Le "jugement majoritaire" est mieux que le "vote majoritaire".
Toute le monde connait le "vote majoritaire": on met un nom dans l’urne et on s’en va. Le "vote majoritaire" est mille fois meilleur: chaque électeur remplit un formulaire. Pour chaque candidat, l’électeur coche une des sept mentions:
Excellent, Très bien, Bien, Assez bien, Passable, Insuffisant, A rejeter.
Certains partisans du vote nul pourront même répondre "A rejeter" pour tous les candidats.

Cette manière de voter du "jugement majoritaire" a été inventée par deux chercheurs du CNRS, Michel Badinski et Rida Laraki. La technique du "jugement majoritaire" progresse dans plusieurs pays, mais trop lentement. Certains organismes l’utilisent. Les immenses qualités du "jugement majoritaire" devrait faire le consensus de tous les politologues, avec la réserve du risque de changer les habitudes de l’électeur.

L’avantage du "jugement majoritaire" est qu’il évite des résultats électoraux qui ne correspondent pas au jugement réel des français. Le nombre des candidats n’a plus d’incidence sur la pertinence du résultat. Grace au "jugement majoritaire", on peut avoir 10, 20 ou 30 candidats improbables à la présidentielle sans que ce nombre de candidats nuise à la qualité des résultats du vote.

Le "jugement majoritaire" ne modifiera pas les scores des grands partis politiques, mais permettra moins d’aléas. Les dizaines de petits partis seront ravis de pouvoir un taux d’estime, à défaut d’obtenir des résultats électoraux. Chaque tendance peut ainsi s’exprimer sans nuire à l’efficacité du système de vote.

Terra Nova semble soutenir ce "jugement majoritaire". Il devrait bien convenir aux grands partis politiques en limitant certains aléas et en supprimant les conséquences des candidatures dissidentes. Et il plaira aux petits partis qui découvrent leur cote d’amour.

Peut-on prêter ce qu’on n’a pas?

"On ne peut prêter que ce qu’on a". Cette phrase est un argument qui s’appuie sur le sens commun du mot "prêter". Il y a deux manières d’analyser un "prêt d’argent", ou un "prêt bancaire". Soit c’est un échange, soit c’est un prêt. Dans les deux cas, le prêteur possède la reconnaissance de dette. Pour le prêteur, la valeur de cette reconnaissance de dette est supérieure à la somme prêtée. Sinon, le prêteur n’aurait pas prêté. En effet, cette reconnaissance de dette est un actif qui produit désormais une rente. Cette reconnaissance de dette est un actif qui a de la valeur. Elle peut se vendre ou s’acheter.

Si l’emprunteur ne possédait pas la monnaie versée, c’est que le prêteur la posséderait encore. Mais alors, lorsque l’emprunteur verse la totalité de la somme pour son achat ou pour son investissement, cette monnaie a disparu. Et pourtant le prêteur n’en est pas moins riche. Le prêteur ne possédait donc pas la monnaie de l’emprunteur, puisqu’elle n’existe plus. Il ne reste que l’obligation de l’emprunteur stipulée dans la reconnaissance de dette.

Il en va différemment avec le prêt d’un livre. C’est le prêt au sens commun du terme "prêter". A chaque instant, ce livre continue à appartenir au prêteur. A aucun moment, l’emprunteur ne revend ce livre, ni n’en achète un autre en remplacement. L’emprunteur rendra le même livre que celui qu’on lui a prêté.

Mais il y a un autre argument qui montre que le prêt d’argent n’est pas un prêt. Si le prêteur possédait encore la monnaie versée, il posséderait à la fois le reconnaissance de dette et, en plus, l’argent que l’emprunteur va lui rembourser. Il posséderait alors le double de la valeur prêtée. Ce qui est incohérent. Il faut bien admettre que l’emprunteur possède entièrement la somme versée. Son obligation provient de la reconnaissance de dette, et non pas de la propriété des pièces ou des billets remis par le prêteur.

Il s’ensuit que le "prêt bancaire" n’est pas un prêt. Affirmer que "on ne peut pas prêter ce qu’on a pas" sous-entend que "je ne peux pas prêter un livre si je ne le possède pas". C’est sur le sens commun du verbe "prêter" que se fonde l’argument "on ne peut prêter que ce qu’on a". Or, nous venons de voir qu’un "prêt bancaire" n’est pas un prêt au sens commun du terme. Cet argument utilisant le sens commun du verbe prêter ne convient donc pas. Il faut donc écarter cette phrase utilisée comme un argument.

