monnaie forcée

thème: La monnaie contemporaine est-elle fondée sur la confiance ou sur la contrainte légale. Le terme « monnaie fiduciaire » renvoie à fides », mot latin pour la confiance. La monnaie est forcée, puisque fondée sur la contrainte légale.

article: monnaie forcée

Le terme exact pour la monnaie contemporaine serait plutôt le « cours légal » que le « cours forcé ». Le « cours forcé » est un terme peu désuet depuis que la Banque Centrale ne mentionne aucune valeur de la monnaie qui soit « convertible ». On peut même se demander si le concept de convertibilité aurait encore un contenu pour la monnaie contemporaine. Le concept de convertibilité pourrait, amha, trouver une signification pour une monnaie contemporaine.

Le cours légal est l’obligation d’accepter cette monnaie en paiement. Le « cours forcé » est l’absence de convertibilité de la monnaie. Le terme anglais « forced currency » signifie à la fois le « cours forcé » et la « monnaie forcée ». Ce contexte sémantique est la raison pour laquelle, je me permet de qualifier la monnaie actuelle de « monnaie forcée ».

Le terme « monnaie forcée » rappelle que le fondement de la monnaie actuelle n’est pas la confiance, mais la contrainte légale. L’interdiction de toute autre monnaie, et l’exigence d’une monnaie pour échanger, donne une valeur artificielle et fabriquée à la seule monnaie autorisée. On entend encore trop souvent que la monnaie serait une convention sociale, serait une confiance partagée.

La monnaie contemporaine est une « monnaie forcée ». Son existence et sa valeur proviennent, non pas de la confiance, mais de l’obligation légale de l’utiliser, et de l’interdiction d’en utiliser une autre. Il est donc logique, et vital pour l’État, que l’État interdise énergiquement la circulation des autres devises.

Pourtant, les monnaies du 19e siècle étaient des promesses commerciales ordinaires. Chaque billet, chaque unité monétaire, était une promesse commerciale de verser tel poids d’or. La monnaie est alors si simple à comprendre. Est-ce possible que ce principe monétaire si simple convienne pour la complexité du monde moderne? amha, la réponse est oui.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

5 Responses to monnaie forcée

  1. Bonjour gdm.

    Là encore, je ne suis pas contre la remarque suivante: « La monnaie contemporaine est une « monnaie forcée ». Son existence et sa valeur proviennent, non pas de la confiance, mais de l’obligation légale de l’utiliser, et de l’interdiction d’en utiliser une autre. Il est donc logique, et vital pour l’État, que l’État interdise énergiquement la circulation des autres monnaies. »

    Mais nous divergeons sans doute sur vos conclusions, et sur le rôle de la monnaie, et de l’état.

    Vous semblez un adepte du « free banking », chaque banque passant un contrat clair avec tous ceux qui acceptent leur monnaie: au delà d’une confiance, plus ou moins discutable, vous postulez que le risque pris par une banque privée en émettant sa propre monnaie l’empêchera d’en faire – ou d’en émettre – trop.

    Je pense que vous n’avez pas du entendre parler de la fable du pot de fer contre le pot de terre. Faire un procès à une banque pour abus d’émission, ce ne doit pas être simple … Rappelez vous aussi l’affaire du Crédit Lyonnais.

    Bien à vous, B.L.

    • gdm says:

      @Bruno Lemaire
      La promesse de la banque privée est de verser tant d’or pour chaque unité monétaire. Ou bien de payer une indemnité pour un retard excessif de livraison de l’or. Le contrat d’émission monétaire stipule les détails. C’est une promesse commerciale ordinaire. Une banque qui ne respecte pas sa promesse sera punie par les tribunaux. Pourquoi craignez-vous qu’il en soit autrement?

      Néanmoins, pour aller dans votre sens, j’ai lu une intéressante controverse sur le free-banking écossais entre 1715 et 1845. 30 banques concurrentes sans intervention(presque) ni contrôle de l’Etat pendant 130 ans. Voir mon article sur mon blog à « controverse ». Bizarrement, un tribunal écossais avait donné raison à une banque qui refusait de verser l’or à un utilisateur de billet. A mon avis, un tel refus de la banque est désastreux pour sa réputation. Il faudrait que les historiens explorent davantage les causes de cette bizarrerie judiciaire.

  2. M.H. says:

    gdm,

    « Bizarrement, un tribunal écossais avait donné raison à une banque qui refusait de verser l’or à un utilisateur de billet. A mon avis, un tel refus de la banque est désastreux pour sa réputation. Il faudrait que les historiens explorent davantage les causes de cette bizarrerie judiciaire. »

    A ceci près que j’en ai fourni la réponse dans mon article. Peut-être ne l’avez-vous pas lu en entier. Je croyais que White avait été très clair.

    • gdm says:

      @M.H.
      Le lien vers votre excellent article est free-banking-in-scotland-1716-1844-controversy-and-reply

      Rothbard conteste le free-banking en Ecosse. Vous dites « Rothbard raconte l’histoire d’un certain Archibald Trotter (durant les années 1750 semble-t-il) qui n’aurait jamais réussi à faire valoir ses droits devant les tribunaux. » Je n’ai pas été convaincu que la guerre aurait pu excuser la banque de ne pas honorer son contrat.

      Le free-banking en Ecosse existait, mais il était imparfait. L’Etat a parfois voulu légiférer sur certains points du contrat d’émission monétaire. La loi écossaise aurait supprimé l’ « option clause ». Désormais, les banques devaient verser l’or promis. Mais alors, une banque pouvait-elle inclure librement, dans son contrat d’émission monétaire, un taux d’intérêt en cas de retard de livraison de l’or promis?

  3. M.H. says:

    Je vous recommande de relire à nouveau. C’est bien précisé qu’il s’agissait surtout de protéger les déposants.
    Pour ce qui est de votre dernière question, c’est non. En 1765, la suspension de paiement, quelque soit sa forme, a été abolie. Si la banque ne peut pas rembourser le billet « sur demande » il y a certainement des pénalités. Et si ces pénalités prennent forme, admettons, en un taux d’intérêt ‘punitif’, ce n’est certainement pas la banque qui décidera du montant à rembourser pour dommage et intérêt, comme cela se faisait avec une option clause.

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