétaire pour moins voir la fausseté du système monétaire.

    Avec les dérives actuelles, la théorie de la monnaie étatique devient plus floue encore. Le concept de masse monétaire et sa limite serait moins pertinent. Les plus beaux esprits économistes peuvent démontrer tout et son contraire. Cette présence simultanée d’opinions contraire prouve une incohérence fondamentale des concepts du fonctionnement de la monnaie étatique.

    Après ce long préambule, je reviens à votre question. La Banque Centrale maîtrise entièrement la monnaie par les règles qu’elle impose. Du moins, elle en est responsable. Puisqu’elle interdit toute concurrence, elle se rend responsable des dysfonctionnements. C’est toujours à la Banque Centrale d’intervenir pour ajuster des règles nécessairement temporaires. Imaginer que le marché pourrait s’ajuster automatiquement en matière monétaire est une sottise. Puisque c’est la Banque Centrale qui édicte les règles approximatives. Chaque échec du marché dans le domaine des banques doit s’interpréter comme une défaillance du choix des règles faits par la Banque Centrale.

    C’est à la Banque Centrale de choisir si elle intervient ou non. La Banque Centrale est cet ivrogne qui préfère travailler sous le réverbère du monopole monétaire car cela lui permet de fabriquer des règles qui fonctionnent a peu près. Alors que les clés d’un bon fonctionnement de la monnaie est dans la zone d’ombre, dans le free-banking, hors de vue des experts étatiques. C’est l’inconnue du marché libre. La clé que recherche cet ivrogne, qu’est la Banque Centrale, est dans le free-banking. Je ne peux donc me hasarder à répondre à votre question qui suppose la maintien de la Banque Centrale. Il s’agit d’un savant dosage entre les remèdes étatiques pour soigner un malade. Malade de manque de liberté économique.

    Dans une zone de free-banking, le capital suffisamment liquide pouvant garantir une émission monétaire est abondant et disponible. Les Bourses de valeurs deviennent libres. Chaque bien possédé sur Terre peut devenir liquide en devenant un fondement, un sous-jacent, d’un outil financier. Ce sont les commodities, ce sont de nombreux titres financiers. Ce seront des outils financiers ad hoc. L’abondance de monnaie permettra des taux d’intérêt plus bas. La suppression d’un monopole étatique fera apparaître les bienfaits de la concurrence et de la baisse des prix.

  3. Balder says:

    Je sais bien que vous raisonnez dans un paradigme différent mais votre avis sur la question m’intéressait tout de même. Je vous remercie d’avoir pris le temps de rédiger une réponse, très complète qui plus est.

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