Un prêteur de pièces d’or ne "prête" pas au sens commun du verbe "prêter". Les pièces ne sont plus à lui dès qu’il les verse à l’emprunteur. Et surtout lorsque l’emprunteur les a dépensées, elles ne sont plus ni au prêteur, ni à l’emprunteur. Le prêteur ne possède rien d’autre qu’une reconnaissance de dette, une promesse de l’emprunteur de lui remettre d’autres pièces d’or.

Dans le prêt d’un livre à un ami, ce livre reste toujours la propriété du prêteur. C’est le sens commun du mot prêter. On voit bien toute la différence entre les deux sens du verbe "prêter".

Un autre débat est la nature juridique d’un titre de propriété sur une pièce d’or.

L’Ecole Autrichienne d’Economie ne fait pas cette erreur de raisonnement sur le verbe "prêter". En lisant la théorie de la monnaie de Mises, on pourrait mal comprendre le discours de Mises lorsqu’il parle de "substitut" à l’or. Par ce mot "substitut", Mises parle de promesse d’or et il le précisera plus tard afin de dissiper toute ambiguïté. Pour Mises, ce mot "substitut" ne signifie pas ni un titre de propriété, ni une équivalence nécessaire entre un gramme d’or et une unité de monnaie, telle un billet de banque.

libertarien anarcap et libertarien minarchiste

Comment pouvez-vous être à la fois libertarien anarcap et libertarien minarchiste?

Je suis anarcap en ce sens que j’ai la conviction qu’une société humaine peut fonctionner sans un Etat classique pour l’administrer. Une société commerciale peut offrir à ses clients des services d’assurance et de fourniture de visas pour le tourisme, pour les affaires, pour les accord de police avec certains Etats, avec certains pays. Et une telle société commerciale négocierait directement avec les État pour obtenir, pour ses clients, de tels services. Une telle société commerciale anarcap n’aurait pas de territoire souverain. Chacun peut ainsi tenter de constituer une autre telle société commerciale concurrente proposant des services semblables pour lui tout seul ou pour des clients. De telles sociétés négocieraient directement avec les 200 États, et serait considérées par certains des États classiques comme un pseudo-État.

Et je suis aussi minarchiste en ce sens que chaque territoire sur la surface de la Terre est occupé par un État classique. Et aucune violence ni coup d’État n’est acceptable pour un libertarien. L’unanimité absolue est requise. C’est, pour un libertarien, une évidence. On ne peut pas violer la volonté ni d’une minorité des habitants, ni même d’une seule personne. Un État libertarien souverain territorial ne pourra donc, amha, pas exister. Un État territorial anarcap, ou plutôt un pseudo-État anarcap, une anarcapie, ne pourrait advenir que par un hasard fortuit de l’Histoire.

Dans la pratique, je suis ainsi minarchiste car je pense qu’un État classique sera d’autant mieux géré que cet État minarchiste permettra aux habitants de fournir des services concurrents à ceux qui sont aujourd’hui fournis par l’État classique. Un budget de l’ordre de 10% du PIB serait alors largement suffisant pour garantir, dans le pays, les forces armées, la prospérité, la Justice, la prospérité, une certaine solidarité.

effet de frein de l’étalon-or

Certains économistes favorables à l’étalon-or soutiennent que « La quantité de monnaie disponible dans l’économie est toujours suffisante pour permettre à chacun tout ce que la monnaie fait et peut faire. »

Oui, c’est exact. Si la monnaie manque, l’or augmentera de valeur et la quantité de monnaie sera alors plus grande. C’est une régulation automatique de la valeur et de la quantité de monnaie. Mais cet automatisme a un coût caché. C’est un frein caché de chaque instant des variations de l’activité économique.

Une qualité première de la monnaie est la stabilité de la valeur. Or la demande de monnaie n’est pas entièrement liée à la production et aux achats. En effet, certaines demandes de monnaies sont destinées à la thésaurisation, ou à des échanges entre banques. Ces productions de monnaie n’augmentent pas immédiatement la Demande globale.

