la crise des subprimes de 2008

thème: En 2008, une crise financière bloque l’économie. Cette crise provient des prêts immobiliers à des insolvables, prêts garantis par l’Etat US. L’Etat US tarde à rembourser les banques victimes. Ces banques sont contraintes de cesser les crédits aux entreprises. Les Banques Centrales prêtent aux banques pour relancer l’économie.

titre: la crise des subprimes de 2008

1. contexte juridique
L’Etat US avait fait des lois qui font une quasi obligation aux banques de prêter à des emprunteurs insolvables afin qu’ils puissent devenir propriétaire d’un logement. C’était une politique sociale du logement. La valeur des reconnaissances de dette sur ces emprunteurs était donc douteuse.

2. titrisation
Lorsqu’un prêt immobilier est garanti par une hypothèque, il est plus sûr. La titrisation a consisté à constituer une société qui possède les reconnaissances de dettes hypothéquées sur des emprunts immobiliers. Les actions de cette société sont alors cotés en Bourse. Chaque action est un titre financier immobilier. Les reconnaissances de dettes d’emprunteurs solvables étaient mélangées aux reconnaissances de dettes des emprunteurs insolvables. Ce mélange des qualités des créances est destiné à réduire le risque de perte de valeur du titre financier titrisé.

3. garantie de l’État sur les titres subprime
La politique du logement US passait par des prêts bancaires à des insolvables. Les agences de notation donnaient la note « AAA », c’est à dire très fiable, à ces titres immobiliers « subprime ». Il y avait deux raisons à cette excellente note. D’une part, l’immobilier n’avait pas baissé en moyenne sur 50 ans. D’autre part, ces titres immobiliers étaient garantis par l’État US. La garantie de l’État US était donnée au travers de deux sociétés d’ « économie mixte », Freddie Mac et Fannie Mae. Les banques prêteuses ne demandaient pas le paiements des intérêts les deux premières années. La hausse future du prix de l’immobilier devait compenser le paiement des intérêts de ces deux premières années d’emprunt, au cas où l’emprunteur renonçait à son acquisition.

4. l’Etat chinois, acheteur de bons du Trésor US
Les entrepreneurs chinois exportent beaucoup aux USA. Chaque chinois recevant des dollars doit les remettre au gouvernement. En échange, l’État chinois donne aux chinois exportateurs la monnaie locale, le yuan renmimbi. Ainsi, ces chinois ne peuvent pas acheter aux USA en utilisant les dollars qu’ils avaient gagnés. Le gouvernement chinois possède donc beaucoup de dollars. Il doit les placer. Il choisit d’acheter des bons du trésor US, c’est à dire de la dette de l’État US. C’est le placement en dollar le moins risqué. Mais en 2006, l’État US s’était beaucoup désendetté. On manquait de bons du trésor US. Les titres financiers subprimes notés AAA et garantis par l’État US semblaient aussi bons que des bons du trésor. L’État chinois en a acheté beaucoup. La marché manquait de titres AAA en dollars.

5. faible taux d’intérêt des bons du Trésor US
Comme l’État US était peu endetté, le taux d’intérêt des bons du trésor US était faible. Les caisses de retraites et autres institutions dans le monde entiers recherchait les titres AAA ayant un bons rendement. les bons du trésor étaient rares et rapportait trop peu. Les titres immobiliers « subprime » notés « AAA » et garantis par l’État US semblaient être un placement rentable et fiable. C’est ainsi que ces titres « subprime » furent vendus partout dans le monde car la demande était vive. Les courtiers démarchaient activement les insolvables pour leur proposer des crédits sans risque et sans payer pendant deux ans. La production de crédits « subprime » était très active.

6. une loi américaine pour se désendetter
Selon une loi américaine, un emprunteur d’un prêt immobilier n’est plus endetté dès qu’il renonce à sa maison. La banque se retrouve alors propriétaire de la maison de son emprunteur.

