Etat et Banque Centrale

thème: Une Banque Centrale est mandatée par l’Etat. L’Etat préfère emprunter aux banques commerciales. L’Etat pourrait emprunter gratuitement à sa Banque Centrale. C’est un paradoxe.

titre: l’Etat emprunte à la Banque Centrale

analyse politique

Une Banque Centrale est mandataire de l’État. Elle est une administration de l’État, quelque soit son statut juridique. Une Banque Centrale qui prête à l’État, c’est la main droite qui prête à la main gauche. C’est la réalité nue, sans dissimulation. C’est la réalité économique des emprunts étatiques.

C’est avec beaucoup de soin que l’État dissimule cette évidence. Ainsi, Napoléon disait qu’il fallait que la Banque de France fut différente de l’État, mais pas trop. La FED prête directement et indirectement à l’État US. La Banque Centrale Européenne prête indirectement aux État. En effet, le prêt direct à un État est interdit par un règlement hypocrite.

Les banques commerciales jouent leur rôle d’intermédiaires rémunérés pour dissimuler une identité fonctionnelle entre l’État et la Banque Centrale. Bas les masques! La Banque Centrale va prêter directement à l’État. Au moins, ce sera plus clair pour chacun. Ce serait la fin d’une illusion étatique.

Toute action de l’État est accompagnée d’une illusion étatique qui l’habille de probité, de lin blanc et de bonnes intentions. Un prêt direct à l’État supprime cet habillage, supprime cette illusion. L’État dépense énormément afin de fabriquer des illusions. Chaque illusion est toujours plus importante que l’action étatique permise grâce cette illusion fabriquée ah hoc. Supprimer l’illusion de la différence entre État et Banque Centrale provoquerait une hostilité populaire envers l’État.

Lorsqu’un étatiste propose que l’État emprunte directement à la Banque Centrale, c’est qu’il n’a pas compris l’importance politique de la nécessité de l’illusion étatique.

analyse technique

Aujourdhui, l’État emprunte à une banque de second rang, dite banque secondaire. Une règle administrative arbitraire limite la production de monnaie secondaire. Cette règle fait en sorte qu’une unité de monnaie centrale permet à une banque secondaire d’émettre environ quatre unités monétaires en monnaie secondaire. En empruntant de la monnaie secondaire, l’État paye des intérêts aux banques secondaires. Pour produire la monnaie secondaires du prêt à l’État, les banques secondaires empruntent à la Banque Centrale une somme égale au quart du prêt à l’État. L’État, au travers de sa Banque Centrale, récupère ainsi un quart des sommes versés par l’État au titre des intérêts.

La question posée est de savoir si l’État aurait avantage à emprunter directement à sa Banque Centrale. Dans un tel cas, l’État paye en monnaie centrale ses salariés et ses fournisseurs. Après avoir été payés, ceux-ci remettent l’argent reçu à leurs banques commerciales. Ces banques commerciales sont ravies de recevoir de la monnaie centrale gratuitement. En effet, chaque unité de monnaie centrale permet d’émettre quatre unités de monnaie secondaire. C’est un afflux inespéré de monnaie centrale dans leur comptabilité. Ces banques secondaires pourront alors émettre quatre fois plus de monnaie secondaire. En prêtant quatre fois plus, elles gagneront quatre fois plus.

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À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

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