Il n’est pas établi que la variation de la valeur de la production suivrait fidèlement la variation de la valeur de l’or. Si une monnaie plus stable que l’or pouvait mesurer ces variations de la valeur de l’or, on observerait cette différence de comportement de la valeur de l’or et de la valeur de la production. Il s’ensuit qu’une demande de monnaie étatique à étalon d’or reduira la production et augmentera la valeur de l’or. A condition de comparer à une monnaie hypothétique qui, elle, conserverait une valeur stable.

Ainsi une monnaie étatique à étalon-or ne peut pas conduire à une production optimale. La production sera nécessairement inférieure à ce que la production aurait été si la valeur de la monnaie avait été plus stable.

De plus, elle induit une augmentation de la valeur de l’or et une diminution de la valeur de l’or dans des proportions qui ne correspondent pas aux proportions des quantités produites et des quantités demandées. La quantité d’or n’est pas à l’image des quantités produites, ni des quantités demandées.

Certes, la hausse de la valeur de l’or ira souvent dans le même sens qu’une moindre abondance des produits. certes, la baisse de l’or ira souvent dans le même sens qu’une plus grande abondance des produit.

L’étalon-or fonctionne, pour une monnaie étatique, comme un frein mis sur les quatre roues du véhicule.

Le freebanking permet que de plus nombreux biens servent de monnaie, réduisant ainsi l’effet de frein. Cet effet de frein est du au fait que la demande d’or est, par nature, différente de la nature de la demande des autres biens. Cet effet de frein est aussi du fait que l’offre d’or est, par nature, différente de la nature de l’offre des autres biens en vente sur les marchés.

La plus grande pluralité des biens servant à garantir la valeur et la quantité des monnaies émises est une condition nécessaire à une réduction de cet effet de frein.

Lorsque l’État a inventé la monnaie de banque centrale, la monnaie était alors garantie par la valeur de la quantité de toutes les marchandises en vente à chaque instant. C’est un aspect positif de la monnaie étatique qui mérite d’être souligné, mais qui ne suffit pas à la justifier.

contrat unilatéral

Certaines promesses ne sont pas des contrats. Ne pas les respecter n’impliquent alors aucune sanction juridique. Certaines autres promesses sont des contrats. Une promesse commerciale est un contrat. Dans un contrat, le droit de l’un est l’obligation de l’autre. C’est ainsi que le contrat est la première source de droit dans une société moderne. L’article 1134 et suivant du Code Civil français confirment que le contrat est une "loi" entre les co-contractants. C’est bien le mot "loi" que le Code Civil utilise. En effet, un juge saisi est alors dans l’obligation de juger selon le droit du contrat dans un litige entre les deux co-contractants.

Le contrat est une loi entre les co-contractants dans le cas où ce contrat respecte les lois du pays. Ce processus du droit du contrat est presque le même dans tous les pays.

Celui qui ne respecte pas sa promesse devra indemniser l’autre. Un tribunal pourra être valablement saisi et il prononcera une décision pour rendre justice à celui dont le droit n’a pas été respecté par l’autre.

Ainsi, un commerçant vous promet de vous construire une maison. Si le promettant ou si le fournisseur ne respecte pas le droit de l’autre, il devra payer pour réparer la totalité du dommage subi par l’autre, du fait d’un manquement à la promesse contractuelle.

Un commerçant vous promet telle livraison sous astreinte d’une indemnité de retard. Si le commerçant a du retard, un tribunal le condamnera à payer l’astreinte prévue dans le contrat. Si aucune indemnité de retard n’est prévue dans la promesse, le tribunal constatera la faute de l’un des co-contractants mais ne pourra pas décider une sanction financière au-delà des frais de justice.

Un contrat est soit bilatéral, soit unilatéral. Dans un contrat unilatéral, l’un s’engage et l’autre ne s’engage pas. Ainsi, la plupart des contrat de reconnaissances de dettes sont des contrat unilatéraux, des promesses unilatérales. De plus le bénéficiaire de la promesse peut céder les droits sur le promettant, et sans en informer ce promettant.