7. baisse inattendue de l’immobilier : erreur du modèle de prévision
La valeur de l’immobilier chuta pour la première fois en 50 ans. Nul ne l’avait prévu ou anticipé. La maison d’un emprunteur valait soudain moins que le prix d’achat. L’emprunteur avait donc intérêt à rendre sa maison pour se libérer de sa dette. Le montant des crédits « subprime » était de 1500 milliards de dollars. La perte fut de 700 milliards de dollars. L’État US devait donc payer. Mais, on découvrit que cette garantie de l’État US était moins étendue qu’on l’imaginait. Il s’en suivit une longue période d’incertitude pour savoir si l’État US rembourserait ou ne rembourserait pas les crédits « subprime ».

8. incertitude sur la valeur des titres immobiliers
L’incertitude sur la valeur des titres immobiliers titrisés gelait toute transaction. Presque aucun titre immobilier titrisé ne s’échangeait. L’acheteur craignait qu’il ne contienne quelques crédits « subprime » sans valeur. Les vendeurs ne vouaient pas vendre trop bas car ils espéraient un remboursement par l’État US. Les acheteurs ne souhaitaient pas spéculer sur un telle incertitude. Il n’y eu alors plus de marché pour ces titres immobiliers titrisés. Cette absence de marché valorisait à très faiblement des titres qui avaient une valeur objective dix fois supérieure.

9. crédit crunch
Une règle oblige une banque à une certaine proportion entre le montant des prêts à ses clients et la valeur de ses actifs. Puisque la valeur de ses actifs avait diminué, la banque devait réduire le montant des prêts à ses clients. La banque devait donc interrompre soudainement les prêts à ses clients. Ce fut le « crédit crunch », c’est à dire, la réduction brutale du crédit aux entreprises. Ce « credit crunch » signifie un blocage de nombreuses entreprises. Cela signifie aussi un ralentissement soudain de l’activité économique.

10. méfiance des banques entre elles
L’information financière fiable des banques était insuffisante à cause de l’incertitude sur le remboursement US des subprimes. De plus, on ignorait la proportion des subprimes douteux dans chaque titre financier. Une très grande banque américaine, Lehman Brothers, fut déclarée en faillite et fut aussitôt liquidée. Chaque banque se méfiait soudain de la santé financière des autres banques. Elles évitaient de se prêter de l’argent par crainte d’une faillite de la banque emprunteuse.

11. prêteur en dernier ressort
Une fonction de la Banque Centrale est de prêter à une banque de second rang lorsque sa situation comptable est saine. C’est la fonction de « prêteur en dernier ressort ». C’est un rôle que la Banque centrale joue quotidiennement en période normale. En dehors des règles habituelles, la Banque Centrale prêta exceptionnellement aux banques afin qu’elles puissent prêter à nouveau à leurs clients. Ainsi, les banques purent continuer à prêter. Mais ces soubresauts financiers découragèrent les entrepreneurs et les investisseurs.

12. reprise économique
Nul n’avait vu arriver cette crise provenant de l’immobilier. Les Banques Centrales ont une connaissance parfaite des mécanismes financiers. Elles ont rapidement convaincu leur gouvernement de tutelle. Les Banques Centrales ont donc pris les mesures techniques nécessaires. C’est à dire prêter davantage aux banques supposés saines. Mais les acteurs de la vie économique étaient moins confiants et ont tardé à reprendre leurs investissements.

À propos gidmoz
libertarien, ingénieur

2 Responses to la crise des subprimes de 2008

  1. fred dit :

    Comment en est-on arrivé là ?

    A lire ce texte, on pourrait être tentés de croire à cause de l’ingérence de l’état dans les affaires, de sa volonté de faire du social et par l’entremise des ses 2 grandes sociétés semi publiques.
    Il n’en est rien : voyons grossièrement comment l’avidité des financiers nous a conduit dans cette situation.

