moins de banques centrales

thème: Panama n’a pas de Banque Centrale. Ses banques utilisent une monnaie équivalente au dollar US.

article: Moins de banques centrales s’il vous plaît

par Steve Hanke

Cet article paraît dans Globe Asia de juin 2007.

Les banques centrales émettent de la monnaie et disposent d’une grande latitude dans la conduite de la politique monétaire. Quoiqu’elles soient très répandues aujourd’hui, les banques centrales sont des institutions relativement récentes. En 1900, il n’y avait au monde que 18 banques centrales. En 1940, quarante pays en avaient une, et aujourd’hui il y en a 164. Avant l’apparition de la banque centrale (du nationalisme monétaire), le monde était dominé par des zones monétaires unifiées, ou blocs, dont la plus vaste était la zone sterling.

Dès 1937 le grand économiste Friedrich von Hayek avertissait que, si la mode de la banque centrale continuait, elle conduirait au chaos monétaire et à la propagation des crises bancaires. Ses prémonitions étaient justifiées. Les crises monétaires et bancaires — même si on n’en voit pas pour l’instant — ont envahi le système financier international avec une force et une fréquence toujours croissante.
En fait, pour la plupart des pays émergents dotés d’une banque centrale, une assez libre mobilité des capitaux a provoqué des mouvements financiers erratiques et des crises à répétition des taux de change et des systèmes bancaires nationaux. Que faudrait-il faire ?

La solution évidente pour les pays émergents et vulnérables est de se débarrasser de leurs banques centrales et de leurs monnaies nationales, et de les remplacer par une solide monnaie étrangère.

Panama est un des meilleurs exemples des avantages qu’apporte l’emploi d’un tel système monétaire. Depuis 1904, Panama se sert du dollar américain comme monnaie officielle. Par conséquent l’économie dollarisée de Panama fait officiellement partie de la zone monétaire la plus vaste du monde.
En 1970, pour intégrer son système bancaire aux systèmes financiers basés sur le dollar, le Panama a réformé ses lois bancaires. Ce qui a donné l’occasion aux banques internationales de s’engager avec vigueur dans la révolution de la banque offshore. La croissance du système bancaire de Panama montre à quel point les réformes de 1970 lui ont permis de profiter des tendances à la mondialisation et à la libre circulation des capitaux.

Le système monétaire dollarisé du Panama élimine ses risques de change et la possibilité d’une crise monétaire vis-à-vis du dollar. Et la possibilité de crises bancaires est atténuée parce que le système bancaire du Panama est intégré au système financier international.
La nature des banques du Panama est la clé pour comprendre pourquoi l’ensemble du système fonctionne si bien. Lorsque les portefeuilles de ces banques sont en équilibre, à la marge elles ne se soucient pas de savoir si c’est sur leur propre marché ou sur les marchés internationaux qu’elles manipulent la liquidité (en accroissant ou en réduisant leurs crédits). Lorsque varie leur capacité à faire du crédit, c’est sur tous les marchés, national comme international, qu’elles jugent les taux de rentabilité compte tenu du risque. Un surplus de liquidité s’investit chez soi si la rentabilité compte tenu du risque y dépasse celle des marchés internationaux, et à l’étranger si les taux de rentabilité y dépassent ceux du marché national.

Le processus est inverse lorsque la liquidité se raréfie. L’ajustement du portefeuille des banques est le mécanisme qui permet aux flux de liquidité d’entrer et de sortir sans dommage pour le système bancaire et pour l’économie. Les excédents et les déficits de liquidité sont rapidement absorbés, parce que les banques ne se soucient pas de savoir si c’est chez elles ou à l’étranger qu’elles placent leurs liquidités.
Panama n’est qu’une petite mare, mais son système bancaire la met en relation avec un immense océan de liquidités. Lorsque la rentabilité à Panama dépasse celle de l’étranger, Panama tire sur l’océan international de liquidités ; et lorsque la rentabilité à l’étranger dépasse celle de Panama, Panama rapporte de la liquidité (du crédit) à l’océan étranger. Pour poursuivre dans l’analogie, le système bancaire de Panama joue comme le Canal de Panama pour maintenir les deux réservoirs en équilibre.

Naturellement, avec un degré aussi élevé d’intégration financière, le niveau des crédits ne varie aucunement avec celui des dépôts.
Les résultats du système monétaire dollarisé de Panama, avec son système bancaire intégré au reste du monde, sont excellents quand on les compare à d’autres pays émergents.
· Les taux de croissance du PIB au Panama sont relativement élevés, et leur variabilité relativement faible. Ce qui est remarquable lorsqu’on considère que Panama est typiquement une économie duale : d’un côté le secteur des services (bancaires) est orienté vers l’exportation, fortement capitalisé, très productif ; il crée peu d’emplois et échappe généralement à l’ingérence des hommes de l’état. De l’autre, les secteurs agricole et industriel sont stagnants, fortement réglementés et subventionnés, inefficaces, en sureffectifs et non concurrentiels.
· Les taux d’intérêt reflètent les taux du marché mondial, compte tenu du risque et des coûts de transaction.
· Quand aux taux d’inflation, ils étaient un peu plus bas qu’aux États-Unis.
· Le taux de change en termes réels ont été très stables et en légère baisse par rapport à ceux des États-Unis.
· Le système bancaire de Panama, qui fonctionne sans banque centrale ni prêteur de dernier ressort, a montré qu’il était extrêmement résistant.
· En 1988, il a même essuyé une crise politique majeure avec les États-Unis, et il avait fait un retour remarqué dès le début de l’an 2000.
Pour s’assurer contre les crises de change et les crises bancaires, les pays émergents devraient suivre l’exemple du Panama : renoncer au nationalisme monétaire en se débarrassant de leurs banques centrales et autres monnaies « nationales », et intégrer complètement leur système bancaire au marché international des capitaux.

http://www.turgot.org/a600-Moins_de_banques_centrales_s_il_vous_plait.html?TURGOT=808712ac55dae4850963ec39c1c2d14b

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