Ainsi un billet de banque qui serait une promesse de la banque de verser un euro. Le promettant est la banque et le bénéficiaire est le porteur du billet. Ce billet de banque est une promesse, un contrat unilatéral, sous astreinte que la banque verse un euro.

Ce bref développement juridique explique ainsi comment une reconnaissance de dette a de la valeur puisqu’elle se transmet de bénéficiaire en bénéficiaire. Le bénéficiaire précédent ayant cédé son droit au bénéficiaire suivant.

On entend souvent parler du mot "obligation" sur un marché financier. Une telle "obligation" est un contrat unilatéral obligeant juridiquement le promettant à verser une certaine somme au bénéficiaire à une certaine date. Certaines sociétés commerciales utilisent beaucoup cet outil financier pour emprunter.

L’Etat utilise aussi beaucoup cet outil financier pour emprunter.

saturation de l’effet de serre du CO2

La saturation de l’effet de serre du CO2
Les rayons du soleil se transforment en chaleur en touchant les objets. Les atomes de ces objets s’échauffent et transmettent leur chaleur d’une part par contact avec les autres atomes, et d’autre part, par irradiation dans l’infrarouge. La radiation infrarouge est arrêtée par une vitre. Ainsi s’explique l’effet de serre dans une voiture. Les rayons du soleil y rentrent, mais la chaleur infrarouge ne peut pas sortir par les vitres. La chaleur reste donc dans la voiture.

Les rayons du soleil se transforment en chaleur lorsqu’ils touchent la Terre. Et la Terre irradie alors de l’infrarouge. Cette radiation infrarouge repart en partie dans l’espace et en partie est absorbée par l’eau et par le CO2 présent dans l’air. L’oxygène et l’azote n’arrêtent pas les rayons infrarouges. S’il n’y avait que de l’oxygène et de l’azote dans l’atmosphère, la température sur Terre serait de -18°C, donc très froid. L’effet de serre est donc vital pour la vie sur Terre. Grâce aux molécules d’eau de l’humidité de l’air et des nuages, et grâce aux molécules de CO2, notre atmosphère arrête une partie de l’irradiation infrarouge en chauffant les molécules d’eau et de CO2 présentes dans l’air. Le CO2 assure entre 8 et 10% de l’effet de serre. Il y a aussi d’autres gaz qui contribuent, mais beaucoup moins, à l’effet de serre atmosphérique.

Le rayonnement infrarouge émet des radiations de plusieurs sortes, émet des photons de plusieurs sortes. Ces sortes de photons correspondent à de plages de fréquences différentes. Le CO2 absorbe et émet un certain type de photons, et l’eau absorbe et émet un autre type de photons. Ce ne sont pas les mêmes photons. Le CO2 n’absorbera pas un photon du type absorbé par l’eau. Et réciproquement, l’eau n’absorbera pas un photon du type de ceux qui sont absorbés par le CO2. Une molécule qui absorbe un photon infrarouge se réchauffe en vibrant davantage. Elle émet alors des photons identiques à que ceux qu’elle reçus. Les photons émis par le CO2 sont de même type que les photons reçu par le CO2.

Dans un gaz, chaque molécule se déplace à une vitesse de quelques 500 mètres à la seconde, et percutera une autre molécule au hasard, après une durée de parcours d’environ une nanoseconde, et d’une distance d’environ un demi micromètre. Puis ces deux molécules changeront toutes les deux de direction comme deux boules qui se percutent dans un jeu de billard. Dans cette "collision", la molécule la plus chaude transmet à la molécule plus froide une partie de sa chaleur. Les molécules plus chaudes se refroidissent et les molécules plus froides se réchauffent. Une molécule de CO2 perd ainsi sa chaleur par des collisions successives en réchauffant ainsi des molécules d’oxygène, d’azote, d’eau, ou d’autres molécules de CO2.

Dans même temps, chaque molécule envoie des photons d’un certain type, d’une certaine fréquence. Une molécule de CO2 émet sans cesse des photons et perd ainsi peu à peu de sa chaleur. La chaleur d’une molécule de CO2 se transmet ainsi par les collisions et par les radiations de photons de type CO2. Cette irradiation de photons sera ensuite absorbée par d’autres molécules de CO2, et uniquement par du CO2. La quantité totale des irradiations de photon CO2 décroit très vite avec l’altitude puisque 95% de la chaleur des molécules du CO2 est rapidement transmise par collisions, à des molécules qui ne sont pas du CO2.