    D’abord en gagnant la guerre des idées, en brulant des livres comme on en a brûlés aux etats-unis dans les années 50, enjoints de la faire par un certain Mac Carthy…Puis en abandonnant aux banques privées le pouvoir régalien de créer de l’argent.
    Celles-ci ont entre leurs mains, depuis 1971 le meilleur moyen de s’enrichir : celui de créer de l’argent ex-nihilo : en créant des prêts elles créent de l’argent.
    Ensuite il a fallu tout une série de texte de discours néolibéraux largement publiés et soutenus par ceux qui deviennent peu à peu détenteurs de l’argent et du pouvoir.
    Il a fallu surtout, tour à tour ou simultanément des accords, sur les tarifs douaniers (GATT), sur le commerce (OMC), les traitements de chocs du FMI, les mises en demeures de la banque mondiale, de bruxelle et toujour moins d’acquis sociaux et plus de finance : vive la banque centrale européenne, vive les accord de Mastrich, de Rome, d’Amsterdam de Lisbonne.
    Merci aux « grands » groupes privés telles que bouygues, lagardère, LVMH de jouer le rôle de relais des chantres du libéralisme.
    Libre-échangiste, mais surtout pas libre !!!

    C’est la fièvre spéculative qui explique l’engouement pour les produits dérivés (dont font partie les subprimes) : plus de 600 000 millards de produits dérivés étaient sur la marché en 2007, soit 10 fois le PIB des USA.
    Face au lobby de l’argent, toute tentative de tuer la poule aux oeufs d’or a été sabordée. Ce fut ainsi le cas des tentatives Gramlich ex gouverneur de la FED…

    Le profit du capital financier repose sur l’endettement et la création illimitée de dettes de particuliers, de sociétés et même en France (et cela est moins connu) d’hopitaux, des départements et des régions (donc beaucoup sont tombés dans le piège des produits dérivés).
    Voilà aussi et surtout pourquoi ils ont fait s’endetter les ménages.
    Et ils, ce ne sont pas 2 sociétés (Freddie MAC et Fannie MAE) dont le statut de governement sponsored entities n’a rien à voir avec la manière dont elles étaient gérées : maquillage de compte, condamnation pour lobbying illégal, maximisation des revenus des actionnaires et salaire des patrons indécents (70 millons de dollars annuel chacun). Malgré tout et malgré la doctrine de la fameuse main invisible chère aux américains il fallu les nationaliser (cette fois complètement) en toute urgence en 2007 pour sauver…les banques surtout.

    Suite à cette crise, l’état français a du renflouer les banques (comme quoi sa marge d’endettement était encore importante), il a dû mener à nouveau une politique d’investissement pour éviter la contagions à l’économie réelle et relancer la croissance, les société étant moins bénéficiaire moins d’impôts sant venus alimentés les caisses de l’état, la dette et le déficit public se sont accrus et surtout, surtout l’état a repris les créances des banques. Il a donc endossé le risque, le risque de ne pas remboursé pour lequel les agences de notation (il aurait été sympa d’en parler également de ces agence…) se tiennent prètes à dégrader sa note, dégradation qui deviendrait à coup sur la prophétie autoréalisatrice de notre faillite..

    La révolution est pour bientôt, le peuple reprendra le pouvoir !!!

  2. Le Darou dit :

    Excellent article limpide et depassioné
    @Fred : Vous nous faites un ignoble gloubiboulga, en amalgamant un tas de faits sans rapport et des interprétations falacieuses, pour finir vous nappez le tout d’idéologie nauséabonde. Pour info, les libéraux, et vos ultraneoturboliberaux pédofascistes mangeurs de bébé chatons, défendent l’école autrichienne d’économie, pour laquelle toute creation monétaire est un crime, et militent pour qu’on organise la faillite potentielle des banques. Partant de ceci trouvez vous un autre bouc émissaire pour les reserves fractionnaires et le « too big too fail ».

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