Le GIEC sait que le rayonnement des photons de type CO2 sont absorbés et ré-émis par les molécules de CO2 de l’atmosphère. Mais le GIEC affirme, sans preuve, que ces molécules de CO2 ré-émettraient toute ces radiations reçues aux autres molécules de CO2. Pour le GIEC, les transferts de chaleur par collisions seraient négligeables. C’est inexact pour deux raisons. D’une part un satellite passant au dessus de la stratosphère ne voit quasiment aucun rayonnement de CO2. C’est donc que cette radiation du CO2 a été entièrement absorbée avant d’arriver à la stratosphère et de se perdre dans l’espace. Mais il y a une deuxième raison apportée par le Dr Heinz Hug en 1998. Hug a fait une expérience de laboratoire sur le transfert des radiations infrarouges de CO2 dans l’air. Il en a conclu qu’au dessus d’une couche de dix mètres d’air, il n’y reste plus que un millième du rayonnement de photons de type CO2. Or la stratosphère est à dix kilomètres de hauteur, c’est à dire mille couches de dix mètres d’air. Il est donc impossible qu’un satellite voit un rayonnement infrarouge significatif de CO2 venant de la Terre.

Alors la question centrale du GIEC est de savoir si un doublement de CO2 dans l’atmosphère pourrait, ou non, conduire à un plus grand réchauffement de l’air. Puisque une couche d’air de dix mètres suffit à stopper le rayonnement des photons de type CO2, un doublement de la quantité de CO2 dans l’atmosphère ne stopperait pas plus ce rayonnement. Il serait alors stoppé par une couche de cinq mètres d’air au lieu de dix mètres. Mais en aucun cas, cela ne peut changer le climat. Le terme "saturation de l’effet de serre du CO2" signifie qu’une quantité de CO2 supplémentaire dans l’atmosphère ne modifiera pas le réchauffement de notre planète.

Pour moi, le débat scientifique est désormais quasiment clos. Il n’existe aucun réchauffement climatique qui serait causé par une émission anthropique de CO2. Il reste le débat sociologique et politique de savoir comment une telle erreur banale peut se transformer en immense gaspillage.

Pour en savoir plus, on peut lire le livre de François Gervais, "l’innocence du carbone". Le professeur François Gervais a été nommé critique officiel du GIEC. Mais le GIEC n’a pas tenu compte de ses objections. La partie plus technique et thermodynamique est au chapitre 3. Un non-scientifique pourra quand même lire ce chapitre avec profit. Le livre "l’innocence du carbone" est une bonne synthèse des débats scientifiques du réchauffement climatique. Ce sont aussi de nombreuses questions de bon sens que se pose un citoyen étonné par des décisions politiques fondées sur des théories scientifiques erronées.

http://www.amazon.fr/Linnocence-carbone-Leffet-serre-question/dp/2226209166/ref=sr_1_1?ie=UTF8

L’origine française de la lutte des classes

par Damien Thellier,
les classes sociales
La classe française
L’origine française de la « lutte des classes »
Désunie, et remplie de contradictions et d’oppositions, la France du XXIe siècle peut retirer d’importantes maximes de pratique politique de la part des théoriciens de l’opposition de classe. Cela ne signifie pas, pour autant, se remettre à lire Marx. Avant l’auteur du Capital, et dans notre pays, était née l’analyse de classe : son optique, et ses conclusions, étaient bien différentes, et tout autrement éclairantes.
Prononcez les mots « analyse de classe » ou « lutte des classes » et la plupart des gens penseront à Karl Marx. L’idée qu’il existe des classes inconciliables, leurs conflits étant inhérents à la nature des choses, est une des signatures du marxisme. De ce fait, ceux qui refusent le marxisme refusent tout naturellement l’analyse de classe.
Dès lors, il est intéressant d’apprendre que Marx n’était pas à l’origine de l’analyse de classe ou de l’idée de lutte des classes. Ces sujets prennent leurs racines dans le libéralisme radical antérieur aux écrits de Marx. En effet, Marx lui-même rendit hommage aux auteurs originels, un groupe d’historiens de la France postnapoléonienne qui ont été négligés par tous sauf par une poignée de défenseurs des libertés des temps modernes. Dans cet article, je m’appuie sur le travail de quatre de ces les historiens contemporains : Ralph Raico, Leonard Liggio, David M. Hart, et l’économiste et historien Walter E. Grinder.
Les noms des historiens français clés du 19ème siècle sont Charles Comte, Charles Dunoyer et Augustin Thierry, dont la publication, Le Censeur Européen, était un foyer de pensée libérale radicale. Comme relaté par Raico, Grinder et Hart, Comte et Dunoyer ont été influencés par Jean-Baptiste Say, économiste libéral français important mais sous-estimé, que Murray Rothbard a salué comme brillamment innovant et supérieur à Adam Smith. Comte a d’ailleurs finit par épouser la fille de Say. Et en effet, les germes d’une théorie des classes libérale radicale se trouvaient dans la deuxième édition et ultérieures du Traité d’Economie Politique de Say (publié initialement en 1803), qui reflète sa réponse aux dépenses
militaires et à la manipulation financière de Napoléon.
Comme Say l’écrit dans une autre de ses oeuvres :
« Les énormes récompenses et les avantages qui sont généralement liés à l’emploi public avivent grandement l’ambition et la cupidité. Ils créent une lutte violente entre ceux qui possèdent des postes et ceux qui en souhaitent. » Selon Hart, Comte et Dunoyer furent frappés par Say qui voyait les services fournis sur le marché comme des « biens immatériels » productifs — c’est-à-dire utiles — et l’entrepreneur ou l’ouvrier, comme un producteur. Hart écrit, « En conséquence du point de vue de Say, il y avait de nombreux contributeurs productifs au nouvel industrialisme, y compris les propriétaires d’usines, les entrepreneurs, les ingénieurs et les techniciens, ainsi que ceux de l’industrie du savoir tels les enseignants, les scientifiques et autres « savants » ou intellectuels. »
Ceci est important pour la question des classes, dont le but est d’identifier les exploiteurs et les exploités. Comme chacun le sait, Marx, du moins dans certains de ses écrits, pensait que seuls les ouvriers étaient productifs, les propriétaires du capital appartenant à la classe exploiteuse (avec l’État comme « Comité exécutif »).
Il compta les propriétaires de capital parmi les exploiteurs, du fait de sa théorie de la valeur basée sur le travail (héritée d’Adam Smith et de David Ricardo) : puisque la valeur des marchandises était équivalente au travail socialement nécessaire pour les produire, le profit et l’intérêt recueillis par les « capitalistes » devait être pris sur la juste récompense des ouvriers — d’où leur exploitation. Si la théorie de la valeur basée sur le travail est fausse et si l’échange est totalement volontaire, libre de privilège étatique, plus aucune exploitation n’est possible.
Ainsi, il est essentiel de voir que les penseurs desquels Marx tira apparemment l’analyse de classe rangent au sein de la classe productive tous ceux qui créent de l’utilité par échange volontaire. Le « capitaliste » — ce qui signifie dans ce contexte
« le propriétaire de biens d’équipement qui n’a pas de lien avec l’Etat » — appartient à la classe laborieuse et productive, à côté des ouvriers. Qui étaient donc les exploiteurs ? Tous ceux vivant par recours à la force envers la classe laborieuse.
Selon Hart, « les conclusions tirées de cette analyse par Comte et Dunoyer (et Thierry) posent l’existence d’un collectif élargi « d’industriels », qui comprend les travailleurs manuels et les entrepreneurs et savants mentionnés ci-dessus, qui
« luttent face à ceux voulant faire obstacle à leur activité ou qui en vivent de façon improductive. »

La théorie de l’exploitation de Marx a été par la suite systématiquement réfutée par l’économiste autrichien Eugen von Böhm-Bawerk. « Les théoriciens de l’industrialisme conclurent de leur théorie de la production que l’Etat et les classes privilégiées alliées de l’Etat, plutôt que toutes les activités non-agricoles, sont pour l’essentiel non productives. Ils estimaient également que tout au long de l’histoire, il y avait un conflit entre ces deux classes antagonistes, conflit qui ne pouvait avoir de fin qu’avec la séparation radicale de la société civile pacifique et productive envers l’Etat inefficace et privilégié et ses favoris. »
Ainsi l’histoire politique et économique est l’histoire d’un conflit entre les producteurs, peu importe leur poste, et les classes politiques parasitaires, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Etat formel. Ou pour reprendre les termes d’un disciple plus récent de ce point de vue, John Bright, il s’agit de l’affrontement entre les payeurs d’impôts et les absorbeurs d’impôts.

L’économie politique et la liberté
Hart souligne que l’oeuvre de Comte et Dunoyer poussa l’analyse de Say un cran plus loin. Alors que Say considérait l’économie et la politique comme des disciplines distinctes, cette dernière ayant peu d’effet sur la première, les analystes libéraux virent que le travail de Say avait des implications plus radicales. Pour citer
David Hart : « La science de l’économie politique était, dira-t-on, « chargée de valeurs » et impliquait des politiques très spécifiques en matière de propriété, d’intervention de l’administration dans l’économie et la liberté individuelle, une chose que Say n’appréciait pas mais que Dunoyer et Comte intégraient à leur travaux. »
Comme Hart et Raico le soulignent ensemble, Comte et Dunoyer absorbèrent également une grande part des résultats d’un autre grand libéral, Benjamin Constant, lequel avait mis sur le papier des essais importants montrant qu’une « ère
du commerce » avait remplacé « l’ère de la guerre » et que la notion moderne de liberté — la vie privée — était aux antipodes de l’ancienne notion de liberté — la participation à la vie politique. Comme le dit Hart :
« Dunoyer était intéressé par la phrase "l’unique objet des nations modernes, c’est la paix (repos), et de la paix vient le confort (aisance), et la source du confort c’est l’industrie", ce qui résume bien ses propres réflexions sur le véritable but de l’organisation sociale. »
Raico a également souligné que l’analyse de classe libérale se trouve dans les écrits des militants de la « paix Manchestérienne » et activistes du libre-échange Richard Cobden et John Bright ainsi que chez Herbert Spencer. Il cite Bright en référence à la lutte contre les Corn Laws (taxes douanières sur l’importation de céréales) :
« Je doute que cela puisse avoir un caractère autre [que celui] … d’une guerre des classes. Je crois qu’il s’agit d’un mouvement des classes commerciales et industrielles contre les Lords et les grands propriétaires terriens. »

En effet, souligne Raico, l’école de Manchester comprit que la guerre et autres manoeuvres politiques étaient motivées par la recherche constante par la classe politique d’une richesse imméritée. Ces idées étaient également présentes chez d’autres penseurs libéraux, dont Thomas Paine, John Taylor de Caroline, John C. Calhoun, Albert Jay Nock et Ludwig von Mises.

La guerre des classes et l’étatisme
Quelle est la portée de cet aperçu, certes insuffisant ? Le pouvoir de taxation coercitif de l’administration génère nécessairement deux classes : ceux qui créent et ceux qui consomment la richesse expropriée et transférée par ce pouvoir. Ceux qui créent de la richesse souhaitent naturellement la conserver et la consacrer à leurs propres fins. Ceux qui veulent exproprier cherchent des moyens toujours plus subtils d’acquérir de la richesse sans susciter de résistance. Un de ces moyens consiste à propager une idéologie élaborée de l’étatisme qui enseigne que les gens sont l’Etat et que par conséquent ils ne font que se payer eux-mêmes lorsqu’ils paient des impôts. Les agents de l’Etat et les intellectuels de cour, dans les universités et les médias vont sur tous les tons raconter cette fable aux gens. Hélas, la plupart finissent par y croire. Le rôle de la guerre est d’effrayer les gens en leur faisant payer des taxes pour leur propre prétendue protection et de maintenir la production de richesses pour les exploiteurs avec un minimum de protestation. Que peuvent donc faire les libéraux face à cela ? En premier lieu, ils se doivent de comprendre la théorie des classes libérale. Ils ne doivent pas s’en départir sous prétexte de la prise en otage du concept par les marxistes. Ensuite, ils devraient utiliser toute leur influence pour élever la prise de conscience collective de tous les gens honnêtes et productifs. C’est-à-dire : il faut montrer aux classes laborieuses qu’elles sont les victimes quotidiennes de la classe politique dirigeante.

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